I. — Sur les Myxomycètes
1° Nécessité de la présence d’une Bactérie pour obtenir la culture de certains Myxomycètes. {Bull. Société myculugique de France, I. xviii, 3® fascicule 1902).
2" Nécessité d’une symbiose microbienne pour obtenir la culture des Myxomycètes. {€. R. Acad, des Sc., lome cxxxvii, 1903).
3° Amibodiastases des Acrasiées. {C. R. Soc. de Biologie, t. 1, VIII, page 769, 1905).
T’ Rôle des Bactéries dans le développement du Plasmodiophora brassicse, Myxoïiiycète parasite produisant la hernie du chou. (C. R. Soc. de Biologie, t. lviii, p. 1010, 1905).
5“ Rôle des Bactéries dans le développement de certains Myxomycètes. ( Thèse de Doctorat ès-sciences naturelles, juin 1907, ]). 49, 4 pl. — Annules de TJnstiiul Pasteur, t. xxi, août et septeiiihre 1907).
6“ Nutrition et Coloration des Myxomycètes. (C. R. Soc. de Biologie, t. lxxviii, p. 172, 1915).
7“ Existence d’un dimorphisme sexuel chez Didymium nigripes. {(J. R. Soc. de Biologie, t. lxiv, p. 630, 1908).
8" Sur la germination des spores, sur la nutrition et sur la sexualité chez les Myxomycètes. ( P. R. Acad, des Sciences, t. CLxxiii, p. .50, juillet 1921).
Les Myxomycètes, que Zoologistes et Botanistes rangent dans lenrs classifications, appartiennent, en réalité, d’après les travanx de P., par lenr mode de développement, leur nutrition et la structure de leurs noyaux, au groupe des Protozoaires. Ils constituent un matériel de choix pour le biologiste qui veut étudier la chimie et la physiologie cellulaire.
P. par l’étude de trois espèces d’Acrasiées [Dictyosielium mucoroides, Dictyosieliumpurpureum et Polysphondylium violaceum), de cinq espèces de Myxomycètes endosporés [Didymium effusum, Didymium difforme. Didymium niyripes, Badhamia populina, Badhamia panicea) et d’une espèce parasite [Plasmodiophora brcissicæ) a mis en évidence la grande importance que peut prendre l’association des Bactéries dans le groupe-des Myxomycètes.
Dans la nature que les spores du Myxomycète soient contenues dans du mucus comme chez les Acrasiées,dans un sporange comme chez les Endosporées, dans une cellule de la racine d’un végétal comme chez Plasmodiophora, elles sont toujours accompagnées de Bactéries et souvent d’autres microbes. Jusqu’ici on ne connaît pas de Myxomycète capable de vivre en culture pure ; mais il est possible d’avoir des cultures dites cultures pures mixtes où le Myxomycète est en association avec une seule Bactérie. P. obtient la culture pure mixte avec diverses Bactéries de trois Acrasiées. Il obtient aussi la culture pure mixte de cinq Myxomycètes endosporés le plus souvent avec Bacillus lutéus, parfois avec Bacillus sublilis. Il montre que les Acrasiées sont parasites des colonies bactériennes, que leurs myxamibes ingèrent les Bactéries et les digèrent dans leurs vacuoles à l’aide d’une diastase agissant en milieu alcalin, neutre ou légèrement acide, voisine de l’amibodiastase.
En dehors des recherches sur la coloration vitale des Myxomycètes par les pign:ients bactériens et sur l’importance taxinomique ([ue peuvent prendre les pigments des Bactéries chromogènes associées, P. apporte des précisions sur la cytologie et sur le développement de l’appareil sporifère des Acrasiées.
En étudiant le développement du Myxomycète ([ui produit la hernie du chou, à l’aide de cultures faites in vivo et in vitro, on
comprend le rôle que joue les Bactéries introduites dans les racines par le Myxoïnycète. Il y a une véritable symbiose entre le Plasmodiophora brassicæ et les Bactéries ; les Bactéries entraînées à l’intérieur de la racine du chou par le Myxoïnycète causeront, lorsque les conditions extérieures deviendront favorables, la pourriture de la tumeur et, par la destruction' de son tissu, mettront en liberté les spores du parasite ([ui sont incluses dans les cellules.
P. a confirmé ses recherches par l’obtention de plasmodes purs de Myxomycètes. Pour cela il utilise l’antopuritication du Myxomycète sur deux milieux de culture successif peu favorables aux bactéries.
Ce plasmode pur peut vivre plusieurs jours, mais il s’amaigrit progressivement et finit par disparaître par autolyse. Les Myxomycètes se reproduisant par plasmotomie, il est facile à partir d’un plasmode pur d’en avoir d’autres eu fragmentant le premier. P. a ajouté diverses Bactéries dans des cultures pures de plasmodes. Le Bacille tuberculeux n’est pas digéré parle Myxoïnycète. Les Bacilles paratuberculeux, au contraire, permettent le développement. Le B. coli convient bien et avec lui le Myxoïnycète donne d’abondantes fructifications. Le B. hjphiqiie, au contraire, n’a pas permis le dévelopjiemeut. Le pigment des Bactéries colore souvent les plasmodes.
Badhamia popnlina et Badhamia panicea ont le plasmode blanc ou jaune suivant qu’ils sont associés à B. subiilis ou à B. liiteus. Le bacille paratuberculeux de Grassberger colore eu rouge le plasmode de Didymium nigripes.
Au cours de ses recberebes, P. est parvenu à isoler deux plasmodes de Didymium nigripes, uiacroscopi([uement différents;, l’un noir, l’autre jaune, donnant des sclérotes mais jamais de sporanges. En mélangeant les Myxaiuibes provenant de ces deux sortes de sclérotes, ou obtient un plasmode blanc grisâtre ([ui fructifie.
D’après cela, P. admet que dans le sporange de Didymium nigripes, il y a un nombre variable de spores {+) et de spores (—). Si, dans un tube de culture il n’y a (|ue des spores {+) ou des spores (—) les plasmodes formés sont (-b) ou (—), jaunes dans un cas, noirs dans l’autre. Ils ne fructifient pas etdouuciil des sclérotes.
S’il y a des myxamibes provenant de spores (+) et de spores (—) ou de sclérotes (+) et de sclérotes (—) il y a conjugaison entre myxamibes (+) et myxamibes (—) et formation d’un plasmode (+) blanc gris qui fructifie. Jabn qui, par des études antérieures à cette publication, avait placé le phénomène de conjugaison nucléaire au moment de la formation du sporange, est revenu sur ce sujet et a reconnu que la conjugaison sexuelle s’effectue au stade myxamibe, vérifiant par la cytologie ce ([ue P. avait obtenu expérimentalement.