ÉTUDE DE L'ANGUILLULE STERCORALE
I. De la pénétration dans le sang de l'homme des embryons de l’angnillule stercorale.
{Comptes rendm de l'Académie des sciences, juillet 189.5.)
II. Contribution à l'étude de l'anguillule stercorale. {Archives de Médecine expérimen¬
tale et d'anatomie pathologique, novembre 1895.)
III. Nouvelle contribution à l’étude de l'anguillule stercorale. — Anguillulose expélogique, seplerabre 1896.)
Nos recherches ont eu pour point de départ un fait que j’avais observé chez un malade entré à la clinique médicale de la Charité.
Ce malade, profondément anémié par un séjour prolongé à la Guyane et (|ui était atteint à la fois d’une diarrhée modérée et d’accès fébriles respéram d intenniUeiices irrégulières, présentait dans le sang de nombreux embryons vivants d’un ver nématode. Ce ver se pouvait retrouver à différents stades de développement dans les matières fécales, et il semblait que les formes embrvonnaires nées dans l’intestin avaient dû pénétrer dans le milieu sanguin.
Cette constatation nous paraissait offrir un certain intérêt au point de vue de la pathologie exotique, et eu égard à l’obscurité qui régnait encore dans nos connaissances des divers hématozoaires, qu’il s’agisse des hémato-
zoaires hôtes habituels du milieu sanguin, ou de ceux désignés sous le nom d’hématozoaires façuUalifs.
Les vers que nous avons retrouvés dans les garde-robes, et dont nous avons pu suivre le cycle biologique depuis la phase ovulaire jusqu’à la formation des êtres adultes sexués, présentaient tous les caractères attribués par Normand et Bavay à l’anguillule stercbrale. L’observation que nous avons pu faire de ce cas d’anguillulose stercorale nous a permis de confirmer, à quelques détails près, les descriptions classiques, mais nous a conduit à ne pas admettre, dans leur totalité, les données qui ont cours sur l’évolution biologique de cet helminthe.
Les embryons trouvés dans le sang étaient de petits vers cylindriques très mobiles, transparents, presque homogènes et comparables aux embryons de la filaire du sang de l’homme, quoique un peu plus longs et relativement plus épais. A un grossissement moyen, ces vers ne présentaient aucune structure apparente, en dehors de masses teintes en jaune brun et semblant, à un grossissement plus fort, formées de granulations très lines.
Le nombre des vers trouvés, dans chaque lamelle était variable. D'abord assez nombreux, lors des premières recherchés faites, le jour'de l’accès fébrile le plus fort (on en trouvait 3 ou 6 sur chaque lamelle), ils diminuèrent progressivement. Dans nos dernières prises de sang, leur nombre était rédiiit à i ou 2 pour 5 à 6 lamelles.
L’examen simultané des matières fécales permit de constater la présence de vers cylindriques de dimensions variables doués de mouvements de translation rapides. Certains d’entre eux, les plus uombreux assurément, offraient le volume et l’aspect des parasites trouvés dans le milieu sanguin et comme eux ne présentaient aucun caractère apparent de structure. D’autres, plus volumineux, possédaient une ébauche d organisation que 1 dn retrouvait progressivement mieux dessinée sur les vers plus gi-ands, et complètement développée dans lés formes adultes et sexuées, femelles fécondées et non fécondées, ou mâles. Des oeufs aux diverses périodes de segmentation existaienten grand nombre, libres dans les matières fécales.'
Les dessins représentés dans les planches ci-dessus traduisent; aussi fidèlement que possible, les constatations que nous avons faites.