‹ Titres et travaux scientifiquesChapitre 11 sur 32 · De la ligature du tronc brachio-céphalique · texte numérisé non relu

De la ligature du tronc brachio-céphalique

et de Y artère sous-clavière .

{Gazette hebdomadaire, 1864, p. 785-801.)

L’observation si importante de ligature simultanée de la carotide et de la sous-clavière, pratiquée à Milan, par M. Cuvellier, sur un blessé de Magenta; l’autopsie du malade que j’avais pratiquée et qui m’avait montré

que les hémorrhagies étaient produites par la non-oblitération du bout périphérique de la sous-clavière, avaient vivement attiré mon attention sur les causes d’insuccès de la ligature du tronc brachio-céphalique ou de la sous-clavière en dedans des scalènes. La ligature de l’innommée avait été pratiquée douze fois, celle de la sous-clavière en dedans des scalènes neuf fois, celle de la carotide et de la sous-clavière en dedans des scalènes quatre fois ; vingt-cinq opérations, vingt-cinq morts. Après avoir étudié tous ces faits, et montré que la cause de la mort n’est pas dans la non-oblitération du bout central, je disais, dans un article destiné au Compendium de chirurgie, imprimé mais non publié depuis cinq ans : « Si donc la ligature de la sous-clavière en dedans des scalènes, celles du tronc brachio céphalique devenaient, dans un cas de plaie non-immédiatement mortelle d’anévrysme sur le point de se rompre, une opération de nécessité, nous pensons qu’il serait prudent, malgré les difficultés opératoires, malgré la crainte d’une mortification des membres supérieurs, qu’il serait même indispensable, si l’on veut éviter une mort presque certaine, de lier en même temps que la sous-clavière, et en jetant sur chacune d’elles un fil séparé, les artères vertébrale et thyroïdienne. »

C’est ce que fit depuis M. Smith (de la Nouvelle-Orléans). Voyant des hémorrhagies survenir après la ligature simultanée de la carotide et de la sous-clavière en dedans des scalènes, et se continuer jusqu’à la septième semaine, il lia la vertébrale. Les hémorrhagies cessèrent, le malade guérit, et cette guérison est la première qui ait été obtenue après une opération qu’on croyait devoir rayer du cadre de la médecine opératoire. Ce travail était destiné, tout en faisant connaître le fait de M. Smith, à montrer par quel mécanisme la ligature avait pu être suivie de succès et de montrer aussi, d’après l’étude des faits, que ce n’est pas pour remédier à des hémorrhagies, mais pour les prévenir, qu’il faut lier la vertébrale en même temps que la sous-clavière.

LE FORT

27. De l'opium substitué aux purgatifs après l’opération de la hernie

étranglée.

(Gazette hebdomadaire, 1865, p. 97.)

L’habitude de donner des purgatifs pour faciliter le rétablissement du cours des matières dans l’intestin hernié et étranglé me paraît être la cause des nombreux insuccès qui suivent l’opération de la herniotomie. Les accidents qui accompagnent l’étranglement ne tiennent pas essentiellement à l’obstacle matériel apporté à la non-circulation des liqi ides ou des gaz dans le tube intestinal, car ces accidents sont les mêmes dans l’épiplocèle étranglée, et ces accidents cessent lorsque dans une entérocèle la gangrène de l’anse intestinale herniée est survenue. Le point de départ des accidents, la cause de la mort, aussi bien dans la hernie que dans la péritonite, est dans l’altération de l’innervation sympathique, la réaction sur le système nerveux tout entier et les troubles qui surviennent dans l’innervation et la circulation. J’ai montré par des faits qui me sont personnels qu’après l’opération et l’administration de l’opium à hautes doses, les accidents disparaissent, bien qu’il n’y ait pas d’évacuations alvines, et j’ai obtenu des guérisons, bien que les opérés, traités par l’opium à hautes doses et largement alimentés, aient été de cinq à huit jours sans aller à la garderobe depuis le moment où l’opération est faite, et malgré l’absence de selles pendant les dix ou douze jours qui Pavaient précédé.

28. Des accidents cérébraux consécutifs à la ligature de la carotide primitive.

(Bulletin de la Société de chirurgie , 1864.)

Dans ce travail lu à la Société de chirurgie, mais non encore publié, j’ai pu montrer par 1 étude des faits que les accidents cérébraux sont presque la règle après la ligature de la carotide primitive, mais qu’ils ne surviennent qu’a une époque tardive, plusieurs jours ou plusieurs semaines après

l’opération; .qu’ils débutent en général brusquement et qu’on ne peut les attribuer à une anémie cérébrale, mais bien à un ramollissement et quelquefois au transport d’un fragment du caillot dans une des artères de l’hexagone.

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