I)e l oxygène dans l’économie animale
(Mémoire lu à l’Académie de médecine, le 17 septembre 1850.)
(Union médicale, 1850.)
Le rôle que M. Mialhe assigne à l’oxygène dans l’économie animale peut être résumé en ces termes :
§ I. — Les phénomènes d’oxydation ont lieu dans toutes les. parties du corps où pénètre le sang chargé d’oxygène. Toute matière organisée, morte ou vivante, est douée de la propriété d’absorber et de fixer l’oxygène, ainsi que l’a démontré Spallanzani.
L’oxygène exerce son action, dans l’économie, sur le carbone, l’hydrogène, le soufre, le phosphore. 11 attaque les principes immédiats, sang, albumine, fibrine, graisse, etc., ainsi que les matières alimentaires, soit animales, soit végétales, qui, introduites dans la cavité digestive, passent dans le torrent circulatoire pour servir à la nutrition.
Aux phénomènes de dissolution et de combinaison de l’oxygène dans l’économie correspondent des phénomènes d’élévation de température. Toutes les fois qu'il y a dans l’organisme diminution de la quantité d’oxygène absorbé, on voit peu à peu la température du corps s’abaisser; et toutes les fois, au contraire, que cette quantité augmente, la température du corps s’élève. H y a corrélation entre ces deux phénomènes.
L’importance de l’oxydation et de l’influence qu’elle doit exercer sur l’économie paraît être en raison de l’étendue considérable des surfaces et de l’extrême porosité des tissus avec lesquels l’oxygène est incessamment en contact par suite de la constante circulation du sang qui lui sert de véhicule.
Les produits des excrétions ne sont, en définitive, que le résultat d’une véritable combustion vivante. En effet, la plupart des matières absorbées pendant l’acte de la digestion subissent dans le travail de la
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nutrition une série de transformations comparables à celles qui résulteraient de leur contact avec l’air libre aidé d’une température plus ou moins élevée.
D’où résultent trois divisions : ,
1° Substances directement oxydables, telles que l’alcool, les huiles volatiles, les tartrates, les citrates, l’hydrogène sulfuré, l’hydrogène arsénié, les matières albuminoïdes.
2° Substances indirectement oxydables, telles que les matières sucrées et amyloïdes, les matières grasses, qui ne donnent lieu à des produits oxygénés qu’avec l'intervention des alcalis contenus dans les humeurs animales.
3° Substances inoxydables, telles que la mannite et la gomme, qui, faisant partie des matières n’étant ni fermentescibles ni putrescibles au contact de l’air, n’éprouvent aucune action de la part des réactifs de l’économie et traversent les voies digestives sans éprouver la moindre altération.
§ II. — Conséquences physiologiques et thérapeutiques. — Brise basant sur les caractères de ces trois groupes, on pourra prévoir comment une substance quelconque se comportera au sein de l’organisme.
Ces notions peuvent aussi éclairer sur le traitement à diriger contre certaines maladies; car non-seulement les médicaments, mais les aliments aussi, exercent la plus grande influence sur la composition chimique des humeurs et des sécrétions de l’économie.
L’alimentation animale, renfermant dans ses éléments albuminoïdes du soufre et du phosphore, donne naissance, par la combinaison avec l’oxygène, à l’acide sulfurique et à l’acide phosphorique.
L alimentation végétale, au contraire, engendre des produits de nature alcaline, parce que les acides organiques, qui saturent les bases alcalines dans les plantes, en se brûlant dans l’économie, laissent pour résidus des carbonates eit des bicarbonates alcalins.
§ III. — L’oxygène est, dans l’organisme, l’agent des réactions
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chimiques les plus remarquables et la source des principaux phénomènes vitaux. C’est en attaquant incessamment les diverses substances , avec lesquelles il est en contact, en-les brûlant pour les besoins des fonctions nutritives et respiratoires, qu’il entretient en même temps la chaleur animale et la vie.