‹ Titres et travaux scientifiques. Mai 1910Chapitre 3 sur 9 · C. — lîosinopliilio pleurale · texte numérisé non relu

C. — lîosinopliilio pleurale

coloration usuelle. Les cellules endothéliales apparaissent souvent isolées et parfois soudées deux par deux.

Les placards sont très connuents, lorsque l’épanchement est jeune ; ils diminuent de nombre au far et à mesure que l’épanchement vieillit et peuvent être encadrés alors par des lymphocytes ou des polynucléaires.

On ne saurait trop insister sur l’importance des placards endothéliaux, môme peu nombreux, persistant dans un épanchement à évolution lente et insidieuse. Leur présence suffit en clinique à faire penser qu’un épanchement, riche en polynucléaires ou môme en lymphocytes, survenu chez un cardiaque, n’est pas d’origine tuberculeuse.

Ces pleurésies, surtout chez les cardiaques, n’ont pas toujours une évolution régulière et uniforme : des incidents divers peuvent déterminer dans le poumon des congestions et des infarctus, qui, retentissant sur la plèvre, détermineront des modifications de la formule cytologique. Aux cellules endothéliales et aux lymphocytes se surajoute alors un nouvel élément, le polynucléaire, comme l’ont montré MM. Barjon et Cade, et comme nous l’avons constaté nous-môme dans plusieurs cas. Lorsque la congestion est peu intense, les polynucléaires sont peu nombreux, mais au fur et à mesure qu'elle augmente, la quantité de ces derniers devient plus considérable. Les pleurésies déterminées par des infarctus pulmonaires sont les plus riches en ces éléments.

La présence des polynucléaires trahit alors l’état congestif de la plèvre consécutif à l’inflammation du poumon sous-jacent ; elle est due à une poussée diapédétique à travers les vaisseaux. L’examen cytologique du liquide traduit ainsi l’état anatomique et de la plèvre et du poumon.

Pleurésies septiques. — Les pleurésies pneumococciques en représentent le type. Le liquide de ces pleurésies est caractérisé avant tout par la présence de polynucléaires neutrophiles en abondance. Même d’aspect séreux, ces pleurésies sont déjà histologiquement purulentes.

Les cellules endothéliales que l’on peut observer dans ces épanchements, à leur début seulement, s’altèrent vite, se séparent les unes des autres et prennent rapidement un aspect tel qu’on ne peut les distinguer des gros mononucléaires. Un certain nombre de ces grandes cellules vont jouer le rôle de macrophages, et il est presque constant, dans ces pleurésies pneumococciques, de rencontrer un assez grand nombre de grandes cellules isolées, dont le protoplasma contient et digère des polynucléaires et môme des globules rouges plus ou moins altérés. Quelques-uns de ces polynucléaires se colorent encore bien, d’autres sont à peine teintés et ne présentent que des vestiges de leurs noyaux. En outre, on constate parfois une phagocytose microphagique plus banale exercée par les polynucléaires sur les agents microbiens. Dans un travail avec MM. Widal et

Dopter nous avons insisté spécialement sur l’aptitude macrophagique des cellules endothéliales et montré les liens qui les unissent aux gros mononucléaires.

Il faut, en outre, noter dans ces épanchements les altérations très fréquentes des polynucléaires, qui présentent toutes les modifications décrites sous le nom de karyolyse. On rencontre souvent dans le champ de la préparation des musses protoplasmiques présentant à leur centre une, deux, trois boules, quelquefois davantage, d’autant plus petites qu’elles sont plus nombreuses, (^es boules représentent les fragments du noyau. Lorsque la boule est unique, elle est centrale, et pour peu que le protoplasma se rétracte on pourra confondre le polynucléaire altéré avec un lymphocyte ; cependant, si l’on fait des colorations au triacide d’Ehrlich, on constate des granulations neutrophiles autour de ce noyau. Il faut être prévenu de ces altérations, afin de ne pas prendre certains polynucléaires altérés pour des lymphocytes ou des myélocytes mononucléés neutrophiles.

Pleurésies cancéroAises.— Dans un cas de pleurésie cancéreuse, nous avons trouvé dans le liquide de nombreux placards endothéliaux, quelques lymphocytes, des globules rouges, mais surtout de nombreuses cellules d’un volume beaucoup plus considérable que celui des cellules endothé-

l’attention. Examinés à l’état frais, entre lame et lamelle, les éléments

lent, deviennent sphériques, prennent l’aspect de gros mononucléaires dont elles arrivent à partager la fonction macrophagique, et retournent ainsi probablement à leur origine. Avec MM. Widal et Dopter, nous avons insisté sur celte évolution de la cellule endothéliale dans les épanchements pathologiques des séreuses. Ces faits ont une portée générale qu’il est intéressant de mettre en relief ; ils prouvent le rôle phagocytaire, si longtemps discuté, des éléments endothéliaux retournés à l’état de cellules indépendantes.

En plus des cellules endothéliales dont nous venons de voir la signification, on retrouve dans les épanchements séro-fibrineux des lymphocytes cl des polynucléaires dont il faut, selon les cas, savoir apprécier la valeur. Le polynucléaire est un élément de diapédèse provenant des vaissaux sanguins; c’est un élément de lutte, de defense, dont la presence dans la plèvre, comme ailleurs, est provoquée par une infection ou une inflammation aiguë. Le lymphocyte, au contraire, est l’élément banal, pour ainsi dire, du liquide pleural ; il transsude en plus ou moins grande quantité, en môme temps que la sérosité, et peut se trouver mêlé aux autres éléments dans toutes les variétés d’épanchements. Il faut se garder d’en faire un élément spécifique de la tuberculose, mais, pour les raisons anatomiques que nous avons exposées, sa présence presque exclusive, constatée après défibrination, n’en caractérise pas moins l’épanchement de la pleuro-tuberculose, c’est-à-dire de la plus fréquente des pleurésies.

b) Cyto-diagnostic de divers liquides de l’organisme (22, 401.

Ascüc. — Synovites .— La cytologie du liquide péritonéal ne donne pas toujours des renseignements aussi précis que celle du liquide pleural. La contiguïté de l’intestin peut sans doute perturber, sous des influences diverses, surtout pendant la période de digestion, la formule leucocytaire du liquide épanché dans le péritoine. Dans le liquide de deux péritonites tuberculeuses à forme ascitique, MM. Widal et Froin ont cependant constaté une formule lymphocytique bien distincte de la formule endothéliale qui caractérise, en général, l’ascite cirrholique.

Au cours des arthrites aiguës rhumatismales ou blennorragiques, après centrifugation du liquide visqueux retiré par ponction, on constate presque uniquement la présence des polynucléaires.

Hydrocèle et vacjinaliles. — Nos recherches, puis celles de MM. Tuffier et Milian, ont montré que l’élude cytologique du liquide épanché dans la vaginale peut fournir des résultats intéressants pour la clinique.

Dans les vaginalites dépendant d’une tuberculose du testicule, on ne

rencontre que des lymphocytes, à condition, toutefois, qu’il n’existe pas d’abcès du testicule ou de l’épididyme ouvert dans la séreuse.

Dans les vaginaliles qui accompagnent les orchites infectieuses, on ne trouve que des polynucléaires.

Dans le liquide des kystes du cordon, on ne voit que des spermatozoïdes et aucun autre élément cellulaire. Dans les hydrocèles ordinaires, dites essentielles, on constate des placards endothéliaux, plus ou moins confluents, mêlés parfois A des globules rouges et à des lymphocytes peu nombreux. Cette formule, semblable à celle des pleurésies survenant chez des cardiaques ou des brightiques, est un argument contre l’origine infectieuse de cette variété d’hydrocèle, et plaide en faveur d’une origine purement mécanique. Le liquide est d’ailleurs toujours stérile et sans virulence pour le cobaye. Dans certains cas, ces cellules endothéliales peuvent jouer le rôle de macrophages : c’est ainsi que, dans une hydrocèle qui avait été ponctionnée quelques jours avant l’exploration cytologique, nous avons vu les cellules endothéliales bourrées de spermatozoïdes; il est probable qu’au cours de la première ponction l’aiguille avait blessé l’épididyme et mis ainsi en liberté les spermatozoïdes, qui avaient été rapidement phagocytés. Presque toutes les cellules desquamées contenaient dans l’intérieur de leur protoplasma, au centre d’un espace clair, de petits corps ovoïdes se colorant par les réactifs nucléaires ; quelques-uns d’entre eux étaient terminés par un filament très grêle, assez long pour sortir de la cellule qui les renfermait. Un certain nombre de cellules très altérées étaient en train de disparaître par ce processus phagocytaire intense.

Du fait de cette résorption des spermatozoïdes, le sérum du malade n’avait pas acquis la propriété d’immobiliser ou d’agglutiner ces éléments. M. Melclinikoff a d’ailleurs démontré que les spermatozoïdes restent immobilisés et indéfiniment insolubles dans le sérum sanguin chez un cobaye préalablement inoculé avec du sperme, alors que, dans la cavité péritoneale, ils deviennent la proie rapide des leucocytes, qui les digèrent dans leur intérieur.

c) Cyto>diaqno8tic du liquide céphalo-rachidien (19, 24, 40).

De tous les caractères du liquide céphalo-rachidien qui peuvent être utilisés pour le diagnostic et pour l’interprétation pathogénique, les plus importants sont ceux que fournit l’examen cytologique.

Avec MM. Widal et Sicard, nous avons essayé de fixer les règles du cvtodiagnostic de ce liquide.

La lechnique que nous avons proposée est encore plus simple que pour le liquide pleural, puisque la défibrination est inutile.

Il suffit de recueillir 3 à 4 centimètres cubes de liquide céphalo-rachidien dans un tube effilé et stérilisé. On centrifuge et Ton décante soigneusement, de façon à recueillir dans une pipette capillaire tout le culot, que l’on étale par gouttelettes sur trois lames.

A l’état normal, le liquide céphalo-rachidien ne contient que peu ou pas d’éléments cellulaires. Les lymphocytes, quand ils existent, sont très rares; on n’en compte jamais plus d’un ou deux, de loin en loin, par champ d’immersion.

A l’état pathologique, lorsque les méninges sont frappées d’inflammation ou simplement d’irritation, on voit apparaître, dans le liquide cérébrospinal, des éléments figurés qui sont des lymphocytes ou des polynucléaires. Les lymphocytes sont parfois extrêmement rapprochés, se touchent les uns les autres et peuvent couvrir tout le champ du microscope. Il faut, en tout cas, pour conclure à la lymphocytose, que les éléments [soient assez confluents, pour que l’hésitation ne soit pas possible. En adoptant le chiffre de trois à six éléments par champ, on est sûr d’être au-dessous do la vérité.

Méningite tuberculeuse. — On trouve des éléments cellulaires dans le liquide centrifugé provenant de sujets atteints de méningite tuberculeuse, alors même qu’il paraît avoir sa limpidité normale.

Nous avons montré que c’est la prédominance des lymphocytes qui frappe presque toujours, dès le premier coup d’œil jeté sur la préparation. Le fait, entrevu par Wentworth, avait été discuté par Bernheim et Moser. Parfois, les polynucléaires sont relativement nombreux, mais, dans ce cas encore, le pourcentage des éléments permet de compter un nombre de lymphocytes plus considérable qu’au cours des méningites cérébro-

Méningites cérébro-spinales. — Nous avons établi que la polynucléose caractérisait leur formule cytologique.

Lorsque ces méningites sont mortelles, la polynucléose persiste jusqu’à la fin et les éléments augmentent même de quantité. Lorsque les méningites évoluent vers la guérison, au fur et à mesure que disparaissent les germes microbiens, les polynucléaires diminuent de nombre, et les lymphocytes apparaissent alors peu à peu dans le liquide céphalo-rachidien. Les lymphocytes peuvent encore persister pendant longtemps, mais finissent par disparaître, comme l’ont démontré les observations recueillies en suivant notre technique par MM. Labbé et Caslaigne, Sicard et Brécy, Griffon cl Gandy, Apert et Griffon, Achard et Grenet, etc.

L’interprétation pathogénique est la suivante. Au début, quand sous

pie-mérien, on assiste à un exode de polynucléaires, qui représentent les éléments actifs, les microphages. Puis, quand la lutte est éteinte, les polynucléaires, n’ayant plus de raison d’être, font place aux lymphocytes, qui restent encore quelque temps les témoins de la scène qui vient de se pas-

mentaux que j’ai observés avecM. Aubourgsur le liquide céphalo-rachidien recueilli après rachicocaïnisation chirurgicale. Nous avons démontré que l’on assistait alors au développement d’une méningite aseptique attribuable à la non-isotonie de la solution aqueuse de cocaïne.

De tels faits n’auraient pu être précisés sans l’examen cytologique du liquide céphalo-rachidien. C’est encore grâce au cytodiagnostic que M. Sicard a pu dégager la forme ambulatoire de la méningite cérébrospinale et que MM. Raymond et Sicard ont pu étudier les rapports de la méningite cérébro-spinale et de la paralysie infantile.

Le cytodiagnostic a trouvé encore ses applications dans l’étude «les complications cndocraniennes des otites et de nombreux processus

naturel de se demander si, a nerveux, surtout quand leu céphalo-rachidien ne se peu ressauts à connaître pour le

les maladies chroniques du sy is offensent la méninge, le 1; également d’éléments figurés

et Sicard, sont venues démontrer dans le liquide céphalo-rachidien, au cours de ces affections la présence d’éléments cellulaires constitués presque uniquement par des lymphocytes. Dans quelques cas seulement, on peut voir survenir des polynucléaires dont le nombre varie d’une ponction à l’autre. (îetle apparition des polynucéaires coïncide, mais non toujours, avec des poussées congestives. La lymphocytose, qui est avant tout la formule caractéristique au cours de la paralysie générale et du tabes, - peut être très précoce. Joffroy, MM. Babinski et Nageotle, et nous-même, en avons rapporté des exemples.

Dans nombre de cas où le diagnostic hésite entre une paralysie générale commençante et un état neurasthénique grave, entre un tabes au

lions en France et à l’étranger. Nous rappellerons seulement celles venues récemment des services d’Erb, de Siemerling, de Nissl et de Krœpelin, de Nonne, etc.

Il ne faut pas perdre de vue que le lymphocyte dans le liquide céphalorachidien n’est pas plus un élément spécifique du tabes ou de la paralysie générale qu’il ne l’est de la tuberculose méningée. Il est le témoin d’un simple processus d’irritation. Le polynucléaire seul trahit par sa présepce un état congestif ou inflammatoire ; il ne peut venir, par diapédèse, que

Nous reprendrons dans la deuxième partie de ce travail l’élude cytologique du liquide céphalo-rachidien des syphilitiques.

Nous avons montré, d'autre part, avec M. Widal, que l’on trouvait des lymphocytes et parfois aussi des polynucléaires dans les méningomvélites dues à des infections aiguës, comme la fièvre typhoïde.

Lorsque la lésion d'une myélite est purement centrale et lorsque l’irritation méningée fait défaut, la lymphocytose peut manquer.

Nous avons constaté également la réaction lymphocytaire dans un cas de tumeur cérébrale effleurant la méninge. Il en est tout autrement chez les malades atteints de néoplasmes cérébraux, évoluant sans déterminer d’excitation pie-mérienne : l’examen cytologique reste alors négatif.

De même, chez les malades atteints de mal de Pott, d’hystérie, d’épilepsie, de neurasthénie, de polynévrite classique, le liquide céphalo rachi-

tains malades atteints de zona, MM. Brissaud et Sicard ont, contrairement è ce que l’on aurait pu penser, constaté une lymphocytose rachidienne.

Nous avons constaté avec M. Darré des faits semblables à propos des herpès génitaux et de certaines variétés d’herpès rédicivant.

Nous avons noté l’absence de lymphocytose rachidienne au cours de toute une série de maladies infectieuses, telles que la tuberculose sous toutes ses formes, la fièvre typhoïde, l’érysipèle de la face ; nous l’avons cependant observée discrète dans quelques cas de pneumonie avec délire. M. R. Monod, puis M-M. Chauffard et Boidin, ainsi que M. Dopter, ont fait de plus une constatation inattendue et ont montré que le virus ourlien, comme celui de la syphilis, semble avoir une prédilection marquée pour

les méninges, en dehors môme de toute m de l’encéphale.

En résumé, l’examen cytologique des de la plèvre nous permet de recueillir, p< maladie, des renseignements précieux sur

pleurésies des tuberculeux 77 pour lOÔ.

Nous insistons sur les caractères de la tuberculose expérimentale et la nécessité de trouver des bacilles de Koch à l’autopsie du cobaye, car bien des lésions, en particulier certaines cirrhoses du cobaye, simulent la tuberculose expérimentale, ne contiennent pas de bacille de Koch et ne se réinoculent pas en série.

Nous décrivons les phénomènes toxiques que déterminent les inoculations au cobaye de certains liquides pleuraux et les variations de celte toxicité au cours de l’évolution de la pleurésie. Ces recherches

'l) Recherches sur la coagulation du liquide pleural et du liquide céphalo-rachidien. Syndrome de coagulation massive avec xantho-

On a proposé d’utiliser dans la recherche de la nature d’un épanchement pleural l’importance du coagulum fibrineux qui se forme au sein du liquide laissé au repos. Nous avons pu constater que, loin d’être en rapport avec la nature de la pleurésie, les variations de la quantité de fibrine contenue dans un épanchement séro-fibrineux sont beaucoup plus en rapport avec l’activité cl le degré de vitalité des leucocytes contenus dans le liquide qu’avec la nature de l’épanchement; l’intégrité des leucocytes étant la condition nécessaire pour la formation de la fibrine, on conçoit

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