RÉACTIONS DE DÉFENSE DE L'ORGANISME
Étude clinique et expérimentale de l’infection vaccinale ou variolique et de leur
Comme suite aux recherchés sur la variole-vaccine, faites avec MM. Kelsch, Camus et Tanon, et sur la variolisation animale avec M. Duvoir, j’ai entrepris, depuis plus d’un an, avec mon interne M. Gastinel, une série de recherches cliniques et expérimentales, sur l’infection et l’immunité vaccinale ou variolique. Les recherches actuellement en cours, et qui feront l’objet de publications prochaines, ont donné des résultats que nous devons enregistrer dès maintenant, et autorisent de» conclusions qui nous ont paru offrir quelque
Elles se peuvent grouper en trois chapitres principaux :
1“ Immunité vaccinale chez l’homme.
Nous avons recherché s’il nous serait possible de mettre en évidence cette immunité et sa durée, par l’étude des réactions humorales présentées par un sujet vacciné récemment ou depuis longtemps.
2" Infection et immunité dans la vaccine expérimentale.
Nous avons tenté d’appliquer à la vaccine, maladie infectieuse conférant l’immunité, les procédés et recherches qui permettent de déceler les anticorps dans les différentes maladies infectieuses. Nous avons poursuivi surtout, à l’exemple de certains expérimentateurs, Casagrandi, Xyler, etc., mais en perfectionnant. nous semble-t-il, leur technique, l’étude des anticorps vaccinaux fixant le complément, et comparativement l’étude du pouvoir virulent de sérum.
Nous voulions ainsi nous rendre compte si l'on pourrait différencier les réactions humorales traduisant l’infection vaccinale à courte évolution, de celles traduisant l'immunité.
Nous avons étudié les réactions humorales que pouvaient déterminer expérimentalement les différents modes d’introduction de l’antigène vaccinal, et successivement nous avons envisagé l’infection et l’immunité consécutives aux inoculations, cutanée, soiis-cutanée, endo-veineuse, digestive, péritonéale (inoculation directe — ou, par la méthode du sac de collodion). Dans chaque cas l’étude fut faite systématiquement et en série de la réaction de fixation et du pouvoir antivirulent du sérum. Nous travaillons présentement a préciser la répartition des anticorps vaccinaux dans l’organisme.
5* Rapports de la variole et de la vaccine.
Nous avons recherché les réactions humorales des varioleux vis-à-vis du vaccin pris comme antigène, nous demandant si ces deux infections si voisines, quoique en apparence irréductibles jusqu’ici, ne pourraient présenter
des faits analogues à ceux décrits par leP r Widal et ses élèves sous le nom de co-fixation, et si bien étudiés par eux dans les mycoses.
Technique. — Après de très longues recherchespréliminaires sur la préparation de l’antigène, nous avons constamment employé la pulpe fraîche recueillie au 4" et au 6" jour de l’éruption sur une génisse vaccinée; cette récolte nous fut chaque fois facilitée par l'extrême obligeancedu D'Fasquelle, directeur de l’institut vaccinal de la rue Ballu que nous ne saurions assez remercier. Cette pulpe doit servir dans les deux heures qui suivent la récolte ; finement broyée, nous en faisions une suspension à 1 pour 100. Après séjour à la glacière, le liquide surnageant nous servait pour les réactions. Le titrage préliminaire était opéré à chaque expérience. Le dispositif de nos expériences de réaction fut celui de Wassermann au complet avec système hémolytique anti-mouton.
Résultats .— Voici brièvement résumés les résultats obtenus :
I. — a) Chez des sujets observés en pleine éruption vaccinale — ou à la période de dessiccation, ou quelques jours à quelques semaines après, nous ri’avons trouvé que rarement la présence d’anticorps fixant le complément; b) si la réaction se produit, elle apparaît vers le 8‘, 10'jour, dure dix jours environ et s’atténue pour disparaître alors que le pouvoir virulent du sérum apparaît. Cette apparition après la réaction de fixation est fréquente; habituellement le pouvoir virulent persiste nettement après la disparition de la réaction de fixation. La dissociation de ces deux épreuves est un fait qui nous paraît devoir retenir l’attention, M. Gastinel poursuit actuellement des recherches sur les enfants primo-vaccinés.
II. —. A) Vaccine cutanée. — Ces recherches ont été pratiquées principalement surdes lapins vaccinés par la méthode de Calmette et Guérin', sur deux chiens, sur un singe.
Par une réaction antérieure, nous nous assurions que le sérum des animaux en expérience ne déviait pas spontanément le complément.
A partir du 10' jour de la vaccination dans une proportion notable, on peutobserver pendant 5 ou 8semaines au maximum, la réaction de déviation; elledisparaît ensuite, le pouvoir virulicide du sérum subsistant.
B) Vaccine digestive. — Nous avons déjà observé avec M. Duvoir que la vaccine digestive déterminait une immunité manifeste. Nous avons suivi l’évolution complète de la vaccine digestive au point de vue des réactions humorales. La réaction apparaît environ 8 jours après l’inoculation, dure près de 3 semaines et disparait alors que le sérum conserve ses propriétés bactéricides manifestes, Ilnousa semblé que chez les animaux infectes par cette voie, le foie était particulièrement riche en anticorps.
C) Vaccine péritonéale. — Les animaux complètement immunisés par cette voie ont présenté une réaction de déviation plus précoce que la réaction anti-virulente de leur sérum.
I)) Vaccine sous-cutanée et endo-veineitse. — Les mêmes réactions humorales s’observent et, après une durée de 13 jours à 1 mois, on observe la disparition complète des anticorps fixant le complément alors que l’immunité subsiste intégralement.
III. — En prenant comme antigene de la pulpe fraîche du vaccin, nous avons obtenu chez un varioleux, qui n’avait jamais été vacciné, une réaction typique de déviation du complément. Par contre, il nous a été impossible de dévier le complément chez les vaccinés en prenant comme antigène le matériel varioleux.
Nous'ne voudrions tirer encore aucune conclusion définitive de ces recherches, dans lesquelles l’emploi d’une technique particulièrement délicate imposerait à lui seul des résérves. Il nous semble cependant que les anticorps dans la vaccine apparaissent avec les mêmes caractères que dans les autres maladies infectieuses. Nos résultats se peuvent comparer avec ce que nous savons des anticorps dans la syphilis et dans là tuberculose. De même que d’après Wassermann et Bruck, Christian et Rosenblatt, les anticorps tuberculeux fixant le complément sont uniquement formés dans les tissus tuberculeux (leur apparition dans le sérum n’étant pas l’expression d’une immunité, mais un symptôme de tuberculose)., de même, nous pensons que les anticorps fixant le complément vis-à-vis d’un antigène, vaccinal sont symptomatiques de l’infection vaccinale; l’immunité qu’elle confère pouvant être jugée, au contraire, par le pouvoir virulicide du sérum.
Recherches sur la réaction de Wassermann dans la Scarlatine. En collaboration avec M. BràAKD (Comptes rendus des séances de la Société de Biologie, séance du 22 février 1910).
En mai 1908, Much et Eichelberg annonçaient qu’ils avaient trouvé au cours de la scarlatine, dans 40 pour 100 des cas examinés, une réaction de Wassermann positive. Ils obtenaient ce résultat en mélangeant au sérum de scarlatineux de l’extrait aqueux de foie syphilitique. Ces expériences lurent immédiatement contrôlées, et, en Allemagne, notamment, en moins d’un an, de nombreux travaux paraissaient sur la même question. La plupart, reposant surtout sur l’emploi de l’antigène alcoolique du foie, du cœur humain ou du cœur de cobaye, n’aboutirent guère qu’à des résultats négatifs.
Avec le sérum de sujets non syphilitiques, atteints de scarlatine, observés à l’hôpital Claude-Bernard, nous avons recherché 42 fois, à l’aide d’antigènes aqueux de foie syphilitique, la réaction de Wassermann.
Il s’agissait plus particulièrement de scarlatineux atteints de troubles ou de lésions hépatiques (95 pour 100). Trois séries d’expériences témoins furent constamment pratiquées : a) avec le sérum de sujets reconnus, après réaction antérieure, non syphilitiques; b) avec le sérum de sujets syphilitiques; c) avec le sérum de malade sans antigène (afin de voir s’il ne fixait pas à lui seul le complément). En variant, d’autre part, la quantité d’antigène suivant les tubes, nous avons compté, comme résultats absolument positifs, ceux dans lesquels l’absence d’hémolyse existait partout ; comme partiellement positifs ceux où il y avait une trace d’hémolyse dans l’un des premiers tubes.
Les résultats obtenus avec une technique comparable à celle préconisée par Much et Eichelberg ont été les suivants :
Résultats absolument positifs.52 pour 100
Résultats partiellement positifs.52 pour 100
Résultats négatifs.16 pour 100
soit au total une proportion de 84 pour 100 de succès chez des scarlatineux reconnus non syphilitiques.
La réaction est précoce et souvent passagère, le nombre des résultats positifs paraît attribuable à ce fait qu’il s’agissait de scarlatineux avec lésions hépatiques. Il semblerait, en effet, que la réaction de Wassermann puisse être ici considérée comme l’expression de réactions humorales à l’égard des substances provenant d’un foie troublé fonctionnellement ou lésé. De la nature de ces substances on ne saurait rien dire, si ce n’est qu’il ne s’agit vraisemblablement pas de sels biliaires qui, nous l’avons vérifié après MM. Bar et Daunay, peuvent à eux seuls, dans certains cas, fixer le complément. Ce travail, venant à la suite des recherches que nous avons déjà exposées, tend surtout à témoigner de la fréquence de la réaction de Wassermann, chez les scarlatineux atteints de troubles ou de lésions hépatiques.
Depuis ces recherches, j’ai eu l’occasion d’observer avec mes internes, MM. Lutenbacher et Gastinei, un fait très intéressant du même ordre. Il s’agissait d’un jeune homme de 18 ans et demi, entrant à l’hôpital Claude-Bernard, pour une scarlatine grave, avec un syndrome associé d’ictère catarrhal. La réaction de Wassermann fut négative. Pendant la convalescence de cette première scarlatine, le malade eut une réitération de scarlatine typique et, cette fois, l’infection s’accompagna d’une poussée de congestion hépatique, réalisant les conditions dans lesquelles j’avais obtenu avec Bénard, la réaction de Wassermann. La réaction, négative la première fois, devint nettement positive.
Recherches sur le streptocoque de la scarlatine.
Ayant pu recueillir par hémoculture un streptocoque, chez une jeune fille atteinte de scarlatine et qui devait succomber à une péritonite purulente à streptocoques, j’ai recherché, avec mon interne Pelissier, par le procédé de déviation du complément, par le procédé des précipitines, par inoculation sur le singe, quelle était la valeur spécifique de ce streptocoque.
1° Réaction de fixation.
Technique. L’antigène utilisé fut le streptocoque récolté sur six cultures de gélose âgées de trois jours, délayé dans 15 centimètres cubes de sérum physiologique; cette émulsion fut chauffée trois quarts d’heure à 56 degrés.
Par cet antigène, ont été traités 13 sérums de scarlatineux recueillis du troisième au vingt-huitième jour; pour chaque échantillon, la dose d’antigène, la quantité de sérum furent variées.
Sur ces 13 échantillons, il y eut : 3 résultats positifs (6% 8% 13'jour); 4 résultats incertains; 6 résultats négatifs. Ces faits sont à rapprocher de ceux obtenus par Besredka et Doptér, Eggers, Margoulies. Us sont en contradiction avec les conclusions de Foix et Mallein. Ces auteurs ont eu, il est Vrai, le tort d’utiliser de trop grandes quantités de sérum et, un antigène vivant recueilli sur bouillon, ce bouillon pouvant introduire des facteurs étrangers.
2" Précipitines. Sur les 13 sérums, un seul (qui était nettement hémolytique) renfermait des précipitines à l’égard de l’émulsion chaüffée.
3° inoculations au singe.
L’injection sous-cutanée à deux singes (M. Rhésus) de cultures chauffées à 56 degrés ou filtrées n’ont déterminé aucune réaction générale, aucun exanthème. Chez le singe qui reçut une culture filtrée, apparut, quelques jours après, au point inoculé, Un abcès à streptocoques qui guérit rapidement.
Toutes ces recherches tendent à démontrer que le streptocoque trouvé dans la scarlatine ne présente aucune valeur spécifique à l’égard de celle-ci.
J’ai étudié également avec M. Pelissier (en raison des faits ci-dessus exposés) la réaction de fixation à l’égard d’un antigène représenté par de l’extrait de foie scarlatineux.
Technique. Le foie fut recueilli chez une enfant de sept ans, morte au dix-huitième jour de la scarlatine. Il fut lavé, broyé, séché dans le vide, additionné de 30 fois son poids d’alcool et dilué de moitié au moment de l’emploi.
Sept échantillons de sérum scarlatineux; un sérum témoin (érythème polymorphe) ont été traités par la technique de Wassermann. Les résultats ont été absoluments négatifs.
V. Pirquet, le premier, au cours dès recherches sur son procédé de cuti-
réaction, constata, non sans surprise, qu’un enfant tuberculeux a cuti-réaction positive ne présentait plus de réaction à la tuberculine pendant toute la durée de l’infection. Le fait, vu par Preisig, fut contrôlé par d’autres observateurs. V. Pirquet rapporte, à ce propos, que la cuti-réaction est également toujours négative dans les tuberculoses très avancées ou dans les tuberculoses suraiguës.
0. Gfuner, récemment, se basant sur les expériences de v. Pirquet et de Lowenstein (qui montraient qu’un sérum de tuberculeux ayafit reçu de hautes doses de tuberculine contenait de l’antituberculine et annulait ainsi l'effet de celle-ci dans la cuti-réaction), tenta de mettre en évidence cette antitubcrcuhne dans le sérum des rougeoleux. Ses deux observations furent négatives.
Au moment où une recrudescence de l’épidémie de rougeole amena, en 1909-1910, de nombreux enfants à l’hôpital Claude-Bernard, nous avons cherché à vérifier les résultats de v. Pirquet et tenté quelques expériences pour en trouver l’interprétation.
La cuti-réaction se pratiquait par scarification du bras, sur trois traits horizontaux, tracés au vaccinostyle, le trait supérieur servant de témoin. Une goutte de tuberculine au 1/10 était déposée sur les doux traits inférieurs.
Nous n’avons considéré comme positives que les réactions dans lesquelles, avec une rougeur nette, se pouvait sentir un certain degré d’induration. Les cas observés ont été au nombre de 178. Dans aucun cas,, la cuti-réaction ne fut positive pendant la durée de l’éruption.
Dans 31 cas, négative pendant la rougeole, elle devint positive 3 ou 4 jours après la fin de l’éruption. Vingt fois, il s’agissait d’enfants de 1 à 10 ans, huit fois de sujets de 10 à 20 ans.
L’examen clinique témoignait en pareil cas des lésions minimes du poumon : submatité légère du sommet, respiration rude, souffle hilaire. Dans la majorité des cas, l’examen radioscopique pratiqué par M. le D’Rist, dans le service de M. le D’Béclère, montra une ombre péribronchique caractéristique.
Trois cas sont particulièrement intéressants :
La cuti-réaction, négative pendant la rougeole, fut positive après, chez une petite fille de 2 ans et demi, ayant une tuberculose des os du tarse, et chez une jeune fille de 23 ans atteinte de tumeur blanche du genou.
Chez une petite fille de 10 mois, entrée indemne de rougeole, avec son frère jumeau atteint de rougeole, la cuti-réaction fut positive. L’enfant prit la rougeole, la réaction devint négative, pour redevenir positive lorsqu’elle quitta l’hôpital.
Il est à remarquer que ce chiffre de 17 pour 100 de cuti-réactions positives est exactement celui obtenu par Morquio, examinant au hasard les enfants dans les écoles, et immédiatement voisin du chiffre de 16 pour 100 de Grancher, établi d’après les seules données cliniques : ceci pour répondre à l’objection qui pourrait nous être faite, que nous n’avions pu examiner les enfants avant leur rougeole.
Nous avons recherché alors :
1" Si le sérum de rougeoleux exercerait une action anti-tuberculinique.
2“ Si le sérum de rougeoleux exercerait une action d’arrêt sur la réaction de fixation.
Des cuti-réactions ont été effectuées sur un bras avec la tuberculine simple, ou diluée de 1/2 dans l’eau physiologique; sur l’autre bras, avec la tuberculine diluée de 1/2 dans du sérum de rougeoleux, recueilli à la période d’éruption, ou du sérum de scarlatineux;
a) Les cuti-réactions faites, immédiatement après le mélange (10 cas avec le sérum de rougeoleux, 5 cas avec le sérum de scarlatineux), n’ont été en rien modifiées; la réaction fut équivalente des deux côtés.
b) Les cuti-réactions ont été faites avec le mélange tuberculine-sérum, abandonné 24 heures à la température du laboratoire, 16M8°.
La cuti-réaction faite quatre fois avec le sérum de scarlatineux fut équivalente à celle obtenue avec la tuberculine simple.
Faite six fois avec le sérum de rougeoleux, elle fut deux fois négative des deux côtés. Quatre fois positive pour le côté tuberculine diluée dans l’eau physiologique, et négative pour le côté tuberculine-sérum.
c) Les cuti-réactions furent faites avec le mélange tuberculine-sérum abandonne a l’étuve à 37" pendant 24 heures.
Le mélange avec le sérum de scarlatineux ne modifia pas la réaction.
Le mélange avec le sérum de rougeoleux donna des résultats incertains.
Trois fois la cuti-réaction fut égale des deux côtés; six fois elle fut nettement plus forte pour le côté tuberculine diluée dans l’eau physiologique, et manifestement très faible de l’autre côté.
La seule conclusion possible est que, dans certains cas, le sérum de rougeoleux parut affaiblir l’action de la tuberculine.
Les recherches sur la réaction de fixation sont restées également incertaines.
La réaction de Bordet et Gengou fut recherchée par le procédé simplifié, en utilisant le complément du sérum du malade et la sensibilisatrice naturelle du sérum humain pour les hématies de mouton.
Après avoir vérifié que le sérum de tuberculeux était spontanément hémolytique pour les hématies du mouton et qu’en présence de tuberculine (2 gouttes de tuberculine, 2 gouttes de sérum, ramenées à 20 gouttes par dilution dans le sérum physiologique) il y avait fixation du complément et absence d’hémolyse, nous avons recherché quelle serait l’action exercée par l’addition d’un sérum de rougeoleux (3 cas), d’un sérum de scarlatineux (2 cas), d’un sérum provenant d’un cas d’oreillons, d’un érythème toxique, d’une méningite tuberculeuse, d’une éruption pemphigoïde; en tout vingtsept épreuves.
Les résultats ont été similaires; l’adjonction d’un sérum de provenance humaine empêcha la fixation. L’hémolyse, pour être moins forte que dans le tube témoin, fut égale quelle que fut l’origine du sérum.
Recherches sur la réaction deWassermann chez des syphilitiques atteints de rougeole, mai 1911.)
Les recherches précédentes qui nous avaient permis de vérifier les données de V. Pirket sans nous permettre, malgré quelques faits intéressants, d’en donner une interprétation absolue, devaient me conduire à étudier
l’influence de la rougeole sur la syphilis en évolution. 11 n’ctait pa» sans intérêt d’étudier si la rougeole, qui peut modifier in vivo la cuti-réaction à la tuberculine, ne serait pas capable de modifier ire vitro l’action d’autres lysines ou sensibilisatrices, en particulier les anticorps syphilitiques.
Une malade syphilitique contractant la rougeole devait nous permettre de vérifier le fait, ba réaction de Wassermann, négative au premier jour de la rougeole, redevint nettement positive quatre jours apres la fin de la rougeole, et resta positive dans plusieurs examens faits ultérieurement.
Il convenait dès lors de rechercher si la disparition de la réaction de Wassermann était due à l’absence d’anticorps syphilitiques au cours de la rougeole, du à l’existence de propriétés empêchantes du sérum de rougeoleux vis-â-vis de la réaction de Wassermann susceptibles d’être mises en évidence in vitro:
Des expériences faites dans ce sens semblèrent plutôt favorables à cette dernière hypothèse.
A des sérums syphilitiques éprouvés donnant une réaction de Wassermann franche, nous avons ajouté du sérum de rougeoleux en proportion variable, et nous avons observé que la réaction de Wassermann devenait souvent négative.
Nous avons repris ces expériences dans des conditions identiques avec un grand nombre de sérums normaux, scarlatineux, etc. Dans aucun cas (sauf pour des doses élevées de sérum), la réaction de Wassermann ne fut empêchée. De plus, les sérums de.rougeoleux qui, au 6 e et 8“ jour de la rougeole avaient une action empêchante, perdaient cette propriété vers le 10“ ou 15“ jour.
Le chauffage des sérums employés fut toujours soigneusement vérifié; des tubes témoins renfermant les plus fortes doses employées, ne contenaient pas traces d’alexine.
Le sérum de la syphilitique atteinte de rougeole n’a possédé à aucun moment d’hémolysine anti-mouton se rapprochant ainsi de ce que l'un, de nous a observé souvent pour les sérums de syphilitiques.
Le titrage des sensibilisatrices anti-mouton nous a montré, par contre, que dans la rougeole, les hémolysines semblent augmentées. Mais ce fait ne peut en rien expliquer les propriétés empêchantes du sérum des rougeoleux, car nos sérums chauffés ne renfermaient pas traces d’alexine.
D’ailleurs, quelques jours après, ces mêmes sérums rougeoleux n’étaient
plus empêchants et gardaient cependant leur même activité hémolytique.
Nous avons recherché si l’addition de sérum normal chauffé, au sérum de rougeoleux syphilitiques empêchant la réaction, ne pouvait faire réapparaître la réaction ; il n’en fut rien.
De ces recherches, il résultait en définitive que le sérum d’un malade en pleine évolution de syphilis secondaire, ayant contracté la rougeole, ne donne plus la reaction de Wassermann ; que cette réaction réapparaît après la fin de la rougeole — et que le sérum de rougeoleux plus que d’autres sérums semble posséder des propriétés empêchant in vitro la réaction de Wassermann.
J’ai, depuis, avec mon interne M. Roux, observé un second cas de rougeole survenue chez un syphilitique. Dans ce cas, comme dans le premier, la réaction de Wassermann fut négative. Elle était encore négative à un second examen pratiqué à la fin de l’éruption.
Sur la précipito-réaction dans la méningite cérébro-spinale aiguë à méningocoques.
(Bulletins et Mémoires de la Société Médicale des hôpitaux de Paris , 21 mai 1909.)
La recherche de la précipito-réaction fut faite dans 18 cas; 15 fois le résultat fut conforme au diagnostic. Le precipito-diaguostic fut positif dans un cas de méningite à pneumocoques; il fut négatif dans deux cas de méningite à méningocoques. Un cas fut particulièrement intéressant, il s’agissait d’une méningite cérébro-spinale, due à un streptocoque offrant les caractères du streptocoque de Bonome; la précipito-réaction fut nulle avec le sérum antiméningococcique; très fortement positive avec le sérum antistreptococcique; faiblement positive avec le sérum antipneumococcique.
U proportion des faits positifs obtenus témoigne en faveur de l’intérêt diagnostique que semble devoir présenter la méthode préconisée par MM. Vincent et Bellot.
Etude des propriétés bactéricides de l’ovo-albumine normale. (Archives de Médecine expérimentale et d’anatomie pathologique, mars 1894.)
is expériences, déjà citées, relatives
ivo-albumine comme
Au
milieu de culture, il nous fut donné de constater que l’albumine de l’œuf, au même titre que les toxalbumines, a son pouvoir bactéricide supprimé ou détruit par certaines températures.
Le pouvoir bactéricide du blanc d’œuf, résultant des'diverses variétés d’albumines qui le constituent, disparait progressivement et d’une façon pour ainsi dire proportionnelle au degré de température appliquée. C’est^ainsi que l’ovo-albumine à 55“ est plus bactéricide que l’ovo-albumine exposée à 70°, qui l’est à son tour plus que l’albumine durcie par la cuisson, celle-ci constituant le milieu de culture le plus satisfaisant.
Recherches sur l'action bactéricide in vitro du glycogène hépatique. (Comptes rendus des séances de la Société de biologie, août 1900.)
De l’action in vitro du glycogène hépatique à l’égard des agents habituels de l'infection dufoie (staphylocoque doré,streptocoque,hacterium coli, bacille d’Eberth), action empêchante, action bactéricide. (In Journal de physiologie et de pathologie générales, mai 1901:}
Au cours d’expériences poursuivies dans le laboratoire du professeur Bouchard sur la transformation possible, par culture microbienne, du glycogène en glycose, j’ai ete conduit a rechercher quelle pouvait être in vitro l’action du glycogène extrait du foie normal de chien sur les microorganismes qui comme le staphylocoque doré, le bacterium coli, le bacille d’Eberth, le streptocoque ont été le plus souvent incriminés dans les infections hépatiques.
Sans entrer dans le détail de la technique des expériences, trois séries furent faites, dans les conditions habituelles à la recherche de l’action antiseptique d’un produit, à savoir : a) addition de proportions variables de solutions de glycogène au milieu de culture ensemencé de microbes; b) addition successive à des solutions de glycogène ensemencées de microbes, de milieu de culture; g) fils de soie trempés dans une culture, séchés, mis dans des solutions de glycogène (dose minimum de 5 milligrammes ou maximum de 20 centigrammes) puis réensemencés, après un délai variable, dans un milieu de culture et placés à l’étuve.
Les expériences que je viens de relater me paraissent démontrer de façon suffisamment précise, l’action empêchante, et, à certaines doses, nettement
bactéricide, in vitro, du glycogène hépatique sur le st. doré, le b. coli, le b. d’Eberth, le streptocoque.
Il faut assurément se montrer réservé dans l’application à la physiologie des résultats obtenus par des procédés un peu simplistes et qui sont loin de reproduire non seulement les conditions physiologiques, mais encore l’état de statique chimique du glycogène hépatique, que celui-ci soit ou non combiné, comme le pense Pflüger, aux nucléo-albumines. Il est permis loutefois de penser que les conditions expérimentales dans lesquelles ces résultats ont été obtenus sont moins favorables que celles qui peuvent être réalisées dans l’organisme, où le glycogène, en proportions plus considérables, incessamment renouvelé dans la cellule normale, persistant même dans la cellule altérée (faits expérimentaux de d’Amato, faits cliniques de Brault), jouit sans doute d’une activité plus grande. J’ajoute que cette action peut être facilitée d’autre part, réserve faite de l’état de septicémie où tous les processus sont paralysés, en ce qu’elle s’exerce sur des microorganismes dont le plus souvent la germination est très atténuée par le milieu sanguin ou légèrement atténuée par le séjour dans la bilç. Toutes ces raisons, ajoutées aux résultats expérimentaux, me semblent plaider en faveur de l’influence du glycogène dans le processus de défense hépatique à l’égard des infections; le glycogène ne serait pas seulement, comme l’a pensé Roger, le témoin du rôle protecteur du foie, il semble être partie active.
La notion de cette action glycogénique trouve dans une certaine mesure une confirmation dans des faits d’observation déjàancienne, auxquels, d’autre part, elle peut apporter une interprétation rationnelle, aussi rationnelle tout au moins que les hypothèses antérieurement faites à ce sujet. Je veux parler de la stérilité des abcès du foie, de ceux qui, dénommés « grands abcès », relèvent le plus habituellement, exception faite des cas où l'amibe a pu être considéré comme l’agent causal d’infections pyogènes pénétrant par la voie sanguine, la voie portale principalement. Cette stérilité est parfois, il est vrai, apparente, et la culture est venue dans certains cas infirmer les résultats de l’examen microscopique; mais, le plus souvent, cultures et examens sont restés négatifs. Les faits de Talamon, Petit, Peyrot, Lauenstein, Tuffier, Zancarol, Calmette, Rendu, Le Dantec, Arnaud et d’Astros, etc., etc., sont là pour en témoigner. Cette stérilisation progressive est suffisamment fréquente pour que Planté établisse
comme règle que l’élément pyogène, formant d’abord un abcès hépatique à pus fertile, perd dans une première phase sa végétabilité, et finit par disparaître dans un délai beaucoup plus rapide que pour toute autre collection purulente vieillie. On a cherché à ce phénomène des explications variées. Pour Calmette, les agents pyogènes sont le plus souvent sans action dans la détermination des abcès du foie, parce que la phagocytose empêche leur développement. Pour Bertrand et Fontan, les microbes, agents de l’abcès, sont tués par les toxines microbiennes qu’ils secrétent. Pour Laveran et Netter, la bile exerce une action bactéricide, action qui a été reconnue comme très faible. Chacune de ces hypothèses peut contenir sa part de vérité; il se peut que ces divers éléments contribuent à cette stérilisation progressive des grands abcès du foie; ce n’est pas émettre une opinion moins vraisemblable que d’imaginer pour le glycogène un rôle analogue sinon plus important.
De telles recherches soulèvent bien des inconnues. Comment et pourquoi agit le glycogène? Agit-il comme le dit Roger pour les poisons, parce qu’il se combine sous forme de glucoses aux alcaloides? Dans mes recherches à aucun moment je n’ai pu, par les réactifs habituels déceler traces de glucose dans la solution de glycogène ensemencée de l’élément microbien. Peut-être se fait-il des transformations intermédiaires? Quoi qu’il en soit, les faits énoncés plus haut gardent leur intérêt.
Ils devaient être confirmés notamment par G. A. Petrone (La Pediatria, 1902 !) qui sans connaître ces recherches pense également qu’on peut rapporter la stérilité fréquente du pus des abcès du foie au pouvoir bactéricide du glycogène.
I Recherches sur l'action antitoxique in vitro du glycogène hépatique sur la nicotine et la cicutine. (Comptes rendus dés séances de la Société de Biologie, décembre 1900.)
H. Recherches sur l'action antitoxique in vitro du glycogène hépatique sur le sulfate neutre de strychnine et la toxine diphtérique. ( Complet rendus des séances de la Société de Biologie, décembre 1900.)
Le glycogène hépatique était le même que celui qui nous servit pour nos premières expériences.
Des solutions aqueuses stérilisées de proportions variables de ce glycogène étaient réparties à la dose de 5 centimètres cubes dans des tubes à essai (ce qui correspondait à des doses de glycogène de 25 milligrammes à 20 centigrammes.
La substance toxique était incorporée soit aux solutions de glycogène, soit à de l’eau distillée stérilisée (solutions témoins).
Le contact durait de quelques heures à quelques mois.
La dose toxique du mélange, évaluée préalablement, était injectée à des cobayes ou à des lapins.
Pour la cicutine les résultats restent incertains ; la cicutinc en solution glycogénique semblait déterminer des effets plus rapidement mortels. Pour la nicotine l’action neutralisante fut des plus nettes. Les effets convulsifs étaient retardés, moins durables, plus espacés. Alors que pour les animaux témoins la mort était très rapide et à peu près constante (8 sur 10), les animaux inoculés avec la substance toxique en solution glycogénique survécurent (12 sur 16) : quatre seulement succombèrent dans un délai de 45 minutes, de 55 minutes, de 24 heures.
Pour le sulfate neutre de strychnine, 56 cobayes furent inoculés : pour la toxine diphtérique 50.
De cette seconde série d’expériences, il résulte que le glycogène hépatique a été inactif vis-à-vis du sulfate neutre de strychnine, et a renforcé dans une certaine mesure la toxine diphtérique. Ces faits ne sont nullement en désaccord avec les notions classiques. Jtous savons que le foie n’arrête pas tous les poisons.
D’autre part, les expériences de MM. Teissier et Guinard, de MM. Roger et Josué, de MM. Thoinot et G. Broüardel, ont montré que l’action du suc retiré de certains organes pouvait être empêchante, nulle ou renforçante à l’égard de certains poisons (alcool, toxine diphtérique, etc.).
Il est démontré que les inflammations du loie (avec ou sans degenerescence) sont le plus généralement d’ordre toxique. Pour ne parler que de l’alcool sur lequel le foie n’agit guère, il semble qu’il soit un des facteurs les plus puissants de lésions hépatiques. Il est permis de penser que les poisons sür lesquels le foie ou le glycogène n’agit point peuvent être parmi les plus nocifs pour cet organe.
Rôle des lésions du foie dans |lés hémorragies des maladies infectieuses ou dans les formes hémorragiques des infections.
C’est une notion classique que les hémorragies sont fréquentes au cours des affections du foie, et aussi dans les processus infectieux ou toxiques qui lèsent le foie. A ce titre, la variole, qui s’affirme par des lésions hépatiques rappelant souvent celles de l’atrophie jaune aiguë, revêt pour cette raison, nous semble-t-il, le type hémorragique'plus fréquemment que la rougeole et la scarlatine. C’est là un fait d’observation que nous avons mentionné avec M. Tanon dans notre travail sur le myocarde dans la variole hémorragique et que j’ai communiqué à M. Doyon pour son mémoire sur le rôle du foie dans la coagulation du sang et sur la pathogénie des hémorragies symptomatiques des affections du foie. (In Journal de Physiologie et de Pathologie générales, VII, 638-649, 1905.)
C’est également à propos des varioles hémorragiques et des données sur le rôle du foie dans la coagulation du sang, que devant l’insuccès du chlorure de calcium pour combattre cette tendance hémorragique. J'ai fait, avec mon interne M. Tanon,. des injections intra-vëineuses de 100 à 200 centimètres cubes d’une solution de glycogène, sans d’ailleurs obtenir aucun résultat réel, et en tous cas en obtenant des résultats très inférieurs à ceux que m’a donnés la méthode deP,-E. Weill : emploi de sérum animal ou de sérum antidiphtérique récemment préparé, utilisé à titre de sérum.
Difficultés de constatation et de recherche du bacille tuberculeux dans les lésions tuberculeuses du foie; rôle possible du glycogène. (Congrès international de la tuberculose, Washington, 1908.)
Poursuivant les recherches entreprises dès 1899 sur le glycogène hépatique, j’ai voulu me rendre compte si cette substance ne serait pas cause de la difficulté de coloration ou de constatation du bacille tuberculeux dans un grand nombre de lésions tuberculeuses hépatiques. S’il est vrai que dans les tuber-
Injections intra-veineuses de glycogène animal chez le lapin. Action snr la nutrition et spécialement snr l'activité de la cellule hépatique. En collaboration avec M. Ai.v Zakv. ( Comptes rendus des séances de la Société de Biologie, 26 juillet 1902.)
Il résulte de .nombreuses expériences, faites en vue dé cés recherches, que les injections intra-veineuses plus ou moins répétées de doses moyennes de glycogène animai; peuvent, chez le lapin, apporter quelque trouble à l’activité cellulaire en général et en particulier à l’activité de la cellule hépatique et provoquer ainsi des modifications transitoires de la nutrition préjudiciables à l’organisme. L’abaissement du rapport azoturique, du taux de l’urée d’une part, l’hypertrophie, la congestion du foie, la présence d’acides biliaires dans les urines témoignent de çes divers troubles. Le foie mis en présence d’une quantité anormale sinon excessive de glycogène animal, fait effort pour l’emmagasiner ou le transformer. Mais cet excès de travail, cet hyperfonctionnement est rapidement suivi d’une déviation fonctionnelle transitoire et anormale.
ACTIONS TOXI-MICROBIENNES
Modifications de la pression artérielle sous l’influence des toxines pyocyaniques.
En collaboration avec le D r Chakeik. (Comptesrendus de l'Académie des Sciences; janvier 1893.1
Les sécrétions du bacille pyocyanique agissent sur les vaso-moteurs; elles paralysent les centres vaso-dilatateurs. Gley et Charrin-Pont établi; Doyon et
Moral, Ruffer et Scherrihglon, été., l’ont confirmé..
En se basant sur ces données, on a pu concevoir des espérances au point de vue thérapeutique. Le professeur Bouchard a ouvert la voie. Au cours de recherches spéciales, entreprises dans son service, il nous a été possible de relever les changements sübisparla pression artérielle. Nous avons poursuivi cetfe étude, en utilisant le sphygmomanomètre du professeur Potain, instrument sûr, si l’on Observe les règles voulues. Bien' entendu, les explorations oiit éu lieu dans des conditions identiques', absolument comparables. Elles ont
été faites sur des tuberculeux, puis sur un convalescent de fièvre typhoïde, malades chez lesquels la pression était très basse.
Le liquide employé n'est autre que les produits solubles du microbe de la suppuration bleue. Ces produits ont été fabriqués par ce microbe soit dans du bouillon de bœuf, soit dans un milieu spécial.
• On a usé, tour à tour, de cultures jeunes et de cultures plus âgées, de cultures filtrées et de cultures stérilisées sans filtration préalable. Des injections d'eau distillée ont permis de contrôler les résultats.
Les élévations de la pression artérielle ont été de 2 à 5 centimètres de mercure, sous l’influence de l’injection des toxines pyocyaniques; après les injections d’eau distillée, les modifications ont été nulles ou se sont traduites par une diminution de 1 centimètre. Sans aucune injection, la pression artérielle des tuberculeux a présenté également des variations en moins.
Ces données autorisent les conclusions suivantes :
L’injection sous-cûtÿnée de toxines pyocyaniques élève la pression artérielle. Cette élévation est directement proportionnelle a l’âge de la culture, à la richesse du bouillon en albuminoïdes, à la quantité introduite sous la peau; elle est également plus marquée, si le liquide contient le protoplasma microbien.
Remarquons que ces augmentations de pression sont passagères, donnée qui concilie nos résultats avec les notions que nous possédons sur la fièvre. Notons encore que des expériences, poursuivies par Gley et Charrin, confirment nos conclusions.
Influence de la tuberculine sur la pression artérielle. (Congrès français pour l'étude de la tuberculose chez l’homme et les animaux, 1894.)
Au cours de recherches sur l’usage de la tuberculine comme agent révélateur de la syphilis, j’ai étudié l’action du poison tuberculeux sur la pression artérielle. Il était à prévoir que cette influence serait nettement hypotensive. Le professeur Rouchard venait de démontrer l’action vaso-dilatatrice de la tuberculine et venait d’isoler de la tuberculine de Koch un poison qu’il dénomma cctasine en raison de son action excitatrice sur le centre vaso-dilatateur. Cette
action se traduisait sur les points irrites par une congestion réflexe avec' exsudation séreuse et diapédèse, rendant compte ainsi de la réaction inflammatoire péri-tuberculeuse. Chez les lapins, le poison déterminait la dilatation des vaisseaux de la papille.
Par ailleurs, cliniquement, Marfan et Potain avaient mis en lumière la diminution de la pression artérielle chez les tuberculeux.
Mes recherches m’ont permis de constater que la diminution de la pression artérielle est fonction de l’intoxication tuberculeuse.
Des injections de tuberculine de Koch (à la dose de 2 millig. 1/2, faites à des syphilitiques, à une malade atteinte de lésion hépatique, à une chlorotique, etc. ont donné une diminution notable de la pression artérielle, diminution qui coïncidait le plus habituellement avec la réaction générale et cessait avec elle. Cette diminution a été en moyenne de 3 à 4 centimètres.
Des injections comparatives, — de bouillon glycériné réduit par l’ébullition — conformément au mode de préparation de la tuberculine de Koch — faites comme expériences de contrôle n’ont, par contre, déterminé aucune modification de la pression artérielle.
Le professeur Arloing devait, dans des recherches ultérieures, confirmer la réalité de cette action hypotensive.
Sans vouloir prétendre que l’hypotension des tuberculeux relevé cxclusivevement du poison tuberculeux, il reste que ce dernier en est l’agent le plus important. I, examen de la pression artérielle dans les diverses formes de tuberculose en est un nouveau témoignage comme nous le montrons par ailleurs.
De l'emploi de la tuberculine comme agent révélateur de la syphilis. En collaboration avec le professeur Smius. (Congrès pour l'élude de la tuberculose chez l'homme et les atii-
Dela tuberculine, préparée par nous selon le procédé indiqué par Koch, fut injectée sous la peau du dos et à la dose de 2 millig. 1/2 à quatre malades de l’hôpital de la Charité atteints de syphilis secondaire, complètement apyrétiques et sans indices de tuberculose. Nous avons pu observer une réaction générale et une réaction locale tout à fait comparables à celle que l’on peut
Récemment MM. J. Nicolas, M. Favre et A, Augagneur rappelant nos recherches et considérant que leurs conséquences pratiques ne frappèrent pas à l’époque l’attention autant qu’il était nécessaire, reprirent l’étude de la réaction des syphilitiques aux injections sous-cutanées de tuberculine (Crnptes rendus des séances de la Sociétéde biologie, 28 janv. 1911). Leurs résultats furent conformes à ceux que nous avons obtenus et leurs conclusions tendent à prouver que les syphilitiques à infection généralisée, récente ou ancienne, en phase d’évolution, réagissent d’une façon à peu près constante (une seule exception sur 10 cas) par une élévation thermique considérable à l’injection sous-cutanée de tuberculine, tout aussi bien que les tuberculeux, et qu’il faut se garder de tabler sur l’existence de cette réaction thermique pour rattacher à la tuberculose des lésions qui peuvent d’après cela tout aussi bien dépendre de la syphilis.