PROGRAMME DU COURS D’HISTOLOGIE
Publier le programme général que nous avons suivi et exposer le sommaire de chacune des leçons que nous avons faites, soit comme agrégé chargé de conférences, soit comme agrégé chargé de cours, pendant les neuf années qui viennent de s’écouler, nous a paru le meilleur témoignage à invoquer pour montrer la part que nous avons prise à l’enseignement de l’histologie.
Parmi ces leçons, dont nous conservons les manuscrits, quelques-unes seulement ont été publiées, celles en particulier concernant les muqueuses (Conférences d’Hütologie appliquée sur les Muqueuses. Leçons autographiées, faites pendant le Semestre d’été 1904-1905, Ch. Boulangé, éditeur). Les autres sont restées inédites, mais ont toutes été professées publiquement une ou plusieurs fois. Chacune d’elles a été documentée soit par des planches murales, soit par des dessins et schèmes faits au tableau à l’aide de craies colorées au cours des démonstrations, soit enfin par la projection directe de préparations microscopiques. Grâce, en effet, à la libéralité des Amis de l’Université, nous avons pu avoir à notre disposition l’appareil à projections de Zeiss, grâce au précieux concours du Conseil de la Faculté, nous avons obtenu un courant électrique transformé, capable de fournir un foyer lumineux de suffisante intensité.
Désireux de donner à notre enseignement une orientation un peu personnelle, en rapport d’ailleurs avec les tendances du moment, nous n’avons jamais, après l’exposé aussi complet que possible des données scientifiques, perdu l’occasion d’insister sur les multiples applications en découlant pour la médecine, la chirurgie et, d’une façon plus générale
encore, pour les sciences biologiques. Chaque leçon de choses a donc comporté un côté théorique et un côté praliqne.
Amené è synthétiser notre programme, nous avons pris pour base de classitication, de description et d'étude des éléments, tissus et organes animaux, leur origine embryologique. Remak a, en effet, le premier, montré que chacun des feuillets épithéliaux, qui représentent les premières ébauches de l’emhryon, possède une véritable spécificité formative. D’après sa conception, chacun des feuillets ne donne naissance qu’à certaines catégories d’éléments ou de tissus, toujours les mêmes. Si quelques faits, mieux interprétés aujourd’hui qu’ils ne l’ont été parles premiers emhryologistes, semblent en contradiction avec celte notion fondamentale de la spécificité originelle, elle n’en a pas moins conservé toute son importance et elle est encore généralement admise.
Dans une série de leçons, qui ont servi de prélude à chaque cycle didactique, ont été successivement exposées ;
A. — L'étude de la cellule animale, de ses parties constituantes [cytologie), de sa reproduction (division directe, karyokinèse), de ses adaptations dans la constitution des différents tissus, l’étude de l’ovule avant etaprèsla fécondation, la description des différents modes de sa segmentation, variable suivant les espèces, et des différentes phases (morula, blastula, gastrula), qui se succèdent jusqu’à la constitution des feuillets du blastoderme.
Quant aux éléments, tissus et organes qui, par leur ensemble, constituent l’organisme animal, ils ont été, pour les raisons précédemment indiquées, classés pour l’étude eu quatre groupes principaux comprenant :
B. — Les dérivés du feuillet externe du blastoderme (a- dénvation directe: l'épiderme cutané et ses annexes, glandes et phanères; h. dérivation indirecte : le système nerveux central et périphérique, les organes des
C- — Les dérivés du feuillet moyen du blastoderme (a. éléments et
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tissus et organes de soutien, tissus conjonctif, cartilaguieux, osseur; h, éléments tissus et organes de mouvement, fibres musculaires luses, fibres musculaires striées, muscles; c. éléments, tissus et organes de nutrition, éléments figurés du sang et de la lymphe, votes sanguines {capillaires, artères, vmes, cœur), voies lymphatiques {vaisseaux, ganglions lymphatiques).
D. — Les dérivés du feuillet interne du blastoderme {tube digestif et ses annexes, glandes salivaires, foie, pancréas, conduit laryngo-trachéobronchique, poumon).
Quant auxdui'ivés de l’îlot épithélial (épithélium germinatif) (\m, véritable greffe implantée dans la cavité du cœlome, se transmet d’individu en individu pour assurer la perpétuité de l’espèce, ils font l’objet du dernier groupe. Celui-ci comporte l’étude des ;
E. — Organes de la reproduction chez le mâle {testicule) et chez la lemelle (ovaire), comme aussi celle des conduits excréteurs qui, annexés aux deux glandes, se confondent avec ceux affectés à la sécrétion et à l’excrétion de l’urine, pour former dans leur ensemble l’appareil génito-urinaire.
Dam chacun des sommaires des leçons que nous avons faites, les con d'histologie appliquée sont indiquées en caractères italiques.
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A. — HISTOLOGIE, CYTOLOGIE ET HISTO-PHYSIOLOGIE GÉNÉRALES
La cellule animale.
I/anatomie végétale, l’anatomie animale, la physiologie et l’anatomie pathologique.s. en tant qu’elles veulent approfondir l’essence des phénomènes normaux ou morbides de la vie, sont intimement liées à la connaissance de la cellule (Hertwig).
Au point de vue de l’anatomie générale et de l’histologie, la cellule est l’élément irréductible des tissus vivants.
Aü point de vue de la physiologie générale, la cellule est l’unité de la vie (Virchow).
Histoire résumée de la cellule : des premières recherches de Robert Hooke (1665) jusqu’à Schwann(1839) ; do la théorie cellulaire à nos jours (cytologie).
Les parties tondamentales de la cellule : protoplasma, noyau, centrosome, les parties accessoires: enclaves, membrane d’enveloppe.
Considérations sur les caractères généraux des cellules animales : volume, dimensions, formes, relations (les cellules libres ou migratrices, les cellules avec filaments d’union, les plasmodes).
Histologie générale du protoplasma.
hé protoplasma est la substance vivante, qui, enlourant le noyau, forme la masse môme de la cellule.
Les différentes théories émises sur la constitution du protoplasma :
théorie réticulaire (Fromann), théorie alvéolaire (Bustchli), théorie filamenteuse (Flemming), théorie granulaire (Altmann).
Le spongio-plasma et l’hyalo-plasma. hes cytomitomes et les cytomicrosomes.
fies caractères histologiques du protoplasma sont en rapport avec scs enclaves, substances assimilables ou non ou produits de son élaboration.
Le protoplasma non différencié ; le protoplasma différencié.
L’ergatoplasma ; sa signification.
Considérations sur la constitution chimique du protoplasma, mélange complexe de substances albuminoïdes.
Histo-pbysiologie générale du protoplasma.
Le protoplasma peut accumuler dans sa masse les produits de son élaboration; ceux-ci se présentent sous la forme de granulations diversement colorables par les réactifs tinctoriaux.
Considérations générales sur la méthode de coloration d’Erlich.
Le protoplasma accumule aussi des réserves (graisse, glycogène, etc.) et des substances inorganiques (sels divers à base de sodium, de potassium, de magnésium, de calcium, etc.).
L’eau (eau de constitution) est indispensable pour la production des phénomènes vitaux. L’eau, élémentfondamentaldumilieuintérieur,repr(!sente les trois quarts du poids du corps (Raphaël Dubois). La théorie de Quinton.
La tension de dissociation est la faculté que possède l’eau de la cellule de se séparer d’elle. Le mécanisme d’action des anesthésiques.
La réviviscence du protoplasme et la mort apparente.
L’action du froid et de la congélation, d’après les recherches de Raoul Pictet.
L’action de la chaleur.
La réaction du protoplasma est alcaline.
Les dégénérescences et la mort de la cellule.
Étude histologique du noyau et du centrosome.
Le noyau est la deuxième partie fondamentale de la cellule animale.
Chet les Monères, il est subdivisé en une série de granulations,
ba substance qui forme une bactérie présente les mêmes affinités tinctoriales que celle du noyau.
Il n’y a pas de protoplasma sans noyau et pas de noyau sans proloplasraa.
Morphologie générale du noyau: forme.situation,nombre,dimensions.
Constitution du noyau : la membrane, le caryomitome, les caryomicrosomes, le suc nucléaire.
I,e caryomitome est fermé par une substance albuminoïde phosphorée, la nucléine, qu’on appelle plus communément chromatine, en raison de ses affinités tinctoriales.
Les modifications du noyau dans les cellules sécrétantes à l’état de repos et à l’état d’activité.
L’excrétion nucléaire (Nicolas) dans une cellule sécrétranle.
Le noyau accessoire (Nebenkern), Gaule (1881).
Les nucléoles (Fontana, 1781) ; leurs caractères morphologiques et liisto-chimiques.
Centrosome : ses caractères morphologiques et cytologiques.
Sa présence dans certains éléments (cellules en karyokinèse ; globules blancs; boutons terminaux du spermatozoïde ; corpuscules basaux des cellules ciliées (Henneguy).
Le centrosome considéré comme centre cinétique.
Étude générale sur la reproduction des cellules.
La reproduction des cellules se fait toujours par division de cellules préexistantes.
La division est directe ou indirecte.
Division directe (amitose) ; elle se fait par étranglement du noyau, sans modifications de la chromatine et par étranglement du cytoplasme (Ranvier).
Division indirecte (karyokinèse, mitose) : segmentation active du noyau avec changement d’aspect et de position du filament chromatinien. Phases de la karyokinèse. Conséquences de la karyokinèse au point de vue de l'hérédité cellulaire.
La karyokinèse dans les tumeurs : ses anomalies.
Anatomie générale des tissus.
Bichat, créateur de l’anatomie générale, classe en systèmes les organes prenant part à une même fonction.
Ces organes sontconstitués par l’association de tissus toujours les mêmes, quels que soient les organes.
L'histologie pénétre plus avant et montre que la cellule, ses transformations ou ses élaborations forment exclusivement les tissus.
Classification des tissus d’après Schwann.
Classification moderne :
1“ Epithéliums.
2“ Tissu de soutien ou de nature conjonctive (conjonctif, cartilagineux,
3“ Tissu musculaire.
4" Tissu nerveux.