PIAN
Le traitement du pian par le stovarsol. En collaboration avec M. Jamot, médecin-chef du secteur de prophylaxie de la maladie du sommeil. (Revue de Médecine et d’Hygiène tropicales , 1924, page 18.)
Nous avons essayé l'action du stovarsol dans la syphilis et dans le pian chez les indigènes du Cameroun. Dans la première maladie, nous avons constaté son action sur les lésions spécifiques, telles qu’elles étaient déjà décrites, c’est-à-dire, surtout, action moins énergique que celle des autres composés arsenicaux donnés en injection intraveineuse. Pour le pian, au contraire, nous avons constaté, sans avoir eu connaissance des expériences de MM. Beurnier et Clapier, que le stovarsol agissait contre celte maladie d’une façon au moins comparable à celle de l’arsénobenzol, mais qu’il était d’un emploi plus simple et plus facile, puisqu’il pouvait être donné par la bouche.
Notre manière de l’administrer diffère un peu de celle des auteurs précédents, mais cette différence est de peu d’importance au point de vue des résultats. Nous croyons utile cependant d’augmenter les doses au début pour les diminuer ensuite, afin de cicatriser les ulcérations qui sont les causes principales de la propagation.
Nous donnons aux adultes deux comprimés le premier jour, trois le lendemain, quatre le surlendemain ; puis on attend un jour, et on donne ensuite, par série de deux jours, quatre, trois, deux comprimés. La semaine suivante, on prend un comprimé tous les trois jours pour assurer la guérison.
Celle-ci se produit en général très vite ; c’est en moyenne le troisième jour que les lésions se dessèchent ; le cinquième, elles sont
Valeur des exanthèmes dans les trypanosomiases. En collaboration avec M. Nattak-Larrier. (Société de Biologie , 23 juin 1906.)
C’est au niveau des exanthèmes cutanés que l’on peut trouver le trypanosome dans le sang recueilli par simple scarification. Dans un cas où il avait été impossible de retrouver un parasite dans le sang circulant et où l’exanthème offrait l’aspect des éruptions cutanées delà maladie du sommeil, une scarification permit de trouver d’assez nombreux trypanosomes qui siégeaient dans les vaisseaux du derme au niveau de l’exanthème. Ce fait peut avoir un intérêt au point de vue de la transmission par les piqûres des mouches.
Sur une nouvelle variété de trypanosome du Salvador, (teinté de Médecine et <f Hygiène tropicales, n°2,19U.)
Ce travail a été fait au sujet de l’envol par M. Ségovia (du Salvador) de lames de sang provenant d’un malade chez lequel on avait trouvé des trypanosomes. Cliniquement, la maladie avait évolué comme une maladie du sommeil africaine, et pourtant le sujet n’avait jamais quitté l’Amérique centrale.
J’ai identifié cependant ce parasite avec le trypanosoma Cruzi, dont il offrait tous les caractères, et en particulier les deux formes décrites dans le sang par Chagas. Comme les symptômes déterminés par cette infection étaient ceux de la maladie du sommeil africaine et non de la trypanosomiase américaine, j’ai proposé de considérer jusqu'à nouvel ordre ce parasite comme un trypanosoma Cruzi, variété Ségovia.
MYOSITE
One maladie des noirs de l'Airique Équatoriale : le larabo. En
collaboration avec M. Jamot. (Bulletin Médical , 1926, p. 900.)
11 ne s’agit pas là d’une maladie nouvelle, mais d’une myosite à staphylocoques peu connue dont la fréquence relative en Afrique équatoriale et l’allure clinique un peu spéciale justifient une description à part.
Pendant la guerre, l’un de nous observa à Lomié, èt au Cameroun, chez des tirailleurs et des porteurs de la colonne de la Sangha, et, plus tard, chez les Banda et les Mandjia de l’Oubanghi, plusieurs cas d’abcès musculaires métastatiques souvent très volumineux qui paraissaient se développer spontanément et très rapidement, soit dans les membres, soit dans la paroi thoraco-abdominale, soit dans la région fessière. Les Bandas les appellent lambo; les Mandjias, kili, appellations qui semblent indiquer que chez ces peuplades primitives il s’agit bien d’une maladie représentant une entité morbide.
Laigret et Lefrou, en 1922 ( Bull. de la Soc. de Path. exot., p. 459), font ressortir que c’est la même maladie que celle que Sarailhé avait décrite en Indochine en 1909 sous le nom de pyomyosites atténuées. En 1910 Joyeux, Chatenay en 1913, en Haute- Guinée, Commes l’avaient étudiée sous le nom de donndou. Bouffard en 1920, au Sénégal, l’avait appelée pyomyosite, dénomination qui rappelle celle que Castellani et Chalmers lui ont donnée : myo-
bungpappa, de la Gold Coast, et de la mumafever des îles Samoa, qui semblent beaucoup plus se rapporter aux abcès filariens.
Nous avons observé plusieurs cas de lambo, qui se manifestent