R. — TUBERCULOSE
1. Recherches du bacille de Koch dans l’air des salles occupées par des tuberculeux
(en collaboration avec M. J. Camus), Société de Biologie, 12 octobre 1907.
2. Analyse de 1 ’air des salles occupées par des tuberculeux (en collaboration avec
M. J. Camus). IX' Congrès français de Médecine interne, Paris, 1907.
3. Relation de la tuberculose avec l’air (en collaboration avec M. J. Camus). Congrès
de Washington, 1908.
i. Recherche du bacille tuberculeux dans les cavités nasales d’hommes normaux et dans celles de tuberculeux (en collaboration avec M. J. Camus). Société de Biologie, 21 novembre 1908.
5. Recherche du bacille de Koch dans les poussières des saUes de tuberculeux (en
collaboration avec M. J. Camus), Sociité de Biologie, 12 décembre 1908.
6. Virulence des crachats tuberculeux mélangés à des poussières (en collaboration
avec M. J. Camus). SociéU de Biologie, 19 décembre 1908.
7. Recherche sur la contagion de la tuberculose par l’air (en collaboration avec
M. J. Camus). Compte rendu de l’Académie des Sciences, 1909.
8. Contagion de la tuberculose par les poussières sèches (en collaboration avec
M. J. Camus). Presse Médicale, 30 octobre 1909.
9. La fièvre des tuberculeux (en collaboration avec M. P. Camus), Congrès inter¬
national de la Tuberculose, 1906.
10. Albuminurie chez les phtisiques. Thèse de Paris, 1890, Gazette des Hôpitaux, 1891
11. Propriété vaso-motrice des urines des tuberculeux (en collaboration avec M. Char-
rin). Société de Biologie, 23 juillet 1893.
12. Paralysies multiples au cours d’une méningite subaiguë, probablement tuber¬
culeuse (en collaboration avec M. Aine). Bulletin de la Société médicale des Hôpitaux, juillet 1910.
13. Recherches statistiques sur l’hospitahsation des tuberculeux, Revue de la Tuber-
14. Péritonite tuberculeuse localisée à un territoire énervé (en collaboration avec
M. Desbouis). Société de Biologie, 11 mai 1912.
Recherches sur la contagion de la tuberculose (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8).
En 1907-1908, au moment ou nous avons entrepris nos recherches sur la contagion de la tuberculose pulmonaire par les poussières sèches,' cet important problème de phtisiologie était le sujet de controverses nombreuses, qu’avait avivées encore la Conférence internationale sur la Tuberculose, tenue à Vienne en septembre 1907.
A cette conférence en effet, l’ancienne opposition des partisans du rôle propagateur des poussières sèches (Villemin, Koch, Cornet et Krüger) et des partisans du rôle des particules humides émises par la parole ou la toux des tuberculeux (Santi-Siréna, Celli et Guarnietri, Cadéac et Mallet, Baumgarten) s’était retrouvée irréductible.
Swenson, de Stockholm, par d’importantes expériences sur l’animal. Cornet, Sonnain et surtout Kiiss, par ses travaux aujourd’hui classiques avaient accumulé les preuves de la virulence des poussières sèches.
Au contraire Flugge, Calmette et Cadéac, pour ne citer q^ue quelques noms, avaient continué à soutenir que la seule importance pratique dans la transmission interhumaine du bacille de Koch, revient aux particules de crachats ou de salive.
En face de pareilles divergences d’opinion sur cette question primordiale au point de vue prophylactique, nous avons, avec J. Camus, pensé qu’il y avait intérêt à reprendre son étude, mais en nous plaçant dans des conditions d’expériences assez différentes de celles de nos devanciers : Nous avons eu surtout en vue d'expérimenter dans les conditions habituelles de la vie, telles qu’elles peuvent être réalisées dans une salle de tuberculeux.
Nous avons donc rejeté systématiquement de nos procédés d’étude tous ceux qui s’éloignaient par trop de la vie normale, comme la pulvérisation des matières tuberculeuses au voisinage immédiat des animaux en expérience.
Dans une salle de l’hôpital Saint-Antoine, occupée par 13 tuberculeux, nous avons effectué la série des recherches suivantes :
10 Recherche du bacille tuberculeux dans l’air de la salle.
2° Recherche des bacilles de Koch dans les fosses nasales des médecins, étudiants et infirmiers fréquentant la salle, et des malades eux-mêmes y séjournant.
30 Recherche de la virulence des poussières de la salle avec ou sans stérilisation des germes banaux.
40 Étude de la tuberculisation de divers lots de cobayes ayant séjourné dans la saUe.
10 Recherche des bacilles de Koch dans l’air de la salle. — Les prises d’air ont été faites à la hauteur de l’oreiller d’un tuberculeux arrivé à une période avancée dont les crachats contenaient des bacilles ; l’orifice du tube aspirateur était situé à environ 40 ou 50 centimètres de la bouche du malade quand il était couché de ce côté.
Les poussières recueillies ont été mises en suspension dans l’eau puis injectées sous la peau des cobayes.
Une première expérience a porté sur 270 litr^ d’air filtré sur du coton.
Une deuxième expérience a porté sur 2 000 litres d’air filtré sur de la poudre de sucre {le sucre était ensuite dissous et injecté à des cobayes).
Dans une troisième expérience on a fait barbotter à l’aide d’un tube de Villiers 20 000 litres d’air dans 160 grammes environ d’eau. Cette eau fut ensuite centri-
Dans une quatrième expérience faite avec le même dispositif que la précédente, les poussières de 53 000 litres d’air furent recueillies, centrifugées et inoculées.
L’aspiration dans ces dernières expériences s’est prolongée d’une façon continue pendant plusieurs jours et plusieurs nuits; le balayage et le nettoyage de la salle furent faits comme d’habitude durant ce laps de temps.
De toutes ces inoculations, aucune ne fut positive; aucun des cobayes sacrifiés, même à une époque éloignée, n’a présenté de tuberculose.
Nous avons pratiqué également une analyse d’air dans la même salle au même endroit, au niveau du sol ; nous avons fait passer 2 200 litres d’air sur de la poudre de sucre, puis après dissolution, nous avons injecté ce sucre à des cobayes; là encore les résultats ont été négatifs quant à la tuberculose.
2» Recherche des bacilles de Koch dans les fosses nasales des médecins, étudiants, infirmiers, fréquentant la salle et des malades eux-mêmes y séjournant. — Dans presque tous les cas, nous avons employé la méthode suivante.
1“ De petits tampons d’ouate bouillis, montés sur des pinces flambées, servaient à nettoyer le plus complètement possible les cavités nasales.
2“ On pratiquait sur la peau du dos des cobayes une petite incision, on introduisait une sonde cannelée qui décollait la peau sur une longueur de 4 à 5 centimètres et l’on insérait profondément les petits tampons sous ce décollement.
3° Recherche de la virulence des 'poussières de la salle avec cm sans stérilisation des germes banaux. — Nous n’avons pas manqué, pour rechercher leur virulence, de recueillir des poussières sèches à différentes hauteurs. Nous avons remarqué ainsi que pour obtenir des résultats positifs, et encore en tout petit nombre, il est nécessaire d’inoculer une grande quantité de poussières sèches (12 à 16 centigr., ce qui représente à l’état sec un gros volume). 6 cobayes furent inoculés avec les poussières sèches (insérées en totalité sous la peau) conservées à l’ombre pendant cinq jours après qu’elles furent recueillies dans la salle; l’un des cobayes mourut de phlegmon aigu; des quatre autres, sacrifiés,plus tard, un seulement était tuber-
Cinq autres cobayes furent inoculés avec la même quantité des mêmes poussières exposées pendant quelques jours au soleil ; l’un mourut d’infection aiguë ; des 4 autres sacrifiés deux mois et demi plus tard, un seulement était devenu tuberculeux.
Des poussières de la même salle conservées trente-trois jours dans un flacon exposé à la lumière diffuse du laboratoire furent inoculées à 5 cobayes; 2 de ces animaux moururent de phlegmon aigu, les autres, sacrifiés après deux mois et demi, étaient indemne de tuberculose.
On peut conclure de ces dernières expériences que les poussières sèches et légères d’une salle de tuberculeux sont assez peu riches en bacilles tuberculeux virulents, mais elles sont cependant capables de causer la tuberculose, ce qui est un fait fondamental.
En outre, dans le but de préciser les facteurs susceptibles d’influer sur cette virulence des poussières, nous avons étudié quel sort subissent les bacille de Koch qui leur sont mélangés.
Nous choisissons des crachats très riches en bacilles tuberculeux. Nous nous assurons de leur virulence en faisant une émulsion qu’on inocule à 3 cobayes; tous les 3 prennent la tuberculose. Le reste de l’émulsion est divisé en deux parties; l’une est mélangée à des poussières recueillies le jour même dans la salle des tuberculeux (salle Axenfeld de l’hôpital Saint-Antoine) ; l’autre est mélangée à une même quantité des mêmes poussières bouillies au préalable.
Os deux mélanges (sous forme de bouillie assez épaisse) sont placés dans des flacons à large ouverture et se dessèchent lentement à l’air libre dans le labo-
La dessiccation est assez lente ; commencée le 7 mai, elle n’est absolument complète que vers la fin du mois, les mélanges sont alors d’aspect dur, corné.
Pendant la durée de la dessication, les bacilles tuberculeux sont restés très nets, avec leur colorabilité spéciale. Le 9 juin, on les trouve encore au microscope très visibles avec la méthode de Ziehl et très nombreux. O jour même, on ajoute un peu d’eau aux crachats mélangés à des poussières bouillies, et on répartit le mélange entre 6 cobayes par des inoculations sous-cutanées.
Ces 5 cobayes inoculé le 9 juin, sont sacrifiés le 22 juillet, environ 6 semaines
banale : deux d’entre eux ne présentent à l’autopsie aucune lésion tuberculeuse, aucune réaction ganglionnaire, les ganglions examinés au microscope ne contiennent pas de bacilles tuberculeux. Chez les 3 autres cobayes, les ganglions correspondant
. 40 Étude de la tuberouUsatiœi de divers lots de cobayes ayant séjourné dans la salle. — Dans la salle se trouvent treize lits fixes et deux ou trois brancards, les tuberculeux
ont des bacilles dans leurs crachats.
Les malades doivent tous cracher uniquement dans leurs crachoirs, une surveillance sévère est organisée sur ce point. Il est probable cependant que des infractions à cette règle doivent se produire par inattention, par maladresse, etc. Il est bien diffi-
un crachoir, il est encore plus difficile d’empêcher un malade de projeter de particules bacillifères pendant la toux.
Dans cette salle de tuberculeux nous avons fait vivre dans des conditions différentes 3 lots de cobayes, qui y ont séjourné pendant plusieurs semaines.
Le premier lot, composé de 4 cobayes, fut mis dans une caisse sans couvercle, et cette caisse fut placée sur le parquet, dans un coin de la salle, assez loin des lits des malades.
Il est à remarquer que pendant la journée les malades assez valides pour se lever pouvaient s’approcher de ces cobayes, peut-être même les toucher et leur donner du pain. Aussi, dans ces conditions nous pensions que ces animaux seraient beaucoup plus facilement infectés que ceux des deux autres groupes avec lesquels les malades ne pouvaient avoir aucun contact.
Un des cobayes de ce premier groupe mourut au bout de vingt-cinq jours, sans qu’on ait trouvé de lésions tuberculeuses à l’autopsie.
Des 3 autres, sacrifiés au bout de deux mois et demi de séjour, l’un était atteint de tuberculose généralisée, avec nombreux bacilles tuberculeux, constatés dans ganglions, des 2 autre? étaient indemnes de tuberculose.
Le deuxième lot, comprenant 5 cobayes, fut placé dans une caisse fermée par une double enceinte de grillage. Le grillage extérieur était formé par une toile métallique fine dont les mailles étaient de la dimension de celles d’une cage à mouche. Cette cage, fermée au cadenas, pour que les malade ne puissent avoir aucun contact avec les cobayes, fut placée sur le parquet dans un autre coin de la salle assez loin des lits des malades.
Ces cobayes restèrent environ six semaines dans la salle des tuberculeux. Au bout de ce temps, leur cage fut placée au grand air, et, après avoir attendu encore un mois, on les sacrifia; l’un d’eux était nettement tuberculeux et ses ganglions caséeux contenait de nombreux bacilles tuberculeux.
Les quatre autres étaient indemnes de tuberculose.
Le troisième groupe, composé d’un placé dans un cage grillagée, qui fut fi était apportée chaque jour à ces cobaye L’un des 3 petits cobayes mourut la mère après vingt-cinq jours de séjoi pas de lésions tuberculeuses.
sacrifiés: tous de culeux constatés En résumé, su
la proportion d’s
bayes restant séjournèrent environ six semaines dans la salle des furent mis au grand air pendant encore un mois, et enfin X étaient atteints de tuberculose généralisée avec bacilles tuberians les ganglions.
les 12 cobayes mis dans la salle des malades, 4 devinrent tuber- 3 12 cobayes on retranche les 2 qui sont morts au bout de vingt- BS intercurrentes et se seraient peut-être tuberculisés par la suite, limaux infectés devient 4 sur 10.
Si l’on peut discuter le mode de contî^ion pour le premier groupe, le mécanisme de l’infection est indiscutable pour les cobayes des deux autr^ groupes qui ne pouvaient être infectés que par les poussières fines et légères de l’air.
H est à noter que les cobayes situés au voisinage du piaf ond se sont tuberctilisés très facilement, ce qui montre le danger des poussières légères qui sont véhiculées aisément par l’air dans tous les coins d’une salle.
Quant à la porte d’entrée de la tuberculose, voies respiratoires ou voies digestives, nous ne nous en occuperons pas ici. Nous remarquerons seulement que nos animaux devenus tuberculeux étaient atteints de lésions abdominales avancées, paraissant même chez certains plus anciennes que les lésions thoraciques; aucun d’eux n’a présenté de lésions pulmonaires isolées.
11 est possible que les animaux se soient infectés par voies digestives en déglutissant des poussières bacillifères, en tous- les cas, ils l’ont été par les poussières sèches et légères, point capital qui était le but de notre étude.
avions eu aussi tout d’abord l’impression que la doctrine classique de Villemin et de Koch était inexacte. Considérant à ce moment qu’il y avait des inconvénients graves à nier un semblable danger sans preuves nombreuses, nous n’avions pas voulu conclure, et nous avions entrepris d’autres expériences ; ce sont elles qui nous avaient obligés à changer d’avis.
Nous faisions d’ailleurs remarquer que si la contagion par les poussières sèches est possible dans une salle d’hôpital bien tenue, dans laquelle est pratiquée l’aération continue, combien ne l’est-elle pas plus dans les agglomérations ouvrières, dans les logements insalubres où les malades crachent un peu au hasard et ne prennent aucune des précautions exigées à l’hôpital.
Nous avions donc pu dégager le rôle respectif qui revient aux poussières sèches, relativement peu disséminatrices de bacilles et aux particules de crachats ou gouttelettes salivaires récemment desséchées dont l’importance est beaucoup plus grande dans la contagion interhumaine.
Ces conclusions de nos recherches ont été confirmées par de nombreux auteurs et l’état actuel de la question des dissiminations bacillaires autour des tuberculeux cracheurs de bacilles n’est pas éloignée du sens général de nos conclusions.
Le livre récent où M. F. Bezançon a condensé l’orientation présente des conceptions de la tuberculose pulmonaire, l’article du traité de médecine de MM. LetuUe et P. Halbron viennent de consacrer à cette affection, arrivent à des conclusions analogues.
Ainsi se trouve expliqué le concept actuel de la tuberculose, maladie de la famille, maladie de cohabitation, se transmettant des parents aux enfants, ou aux frères et
De l’albuminurie chez les phtisiques (9).
Cette étude est fondée sur l’analyse de plus de 700 observations dont 200 personnelles. Elle nous a permis d’établir la grande fréquence de cette complication (environ 30 p. 100) et de mettre en évidence ses différentes modalités cliniques et surtout de montrer la complexité de sa pathogénie. En effet, en dehors des lésions rénales proprement dites, nous avons pu envisager comme cause de l’albuminurie chez les phtisiques l’hyperthermie, les troubles gastro-intestinaux, les altérations hépa-
Ohaq[U6 malade présente une courbe thermique qui lui est propre, d’ordinaire assez régulière, et se reproduisant pendant une période plus ou moins longue. Cette courbe iondamentale paraît être l’expression même de la maladie; elle traduit la réaction de l’organisme à la toxi-infection.
A côté de cette fièvre d’infection, il en existe une autre, contingente, fréquemment variable, qui se surajoute à la première, l’amplifie et vient déformer le tracé fébrile.
C’est une fièvre à pathogénie nerveuse, réaction de l’organisme débilité du tuberculeux a la fatigue, à l’exercice, à l’émotion.
Propriété vaso-dilatatrice des urines des tuberculeux (U).
Avec M. Charrin, j’ai montré par une série d’expériences entreprises sur le lapin, que l’injection intra-veineuse d’urinès de tuberculeux, détermine chez cet animal, une dilatation intense des vaisseaux de l’oreille.
La substance vaso-dilatatrice est contenue en grande quantité dans les parties insolubles dans l’alcool, et paraît se trouver en proportion un peu plus marquée dans les sécrétions de la période hyperthermique.
Paralysies multiples au cours d’une méningite subaignë, probablement tuberculeuse (12). '
ans, qui au début d’une grossesse présenta des signes de méningite subaiguë, que