PESTE
Au cours de l’épidémie de peste qui a sévi à Paris en 4921, M. le professeur Teissier avait bien voulu me charger du service des pesteux à l’hôpital Claude-Bernard. D’autre part, M. Liard, secrétaire général de la Préfecture de Police, m’avait prié, d’accord avec M. Bordas, inspecteur général des Services techniques d’hygiène, et M. Dubief, médecin en chef des Services d’hygiène, d’organiser le laboratoire d’examen des rats capturés à Paris.
Sous la direction d’une Commission de prophylaxie de la pesle réunie à la Préfecture de la Seine, et présidée par le préfet de la Seine, la chasse aux rats avait été préconisée de toutes les manières : pièges, appâts empoisonnés, primes aux chasseurs, etc.
Mais il importait en même temps de savoir, parmi les rats capturés, quels étaient ceux qui étaient infectés et quels étaient les quartiers dont ils provenaient.
Ces considérations devaient dicter la conduite des Services de
minations viscérales;
i° Que l'hémocullure apporte au. diagnostic de la peste bubonique un nouvel élément de contrôle, qu’il est important de ne pas négliger. Les constatations analogues avaient été faites par Uriarte qui avait attiré l’attention en 1909 sur la bactériémie dans la peste
Dans le troisième article (traitement curatif de la peste) j’expose avecM. Wallon comment doit être fait le traitement de la peste en me basant sur les observations des malades de l’hôpital Claude- Bernard. C’est l’injection intraveineuse qui doit être préférée; elle donne des résultats plus rapides; elle permet d’administrer une plus grande quantité de sérum ; elle est parfaitement supportée par
L’injection sous-cutanée simple ou combinée avec la précédente n’offre pas d’avantages, car l’absorption du sérum est plus longue.
Ce traitement doit être précoce, massif et prolongé. 11 importe de l'instituer dès l’arrivée du malade. Cette urgence est signalée par tous les auteurs (Simond, Vassal, Kitasato, Thiroux, Choksy, Le Danlec, Salanoue-lpin, etc). Une statistique de Yersin à Bombay, en 1897, le démontre amplement. Chez les malades inoculés le premier jour il y a eu 12 p. 100 de décès; chez ceux qui ont été inoculés le second jour, on note 50 p. 100; chez ceux qui l’ont été le troisième ou quatrième 60 p. 100.
11 faut abandonner l’emploi des petites doses, sauf dans quelques formes ambulatoires où l’activité du virus semble moindre, comme
l’ont montré Yersin, Simond. Nous conseillons défaire toujours des doses élevées de 80 à 100 cent, cubes dans les formes moyennes,
matique. En collaboration avec M. Cambessédès. ( Société de Médecine et d'Hygiène tropicales, 15 décembre 1922, et Revue de Médecine et d'Hygiène tropicales, n" 3, 1923, p. 65.)
Nous reprenons la question de la parenté du bubon climatique et de la peste qui avait déjà fait l’objet d’études de la part de Cantlie, Thiroux, Fontoynont, bien que Manson, Rost, et plus récemment, au Congrès de dermatologie de Paris 1922, Nicolas et Fahi-e aient nettement différencié ces deux affections, le bubon climatique étant l’expression clinique de la lymphogranulomatose inguinale décrite en 1912 par FaVre dans sa thèse, et déjà vu par Nélaton en 1890, puis par Lejars, Hardy, Marion, elc. Or, il faut reconnaître que quoique l’adénolymphite constitue une maladie autonome, il n’est pas prouvé qu’elle réponde toujours à la description clinique de ce qu’on a appelé le bubon climatique.il estàremarquer que cette forme de bubon a été constatée dans ces dernières années avec une singulière fréquence précisément au moment où une petite épidémie de peste se déclarait. Et alors la question de l’analogie du bubon climatique et du bubon pesteux dans les formes ambulatoires nous a paru pouvoir être posée à nouveau. Plusieurs observations nous ont montré que dans quelques cas d’adénite bénigne, de cause indéterminée, diagnostiquée adénolymphile inguinale, on pouvait mettre en évidence le bacille pes-
bout de quarante-huit heure* à la Souris. On pouvait ainsi obteiiir une multiplication du bacille qui dans eèfe formes est ttop peu abondant dans le ganglion pour pouvoir être inoculé directement.
Dans de nombreux cas qui ont été cités dans la thèse de Rio (Les formes ambulatoires de la peste* Thèsé Paris-, 1924) et qui simus laient des adéniles génitales banales, dont la lésion initiale aurait échappé parce qu’elle était guérie, nous avons pu mettre le bacille en évidence par ce procédé. Dans 2 cas sur 5 qui avaient été considérés comme des lymphogranulomes, l’inoculation à la souris a été positive de la même façon.
Ainsi compris le bubon climatique ne représenterait pas une forme de peste minOr, mais une manifestation ëncore plus atténuée de l'affection par le bacille de Yersin* èt rentrerait dans le cadre des infections liminaires;
Cette appellation rend parfaitement compte de ce qui se passé* ainsi que de la difficulté qu’il y a & mettre le bacille pesteux en évidence. Nattan-Larrier l’a proposée pour désigner des infections locales au cours desquelles un agent atténué* pénétrant en quantité très limitée au niveau d’un organe* ne déternrtihait qu’une réaction à l’entrée, sans retentissement général. C’est ce qu’il A Constaté expérimentalement avec le spirochète Düttôni [Société de Médecine et d'Hygiène tropicales, octobre 1922); Or* dans no9 cas on trouve la même pathogénie; bacille peu Virulent, et bacille inoculé probablement en très petite quantité ne produisant qu’urie réaction ganglionnaire et ne franchissant celle barrière lymphatique;
Cette opinion que nous développons plus loin eii faisant l’historique et la symptomatologie du bubon climatique est aüssi celle de Fontoynont à Madagascar* de Thiroux à la Réunion, de Dupont au Sénégal. Elle permet de considérer le bubon Climatique comme représentant fréquemment une manifestation de peste très atténuée.-
2“ Prophylaxie.
Le rat réservoir du virus de la peste. (Congrès çolonial de Marseille, septembre 1922.)
Quelques considérations sur la peste et sur les rats Le rat réservoir du virus. En ppUaboralion avec MM. Boudas et Dtmu>. (La Presse Médicale, septembre 1!)22.)
la puce chpopjs (PqjardinrBeaumetr), soit par l’inoculation à des nppvean-nés (japs )e nid flfpttqHfOTier). la maladie prend une forme chronique, qpj, paqsapt inaperçue, prépare d'autant mieux la grpyifé de l’épidépiie humaine- Pes constatations analogues ont été fades en fupupiap pap Priants, et ap Maroc par Renaud- Le fonctionnement du laboratoire de surveillance des rats et son organisation qui permettent d’exefPP!' ep quelqpe sorte un contrôle réguliep j}e l’état sanitaire des rats à ce point de vue spécial, a été exposé dans le travail paru dans les Annales dHygiène publique, infasftipllf, et sofiafa, 1923, p“ 4, sopa le litre : Le laboratoire de prophylaxie de la peste, laboratoire des rats. On y trouve décrite la manière dfint s'exerce la lutte prophylactique. Actuellement, le nombre dp§ rafs porteurs de bacille a diminué et a été de 1 p. 3fiP ep 1922, proportion qui varie suivant les points où les rats ont pjgj paptqrés. i)an 8 les quartier 8 chiffonniers de Saint- Ouen et de Çjljchy, (e ppmhFB de ppq rongeurs porteurs sains est certainement plus éjeyé que d a ps les outres quartiers, où ils sont exceptionnels. C’est d’ailleurs de )à que provenaient le plus grand nombre de cas humains. Actuellement, l’épidémie est terminée et depuis (|p||* ans OP P'PP 9 signalé que 2, toujours au début