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IL — LIGATURE DU CORDON

Notes complémentaires. Obstétrique et Gynécologie, p. 23 A 3S, 1886.

r A 1 uel moment doit-on opérer la ligature et la section du cordon ombilical ? Les accoucheurs étaient absolument divisés sur ce point; tandis que les uns conseillaient de la pratiquer aussitôt après l’expulsion du foetus, d’autres recommandaient d'attendre pendant S à 10 minutes que l’enfant ait pu largement respirer et crier. A l’instigation de M. Tarnier nous avons fait les recherches suivantes :

Dans une première série de faits, l’enfant étant expulsé, nous l’avons laissé respirer, crier, s’agiter; nous avons suivi les modifications qui survenaient du trofs mi C °t d ° n 0mb j UCaI ’ 6t avait cessé de ba Rre depuis une, deux ou

Dans une seconde série, au contraire, dès que l’enfant était sorti des parties génitales, dès qu i avait respiré largement et jeté un ou deux cris, nous pincions le cordon ombilical entra 1* nnn M j.

Nous avons, dans les deux séries d’observations, recueilli et mesuré exactement, à l'aide d’un verre gradué, le sang qui s’écoulait par le bout placentaire. Les observations recueillies au nombre de 72 ont été réunies dans , deux

tableaux. * ...... ...

Dans la première série de faits, lorsqu’on sectionnait le cordon, il ne sortait rieb par le bout fœtal et, par le bout placentaire, on voyait s’écouler des vaisseaux ombilicaux 11 ce. 2 de sang en moyenne.

Dans la seconde série de faits, après avoir coupé la tige funiculaire, on voyait s’écouler par le cordon, venant du placenta, 98 cc. 4 de sang en moyenne.

Cela montre que, pratiquer la ligature et la section du cordon ombilical aussitôt après l’accouchement, c’est empêcher l’enfant de puiser dans le placenta 87 cc. 2 (98,4 — 11,2 = 87,2) de sang qu'il y aurait pour ainsi dire aspiré.

Or, le poids spécifique du sang étant de 1,0§5, 87 cc. 2 pèseront 87 cc. 2 x 1,055 c’est-à-dire 91,99.

92 grammes de sang, cela paraît peu de chose au premier abord, mais ne l’oublions pas, nous parlons d’enfants nouveau-nés dont le poids moyen est de 3 kil. 500.

A combien cette quantité correspondrait-elle chez un adulte du poids moyen de 65 kil. ? C’est là un problème facile à résoudre :

En effet, si pour 3 kil. S00 on enlève 32 gr. pour 65 kil. on enlèvera x

Ainsi, pratiquer la ligature ét la section' du cordon ombilical' immédiatement après la naissance, c’est empêcher l’enfant de puiser dans le placenta 92 gr. de sang environ, c’est donc le priver d’une quantité de sang telle que, chez un adulte, elle équivaudrait à une saignée de plus de 1.700 grammes.

Ces chiffres, croyons-nous, peuvent se passer de plus amples commentaires et justifieront notre conclusion :

On ne doit pratiquer la ligature et la section du cordon ombilical que une ou deux minutes environ après la cessation complète des battements vasculaires de

Nous avons, dans ce travail, fait des recherches sur deux autres points : 1° sur la délivrance, 2“ sur le traitement de l’asphyxie des nouveau-nés.

1” En permettant au sang, dans la ligature tardive, de passer de l’arrière-taix

dans le corps du fœtus, nous rendons de plus le placenta moins volumineux; quelle influence cela pouvait-il avoir sur la délivrance ?

De nos observations cliniques et des expériences que nous avons faites à l’aide d’un appareil spécial, nous pouvons avancer que : 1° au point de vue cli-, nique nous n’avons jamais, dans les cas où nos placentas étaient exsangues, vu la délivrance présénter la moindre complication, ni même la plus petite difficulté : au contraire, il nous a semblé qu’elle se faisait plus aisément; 2" au point de vue expérimental, le placenta qui est moins volumineux, moins turgide, passe plus facilement à travers un orifice donné ; il doit, par conséquent, passer aussi avec plus de facilité à travers l’orifice du col utérin.

2° La plupart des auteurs conseillent, dans les cas d’asphyxie des nouveau-nés, de pratiquer une saignée du cordon, de laisser s’écouler de deux à quatre cuillerées de sang. « Lorsque les nouveau-nés, dit Cazeaux, s’offrent à nous avec l’injection générale des capillaires de la face et du tronc, lorsqu’ils offrent enfin les caractères de cet état appelé autrefois apoplexie, il est évident que l’indication, première est de faire cesser l’engorgement du cerveau et des poumons. C’est ce que l’on obtient en coupant promptement le cordon ombilical et en laissant écouler quelques cuillerées de sang. »

Cette conduite nous paraît irrationnelle. La saignée n’a jamais été conseillée. chez l’adulte comme traitement efficace de l’asphyxie. Or, que fait-on dans l’asphyxie des nouveau-nés ?

En sectionnant immédiatement le cordon, on prive l’enfant de 92 gr. de sang environ qu’il aurait pu puiser dans le placenta. En laissant s’écouler en plus par les vaisseaux ombilicaux de deux à quatre cuillerées, c’est-à-dire de 40 à 80 grammes de sang, on ajoute à la première une nouvelle cause d’anémie profonde. L’enfant subit alors une perte totale de sang qui correspondrait chez l’adulte, non pas à une saignée de 1.700 gr., mais à une saignée de 2.800 à 3.000 gr. Et cela pourquoi? parce qu’il y a, dit-on, congestion pulmonaire et cérébrale ?

La congestion pulmonaire n’existe évidemment pas, puisque les poumons, au

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