II. — OBSERVATION DE TRÉPANATION SDIVIE DE GUÉRISON
Cette observation intéressante a été publiée par M. le professeur Proust devant l’Académie de médecine en 1876 ; elle a fait le sujet d’un travail spécial, publié par nous devant la Société de chirurgie, et d’un rapport de M. Ledentu, Bull. Soc. de ch., 1877, p. 743.
Un jeune garçon reçut dans une rixe un coup de sabre sur le sommet de la tête, du côté droit, au niveau de la partie moyenne des zones motrices.
Aussitôt apparurent les phénomènes suivants : aphasie, monoplégie brachiale gauche, etc.
Au moyen d’une trépanation, une rondelle du crâne fut enlevée et permit de soulever et d’extraire un fragment osseux assez gros qui était enfoncé et comprimait la substance cérébrale. Aussitôt après l’enlèvement de ce fragment, l’aphasie disparut et la monoplégie brachiale s’atténua. Le malade
Cette observation a servi à démontrer que la trépanation et surtout l’enfoncement du fragment osseux, avaient eu lieu sur le crâne dans le point précis qui correspond à la circonvolution frontale ascendante ou circonvolution de Brooa, là où est le siège de la parole. Des mesures prises sur des crânes et des expériences répétées sur des cadavres ne laissent aucun doute sur ce rapport.
Cette observation est donc importante au point de vue de l’étude des localisations cérébrales.
(t. — FBOTÏEMENT SOUS-SOAPULAIRE ET BOURSE SÉREUSE A
Deux mémoires sur ce sujet ont paru, l’un en 1874 et l’autre en 1877 dans les Archives de médecine. Ils constituent le premier travail d’ensemble sur ce phénomène intéressant qu’on rencontre si fréquemment chez les rhumatisants, quelquefois aussi chez certains phtisiques amaigris. Ce craquement existe souvent, sans être accompagné par un autre phénomène. Quelquefois il est accompagné, dans la région de l’épaule, d’une douleur très vive qui produit une véritable impotence du membre supérieur. Dans ces conditions, le malade doit porter un appareil orthopédique spécial qui sert à maintenir en place les deux omoplates et empêche leur déplacement sur le thorax
Cet appareil a été décrit dans un mémoire spécial dans le Bulletin général de thérapeutique en 1879.
le même sujet, paru
l’os incisif au niveau de son pédicule qui l’unit à la cloison osseuse des fosses nasales.
Pour remédier à la déformation des' parties molles, et surtout à l’aplatissement du nez, on prend un lambeau sur le bord de la scissure, tout en faisant l’avivement, de façon qu’il reste adhérent au niveau de la cloison, puis on le reporte en haut. On mohilise ensuite la cloison du nez par une incision transversale et profonde ; le lobule est alors fortement relevé et insinué dans la plaie entrebâillée. Ce petit lambeau fixé avec des fils d’argent forme ainsi une base à la cloison et la force de remonter.
Il semble que l’âge auquel il soit préférable d’opérer est la fin de la première année. Cependant, des deux opérées qui font l’objet de ce mémoire, l’une avait deux ans et demi et l’autre dix-neuf ans. Les résultats furent parfaits.
v. — EXTRACTION D'UNE BALLE DE REVOLVER PROFONDÉMENT ENFONCÉE DANS LE ROCHER
Bull. Soc. de chir., 1878, p. 709.
Un jeune homme de vingt-quatre ans, dans le but de se suicider, se tira un coup de revolver au niveau de l’oreille droite. Le projectile pénétra dans le rocher, derrière le pavillon de l’oreille.
Bientôt s établit par le trajet une suppuration abonuante, et, apres un mois environ, commençaient à se montrer quelques phénomènes cérébraux. Le malade vint à Paris pour subir l’opération nécessaire.
Il s’agissait, avant d’entreprendre l’ablation du projectile, de savoir à quelle profondeur exacte était la balle et quels étaient ses rapports probables avec la dure-mère et le cerveau.
Un stylet enfoncé dans le trajet ne pouvait permettre de reconnaître la place du projectile.
L’appareil électrique de Trouvé permet d’avoir cette notion indispensable
VU. - TAILLE HYPOGASTRIÎJUE SUCCÉDANT A UNE HTHOTRITIB POUR ENLEVER CINQ CALCULS CONTENUS DANS UNE LOGE SUPÉRIEURE DE LA VESSIE
Cette observation est particuIiBrenient intéressante à cause des indications spéciales devenues nécesssaires au cours d’une opération qui semblait devoir être simple, et qui a nécessité une double intervention.
Un homme de cinquante ans présentait tous les signes et symptômes d’un calcul vésical, mobile, peu volumineux et constaté par l’emploi de la sonde métallique.
La lithotritie fut pratiquée sous l’influence du chloroforme, le calcul broyé et extrait par morceaux avec lavage vésical.
Au cours de l’opération, on reconnut qu’il existait un autre calcul enchatonné dans le segment supérieur de la vessie.
Séance tenante, la vessie fut remplie de liquide, le ballon de Petersen appliqué dans le rectum et la vessie ouverte par la voie hypogastrique. On put retirer ainsi un gros calcul enchatonné, ayant un prolongement du côté de la vessie, ce qui avait permis de le reconnaître avec le lithotriteur. La vessie tut drainée. La plaie fut guérie après vingt-cinq jours et le malade soulagé pour toujours.
VIII. - KYSTE SYNOVIAL DE LA GAINE DES FLÉCHISSEURS. - GRAINS RIZIFORMES. - TUBERCULOSE
Cette observation est un exemple de guérison, après l’ouverture large, le grattage, l’ablation des grains riziformes et la cautérisation de la gaine commune des fléchisseurs de la main, chez un homme de vingt-huit ans. Mais elle est surtout intéressante par ce fait que ces grains riziformes inoculés par M. le D'' Martin dans le péritoine d’un lapin ont donné après quelques semaines une tuberculisation généralisée. C’est la première fois qu’une telle
expérience est faite. Cette observation confirme ce qui avait déjà été indiqué par l’examen microscopique, c’est-à-dire la nature tuberculeuse de ces lésions des gaines : fongosités et grains riziformes.
IX, — DE L’EAU BOUILLIE EN CHIRURGIE ET DE LA STÉMLISATION DES INSTRUMENTS PAR LA CHALEUR
A propos d’une série d’ovariotomies, nous avons indiqué, pour la première fois, quel était le rôle que pouvait jouer la chaleur pour la désinfection des instruments et des fils à ligature. Ce procédé de aesmtection qui suffit dans la pratique ordinaire, lorsque les instruments ont été au préalable nettoyés avec soin avec une brosse, donna une amélioration notable dans la statistique de nos opérations de laparotomie. A partir de cette communication, l’emploi de la chaleur pour la désinfection des instruments entra dans la pratique des chirurgiens de Paris ainsi que l’usage des instruments à manche de métal que nous avions recommandés.