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AFFECTIONS NERVEUSES DIVERSES

premier cas d’Autopsie d’athétose double datant de la première enfance. (En collaboration avec le Professeur Dejerine). Société Anatomique, juin 1888.

Aucune trace de lésion en foyer. Il y a seulement asymétrie des hémisphères, au profit du côté droit. Le cervelet et la protubérance sont également asymétriques. La substance grise est plus mince que sur les cerveaux normaux. Anomalies de la configuration des circonvolutions.

Hémiparalysie agitante symptomatique d’un Sarcome du Noyau lenticulaire. Artropathie coxo-fémorale tabétique. Épithélioma primitif de l’Ombilic. Société anatomique, juin 1888.

Hémichorée chez un Vieillard. Absence de Lésions à l’Autopsie. Société anatomique, mai 1888.

Nouvelles Recherches sur le Tabes périphérique.

(En collaboration avec le professeur Dejerine). Archives de Méd. expérimentale et d'Anatomie pathologique, mars 1889.

Le cas en question constitue un exemple très net de névrite périphérique à symptômes tabétiques et peut être rangé dans le groupe de la névrite périphérique des nerfs sensitifs. Rapproché de ceux déjà publiés, il démontre une fois de plus l’existence d’un tabes d’origine périphérique, car au point de vue clinique il s agit bien de tabes et non de pseudo-tabes. Ici, en effet, on ne peut faire intervenir, pour expliquer les troubles de la locomotion, l’existence d’aucun trouble paralytique quelconque. Jusqu alors on avait étudié des cas où la névrite avait eu une marche subaiguë. Ici il s’agit d’une forme à évolution lente, chronique même.

TirnES lîT TRAVAUX SGIENTIFIQURS

Syndrome de Dejerine ou Claudication intermittente

de la Moelle. Congrès de Neurologie belge, Bruxelles, 1906.

Ce syndrome doit être distingué de la claudication intermittente par artérite de Charcot. Dans le syndrome de Dejerine les battements des artères restent normaux et il existe du clonus du pied; dans beaucoup de cas il y a évolution vers la paralysie spasmodique. Dans presque tous les cas on a affaire à des syphilitiques et la lésion consiste dans une altération des artères de la moelle. Les troubles peuvent frapper les quatre membres et même le cerveau. Le traitement spécifique améliore les symptômes, mais la sclérose finit en général par évoluer.

La Claudication intermittente de la Moelle. Presse Médicale, 24 oct. 1906.

Observation venant à l’appui des idées du Professeur Grasset sur la claudication intermittente des centres nerveux et montrant qu’à côté de la claudication intermittente de la moelle antérieure, telle que l’a décrite le professeur Dejerine, il y a lieu de décrire également celle de la moelle postérieure.

Un cas de Psychose polynévritique. Revue Neurologique, août 1895.

Observation type de la psychose décrite par Korsakoff. Malade alcoolique. Début par des troubles psychiques, puis apparition brusque d’une polynévrite avec paralysie complète des membres, du tronc et de la nuque, et atrophie nette seulement aux mains. Disparition des troubles délirants d’abord, puis parallèlement de l’amnésie et des troubles névritiques, ce qui montre bien qu’il y a entre eux plus qu’une coïncidence, mais un rapport étroit dû vraisemblablement à une lésion unique affectant l’ensemble du système nerveux.

affections nerveuses diverses

Névralgie ou Skélalgle paresthésique sur un Membre atteint de Paralysie infantile ancienne. Travaux de Neurologie chirurgicale, 1900, p. 60, et Journal de neurologie de Bruxelles, 1900, p. 21.

Homme de cinquante-trois ans. Paralysie infantile avec arrêt de développement du membre inférieur droit datant de la première enfance. Douleurs consistant en brûlures et élancements dans la partie externe de la jambe et du pied atrophiés, douleurs continuelles s’exacerbant le soir et la nuit. Pied tuméfié. Sciatique indolent à la pression. Toute la partie postéro-externe de la jambe et de la face dorsale du pied présentait de l’anesthésie à la piqûre. Subjectivement ces mêmes parties étaient engourdies. Localisation à part, c’étaient là des caractères fort analogues à ceux de la méralgie paresthésique, et il était facile de constater que c’était le territoire du cutané péronier et du musculo-cutané du sciatique poplité externe qui était intéressé.

Résection du sciatique poplité externe à la partie inférieure du creux poplité au-dessus de la tête du péroné, avant la bifurcation du nerf. Guérison.

Un Cas d’Oreillons compliqué d’une Méningite cérébrospinale suraiguë à Pneumocoques (en collaboration avec M. Chartier). Bulletin médical, 26 août 1908.

Méningite cérébro-spinale à pneumocoques survenue le quatrième jour au cours d’une poussée d’oreillons discrète et prédominante d’un côté. Mort le huitième jour. On sait d’après les travaux de M. Simonin, du Val-de-Gràce, que si les complications pulmonaires des oreillons sont rares, elles ne sont pas exceptionnelles et que l’examen de ces manifestations a révélé d une façon constante la présence du pneumocoque. Mais la méningite à pneumocoques n’a pas encore été signalée au

cours des oreillons. M. Simonin a montré que le pneumocoque semble avoir une réelle affinité pour l’oreillon et qu’il ne s’agit pas d’une simple coïncidence.

De fait, dans le cas présent, la brusquerie de l’invasion et la rapidité de l’évolution de la méningite vers une termination fatale, d’une part, et la bénignité des oreillons qui ont avorté avec l’éclosion de l’infection pneumococcique, d’autre part, confirment cette conclusion qui se dégageait des observations de pneumococcie à localisation broncbo-pulmonaire, à savoir que, dans cette association morbide, la virulence du pneumocoque paraît être exaltée, tandis que l’intensité des oreillons se trouve être diminuée.

Maladie de Basedow avec Myxœdème. Revue de Médecine^ 1891.

Deux observations de cette association non encore signalée de la maladie de Basedow avec le myxœdème. Nous nous rattachions à l’hypothèse suivante : La maladie de Basedow est première en date, mais, sous une influence indéterminée, la glande thyroïde, au lieu de l’hypertrophie qu’on rencontre ordinairement, a subi un processus atrophique qui a entraîné le myxœdème.

Un Cas de Syringomyélie cervico-bulbaire à début par un Hoquet persistant (en collaboration avec M. Chartier). Encéphale, sept. 1908.

Le hoquet est un phénomène rare au cours de la syringomyélie. On n’en connaît que trois cas. Celui-ci est donc le quatrième, et il présente ceci de particulier que le hoquet a été la première manifestation bulbaire, le seul phénomène médullaire l’ayant précédé, de quelques mois seulement, ayant été une hyperesthésie thermique légère, avec diverses dysesthésies à l’un des membres supérieurs. De plus ce hoquet est survenu brus-

AFFECTIONS NERVECSES DIVERSES

quement et avec une constance et une régularité qu’on rencontre rarement dans les hoquets d’origine organique.

Diathèse congestive veineuse et Congestion veineuse généralisée (en collaboration avec Guffer). Reme de Médecine, octobre 1889.

Deux cas de congestion veineuse généralisée paraissant constituer un syndrome clinique spécial.

Voici, résumés rapidement, les phénomènes qui constituent Je syndrome clinique sur lequel nous avons cru devoir attirer l’attention, et qui n’est que la manifestation de la diathèse congestive veineuse.

1® Troubles congestifs veineux. — Organes superficiels; organes profonds.

A. Organes superficiels. — a, peau : érythème, purpura, éruption vésiculeuse. — b, conjonctives ; injection, larmoiement. — c, muqueuse buccale : stomatite, gingivite expulsive et hémorragique. — d, muqueuse nasale : coryza, enchifrènement.

B. Organes profonds. — a, foie. — b, rate : hypertrophie. — c, reins : albuminurie. — d, poumons : congestion pulmonaire, crachats sanglants. — e, estomac : douleur, vomissements, hématémèses.

^''Troubles nerveux. —Vaso-moteurs; médullaires;céphaliques:

a, vaso-moteurs : sueurs locales, refroidissement des extrémités, etc. — b, médullaires : exagération des réflexes, hyperesthésie, irritation spinale, etc. — c, céphaliques : céphalalgie, étourdissements, troubles de la vue, état mental particulier, etc.

Un Cas de Mort par Thrombose des Sinus dans la

Chlorose. — Bull, de la Soc. clinique de Paris, 1890, p. 77.

Dans ce cas, comme dans la plupart de ceux publiés jusqu alors, il a été impossible de déterminer les causes exactes de la thrombose.

MORPHINOMANIE. INTOXICATIONS

La Démorphinisation et le Traitement rationnel de la Morphinomanie. Semaine Méd., 1®" mars 1894.

Traitement de ITntoxication chronique par TOpium. Traité de thérapeutique appliquée de A. Robin, III, 1898.

Traitement de la Morphinomanie par la Méthode rapide (57 cas). Académie de Médecine, 18 Janvier 1896.

A propos de la Technique de la Démorphinisation.

Médecine Moderne, 1909.

La méthode de démorphinisation rapide, qu’on peut appeler physiologique, car elle repose essentiellement sur le mécanisme physiologique de l’élimination toxique, de la désintoxication, diffère par là de celle d’Erlenmeyer, dite méthode rapide ou méthode allemande, où le seul principe était la durée relativement plus longue que celle de la suppression brusque et beaucoup plus courte que celle de la suppression lente.

La technique de la désintoxication est aujourd’hui très précise, et comprend 4 périodes : 1“ diminution préparatoire; 2° sevrage; 3“ période d’élimination aiguë; 4° période de convalescence.

La période de préparation dure de cinq à huit jours. Elle est employée, d’une part, à diminuer le toxique en usage, progressivement et suivant certaines indications fournies par les réac-

MORPHINOMANIE. INTOXICATIONS

tions du sujet. (S’il s’agit d’un morphio-cocaïnomane, il faut d’emblée supprimer la cocaïne, ce qui ne présente aucun inconvénient; s’il s’agit d’un héroïnomane, il faut d’emblée remplacer l’héroïne par la morphine, à dose presque double.)

D’autre part, on en profite pour mettre l’organisme en état au point de vue de l’élimination des produits altérés par le toxique. Pour cela, on emploie d’abord et avant tout les purgatifs, non pas n’importe lesquels mais deux seulement : l’un est le calomel, l’autre est l’eau de Sedlitz.

Le malade doit être purgé tous les jours, et ce n’est que lorsque les évacuations alvines sont assurées d’une façon continue et abondante qu’on procède au sevrage. Sevrer un morphinomane ayant encore de la tendance à la constipation, c’est s’exposer à tous les accidents graves qu’on a décrits autrefois, et qui faisaient reculer devant la suppression rapide.

Aujourd’hui, par l’emploi de la méthode en question, ces accidents ne sont plus à craindre, et il ne se produit plus de syncopes au cours du sevrage, alors que c’était chose des plus fréquentes et même presque constante autrefois.

Les glandes de l’appareil digestif étant nettoyées et remises en état de fonctionnement, il faut agir de même pour toutes les autres glandes susceptibles d’emmagasiner le toxique : les glandes de la peau, les glandes salivaires. Les bains, les douches chaudes, les bains de lumière sont utiles pour les premières; la pilocarpine, le jour ou la veille du sevrage, permet de nettoyer les secondes. Enfin, il est nécessaire d’assurer le fonctionnement régulier des reins et leur lavage complet.

La seconde période est celle du sevrage. Tous les canaux excréteurs des glandes étant libres, l’hypersécrétion qui résulte de la cessation de l’intoxication trouve un écoulement facile. Le cœur n a aucun effort à faire et garde un rythme presque normal; donc pas de syncope à,redouter. Les douleurs et l’énervement spéciaux à cette période, provenant de l’effort de l’or-

ganisme pour se libérer, et cet effort étant réduit au minimum le malaise et la gêne sont également réduits au minimum. Les muscles seuls, qui n’ont pas de voie d’excrétion, sont le siège de tiraillements et d’énervements, calmés d’ailleurs par les bains chauds fréquents et courts. Pendant cette période, qui ne dure d’ailleurs que vingt-quatre à trente heures, l’évacuation intestinale doit être assurée de telle sorte que le sujet ne reste jamais plus de quatre heures sans aller à la selle. Dès qu’il y a arrêt on doit administrer l’eau de Sedlitz, qui, en tous cas, est toujours donnée pendant les deux premiers jours du sevrage, matin et soir. Plus le malade évacue facilement, plus sa réaction est vive et rapide, et moins il souffre.

En procédant ainsi, on est frappé d’une chose : c’est qu’au bout de vingt-quatre heures après la dernière piqûre le désir de morphine a disparu.

La troisième période comprend les huit ou dix jours qui suivent le sevrage, pendant lesquels l’organisme continue à se débarrasser avec une grande intensité de tous ses éléments intoxiqués. Le foie en particulier, toujours plus ou moins rétracté pendant la morphinomanie, reprend son volume, et sécrète de la bile en abondance. Tout le tube digestif, depuis la langue jusqu’à l’intestin, se dépouille; la peau desquame; le teint reprend une coloration plus normale; les urines perdent leur albumine ; les abcès se cicatrisent.

Les grands bains, les douches, et une purgation quotidienne d’eau de Sedlitz sont, avec le repos au lit qui doit être maintenu depuis le premier jour de la cure, les seules indications de cette période.

On laisse les malades à la diète complète le premier jour du sevrage, en se bornant à leur donner de la limonade citrique, et ensuite du café au lait, dès que leur estomac peut supporter quelque chose.

La quatrième période est la période de convalescence. Elle est

MORPHINOMANIE. INTOXICATIONS

marquée par le retour de l’appétit, d’un appétit vorace, avec des digestions extrêmement rapides, qui permettent au sujet de faire plusieurs repas copieux par jour. Aussi reprend-il en moyenne 2 kg. par semaine, et très souvent 2 kg. 500, 3 kg. et même 5 kg. comme cela arrive chez des hommes de constitution robuste.

Pendant cette période l’organisme est loin d’être débarrassé, ainsi que le prouve l’examen du sang, et il se produirait des crises éliminatoires, signalées déjà par Westphal, si l’on n’y prenait garde. Or, elles ont un grave inconvénient : c’est de ramener un état de malaise qui réveille le désir de morphine disparu dès le lendemain du sevrage. Pour les éviter, il suffit d’entretenir soigneusement l’élimination intestinale, hépatique et cutanée. L’activité des glandes génitales qui se réveille avec une intensité assez vive du 15® au 20® jour n’a besoin d’aucun stimulant. Pour l’élimination cutanée, les bains et les douches chaudes sont suffisants.

Quant à l’évacuation hépatique et intestinale, c’est encore au calomel, de temps en temps, suivant l’état du foie, et à l’eau de Sedlitz répétée tous les jours pendant une vingtaine de jours d’abord, puis tous les trois ou quatre jours, et en tous cas dès qu’il y a tendance à un peu de ralentissement dans les fonctions intestinales, qu’il faut avoir recours.

La démorphinisation. Mécanisme physiologique. Conséquences au point de vue thérapeutique. Presse Médicale, 1898.

Après avoir fait la critique des théories diverses émises sur les causes des phénomènes d’abstinence et de sevrage de la morphine, théories dont aucune ne tient compte de toutes les réactions observées, nous montrons que ces réactions sont uniquement dues à la reprise des fonctions glandulaires et à l’éli-

minatioii des éléments organiques altérés par le toxique, et que tous les accidents, dont on s’effrayait tant autrefois, résultent de l’effort trop considérable qu’a à faire l’organisme pour excréter les produits intoxiqués dont il est encombré.

D’où la nécessité de préparer pendant la période de diminution les voies d’élimination, et de favoriser les fonctions glandulaires, grâce à quoi les accidents graves signalés autrefois (syncopes cardiaques, coma, etc.) sont évités.

La gravité des récidives précoces s’explique par le fait que le toxique atteint des éléments jeunes, renouvelés, très actifs mais très peu résistants.

La Fonction hépatique dans la Démorphinisation.

Congrès français de Médecine, Bordeaux, 1895.

Sous l’influence de la morphinomanie chronique, toutes les glandes sont arrêtées dans leur fonctionnement. Le foie n’échappe pas à cette règle générale, et en vertu de son rôle de protection de l’organisme contre les poisons, c’est lui qui retient la plus grande partie de la morphine. Il en résulte des troubles de nutrition par insuffisance hépatique chez les morphinomanes d’ancienne date. L’étude de la fonction hépatique dans la démorphinisation doit être faite à plusieurs points de vue qui présentent un intérêt soit physiologique, soit clinique, soit thérapeutique, à savoir :

1" Au moment du sevrage le foie est en état d’hypersécrétion, et la bile est évacuée en quantités quelquefois énormes par les selles ou les vomissements. Gela tient à ce que le foie, n’étant plus saturé de toxique, peut éliminer son contenu, et qu’il subit la reprise de l’activité fonctionnelle que présentent toutes les glandes de l’organisme. La bile ainsi évacuée ne contient pas de morphine, ce qui montre que celle-ci se transforme dans l’organisme, sans qu’on sache d’ailleurs quels sont

MORPHINOMANIE. INTOXICATIONS

ses produits de dérivation. En tous cas c’est principalement par la bile qu’est éliminée la morphine transformée dans l’organisme. D’où la nécessité, non seulement de laisser cette évacuation se produire, mais encore de la faciliter et de l’entretenir.

2“ Si l’évacuation bilieuse se produit avec trop d’intensité et surtout trop brusquement, il peut survenir des accidents plus ou moins graves, paraissant dus à une sorte d’asphyxie bulbaire. On peut les prévenir en favorisant l’évacuation bilieuse avant le sevrage. Gela ne se produit d’ailleurs que très rarement. {Aujourd’hui, avec notre nouvelle technique cela n’arrive jamais.)

3“ Le foie, après le sevrage, se rénove d’une façon très intense et l’assimilation alimentaire se fait avec une rapidité extrême. La gravité des récidives précoces semble tenir à ce que les éléments nouveaux du foie sont immédiatement atteints, altérés, d’où troubles graves et rapides de la nutrition générale.

4" Cette intoxication du foie et son arrêt de fonctionnementpouvant se faire pendant sa réparation si on administre d’autres substances toxiques, l’emploi de ces dernières est absolument contre-indiqué, et on doit proscrire tous les adjuvants, tous les succédanés, et surtout tous les hypnotiques qui sont particulièrement nuisibles, le sulfunal, le chloral, le trional et le véronal en particulier.

Tous les travaux précédents ont été traduits en Russe et font partie d’un ouvrage sur /e Morphinisme et son traitement, comprenant les travaux d'Erlenmeyer et les miens.

De 1 Effet curatif de la Démorphinisation sur des

Affections autres que la Morphinomanie. Archives

générales de Médecine, 1899.

Loin d être une contre-indication à la démorphinisation, le

fait que la maladie à l’occasion de laquelle la morphinomanie s’est développée a persisté est au contraire une raison de plus pour V procéder, car on a toutes les chances de voir cette maladie disparaître, entraînée par le travail de régénération de l’organisme qui suit une désintoxication faite dans de bonnes conditions.

Héroïne et Héroïnomanie. Presse Médicale, 1905.

Nous avons signalé pour la première fois la toxicité beaucoup plus grande de l’héroïne que de la morphine, et les dangers du sevrage des héroïnomanes. Chez ceux-ci on doit d’abord, pour éviter les accidents et en particulier les syncopes respiratoires, qui ne cèdent pas à une nouvelle injection d’héroïne comme cela arrive avec la morphine, substituer la morphine à l’héroïne pendant la période de diminution.

Les Toxicomanes. Congrès français de Médecine, Lille 1899, p. 576.

Parmi les intoxiqués il en est chez lesquels l’intoxication n’est que la manifestation et la conséquence de l’état psychopathique qui domine la scène. On peut leur donner le nom de toxicomanes. Ils se caractérisent par la multiplicité des toxiques auxquels ils s’adonnent, la facilité avec laquelle ils s’y habituent et s’en désaccoutument, la tendance à prendre très rapidement et quelquefois d’emblée de grosses doses, et à s’adresser aux substances les plus toxiques, l’association qu’ils font souvent des antidotes et des toxiques, la fréquence, presque la fatalité de la récidive, qui se produit ordinairement d’une façon impulsive.

Le pronostic de l’intoxication dans ces cas est à la fois très bon puisque les malades ont des sevrages très faciles et sans grandes réactions organiques, et très mauvais puisque la réci-

morphinomanie, intoxications

dive est presque fatale. Le traitement est le même que pour les intoxiqués ordinaires, où l’état psychopathique est surajouté et n’a qu’une place secondaire, mais la surveillance doit être prolongée plus longtemps.

Un Cas de Délire maniaque de longue durée chez un Toxicomane à Intoxications multiples (Héroïne, Morphine, Cocaïne, Alcool). (En collaboration avec M. Arnaud.) Encéphale, 1910, II, p. 53 et <Soc. de Psychiatrie, juin 1910.

Ce malade, qui prenait 1 gr. 50 de morphine, plus de l’héroïne, de la cocaïne et de l’alcool en grande quantité était en outre syphilitique. Il présentait de l’excitation dès son entrée en traitement. Le sevrage se fit sans douleur, mais à la suite les phénomènes d’excitation allèrent en augmentant, avec confusion des idées, hallucinations se rapportant à la morphine, idées de grandeur^ et régression de la personnalité à douze ans en arrière. Interné dans un asile pendant six mois il est resté depuis lors complètement guéri.

Son délire ne présentait aucun des caractères de celui qui accompagne l’une quelconque des intoxications qu’il avait. C’est une forme tout à fait atypique, et d’ailleurs fort rare chez les morphinomanes, même chez ceux ayant des intoxications associées.

Hystérie de Morphinomanie. Congrès des Aliénistes et Neurologistes, Bruxelles, 1903.

L association de l’hystérie et de la morphinomanie est fréquente. Elles peuvent être l’une vis-à-vis de l’autre cause ou conséquence. Le plus souvent l’hystérie est primitive et amène la morphinomanie. Une fois établie, celle-ci entretient l’hystérie en favorisant l’inhibition cérébrale.

SOLUEB.

TITIIES ET TIIAVAUX SCIENTIFIQUES

La morphinomanie au cours de l’hystérie est grave au point de vue de la récidive. Il est indispensable de traiter l’hystérie si on ne veut pas voir persister après le sevrage l’obsession de la morphine et l’impulsion à en reprendre.

Il est également indispensable de savoir que les hystériques ont la plus grande facilité à s’habituer à la morphine, et que celle-ci, bien loin de calmer leurs accidents, les entretient et développe la névrose.

L’Albuminurie chez les Morphinomanes. Bulletin de la

Société de l'Internat, p. 267, 1907.

L’albuminurie se présente chez les morphinomanes soit au cours de l’intoxication, soit pendant la période de sevrage. Elle se comporte de façon très différente dans les deux cas. Ses causes et son pronostic offrent également des particularités distinctes.

L’albuminurie morphinique pure paraît des plus problématiques. Elle est due, en tous cas, à une aggravation causée par le mauvais état du rein sous l’influence de l’intoxication, et surtout aux intoxications surajoutées. Elle est ordinairement peu intense, 25 à 50 centigrammes. Elle complique beaucoup le sevrage à cause des accidents urémiques possibles.

L’albuminurie au cours du sevrage est très fréquente. Elle se présente chez des individus ayant eu autrefois des états avec albuminurie passagère, mais le plus souvent sans cause apparente, sauf les intoxications surajoutées. Elle atteint facilement 3 et 4 grammes et peut aller jusqu’à 8 et 15 grammes. Elle survient assez brusquement et disparaît rapidement en quelques jours. Elle s’accompagne souvent d’ischurie et de douleurs lombaires révélant un état congestif des reins selon toute vraisemblance, comme l’a supposé Huchard. Elle nécessite une attention particulière au moment du sevrage.

MORPHINOMANIE. INTOXICATIONS

XJn Cas de Morphio-cocaïnomanie datant de dix ans. Suppression immédiate de la Cocaïne. Suppression en cinq jours de la Morphine. Guérison. Société médicale des Hôpitaux de Paris, 8 juin 1894.

Considérations sur un Cas grave de Morphi-cocaïnomanie. Progrès médical, 12 mai 1900.

Remarques sur la Cocaïnomanie à propos d’un Cas durant depuis quinze ans avec une dose journalière de 9 à 12 grammes. Bull, de la Soc. Méd. de l'Élysée, p. 198, et Journal de Méd. de Paris, 1909.

Dans la cocaïnomanie on peut, à l’encontre de ce qui se passe dans la morphinomanie, pratiquer le sevrage brusque sans aucune réaction douloureuse, ni même aucune réaction viscérale ou nerveuse. 11 n’y a que des transpirations abondantes ou quelques hallucinations s’il y en avait déjà avant le sevrage. Ni angoisse, ni agitation, ni tendance aux .syncopes sous l’influence de l’abstinence; pas de vrai état de besoin. La curabilité est cependant plus sujette à caution que celle de la morphinomanie, la récidive étant trop facile. L’absence de réaction pénible au sevrage n’inspire pas de crainte aux malades, et la multiplicité des formes d’absorption de la cocaïne augmente la facilité de son emploi.

Statistique de 367 Cas de Guérison (1890-1910) obtenus par la Méthode physiologique de Désintoxication rapide. Société Médicale de l'Élysée, 1910.

Cette statistique de 300 nouveaux cas, traités au Sanatorium de Boulogne, depuis juillet 1897 (la statistique des 57 premiers a été publiée à l’Académie de Médecine en 1896), comprennent 202

/lomwies, dontSüdocteurs,3dentistes,4pharmaciens,et98 fenmes.

Au point de vue de la forme de l'intoxication, iis peuvent être rangés de la manière suivante : 235 morphinomanes purs; 18 morphio-cocaïnomanes; 37 héroïnomanes; 3 morphinohéroïno-cocaïnomanes; 3 cocaïnomanes purs, 1 laudanumomane; 2 opiophages; 1 chloralomane.

Le pourcentage par année entre ces diverses variétés est assez intéressant. On voit, en effet, la morphio-cocaïnomanie qui représentait 16,67 p. 100 des cas traités en 1897 et 29,40 p. 100 en 1898, tomber à 4,54 p. 100 en 1900, à 3,33 p. 100 en 1907, disparaissant même certaines années. Par contre rhéroïnomanie apparaît en 1902 avec 10 p. 100, et monte progressivement à 17,39 p. 100 (1903), 21,05 (1904), 25 p. 100 (1905), 21,42 (1906), 15,15 (1907), 19 p. 100 (1908), 23,07 p. 100 (1909).

Gela tient à ce qu’on a reconnu l’erreur où l’on était tombé en préconisant la cocaïne comme succédané capable de guérir la morphinomanie, erreur qu’on a remplacée par une plus grave encore, celle de considérer l’héroïne comme douée de tous les avantages de la morphine sans en avoir les inconvénients, et en particulier celui de l’accoutumance.

Aujourd’hui une nouvelle erreur se propage, celle de la dionine comme succédané de la morphine, et on commence déjà à la répandre aussi à propos d’une préparation opiacée nouvelle, le pantopon. Il faut savoir que l’opium sous toutes ses formes ainsi que ses dérivés actuels ou futurs sont tous capables de produire l’accoutumance et ne diffèrent que par leur toxicité. On doit donc s’en méfier également.

Du Rôle de l’Hérédité dans l’Alcoolisme. 1 vol. in-16,

1889. Couronné par la Société médico-jysychologique. Prix

Aubanel 1888.

Traduit en anglais, Wood’s medical and surgical monographs,

MORPHINOMANIE. INTOXICATIONS

La statistique ayant une importance capitale dans cette question, non seulement au point de vue de l’hérédité de l’alcoolisme même, mais encore au point de vue de la généalogie des familles de dégénérés, nous nous sommes appuyés pour faire ce travail sur l’histoire, prise aussi scrupuleusement que possible, de 350 familles dont l’un des membres était ou avait été observé à Bicêtre dans le service des épileptiques et des enfants idiots.

Nous avons envisagé la question à trois points de vue : 1“ l’alcoolisme peut-il être héréditaire? 2" S’il est héréditaire (hérédité similaire) dans quelle mesure et de quelle manière agit l’hérédité? 3“ L’hérédité similaire est-elle la seule qui intervienne dans la genèse de l’alcoolisme ou peut-il y avoir au contraire hérédité dissemblable, et dans ce cas quelles sont les affections qui prédisposent le plus les descendants à l’alcoolisme?

En ce qui concerne le rôle général de l’hérédité dans l’alcoolisme on arrive aux conclusions suivantes :

1" Dans 49,29 p. 100 des cas au minimum l’alcoolisme reconnaît pour cause première l’hérédité.

2“ Dans le plus grand nombre des cas, 75 p. 100, c’est l’hérédité similaire; dans 24,30 p. 100, au contraire, c’est l’hérédité dissemblable qui est en jeu.

3“ C’est ordinairement l’hérédité directe qui s’observe dans l’hérédité similaire.

4® L’hérédité similaire peut frapper quatre générations consécutives, ce qui est rare, et il est probable qu’elle ne dépasse pas cette limite.

Nos conclusions, après examen, avec observations à l’appui, de toutes les questions qui se rattachent à l’influence de l’hérédité et de l’alcoolisme, et des rapports de l’alcoolisme avec l’épilepsie, l’hystérie, les vésanies, la dégénérescence mentale, le suicide, le vice, les manifestations de la famille névropathique en général, furent les suivantes :

1“ Entre la dipsomanie, folie héréditaire, et l’alcoolisme dit

acquis, il existe une forme intermédiaire de la passion pour les boissons alcooliques ; c’est l’alcoolisme héréditaire qui, pi^g fréquent certainement que la dipsomanie, tend de plus en plug à empiéter sur le terrain de l’alcoolisme acquis,

2" L’hérédité de l’alcoolisme peut être similaire ou dissemblable, la première étant à la seconde comme 3 est à 4.

3“ L’alcoolisme héréditaire appartient à la famille névropathique et en particulier à la branche psychopathique.

4“ Les causes qui font apparaître l’alcoolisme chez les héréditaires, et surtout chez les descendants d’alcooliques, ne sont que des causes occasionnelles et apparentes qui sont loin de jouer le rôle qu’on a voulu leur donner. La seule véritable cause est l’hérédité qui crée la prédisposition, l’impulsion, et un état intellectuel et moral mettant l’individu dans l’incapacité d’y résister.

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