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A L’ÉTAT NORMAL ET PATHOLOGIQUE CHEZ L’HOMME

Des faits pathologiques, les uns relatifs à des lésions néoplasiques, les autres liés aux états inflammatoires ou dystrophiques des éléments vertébraux, attirent l’attention sur la notochorde.

On trouve aux deux extrémités de la chorde, là où existent des vestiges basilaires et sacro-coccygiens des tumeurs spéciales. Ce sont ces vestiges qui, sous forme d’éléments aberrants de la chorde, conservent longtemps leur puissance évolutive embryonnaire (Coenen, Lincke, Warstadt). Or, Peyron a montré qu’au niveau de la région coccygienne, en raison de la fusion progressive des vertèbres, le précartilage vertébral et le mésenchyme des disques peident la netteté de leurs limites et, la baguette chordale, irrégulière, contournée et fragmentée sort de 1 axe vertébral pour se continuer avec des nodules chordaux situés entre l’épiderme et la partie terminale du tube nerveux; ce sont justement ces nodules qui, au stade précédent, étaient inclus dans le tubercule caudal.

Il faut donc considérer les éléments aberrants qui fournissent les cbordomes comme des formations normales de la chorde ayant simplement subi des modifications évolutives, dans leur topographie.

Et nous voyons des éléments normaux, dans des observations récentes d’OADSON, Stoocicey, Alajouanine et Pe-

tit-Dutaillis, Bucy et Bailey, Robineau, von Pécha, comme dans l’expérience de Ribbert, donner naissance à des chordomes aux dépens des disques des régions dorsale et lombaire.

Il semble que, dans ces observations, un traumatisme a précédé l’apparition du chordome et, celui-ci, est le plus souvent développé dans l’intérieur du canal rachidien où il révèle sa présence par des effets compressifs sur la moelle ou les racines nerveusse. Dans ces cas, l’effet du traumatisme a été de déchirer la portion fibreuse du disque intervertébral et de provoquer une hernie du vestige chordal (:nucléus pulposus) à travers cette déchirure.

Schmorl a signalé la curieuse progression pathologique du nucléus qui rompt la barrière cartilagineuse placée entre lui et le tissu osseux vertébral et qui pénétrant dans la vertèbre s’y transforme en tissu conjonctif et s’y mêle aux processus inflammatoires. Tandis que le cartilage qui recouvre chaque surface vertébrale en rapport avec le noyau gélatineux, joue, vis-à-vis de ce tissu un rôle protecteur contre les infections de provenance somatique, ce même cartilage joue, vis-à-vis du tissu osseux de la vertèbre un rôle protecteur contre la pression du nucléus. Dans le mal de Pott, l’ostéomalacie, les scolioses, cyphoses, selon l’état de pression du nucléus contre les vertèbres ou ses degrés de calcification on verra évoluer des lésions vertébrales allant du simple écrasement à l’usure réciproque des deux vertèbres Pune contre l’autre (Calvé et Galland, Breton, Barsony, Polgas, Lasserre, Delahaÿe, Lyon, Rocher et Guérin, Mauric). Ce rôle pathogénique du nucléus mît en évidence son rôle mécanique.

Il faut considérer que le nucléus pulposus n’est pas un vestige inerte, c’est un élément actif. Il est la persistance d’un élément auquel Argaud et Clermont attribuent un rôle secrétoire. Ces auteurs, en effet, considèrent que la notochorde n’est pas une simple tigelle de soutien, mais qu’on doit la considérer, chez les mammifères, comme une glande éphémère très étirée sécrétant une substance albumino-calcaire qui amorce l’ossification vertébrale.

L’activité du nucléus se traduit par un rôle dans la physiologie articulaire. La position qu’affecte le

nucléus au centre du disque fibreux, dans l’intervalle des deux corps vertébraux, a amené Luschka à décrire, dans chaque articulation intervertébrale, une cavité centrale occupée justement par le nucléus, un revêtement hyalin sur chaque surface vertébrale, un ligament fibreux périphérique et à considérer cette articulation comme une diarthrose complète. Charpy a considéré l’articulation de chaque surface vertébrale avec le nucléus et a décrit l’ensemble de l’articulation intervertébrale comme une double énarthrose.

Si l’on considère l’état de la notochorde au cours de son évolution on comprend ce qu’il y a de juste dans ces descriptions : chez le fœtus, l’ossification du corps vertébral gagne de jour en jour, la notochorde a disparu du centre du corps vertébral, sur chaque surface supérieure et inférieure la vertèbre est constituée par une épaisse couche cartilagineuse. Entre les cartilages des deux vertèbres adjacentes, se dispose une masse demi-fluide qui s’écrase et se déplace sous l’influence des mouvements, elle est bridée sur la périphérie de l’interligne par des éléments ligamenteux, c’est la chorde dorsale.

Le processus d’ossification des vertèbres entraîne la diminution de hauteur des cartilages, l’apparition de plus épaisses lames de tissu fibreux dans l’espace intervertébral et la conservation au centre de cet espace d une masse fluide. Elle est très importante, très mobile chez le nouveau-né. Aux stades de 4 mois, 7 mois, 9 mois de vie intra-utérine, nous trouvons ces dispositions tout à fait caractéristiques.

Puis, au cours de l’existence se produit la régression du nucléus, elle est d’autant plus tardive que la colonne vertébrale est plus mobile (région lombaire) et d’autant plus précoce que s’effectuent des soudures intervertébrales (sacrum, coccyx).

Cependant il faut remarquer que dans cette dernière région la chorde persiste pendant un temps assez long à l’intérieur même des corps vertébraux. D’autre part, en étudiant le coccyx adulte, nous avons été frappés par la présence sur les surfaces articulaires d’une fossette cylindrique atteignant une profondeur de 1 à 5 mm. à surface laté-

raie taillée à pic. Son fond est arrondi et parfois marqué luimême en son centre par une dépression punctiforme.

Au cours de la synostose si fréquente des vertèbres coo cygiennes, ces surfaces peuvent être respectées par l’ossification. Dans d’autres cas, c’est à leur niveau que débute l’ossification.

Il semble bien que cette fossette soit due à la présence de noyau pulpeux de dimensions disproportionnés avec les corps vertébraux de cette région atrophiée.

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