Fistule du larynx. Nouveau procédé d'autoplastie par
rapprochement.
(Bulletin de la Société de chirurgie, 1864, p. 489.)
On sait combien est difficile la guérison des fistules du larynx. Ayant à traiter, à l’hôpital de la Charité, un malade présentant une large fistule, et, ne pouvant employer ni le procédé de Velpeau, ni celui de J. Roux, j’imaginai un nouveau procédé, l’adossement et la réunion de deux lambeaux de peau, non pas par leur face profonde, mais par leur face superficielle. J’enlevai autour de la fistule les couches les plus superficielles du derme, de manière à avoir une surface elliptique avivée autour de l’orifice fistuleux. Je réunis les surfaces cruentées par six points de suture; en quelques jours la guérison fut complète et resta permanente depuis cette époque.
31. — Appareil nouveau pour le redressement lent et graduel du membre dans la coxalgie.
(Gazette des hôpitaux, 1865.)
La coxalgie s’accompagne presque toujours de la flexion de la cuisse sur le bassin ; souvent ce mouvement s’est déjà produit lorsqu’on se trouve appelé auprès du malade, et il est indispensable de redresser le membre, si l’on veut éviter, après la guérison de l’état local, une infirmité des plus graves. Les moyens les plus employés consistent ou bien à redresser brusquement le membre et à le maintenir étendu d’une manière permanente dans un appareil inamovible ou dans une gouttière de Bonnet, ou à le redresser graduellement en plusieurs séances, plus ou moins espacées, en appliquant chaque fois un nouvel appareil. Ces manœuvres ne sont pas sans de graves inconvénients. Un appareil mécanique, construit sur mes indications, permet, au moyen d’une double vis interposée entre la ceinture et 1 attelle fémorale externe, de redresser peu à peu le
membre, en évitant l’inflammation qui suit si souvent l’extension manuelle brusque ou graduelle.
32. — Des anévrysmes du tronc brachio-céphalique. — Rapport sur une observation de M. Gaujot.
(Bulletin de la Société de chirurgie, 1865, p. 542.)
Ce rapport, très-développé, est en même temps un mémoire sur les anévrysmes du tronc brachio-céphalique, dont j’ai tracé l’histoire en prenant pour base l’étude des observations consignées dans les recueils scientifiques français et étrangers.
33. — Pseudarthrose de la cuisse guérie par Vextension permanente.
[Bulletin de la Société de chirurgie , 1865.)
Ayant eu à traiter, à l’hôpital delà Charité, un malade atteint de pseudarthrose du fémur droit, consécutive à une fracture non consolidée, je tentai de le guérir sans opération sanglante. Au moyen d’un appareil que je construisis et qui prenait son point d’appui sur l’ischion et dans l’aisselle, je pus exercer sur le membre une extension énergique et permanente. J’arrivai à dégager l’un de l’autre les deux fragments dont le chevauchement était de près de '5 centimètres, et, après deux mois de l’emploi de l’appareil, la consolidation fut obtenue. Le malade fut présenté un an plus tard à la Société de chirurgie, il marchait sans claudication et sans qu’il eût besoin de se servir d’aucun soutien.
3/j. — Du traitement de la coxalgie par l’extension permanente.
[Bulletin de la Société de chirurgie, 1866, p. 76.)
Les recherches des chirurgiens américains sur la coxalgie ont montré que l’extension permanente, en diminuant la pression l’une contre l’autre des surfaces articulaires malades, diminue aussi les douleurs et tend à diminuer l’inflammation. Mais il fallait trouver le moyen de faire l’exten-
sion tout en permettant au malade de se lever, car si l’immobilité au lit, dans un appareil, peut améliorer passagèrement l’état local, elle a une action funeste sur la santé générale.
Mon but, dans cette communication, a été de faire connaître une méthode de traitement inconnue jusque-là en France, qui a donné des résultats remarquables, et dont j’ai obtenu également des succès que ne m’auraient pas donnés les autres méthodes.