PÉRITONITE TUBERCULEUSE EXPÉRIMENTALE
ACTION CURATIVE ET PRÉVENTIVE DES INJECTIONS GAZEUSES INTRA-PÉRITONÉALES
I. Injections gazeuses intra-péritonéales et péritonite tuberculeuse expérimentale.
(Congrès pour l'étude de la tuberculose chez l’homme et les animaux , ¥ session, 1898.)
II. Injections intra-péritonéales d'acide carbonique dans la péritonite tuberculeuse
expérimentale. ( Congrès international de Médecine, Paris 1900.)
III. Rôle empêchant des atmosphères d'oxygène ou d'azote sur les cultures de tubercu¬
les faits cliniques comme les faits expérimentaux témoignent de l’action curative de la laparotomie dans la tuberculose péritonéale ; seule l'interprétation pathogénique est encore incertaine. On a invoqué le trauma opératoire, l'influence thermique ou lumineuse, l'évacuation de l’épanehemént ancien ou l’existence d’un épanchement nouveau, la pénétration de l’air, tous éléments pouvant jouer un rôle dans la réaction de là séreuse qui aboutit en définitive à la disparition des tubercules.
11 convient de remarquer tout d’abord, plus qu'on ne parait le faire, que l’intervention chirurgicale est surtout efficace dans la variété fibreuse, Ascitique de la tuberculose péritonéale, c’est-à-dire dans une forme qui souvent moins grave que la pleurésie séreuse, peut être, comme elle, spontanément curable ou peut guérir après la seule évacuation de la sérosité. Cette réserve faite, il semble bien que la pénétration de l'air ait une certaine importance, les faits de Potnin pour le pneumothorax, do Picot pour le péritoine, les faits que j’ai observés dans le service de la Charité, en sont la démonstration clinique.
J’ai cherché à établir quelle pouvait être :l’action préventive ou curative de l’air et de ses principaux composants (Azote, Oxygène) injectes asepliquement dans le péritoine d’animaux qui subissént une inoculation intra-péritonéale de tuberculose humaine. L’appareil dont je me suis servi est celui que le Profes-
seur Potain, dès 1888, utilisait pour les injections intra-pleurales d’air stérilisé.
Cet appareil me permettait de recueillir aseptiquement et d’injecter, soit de l’air, soit de l’oxygène, soit de 1 azote (ce dernier préparé par l’ébullition de l’azot te d n îo |ue et conservé dans un gazomètre de Régnault).
Ces injections, très bien supportées, étaient faites a la dose de 150 et 200 c.c. sur le lapin. Elles étaient répétées en moyenne tous les 8 jours, laps de temps dans lequel la résorption de l’air, de l’oxygène surtout, était complète.
Je n’entrerai pas dans le détail des expériences et donnerai simplement les résultats obtenus. Je signalerai toutefois dès maintenant que dès les premières expériences, je montrais la supériorité de l’azote sur l’air et l’oxygène et préconisais, le premier, je crois, la substitution des injections d’azote aux injections d'air, substitution que légitiment de multiples arguments développés plus loin.
Ces résultats lurent des plus nets, les animaux témoins succombèrent dans un laps de temps variant de 20 à 55 jours avec des lésions de tuberculose péritonéale intense et des granulations tuberculeuses farcissant pour ainsi dire le foie et la rate.
Les animaux qui avaient subi l’injection d’air ou de l’un des gaz (plus particulièrement de l’azote) survivaient plus longtemps ou étaient sacrifiés après un laps de temps variable, avec un péritoine parfois indemne macroscopiquement de toute lésion spécifique, ou n’olfrant que quelques granulations, sans lésions hépatiques ou spléniques, grises ou jaunes. Parfois une sorte de métastase semblait se produire, en ce sens qu’alors que la lésion péritonéale était absente ou des plus limitées, les poumons étaient congestionnés et le siège de granulations grises.
Ces résultats semblaient démontrer : 1“ que les injections d’air, d’O, d'Az, sont susceptibles d’atténuer, parfois d’arrêter l’infection tuberculeuse, réalisée chez le cobaye et le lapin par l’inoculation de tuberculose humaine peu virulente ; 2° que, parmi les facteurs susceptibles de jouer un rôle dans le processus curateur provoqué par la laparotomie, l'air tient une place importante.
Cette influence peut tenir à ce que la masse gazeuse limite l’infection de voisinage en s’opposant dans une certaine mesure au contact et au frottement
des anses intestinales et a la formation ultérieure d’adhérences, ou exerce une action directe sur la séreuse; car elle s’oppose à la reproduction du liquide ou la relarde. Elle peut tenir aussi à une atténuation du bacille tuberculeux par l’oxygène et surtout par l’azote.
De la comparaison des résultats obtenus avec l’acide carbonique, dans des conditions experimentales comparables, avec ceux que j’avais eus en 1898 avec les injections d’air, d’O et d’Az, il résulte que CO’ plus efficace que O à l’égard de la tuberculose péritonéale expérimentale du lapin l’est assurément moins que l’air et surtout l’azote. L’action semble, d’autre part, différer, car alors qu'avec l’air et l’azote on ne trouvait parfois aucune trace de tuberculose, il n’y avait pas non plus indice de fibrose.
L’air exerce, en definitive, une action favorable, grâce surtout à l’azote qu’il renferme : 1° parce que l’azote est le gaz qui se résorbe le plus lentement; 2“ parce que l’azote limite ou empêche la végétabilité du bacille tuberculeux. Faire une injection d’air c’est, en réalité, réaliser une injection d’azote — et il y aurait avantage à injecter directement de l’azote pur.
L’expérimentation et la clinique (10 guérisons complètes et 2 améliorations sur 12 faits rapportés à l’époque par les auteurs, justifient l’application de la méthode des injections d’air à la thérapeutique de la tuberculose périnéale ascitique.
Les cultures de tuberculose humaine sur bouillon ou gélose glycérinées, maintenues en flacons de Fernbach dans une atmosphère d’oxygène, d’azote, ou laissées au contact de l’air, dans les conditions habituelles, présentent les caractères suivants : alors que ces dernières prenaient l’aspect classique, les cultures soumises à l’action de l’oxygène étaient plus tardives, plus limitées dans leur développement en surface, mais composées de bacilles d’apparence et de coloration normales. Les cultures soumises à l’action de l’azote, très pauvres, formant un voile transparent, mince, n’étaient composées que de bacilles courts, nettement vacuolisés et granuleux.
Sur lé traitement de la tuberculose des séreuses avec épanchement, par les injections d’air ou d'azote (Bullelint et Mémoires de la Société médicale des Hôpitaux de Paris, 23 mai 1902.)
A propos de la commumcalion de mon collègue Vaquez, je rappelle les résultats expérimentaux et cliniques favorables, que j’ai publiés en 1897, sut le traitement de la tuberculose peritoneale à forme ascitique, par les injections d’air ou d’azote. Je montre la supériorité de l’azote, pour cette raison que l’air, introduit dans une cavité séreuse, perd rapidement son oxygène, et qu’assez rapidement seul l’azote subsiste dans la séreuse. Je rappelle, dans cette note, que faire une injection d’air revient en définitive â faire une injection retardée d’azote.
Les faits que je développais, dès 1897, ont été confirmés depuis par de nombreux observateurs, tant pour le traitement de la tuberculose pleurale ( Ayerza, Bunge, de Buenos-Avres, Vaquez, Achard, etc.), que pour celui de la tuberculose péritonéale (Ayerza et, plus récemment, le D' Florio, qui, dans la Gazetta degli Ospedali et delta Clinkhe du 2 janvier 1910, rapporte trois observations démonstratives, et conclut qn’on devrait, dans la majorité des cas, adopter cette manière de faire, simple, facile, nullement dangereuse. L’on sait que le procédé du pneumothorax artificiel est actuellement employé, Forlanini, etc.), pour le traitement de la tuberculose pulmonaire.
Preuves expérimentales de la supériorit
Bans cette note, sans vouloir revenir sur les faits cliniques et expérimentaux que m’ont permis de préconiser de préférence à la laparotomie la méthode des injections gazeuses, j’expose les raisons qui m’ont permis d’affirmer la supériorité de l’azote sur l’oxvgène, l’air ou l’acide carbonique.
1. — Pour empêcher dans les épanchements tuberculeux après évacuation du liquide, sa reproduction, pour maintenir, au niveau du poumon
tuberculeux, la compression élastique dont l’influence est si favorable; pour empêcher de façon prolongée le contact des feuillets pleuraux ou péritonéaux et ainsi s’opposer à la greffe des lésions tuberculeuses, il importe, avant tout, de s'adresser à un gaz qui se résorbe lentement. Or, les observations de Üemarquay, les recherches de Potain, celles qu’il a poursuivies avec Drouin et moi-même, celles de Rodet et Nicolas, démontrent que l’azote est de tous les gaz utilisables, celui qui se résorbe le moins vite. Lorsqu’on recueille, après un temps variable, l’air qui a été injecté dans une cavité séreuse (plèvre, péritoine) on s’aperçoit que l'azote demeure, alors que l’oxygène a disparu ou a notablement diminué.
U. — L’azote est un gaz inerte qui ne provoque aucune irritation au niveau des lésions.
III. — L’azote exerce une action empêchante sur les cultures de la tuberculose.
Il reste entendu que dans les cas où l’on ne peut avoir à sa disposition de l’azote pur, l’emploi de l’air stérilisé garde toute la valeur que les travaux de Potain ont déterminée.
De l’action thérapeutique du xylol dans la variole (Bulletins et Mémoires delà Société
Quand je fus chargé du Pavillon des varioleux, au bastion 29, je continuai la médication xylolée préconisée par le D r Vichnewsky pour le traitement de la variole, et appliquée au bastion par mon prédécesseur et collègue Belin et son interne M. Salomon.
Les faits que j’ai observés viennent à l'appui des constatations rapportées par ces auteurs. Ils établissent, tout d’abord, l’innocuité de la médication, son action désodorisante, son influence d’arrêt ou d’atténuation sur la phase dé suppuration.
L’influence du xylol sur la phase suppurative de la variole et sur la courbe fébrile qui l’accompagne, m’a paru des plus nettes dans le plus grand nombre des cas. Un fait un peu particulier est que la médication ne parut pas s’opposer
pour les varioles légères, xylol ou levure produisent des effets comparables, dans les formes graves, l’efficacité du xylol est bien supérieure à celle do la levure de bière.
En raison de l’hyperpigmentation produite par le xylol, nous recherchons expérimentalement l’action du xylol ou des xylènes purs sur les capsules surrénales. Nous rapportons par ailleurs l’observation d’un syndrome d’Addison survenu, quelques mois après, chez un malade tuberculeux en apparence guéri de la tuberculose qui fut atteint de variole et soumis à la médication