‹ Titres et travaux scientifiquesChapitre 14 sur 25 · RESPONSABILITÉ MÉDICALE · texte numérisé non relu

RESPONSABILITÉ MÉDICALE

Une femme de 40 ans aurait avalé un petit morceau d’os de poulet. Quatre jours après une radiographie est faite, qui ne décèle pas la présence du corps étranger. Dix jours après l’ingestion de l’os, le médecin qui examine à l’hôpital passe sans difficulté une sonde dans l’œsophage. La malade ne manifesta rien d’anormal.

Mais le même jour, elle fut obligée de se coucher; dans la nuit l’état s’aggrave ; le lendemain elle est transportée à l’hôpital où elle meurt, 48 heures après le sondage et 12 jours après l’absorption de l’os de poulet.

La famille demanda l’autopsie, estimant que le médecin qui avait pratiqué le sondage était responsable de la mort.

Or, l’autopsie montra des lésions considérables : double pleurésie gangréneuse, péricardite purulente, du pus dans le médiastin fusant jusque dans l’abdomen par l’orifice œsophagien du diaphragme, et atteignant la rate.

J’ai pensé qu’il était vraiment anormal qu’une sonde du modèle de celles qu’on emploie pour les sondages de l’estomac puisse perforer un œsophage sans que la malade manifeste violemment et éprouve au moins une vive douleur. Or, en disséquant le cou, on voyait que l’œsophage avait une perforation siégeant 'au-dessous du larynx, d’aspect gangréneux, paraissant être déjà ancienne. Cet orifice communiquait en arrière avec une poche purulente qui se continuait par le décollement que nous avons signalé.

J’ai conclu que la perforation remontait à plusieurs jours et n’avait pas été influencée par l’examen médical pratiqué 48 heures avant la mort, et paraissait bien être la conséquence de l’absorption de l’os 10 jours avant.

Il me paraît possible que le morceau d’os ait piqué l’œsophage, entraînant une toute petite perforation, puis qu’il ait continué sa progression dans le tube digestif, tandis que la perforation s’élargissait progressivement par destruction gangréneuse et que l’infection se généralisait.

Il se serait produit dans ce cas quelque chose d’analogue à ce que l’on voit dans les perforations criminelles de l’utérus : la gangrène enlevant complètement au blessures utérines leur aspect primitif.

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