Parallèle de ïiridectomie et de l’opération d’Hancock
(Bulletin de la Société de chirurgie, 1864, p. 454.)
Ce travail a été lu à la Société de chirurgie à propos d’une discussion qui s’était élevée dans cette Société sur la question de l’iridectomie. Ayant étudié à plusieurs reprises, dans les cliniques spéciales de l’Angleterre et plus tard de l’Allemagne et de la Russie, l’opération de l’iridectomie dans sa pratique et dans ses résultats, j’avais été frappé de voir avec quelle facilité, souvent trop grande, on se décide à y recourir.
Après avoir rassemblé les faits publiés et les statistiques des principaux hôpitaux spéciaux de l’Angleterre, de l’Allemagne et de la Russie, j’ai pu montrer que si l’iridectomie donnait, dans quelques cas, des résultats extrêmement heureux et qu’aucun autre traitement ne pouvait amener, elle était loin d’être indiquée dans tous les cas dans lesquels on y avait recours.
J’ai surtout cherché à me rendre compte de la nature du glaucome et du mécanisme de la guérison, soit par la section de l’iris (Graefe), soit par celle du muscle ciliaire (Hancock). Des expériences sur les animaux, l’étude des lésions anatomiques et du mode d’action des opérations m’ont amené à penser que la tension du globe oculaire, la dépression de la papille optique, etc., sont dus au refoulement de la rétine et de la choroïde par une sécrétion séreuse fournie par le feuillet vasculaire, s’échappant par la face uvéale de la choroïde et s’accumulant entre cette membrane et la sclérotique. L’opération doit donc, pour réu ssir, ouvrir la cavité dans laquelle le liquide se trouve accumulé et lui permettre de se mélanger à l’humeur aqueuse ou de s’échapper à l’extérieur. C’est pour cela que l’iridectomie ne réussit qu’à la condition que son bord circonférentiel soit atteint et que l’opération d’Hancock, en permettant au liquide de s’échapper au dehors, peut donner des résultats aussi satisfaisants que l’iridectomie.