MORPHOLOGIE EXPERIMENTALE
Ce chapitre commence par la relation succincte de quelques travaux d’éthologie, d’embryologie et de pathologie expérimentales. J’aborde ensuite l’exposé de mes recherches Sur les processus héréditaires (Embryologie causale, Mécanique du développement). Ces recherches m’ont permis de démontrer l’indépendance des phénomènes de morphogenèse, à quelque moment de la vie qu’ils se produisent, vis-à-vis du système nerveux; elles contribuent en outre à préciser dans divers groupes d’animaux les causes de l’ontogenèse, de la régénération, de la métamorphose et de l’éclosion.
1° Ethologie. Les conditions d’élevage d'un Sélacien loin du bord de la mer.
Les facilités d’étude que présente l’œuf de cet animal doivent engager les Zoologistes à le considérer comme un objet précieux de démonstration pour les élèves et comme un matériel de choix pour les chercheurs ; sa récolte est aisée, son élevage est possible, loin de la mer, dans un milieu confiné, avec très peu de soins (filtration, aération de quelques litres d’eau de mer, température entre 8° et 20° 0.). L’observation de toutes les phases du développement peut être suivie sur le même embryon à travers l’enveloppe rendue transparente. Il se prête ainsi, mieux que l’œuf de poule, à toutes les investigations scientifiques.
2° Embryologie expérimentale.
A) Effets de l’émanation du badium sur la croissance DES AmPHIBIENS.
A l’encontre de la plupart des auteurs, j’ai cherché, l’influence sur les êtres vivants de doses extrêmement faibles d’émanation , telles qu’on peut les rencontrer dans la nature, et que peuvent en contenir et en dégager les sources thermominérales et j’ai reconnu que ces doses avaient un effet favorable sur le développement, effet d’autant plus manifeste que l’animal était en période plus grande d’activité fonctionnelle. Un essai personnel m’a permis de conclure au bienfait que l’on pourait tirer de leur utilisation en thérapeutique. L’emploi de ces doses minimes est aujourd’hui d’un usage
B) Effets de la température sur l’irritabilité musculaire ANEURALE DES EMBRYONS DE SÉLACIENS.
Les embryons sténothermes de ScyUiorhinus sont très sensibles à la température. Les mouvements, rares à 8° C., cessent à 4-5“ ; au-dessus de 20°, ils diminuent d’amplitude et perdent leur rythme ; à 23°-25° ils s’arrêtent. Les changements brusqués de température, même réduits à quelques degrés, dérèglent le mouvement et provoquent l’arythmie. La loi de Van t’Hoff ne se vérifie pas, à moins qu’on ne limite l’observation à des variations thermiques très peu étendues; entre 10° et 20° le coefficient thermique, calculé d’après le nombre relatif
des battements du corps, est de 7 à 8 ; pour 5° seulement, à une température voisine de la normale, entre 11° et 16°, la vitesse des réactions est déjà triplée.
O.) ■ Epeets de l’eau de mer sur les myotomes et le CŒUR DES EMBRYONS DE SÉLACIENS.
1920. (83) Soc. Biologie, t. LXXXIII, p. 1391.
Il est bien connu que, pendant la première moitié de la vie ovulaire, les embryons de Sélaciens, sortis de la coque, et . placés au contact direct de l’eau de mer, meurent au bout de 6-8 heures. Mais si on les blesse, en période aneurale, on voit très vite le mouvement se ralentir et cesser; il ne reprend qu’au bout de 3-4 heures, après obturation de la plaie par un exsudât permettant probablement la reconstitution du milieu intérieur normal. En période nerveuse, l’abolition du mouvement n’existe qu’en cas d’hémorrhagie grave et n’est pas déterminée, comme en période aneurale, par la pénétration d’eau de mer dans la blessure.
Le cœur d’un embryon dont l’ectoderme a été déchiré dans l’eau de mer continue à battre, en période aneurale, alors que les myotomes s’arrêtent. Les muscles aneuraux d’un même organisme ne réagissent donc pas tous de la même façon à l’action d’une même solution saline.
3» Pathologie expérimentale.
Etude clinique et expérimentale de la luxation
LATÉRO-CUBITALE DE l’AURICULAIRE.
Voici quel est le mécanisme de la luxation. La première phalange, luxée d’abord en arrière, est rabattue de la position perpendiculaire à la position parallèle au métacarpien (amorce de chevauchement), puis conduite du dos au côtécubi-
tal du métacarpien par un double mouvement de rotation et de translation. Le ligament latéral externe cède le premier puis, de dehors en dedans, chacune des fibres longitudinales du fibrocartilage glénoïdien fixées au rebord phalangien. Celles-ci, sollicitées en masse, peuvent résister indéfiniment (Farabeuf); mais l’effort du traumatisme porte successivement sur chacune d’elles. L’arrachement s’arrête aux fibres internes, qui forment un véritable ligament phalango-sésamoïdien. Pendant le chevauchement qui suit, le ligament glénoïdien resté en avant du métacarpien découvre la tête métacarpienne qui reste saillante dans l’espace situé entre le quatrième doigt et la phalange luxée.
L’intérêt de cette luxation expérimentale est dans la déchirure de h sangle glénoidienne qui n’existe ni dans la luxation latérale externe du pouce, ni dans aucune autre luxation des doigts. Quant au fait observé il est nouveau dans la science.
4° Embryologie causale. Mécanique du développement.
A) La morphoqenèse indépendante du système nerveux