CORPS THYROÏDE
Thyroïtoxémie ou thyroïdisme aigu post-opératoire. Gazette hebdomadaire de Médecine et de Chirurgie, 11 ’ioût 1901 (N° 56).
Les accidents d’intoxication thyroïdienne s’observent assez souvent après les interventions pour goitre, et la’hialade que nous avons observée, avec M. Poncet, et qui nous suggéra cette étude, en était un très beau type. A la fièvre, à une hyperthermie considérable, il faut joindre l’éréthisme cardiaque, l’agitation,'etc. Quelquefois, l’intoxication est telle que le malade succombe rapidement. Le drainage bien fait de la région est le meilleur moyen dont nous disposons contre de tels accidents, et leur apparition doit faire craindre une rétention en arrière de drains oblitérés ou coudés. Notre malade en fut une excellente démonstration. Ses malaises cessèrent avec l’apparition de la sécrétion de la plaie, au bout de trois jours ; ils furent d’ailleurs légers, et la brusquerie de leur début n’était que-la conséquence d’un peu de rétention des sécrétions thyroïdiennes derrière une mèche de gaze.
De la dysphagie après les opérations pour goitres. Bulletin Médical, H septembre 1901 (N° 57).
A la suite des interventions sur la glande thyroïde, il est fréquent d’observer une dysphagie plus ou moins marquée. Elle est parfois telle qu’elle nécessite l’emploi de la sonde à demeure. Elle ne paraît pas due à des lésions de l’œsophage ou des nerfs voisins. Elle semble la conséquence d’un réflexe parti des nerfs thyroïdiens sectionnés ou irrités. Elle est de courte durée, heureusement pour les malades, car la thérapeutique habituelle échoue et la morphine ne produit même qu’une légère amélioration.
Note sur l’étiologie des goitres.
. (En collaboration avec M. le professeur Bérard). Société de Biologie, 12 janvier 1907 (N° 58).
Les recherches que nous avons entreprises sur ce sujet consistent:
1° En inoculation de fragments de tumeurs en milieux appropriés; 2° en inoculation de cultures atténuées dans la glande de chiens et de lapins. Le premier groupe de recherches est seul étudié ici, le second fera l’objet d’une note ultérieure.
Sur 10 goitres, nous avons obtenu:
5 fois du staphylocoque ;
1 fois un diplocoque, que des cultures ultérieures montrèrent être un aspect du staphylocoque ;
4 fois un résultat négatif.
Ces expériences faites avec des goitres enlevés sans dilacération, immédiatement après l’opération, le fragment à ensemencer ayant été prélevé au centre de la pièce pour se mettre à l’abri d’infection directe, montrent la fréquence dans les goitres des microbes ordinaires de la suppuration, et confirment les recherches de MM. jaboulay et Rivière, etc.
La stérilité de certains goitres n’implique pas au début une origine non microbienne: la glande thyroïde se débarrasse assez rapidement des microbes qui l’ont envahie, et le pus des thyroïdites est assez souvent aseptique.
Au surplus, en dehors des microbes eux-mêmes, les toxines microbiennes agissant à ddse suffisante et suffisamment longtemps, peuvent produire les mêmes résultats.
Les kystes congénitaux de la glande thyroïde. Bulletin Médical, mai 1910 (N° 59). ' ',@1
Les kystes congénitaux de la glande thyroïde sont très rares et peuvent se répartir en trois groupes. Les ùris sont de simples kystes colloïdes; d’autres constituent dés dégénérescences polykystiques, ana-;; logues à celles dû rein ; d’autres enfin sont des tumeurs à structure complexe, avec du tissu thyroïdien, des éléments musculaires, des segments cartilagineux, etc.
Les premiers ont été surtout étudiés par Wolfler et Isambert. La dégénérescence polykystique est-j exceptionnelle ; grâce à la bienveillance de M. Gangolphe, nous avons pu en publier un cas.
Les tératomes, à tissus complexes, ont été décrits par Boucher ét surtout par Lannelongue. '
Ces diverses tumeurs revêtent la symptomatologie des goitres congénitaux ordinaires, et ils ne sonf; différenciés de ces'derniers que par l’examen macroscopique ou microscopique.
Quatre cas de goitre chez le nouveau-né (En collaboration avec M. le professeur Fabre). Société de • Chirurgie, 21 mars 1907 (N» 60).
La congestion de la glande thyroïde chez le nouveau-né (En collaboration avec M, le professeur Fabre). Annales des Maladies de l'Enfance, 1 er mai 1908 (N° 61).
Goitre parenchymateux (adénome fœtal diffus) chez le nouveau-né (En collaboration avec M. le 4 . professeur Fabre. Annales.des maladies de l’Enfance, juillet 1908 (N° 62).
Le goitre chez le nouveau-né (En collaboration avec M. le professeur Fabre). Revue de Chirurgie, 1908 (N° 63). ;
Goitres et congestions de la thyroïde chez le nouveau-né. L'Obstétrique, février 1909.(N° 64),'.
Thèse de Richard, Lyon, 1906-1907.
Ces divers articles ont pour point de départ: les cas de goitre chez le nouveau-né (adénome fcetal'| diffus), que nous avons étudiés dans le musée du professeur Fabre ;
les observations de congestion de la glande thyroïde chez le nouveau-né que nous avons recueillies
Tous ces faits concordent avec de nombreux travaux parus à l’étranger (Virchow, Demme, Wolfler) qui ont établi les caractères histologiques des goitres des nouveau-nés. En même temps, une série d’observations (nous en avons rassemblé plus de 130), dont un certain nombre françaises, en ont montré la fréquence.
Ces lésions se rencontrent surtout dans les pays goitrigènes et forment la transition entre' la thyroïde ' ; normale et la thyroïde arrêtée dans son évolution, s’accompagnant de crétinisme.
Les formes diffuses sont de beaucoup les plus fréquentes et tout particulièrement les goitres parenchymateux diffus. Ce sont aussi les plus dangereux, car les deux lobes thyroïdiens enserrent l’œsophage I et la trachée, les encerclent dans un anneau très étroit. De là, l’explication des accidents inquiétants que JH l’on observe en pareil cas.
Les troubles fonctionnels sont très variables ; ils vont d’une gêne momentanée à une asphyxie rapide ‘J et sont souvent mis sur le compte de l’hypertrophie du thymus; ils sont passagers dans les formes congestives. Le traitement médical, l’exothyropexie (Pollosson, Commandeur) sont les moyens thérapeuti- ! ques ordinairement employés pour les combattre. Les opérations plus graves (thyroïdectomie, etc)) ont la été exceptionnellement pratiquées.