SÉCRÉTIONS
Recherches sur les formiates introduits dans l'organisme (En commun
avec M. Quinquaud). Comptes Rendus, 1887, t. CIV, p. 437. Archives ! de Physiologie, 1887, t. XIX, p. 197-217.
Avant de chercher ce que devient un formiate injecté dans le-tube digestif ou dans le sang d'un animal, nous avons établi un procédé de dosage aussi.exact que possible ; après un grand nombre d’essais, nous nous sommes arrêtés aux trois opérations suivantes, qui nous ont donné d’excellents résultats :
1" Distillation dans le vide et au bain-marie de 50 centimètres cubes du liquide organique renfermant le formiate en présence d'acide sulfurique.
2° Neutralisation dn liquide distillé et contenant l’acide formique ; évaporation réduisant le volume à 5 centimètres cubes ou à 10 centimètres cubes.
3” Décomposition du formiate par l’acide sulfurique à l’aide d’un appareil spécial constitué par un ballon de verre dont le col est fermé par un bouchon de caoutchouc à trois trous : l’un est traversé par un tube de sûreté, dont la boule est à moitié pleine d’acide sulfurique ; l’autre, par un tube abducteur qui plonge dans une cuve à eau; le troisième, par une burette graduée et à robinet de verre contenant de l’acide sulfurique.
On introduit dans le ballon les 5 centimètres cubes ou 10 centimètres cubes du liquide qui est une solution de formiate ; on fait traverser l’appareil par un courant d’acide carbonique, afin de chasser l’air ; puis on place au-dessus du tube abducteur une éprouvette graduée pleine d’eau pour recueillir les gaz; on fait écouler dans le ballon 10 centimètres cubes ou 20 centimètres cubes d’acide sulfurique, volume double de celui du liquide introduit; on chauffe jusqu’à cessation du dégagement gazeux.
Le gaz recueilli est agité avec une solution de potasse qui ■absorbe l’acide carbonique ; on absorbe ensuite l’oxyde de carbone résultant de la décomposition du formiate, à l’aide d’une solution de protochlorure de cuivre dans l’acide chlorhydrique.
En opérant ainsi avec un gramme de formiate de soude dissous dans 50 centimètres cubes d’èau, nous avons trouvé
204 centimètres cubes d’oxyde de carbone et, d’autre part, 50 centimètres cubes d’urine normale, additionnés de ) gramme deformiate de soude et soumis au même traitement, donnent le même volume de gaz qu’une solution faite dans l’eau pure.
Nous appuyant sur ces données, nous avons fait de nombreuses séries d’expériences sur le modèle des suivantes : nous avons injecté dans l’estomac d’un chien 5 grammes de formïate de soude iiissous datts 100 grammes d’eaü distillée; puis l’animal a été placé pendant trois jours dans une cage à urines; celles-ci recueillies et sdumises aux trois opérations de notre procédé nous ont donné un volume d’oxyde de carbone égal à .688 centimètres cubes correspondant à 3*',37 de formiate de soude.
De plus, nous avons injecté dans la veine jugulaire’ d’un chien 20 centimètres cubes d’eau distillée contenant en solution 4 grammes de formiate de soude ; 1 les urines recueillies 48 heures après ont donné 453",7 d’oxyde de carbone, correspondant à 2"',22 de formiate; deux jours après, on a obtenu encore 40 centimètres cubes d’oxyde de carbone qui correspondent à 27 centigrammes de formiate, ce qui fait en tbUt 2*',49 de formiate éliminé par les urines; pendant plusieurs jours encore on a retrouvé des traces de formiate dans le liquide
Nous concluons de ces analyses que le formiate de soude, injecté dans les voies digestives oü dans le sang, pdSsè en majeure partie dans les urines sans 'éprouver la moindre ' décom-
En outre, d’autres expériences nous ont fait constater que ces mêmes urines ne contiennent pas de carbonates en excès.
peau apparaît-elle dans le sang (En collaboration avec M. Qumqoaud),
Société de Biologie, 1888, p, 663.
Les expériences ont été faites avec l’iôdure de sodium et le salicylate de soude que des réactions très sensibles permettent de reconnaître dans le sang.
Voici résumés en tableau les résultats que nous avons obtenus.
l’animal (chien) en prenant de l’alcool à 20 pour tOO renfermant du chlorure de sodium dans la proportion de 7 pour 1000.
Un quart d’heure après la fin de l’injection je fais pénétrer dans l’estomac 500 centimètres cubes d’eau distillée puis une demi-heure après on retire le liquide de l’estomac. Ce liquide renferme une certaine proportion d’alcool. En répétant la même opération à trois reprises, dosant l’alpool retiré à chaque fois et enfin en en faisant la somme, on trouve que la quantité retirée est de 6,8 pour 100 de celle introduite dans l’organisme, ce qui est loin d’être négligeable.
Cette expérience démontre d’une façon très nette l'élimination au niveau de la muqueuse stomacale d’une certaine proportion de l’alcool qui circule dans le sang à ce niveau et justifierait dans le cas d'une ivresse profonde les lavages réitérés de l’estomac avec de l’eau pure.