CHIRURGIE DU TUBE DIGESTIF ET DE SES GLANDES ANNEXES
La chirurgie abdominale à Vavant. — Paris Médical, 29 avril 1916.
Plusieurs chirurgiens de Tarrière s’étant élevés contre l’abstention systématique des chirurgiens de l’avant en face des plaies de l’abdomen reçues au moment d’une grande bataille, je montrai l’impossibilité où nous nous trouvions, à cette date, de nous occuper des blessés de l’abdomen ^ui représentaient à peu près le huitième de l’ensemble aux dépens des centaines de blessés urgents qui, lors d’une offensive, remplissaient en quelques instants l’ambulance : ceux qui saignent, ceux qui étouffent, les fractures compliquées aux fragments saillants et souillés, etc.
Je proposai le seul moyen (ce qui fut d’ailleurs adopté plus tard) de donner des soins à l’avant aux blessés de l’abdomen lors d’une grande attaque : créer des ambulance spécialisées, situées le plus près possible du front, ayant à leur tête des chirurgiens de carrière et leur adresser, par voitures automobiles, les blessés du ventre munis d’une fiche d’évacuation spéciale.
Présentation de pièce de sarcome de la langue. — Bulletin de la Société Anatomique, 18 avril 1902.
Sarcome de la base de la langue dont le volume considérable contrastait avec le peu de symptômes fonctionnels qu’avait présenté le malade.
Diagnostic et traitement des diverticules œsophagiens. En collaboration avec R. Bensaudi; et G. Guénaux. — Archives des Maladies de l’Appareil digestif et de la Nutrition, tome XII, 1922, n“ 3, pp. 145-204.
En collaboration avec R. Bensaude et G. Guénaux, nous avons étudié, avec observations personnelles à l’appui, le diagnostic et le traitement des diverticules œsophagiens dont il existe deux sortes bien différentes par leur siège anatomique, leur pathogénie, leur aspect clinique et leurs
L examen physique montre parfois une voussure cervicale de volume variable, dont la partie inférieure est mate et la partie supérieure sonore.
larynx au cours de la déglutition et à la pression on perçoit un véritable gargouillement (dû à la presence d’air et d’aliments dans le diverticule).
L’auscultation, après absorption d’eau, permet d’entendre un bruit de glou-glou.
l’une façon de manger spéciale (lentement sans parler),
du sérum glucosé, des lavements alimentaires et le quatrième jour on peut autoriser une alimentation liquide.
A la fin de cet article J’ai rapporté trois observations personnelles de diverticules pharyngo-œsophagiens opérés et guéris.
A propos des diverticules de Vœsophage. — Bulletins et Mémoires de la Société de Chirurgie, 28 février 1923, p. 320.
A la séance du 28 février 1923, nous avons apporté quatre nouvelles observations personnelles de diverticules pharyngo-œsophagiens. J’estime que l’indication opératoire ne se pose que le jour où les phénomènes fonctionnels apparaissent.
II y a des diverticules auxquels il ne faut pas toucher : ce sont ceux qui présentent une transformation cancéreuse. A part ces faits peu nombreux, les diverticules doivent être opérés pour trois raisons : la gêne, les étoulfements, le famélisme. Au point de vue technique, le seul traitement doit être l’extirpation avec suture immédiate de la paroi du conduit. Il est nécessaire de laisser un petit drain au voisinage et de ne pas réunir complètement la peau.
Sept cas de diverticule pharyngo-œsophagien. — Bulletins et Mémoires de la Société de Chirurgie, 28 février 1923, pp. 320 à 327.
Sept observations personnelles dont 2 cas non opérés : diverticule méconnu, non gênant, et diverticule cancérisé. Les indications opératoires sont toujours soit la gêne, soit des étouffements, soit le famélisme. L’extirpation est la méthode de choix. ■
Traitement par la sonde à demeure des fistules œsophagiennes consécutives à Vablation des diverticules. — Bulletins et Mémoires de la Société de Chirurgie, 17 octobre 1928.
Je rappelle dans cette communication que deux dangers menacent ces opérés : l’infection du tissu cellulaire et la fistulisation. Le premier est aisément évitable et je n’ai jamais observé de cellulite cervicale après ces interventions. Mais j’ai observé trois fois la fistulisation. La première guérit spontanément. Les deux autres (dont l’une apparue un an après l’intervention) se sont rapidement fermées par mise en place d’une sonde
signalé. .
4” Section du diaphragme depuis le col de la douzième côte jusqu’à l’orifice œsophagien.
5“ Mise à nu du segment cardio-œsophage. On voit ainsi plus de la moitié inférieure de l’œsophage, la face postérieure du cardia et de la grosse tubérosité qui sont rétro-péritonéales.
Je rapportai deux observations personnelles : l’une était une dilatation idiopathique de l’œsophage pour laquelle je fis une œsophago-cardioplastie
distendu; la bouillie opaque passe très lentement dans le duodénum qui se contracte violemment; celui-ci paraît dilaté.
Les clauses de l'occlusion chronique du duodénum sont multiples : néoplasmes sous-vatériens, sténoses cicatricielles, périduodénites adhésives chroniques, brides péritonéales, absence d’accolement péritonéal.
Le traitement dépend essentiellement de la cause :
Dans les occlusions de cause pariétale, il faut faire une anastomose;
Dans les occlusions par brides péritonéales, la section des brides est le plus souvent suffisante;
datation.
— Archives franco-belges de Chirurgie, 1925, n* 1, p. 41.
Cet article résume le traitement de l’occlusion chronique sousvatérienne du duodénum, traitement qui varie suivant la causé de l’occlusion duodénale.
Il s’agit, soit de supprimer l’obstacle, soit, lorsque c’est impossible (cicatrice sténosante, néoplasme duodénal), de dériver le cours des
Si l’occlusion est due à une bride péritonéale congénitale ou inflammatoire, il faut réséquer la bride et faire une greffe d’épiploon libre pour recouvrir la surface dénudée : on agira de même pour une compression par paquet ganglionnaire.
Dans d’autres cas, il suffit de déplacer l’obstacle, cause de l’occlusion : c’est ainsi qu’on pratiquera une néphropexie, une colopexie en équerre.
Si l’obstacle est inenlevable, une seule intervention est rationnelle : la duodéno-jéjunostomie, qui sera plus ou moins facile selon la disposition de la racine d’implantation du méso-côlon transverse.
Deux nouveaux cas de sténose sous-vatérienne du duodénum chez
Vaduîte. — Bulletins et Mémoires de la Société de Chirurgie, 2 février 1927.
sont assez fréquentes, sont toujours d’un diagnostic très délicat. C’est
lifîl
ductible. — Bulletins et Mémoires de la Société de Chirurgie, 19 novembre 1924, pp. 1026 à 1029.
tant depuis trois mois des crises gastriques très pénibles complid’hématémèses et de melæna. Ce malade était porteur d’une hernie o-scrotale gauche irréductible, mais souple et indolore, dont le U semblait épiploïque. A l’intervention, on constate une dilatation érable des première, deuxième et troisième portions du duodénum; l’épiploon forme une corde qui écrase la troisième portion; il se prolonge vers le bas et semble fixé dans’ la région inguinale.
La cure radicale de la hernie avec résection du contenu épiploïque et réduction du côlon transverse en partie prolaté, a amené la guérison complète.
Technique de la duodéno-jéjunostomie. — Journal de Chirurgie, t. XIX, mai 1922.
nodéno-jéjunal, le jéjui
Diverticule du duodénum (Anatomie pathologique et Traitei
Journées Médicales Tunisiennes, 2-5 avril 1926. — üei sienne des Sciences Médicales, avril 1926. — Paris Médic
J’ai rappelé quelques données anatomiques importantes po gnostic et le traitement du diverticule du duodénum. Celui-ci pei plusieurs points du duodénum, mais se localise surtout dans sa portion. Il peut être extra-péritonéal ou encore saillir dans séreuse. Les connexions qu’il peut avoir avec les vaisseaux a veineux, avec la glande pancréatique ou les voies biliaires rem plus délicats son diagnostic et son extirpation. Celle-ci est contr par les troubles hépatiques ou les accidents inflammatoires.
L’excision, qui est en l’espèce l’opération de choix, peut êtr L’invagination est parfois aussi indiquée et exceptionnellement être conduit à des interventions de dérivation.
Méga-duodénum. — Bulletins et Mémoires de la Société de 20 avril 1921.
s’agit
dilatation idiopathique du c
De nos recherches, nous avons tiré les conclusions suivantes :
V II existe une splénomégalie ou des splénomégalies mycosiques qui obligent à remanier les cadres de la nosographie splénique;
2“ Cette affection doit, jusqu’à plus ample informé, porter le nom de splénomégalie mycosique;
3“ C’est en France et en Algérie, la plus fréquente des splénomégalies chroniques primitives.
Weil,"p. Chevallier et P. Flandrin. — Le Sang, tome I, n" 6, 1927^
Ce mémoire est une mise au point de nos connaissances actuelles sur les mycoses spléniques.
Btiologie. — La splénomégalie mycosique semble être relativement fréquente dans les pays généralement épargnés par le paludisme, le kala-azar et le schistosomose. L’agent pathogène actuellement connu est l’Aspergillus dont on peut obtenir des cultures sur divers milieux. Cet Aspergillus semble être pathogène pour le lapin, sans que l’on ait pu encore reproduire expérimentalement une splénomégalie aspergillaire.
Anatomie pathologique. — L’aspect macroscopique de la rate rappelle par son grand volume celui des rates leucomiques; uniformément ferme et lisse elle présente une lésion spéciale : les grains tabac, disséminés dans la pulpe. Les vaisseaux spléniques atteignent des dimensions considérables.
Au point de vue microscopique, la rate présente une lésion essentielle: le nodule mycosique et des réactions secondaires qui sont des réactions inflammatoires banales. Le nodule mycosique est au point de vue histologique aussi caractéristique que le tubercule dû au bacille de Koch. L’infiltration pigmentaire est également un phénomène constant et caractéristique (nodule sidérosique de Gandy-Gamna).
Le foie présente des lésions plus ou moins marquées de cirrhose sans aucune lésion mycosique spécifique.
Les ganglions du hile de la rate sont hypertrophiés et enflammés.
Cliniquement. — Un symptôme fondamental : la splénomégalie. La rate est énorme, uniformément dure et lisse. L’absence de ganglions, les hémorragies (surtout gastro-intestinales avec ou sans syndrome hémophilo-hémogénique), l’anémie, l’ictère, l’ascite, sont des signes importants complétés accessoirement par des crises douloureuses abdominales avec
plus fréquentes), les formes fébriles, les formes avec hémorragies multiples, les formes ascitiques et hydropiques, les formes ictériques, les formes mélanodermiques, les formes douloureuses, les formes anémiques.
Plus rares sont les formes avec cyanose et les splénomégàlies mycosiques de i’enfance.
Enfin nous avons pu noter l’existence de splénomégàlies aspergillaires accompagnées de lésions de même nature aspergiiiaire et atteignant d’autres organes que ia rate, ie foie et le territoire de la veine porte. Ces faits sont d’une importance capitale, car ils jettent un pont entre les splénomégàlies aspergiliaires et les aspergilloses primitives, sans splénomégalie, des autres organes fermés. Le diagnostic des splénomégàlies aspergiliaires peut être posé avec de grandes probabilités sur l’ensemble clinique et i’examen hématologique (sans que i’aspergiiiaire ait un syndrome hématoiogique spécifique). Mais ia certitude ne peut encore être donnée que par la concordance de plusieurs épreuves de laboratoire et surtout par la constatation in situ du champignon.
Le traitement sera souvent d’abord symptomatique; ii est en particulier indispensable de combattre l’anémie par des transfusions de sang.
Le traitement causal exclusivement médical semble pouvoir arrêter
personnelles et 13 de Nanta et de ses collaborateurs), sans chercher à préciser la pathogénie des splénomégalies mycosiques, nous en avons
latence dans l’évolution, importance des hémorragies à l’occasion desquelles
Nous avons cherché à dégager quelques formes cliniques; on peut
r Des splénomégalies avec ictère hémolytique, troubles digestifs, — hématémèse ou melœna — c’est la forme la plus fréquente. Correspondant à des poussées infectieuses de la mycose, ces hémorragies constituent une véritable indication opératoire;
2" Des splénomégalies pures;
3“ Des splénomégalies avec ictère hémolyptique, troubles digestifs, anémie intense avec ou sans syndrome hémorragique;
4” Des splénomégalies avec anémie et myélémie, parfois présence d’hématies nuclées de type normoblastique;
5" Des splénomégalies avec polyglobulie;
6" Des splénomégalies avec ascite.
L’infection mycosique de la rate semble présenter toujours une évolution lente avec complications terminales (hémorragies, complications hépatiques, cardio-pulmonaires).
Le diagnostic doit se faire de façon précoce car le traitement chirurgical — la splénectomie — ne donne de guérison définitive que tant que l’infection est purement splénique.
Anatomie pathologique de la splénomégalie mycosique. En collaboration avec P.-ÉMiLE Weil et Flandrin. — Annales d’Anatomie pathologique, tome IV, n" 6, juin 1927.
Dans ce travail, nous avons étudié l’anatomie macroscopique et microscopique de sept rates, dont six provenaient de pièces opératoires. Macroscopiquement, ces rates ayant subi une hypertrophie homéo-
Dans les deux cas, les lésions des jambes ont précédé d’une dizaine d’années les premières manifestations hémorragiques et la découverte de l’hypertrophie splénique.
Les gastrorragies de la splénomégalie. En collaboration avec P.-Émile Weil. — Archives des Maladies de l’Appareil digestif, tome XVIÏI, n" 6, juin 1928.
Avec P.-Emile Weil, nous avons étudié cinq observations de gastrorragies splénomégaliques. Nous avons voulu attirer l’attention sur les caractères particuliers de ces gastrorragies : d’une part, la soudaineté de leur apparition; d’autre part, l’abondance effrayante de la perte sanguine, la mort pouvant être la terminaison de ces hémorragies gastro-intestinales.
Leur diagnostic est difficile, et dans l’immense majorité des cas on porte le diagnostic d’hémorragie par ulcération d’un gros vaisseau de la paroi gastrique.
Il faut bien se garder de porter un diagnostic hâtif et se rappeler toujours que l’on n’a le droit de parler d’hémorragie par ulcère gastrique latent que du moment où l’on a pu constater l’état normal du volume
Des gastrorragies au cours des splénomégalies chroniques primitives.
En mai 1927 une splénectomie a été pratiquée par nous pour un cas de purpura hémorragique chronique récidivant chez une malade présentant le syndrome hémophilie-hémogénie et chez laquelle tous les traitements des états hémorragiques avaient été successivement et en vain essayés. La splénectomie a eu des résultats intéressants : l’aspect clinique s’est maintenu excellent depuis plus d’un an, sans aucune hémorragie viscérale. Mais néanmoins il faut-signaler la répétition des hémorragies cutanées.