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BACTÉRIOLOGIE APPLIQUÉE A L’HYGIÈNE HYGIÈNE ET PROPHYLAXIE

Influence exercée par les variations de la nappe d’eau souterraine sur la vitalité du bacille typhique dans le sol. G. X. du Congrès international d’hygiène et de démographie, tenu à Paris en 1889, p. 495.

Ces expériences, faites en collaboration avec M. le D'Mosny et publiées au Congrès d’hygiène tenu à Paris en 1889, avaient pour but de répéter la première expérience de M. le professeur Grancher et de M. le D' Deschamps, et de contrôler la profondeur à laquelle on retrouve le bacille typhique dans un cylindre mélallique rempli de terre, après l’épandage à la surface de cette terre, d’une culture pure de ce bacille.

Nous nous proposions également de rechercher par l’expérimentation si la théorie de Pettenkofer (influence des oscillations de la nappe d’eau souterraine sur l’éclosion des épidémies de fièvre typhoïde) ne pouvait s’accorder avec la théorie hydrique. Il s’agissait pour cela d’étudier expérimentalement l’influence que pouvait avoir l’oscillation de la nappe d’eau souterraine sur le transport du bacille typhique à travers le sol.

Nous avons, pour eette expérience, imaginé un appareil qui se composait de deux tubes cylindriques reliés à leur partie inférieure par un tube de caoutchouc.

L’un de ces cylindres, fixe, contenait de la terre dont la surface était arrosée avec des cultures du bacille typhique. De 45 en 15 centimètres des trous percés dans ce cylindre permettaient de faire des prélèvements de terre pour la recherche du bacille typhique, à diverses profondeurs.

L’autre cylindre, mobile, était rempli d’eau; nous pouvions, en l’élevant ou l'abaissant, faire varier la hauteur de l’eau et amener son niveau à des distances variables et déterminées de la surface de la terre dans le premier cylindre.

Nous avons, dans une première série d’expériences, contrôlé les recherches de MM. Grancher et Deschamps, sans faire aucunement intervenir la nappe d’eau, et nous sommes arrivés aux conclusions sui-

Le bacille typhique pénètre jusqu’à 60 centimètres de la surface du sol, dans les conditions où nous nous sommes placés : terre végétale non tassée ; arrosage continu pendant dix jours, à la température de + 22 °.

MM. Grancher et Deschamps avaient constaté dans leurs expériences que le bacille typhique ne pénétrait qu'à 40 ou 80 centimètres de profondeur, cinq semaines après l’ensemencement. Cette légère variation dans nos résultats tient sans doute à une différence dans la nature des terres employées.

Dans une seconde série d’expériences, nous avons fait arriver la nappe d’eau dans le cylindre fixe, rempli de terre, jusqu’à 86 centimètres de la surface du sol.

La nappe d’eau est restée à ce niveau pendant cinq jours. Au bout de ce temps, nous avons fait baisser progressivement en vingt-quatre heures le niveau de la nappe d’eau souterraine de 85 centimètres en l’amenant, par conséquent, à HO centimètres au-dessous de la surface

Cette série d'expériences nous a donné des résultats assez inattendus; elle nous a permis de constater que la nappe d’eau, en descendant, n’avait entraîné aucun bacille typhique vivant, et nous avons cru pouvoir attribuer ce fait à la concurrence vitale des espèces microbiennes saprophytiques si nombreuses au voisinage de la surface du sol.

La condition nécessaire et suffisante pour que le bacille typhique soit entraîné vivant par l’eau mise en contact avec la terre qui le renferme, est que le contact de l’eau et des bacilles ne se prolonge pas au delà de deux à trois jours.

En effet, le bacille typhique disparaît de la terre végétale en moins de trois jours quand la nappe d’eau souterraine arrive au contact de ce bacille après avoir traversé progressivement les couches inférieures et qu’elle séjourne deux à trois jours à 80 centimètres de la surface.

De là, cette conclusion pratique que les conditions de vitalité du bacille typhique ont un rapport immédiat et direct, avec la nature des

terrains sur lesquels on le déverse, ainsi qu’avec le contact et l’éloignement de la nappe d’eau souterraine.

Par suite, l’emploi de la terre végétale, de l’humus riche en saprophytes, semblerait dès lors préférable au sable ou à toute autre matière épuratrice filtrante, en ce qui concerne la prophylaxie de la fièvre typhoïde.

Sur la présence de microbes pathogènes à la surface des feuilles et des tiges des végétaux qui se sont développés dans un sol arrosé avec de l’eau contenant ces microorganismes (en collaboration avec M. Bourbes). Archives de Médecine expérimentale, 1901.

On savait depuis longtemps que les végétaux, consommés à l’état cru, pouvaient propager des infections spécifiques, contractées à la suite de leur ingestion ; c’est ainsi qu’on expliquait la genèse de certains cas ou de certaines épidémies de fièvre typhoïde, de choléra et de dysenterie. 11 faut, à la vérité, distinguer entre l’action favorisante que déterminent les troubles digestifs que provoque les ingestions de ces aliments, surtout s’ils sont ingérés de façon immodérée, comme pour les fruits,, par exemple. En dehors de cette cause adjuvante, la présence de microbes pathogènes à la surface de légumes ou de fruits livrés à la consommation a été constatée à différentes reprises et d’une façon indéniable, épidémies de fièvre typhoïde de Bayonne (1897), de Weingarten (1899).

Dans une première série d’expériences, nous avons ensemencé des pots remplis de terre avec des graines de légume (cresson, laitue, radis). Puis la terre était arrosée avec de l’eau contenant des germes pathogènes (charbon, fièvre typhoïde, tuberculose) provenant de cultures sur milieux solides (pomme de terre, gélose). Quand les graines avaient poussé et que les plantes avaient atteint un certain développement, on prélevait les extrémités des feuilles et on les ensemençait. C’est ainsi que les bacilles typhiques et la bactéridie charbonneuse furent retrouvés dans chaque cas. Le bacille tuberculeux, par inoculation au cobaye, fut décelé dix-huit fois sur trente. Ainsi les tiges des végétaux entraînaient hors du sol et jusque sur les feuilles les germes que l’eau d’arrosage avait déposé à la surface

Dans une deuxième série d’expériences, nous avons enfoui profondément dans le sol des graines et des tubercules dont la surface était préalablement souillée par des cultures microbiennes. Nous avons ainsi constaté une véritable exhumation des germes. De même que dans les expériences précédentes, l'ensemencement des fragments de tiges et de feuilles qui poussèrent démontra que l’issue des plantes hors de terre avait entraîné le long des tiges les bactéries dont on s’était servi pour chaque expérience. Ces expériences reprises par Clauditz, dans VHygienische Rundschau en 1904, et par Manara, ont donné les mêmes résultats. Manara retrouva les microbes dans l’intérieur des tiges. Clauditz, comme nous, ne les rencontra qu’à la surface extérieure des tiges et des feuilles.

Ainsi il est démontré, de façon certaine, que les plantes peuvent exhumer et véhiculer les bactéries du sol. On le savait déjà pour le tétanos dont l’habitat naturel est la terre.

S’il faut faire une large part à l’action bactéricide de la lumière solaire (nous avons constaté en effet que les cultures de charbon isolées des sommets des tiges de pommes de terre avaient perdu toute vira-, lence) il n’en reste pas moins constant qu’il peut se produire par ce moyen des infections d’ordre varié.

Au point de vue pratique, nos expériences ont démontré une fois de plus que l’ingestion de légumes crus arrosés par les eaux d’égout est extrêmement dangereuse.

Bien que, dans les champs d’épandage, les. eaux d’égout ne soient pas (théoriquement du moins) répandues en nappe , à la surface des terres

cultivées, mais les baignent en s’écoulant le long des rigoles d’irrigation, on a pensé qu’il y avait lieu de mettre en suspicion les végétaux qui doivent se consommer à l’état cru et d’en interdire la culture dans les champs d’épandage, car ces légumes peuvent être contaminés par les matières , fécales du tout à l’égout, qui contiennent souvent des microbes pathogènes pour l’homme.

Aussi, dans sa séance du 24 mars 1902, le Conseil supérieur d’Hygiène de France a-t-il prohibé la culture dans les champs d’épandage de légumes ou de fruits poussant à ras de terre et destinés à être consommés crus : salades, radis, céleris, céleris-raves, oignons, aulx, concombres, fraises.

Il faut remarquer d’ailleurs que, dans ces champs d’épandage où la terre est à son maximum de souillure, le simple fait d’une grosse pluie très abondante faisant jaillir de la boue sur les plantes suffit à les rendre dangereuses.

Enfin, nos expériences nous semblent pouvoir jeter quelque lumière sur .des réveils d’épidémies survenant dans des endroits où avaient été enfouis, plus ou moins profondément, des cadavres atteints de maladies infectieuses.

En dehors des lombrics, dont le rôle a été si admirablement mis en évidence, pour l’exhumation des spores charbonneuses, par Pasteur, en dehors de la faune des cadavres, il nous semble que la végétation peut remettre, pour ainsi dire, en circulation, des agents nocifs dont on pensait s’être mis à l'abri par l’enfouissement. C’est une véritable exhumation de germes faite par les plantes.

Pour la fièvre jaune, en particulier, sous les tropiques, où la végétation est si rapide et si exubérante que les plantes, dans certaines conditions, poussent à vue d’œil, on pourrait trouver là une explication de certains réveils d’épidémie et de cas se produisant dans des campements, là où l’on avait enseveli, longtemps auparavant, des malades atteints de fièvre jaune.

Le germe infectieux pourrait être ainsi ramené à la surface du sol en quelques heures. Aussi, les mesures prophylactiques employées actuellement (stérilisation par incinération ou enfouissement dans la chaux vive) ne s’en imposent-elles que davantage.

Note au sujet des précautions édictées pour la manipulation du linge sale dans le blanchissage du linge (en

collaboration avec M. L. Tanon). — Revue d’Hygüm et de Police sanitaire. Juillet 1905.

Pour vérifier à quel moment le linge, infecté et non stérilisé avant d’être livré au blanchissagfe, cesse d’être dangereux au fur et à mesure qu’il subit les différentes opérations du blanchissage, nous avons soumis un certain nombre de microbes pathogènes à l’action des lessives alcalines employées dans le blanchissage, en utilisant deux dispositifs différents : le procédé des sacs de sable et celui des linges imbibés d’albumine ensemencés avec différentes cultures.

Ces expériences ont amplement démontré que les opérations du blanchissage stérilisent le linge, à l’exception des linges de couleur, pour lesquels la température ne doit jamais dépasser 35 degrés, une température plus élevée faisant détendre la toile et le coton.

Toutefois, l’opération du repassage, même pour les linges de couleur, contribue à stériliser les linges qui pourraient être encore souillés. En tous cas, s’il n’y a pas désinfection complète, il y a certainement atté-

Hygiène publique et privée en Abyssinie.

Sem. Médicale; 7 déc. 1892.

Introduction du vaccin jennerien en Abyssinie Lors de la mission qui m’a été confiée en 1897 pour étudier la peste bovine en Abyssinie, j’ai eu la bonne fortune d’introduire le premier le vaccin jennerien en Ethiopie. Avant mon arrivée à Addis-Ababa, capitale de l’Abyssinie, personne ne connaissait, si ce n’est d.e nom, le vaccin jennerien, et quelques Européens, faute de mieux, employaient le procédé barbare de la variolisation. Mgr Taurin, missionnaire apostolique à Harrar, m’a dit l’avoir utilisé plusieurs milliers de fois, aussi bien dans l’Ougaden qu’en Abyssinie, et n’avoir jamais eu un seul décès. M. Ilg, avant l’arrivée de médecins européens, a variolisé 114 sujets dont 1 seul a eu une éruption un peu confluente, les autres à peine quelques' boutons; Il attribue cette série de succès à ce qu’il employait à titre de virus, non pas la croûte de variole, comme le font, les médecins abyssins, mais

le produit de grattage de la papule au moment où elle devient pustule et où elle se ramollit. Les vaccinateurs abyssins procèdent de la façon suivante : & la face antérieure du poignet, ils pratiquent deux incisions parallèles de 1 centimètre de long, suivant l’axe de l’avant-bras, avec un canif, et introduisent dans la plaie un fragment de croûte ou, plus souvent, du pus prélevé sur une pustule. Il y a de nombreux accidents. J’en ai observé moi-même durant mon séjour, et en voici un des plus typiques : un riche Abyssin, Atto Senna, avait comme domestiques 8 jeunes filles gallas, qu’il refusa de faire vacciner, par le cow-pox, pendant mon passage dans la localité. Il les fit varioliser et toutes les

Les échecs éprouvés au sujet de la vaccination, par tous les médecins

inoculée. La seconde génisse donna un grand nombre de pustules, à évolution plus tardive qu’en France. Au bout d’un certain nombre de passages, je fus en mesure, non seulement de vacciner les personnes qui se présentaient, mais encore de donner au roi de nombreux tubes de vaccin pour les envoyer dans ses provinces. J’estime lui en avoir porté de quoi vacciner 280.000 personnes. Les vaccinateurs étaient des Abyssins que j’avais dressés moi-même, et auxquels je délivrais des stylovaccins, plumes tranchantes avec lesquelles ils vaccinaient.

L’empressement des populations, des grands aussi bien que des petits,

lbert Fenski, dans son déplacement à environ qui l’attendaient depuis trois pensant qu’à son retour ils pour-

iment la provision de vaccin était

générale des succès et des insuccès n’a pu être faite, on le conçoit aisément, sauf pour les nouveau-nés et les enfants, où le 100 0/0 était presque toujours la règle.

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