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TECHNIQUE DE L’ENTÉROTOMIE SUR L’INTESTIN GRÊLE

Nous avons exposé dans la thèse de Géraud, le résultat de quelques recherches techniques destinées à préciser la variété d’incision et de suture qu’il convient d’adopter au cours d’une entérotomie, afin que le rétrécissement de la lumière soit réduit au minimum.

Nous comparons quatre techniques, la dernière étant celle que nous conseillons d’adopter.

I. — Incision longitudinale et suture en deux plans longitudinaux (technique classique). Cette technique donne un rétrécissement de l’intestin qui n’est pas très important, mais qui est étendu sur toute la longueur de l’incision.

IL — Incision longitudinale et suture en deux plans transversaux (Wortmann, Février). Il n’y a pas du tout de rétrécissement, mais les extrémités de la suture musculomuqueuse forment deux cornes qui, invaginées par la suture séreuse, font saillie dans la lumière de l’intestin. Elles ne paraissent pas devoir former un obstacle au transit en raison de l’élargissement obtenu par le plan musculomuqueux transversal. Contre cet inconvénient, d’ailleurs minime, Chaput conseille de faire une excision losangique

suivie de suture des bords contigus du losange, de manieié à réaliser une suture transversale. D’après Daraignez, cette suture est mauvaise, elle nécessite des tractions sur des tissus peu résistants et provoque parfois des déchirures.

III. — Incision longitudinale, suture musculo-muqueuse longitudinale et suture séreuse transversale. Le plan profond s’invagine et forme une valvule qui, au cours du transit vient s’appliquer contre la paroi intestinale. Il y a un rétrécissement semi-lunaire, mais il faut remarquer que cet état est passager : en effet, les lèvres de la suture profonde comprimées par le surjet sont vouées au sjahacèle, ce qui réduit l’épaisseur de la valvule intracavitaire. L’avantage de ce procédé est la brièveté du surjet séro-séreux, car l’enfouissement réduit la longueur des bords à affronter. Il est nécessaire de faire ce plan séreux strictement perpendiculaire à l’axe de l’intestin, afin de réduire au minimum sa longueur et surtout pour ne pas retomber dans les inconvénients de la suture longitudinale.

IV. — Incision transversale et suture en deux plans traversaux (Delagenière, Wilm, Mathieu, Daraignez). Le rétrécissement inévitable à cause de l’enfouissement par le plan séreux est en forme de valvule, mais moins marqué encore que dans la technique précédente et les mêmes remarques s’appliquent à son sujet. Ce rétrécissement est plus considérable en apparence que dans la suture longitudinale, après incision longitudinale puisque, si on examine la lumière de l’intestin, il y détermine une valvule au lieu d’un simple relief en un point. Mais ce qui compte pour régler le rétrécissement c’est la suture séreuse. Tout ce qui ■est enfoui est voué plus ou moins au sphacèle : le plan définitif est le plan séro-séreux. Dans la suture séreuse longitudinale, le rétrécissement séro-séreux est évident puisque les fils rapprochent deux points distants normalement de quelques millimètres et appartenant à une même ligne circonférientelle de l’intestin. De plus, ce rétrécissement est étendu sur une assez grande longueur. Dans la suture séreuse transversale, il n’y a pas de rétrécissement séro-séreux.

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