ANESTHÉSIE GÉNÉRALE
A propos des derniers travaux sur l’éthérisation et la chloroformisation. Lyon Médical ,-30 mai
Technique de l’anesthésie générale (Chloroforme et éther). Lyon Médical,-22 novembre 1903
La discussion au sujet de l’éther et du chloroforme semblé s’être déplacée de terrain ; il est admis, à l’heure actuelle, que la mortalité immédiate serait plus élevée avec le chloroforme, et la question en litige est celle de la mortalité par complications secondaires.
Les dégénérescences du cœur, du foie, des reins, sont plus marquées avec le chloroforme qu’avec l’éther. Par contre, on reproche à l’éther de produire des complications pulmonaires souvent mortelles.
Nous avons cherché à établir que ces pneumonies sont des pneumonies d’opération, et non d’éthérisation. Elles sont aussi fréquentes avec l’un des agents anesthésiques qu’avec l’autre; en lés observe souvent alors même que le malade n’a pas été anesthésié. Elles sont la propagation d’une infection de voisinage (opérations pratiquées sur le cou) ou d’une infection à distance (opérations sur l’estomac et l’intestin). Il n’y a donc pas lieu d’en faire un reproche particulier, à l’éther.
La technique de l’anesthésie générale, qu’il s’agisse du chloroforme ou de l’éther, est, au surplus, une chose délicate qui'justifiais création d’anesthésistes de profession. Le docteur Olivier, de Bordeaux, étudiant la question dans une thèse récente, discute les avantages et les inconvénients du chloroforme et de l’éther et conclut, lui aussi, à la supériorité de l’anesthésie par l’éther ; la défaveur dans laquelle l’éther est tombé aux yeux de certains vient, dit-il, d’anesthésies faites par des mains inexpérimentées. Des complications, des dangers identiques peuvent résulter de l’emploi de l’un ou de l’autre. L’éther les produirait moins souvent que le chloroforme.
ACTINOMYCOSE
Les communications de MM. les professeurs Poncet et Bérard, leur Traité clinique de l’actinomycose humaine, les thèses qu’ils ont inspirées ont montré l’actinomycose sous ses diverses formes. Les recherches que nous avons entreprises sous la direction de notre maître, le professeur Poncet, ont eu pour but d’élucider certains points de cette œuvre si vaste ; de mettre en relief certains symptômes particulièrement importants; de prouver, par des exemples répétés, par des statistiques, la fréquence de cette affection ; de mieux en fixer enfin le type clinique par des observations et des photographies.
Nous avons fait, à ce propos, deux statistiques d’ensemble et collationné les faits publiés dans la région bordelaise:
De l’actinomycose humaine en France et à l’étranger dans ces cinq dernières années. (En collaboration avec M. le professeur Poncet). Académie de Médecine, 9 juin 1903 (N° II). Actinomycose dans le Dauphiné. Association française pour l’avancement des Sciences, 1904 (N° 12).
A propos de l’actinomycose humaine. Lyon Médical, 19 mai 1907 (N° 13).
Lq première statistique utilise tous les documents que nous permettaient de consulter les ressources de la Faculté de Lyon.
Elle commence en 1903, au moment où s’arrêta la bibliographie du Traité de l’Actinomycose humaine. Elle comporte 531 cas, mais nous n’avons pu avoir des renseignements suffisants que pour 497. Elle nous montre que l’actinomycose est, sauf en Suisse, fréquente partout où l’on sait la diagnostiquer, La proportion des cas, chez l’homme et' chez les animaux, est très différente suivant les régions, ce qui
Actinomycose et tuberculose. Réaction des actinomycosiques aux procédés de laboratoire employés pour le diagnostic de la tuberculose. Congrès français de Chirurgie, 1906 (N» 14). Lorsqu’on veut, par des procédés de laboratoire, établir un diagnostic de tuberculose, on a à sa disposition la recherche directe du bacille, la réaction à la tuberculine, le séro-diagnostic, l’épreuvè du
vésicatoire (M. Mérieux a montré (Revue de Médecine, février 1906) que la sérosité d’un vésicatoire d’un tuberculeux fait réagir un cobaye tuberculeux comme une injection de tuberculine).
Nous avons voulu étendre à l’actinomycose les mêmes procédés. Friedrich avait déjà montré que les actinomycosiques réagissent à la tuberculine aussi bien que des tuberculeux. Nous n’avons pas repris ces expériences que nous croyons démonstratives. Nos recherches personnelles nous ont donné les résul-
La séro-réaction tuberculeuse a été positive 4 fois sur 4 dans l’actinomycose, et négative dans le seul cas de pseudo-actinomycose que nous avons rencontré.
L’épreuve du vésicatoire a fourni des renseignements concordants avec ceux de la séro-réaction;
Ges procédés pourraient donc rendre, dans le diagnostic de l’actinomycose, les mêmes services que dans les cas de tuberculose.
(En collaboration avec M. le professeur Poncet et M. Lacomme). Académie, de Médecine, 16 avril
Ces recherches établissent la non-toxicité des cultures d’actinomycose et l’absence de tout produit soluble. Elles ont été faites avec des cultures sur bouillon filtré, et des cultures sur agar broyées et traitées, les unes par une solution physiologique salée, les autres par l’éther, l’alcool ou le chloroforme.
BOTRYOMYCOSE
La botryomycose humaine (5 nouvelles observations) (En collaboration avec M. Alamartine). Lyon
Chirurgical, juillet 1909 (N° 16).
Les observations qui font l’objet de cette étude répondent au type classique de la botryomycose. Cette affection est caractérisée, on le sait, par l’existence d’une sorte de bourgeon charnu, ayant histologiquement la même structure que ceux que l’on observe au niveau des plaies, et se différenciant de ceuxci par son apparition au niveau d’une piqûre insignifiante, par sa forme nettement pédiculée, et par sa résistance spéciale aux agents modificateurs des bourgeons charnus ordinaires.
De là, à incriminer un agent pathogène spécial, il n’y avait qu’un pas. Des recherches bactériologiques plus approfondies ont montré qu’il n’y avait pas cependant de microbe spécifique de cette affection, et les auteurs la rattachent aux agents ordinaires de la suppuration, au staphylocoque en particulier.
Plus récemment, M. Letulle avait été conduit à penser que les amibes pouvaient engendrer un pareil processus pathologique.
Les recherches que nous avons faites dans ce sens nous ont permis de retrouver des formations analogues à celles décrites par M. Letulle comme des amibes. Il nous a été impossible de les cultiver, et leurs réactions, vis-à-vis des matières colorantes, nous les ont fait considérer comme des formes de dégénérescence Cellulaire, et non comme des agents parasitaires.