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LES BRONCHO-PNEUMONIES DE L’ENFANT

Étude comparative de quelques cas.

La sénilité constitue-t-elle un état indispensable ou seulement favorable à l’éclosion de broncho-pneumonies suivant le processus que nous venons de mettre en valeur?

Ces broncho-pneumonies séniles sont-elles différentes des

broncho-pneumonies des autres âges, de l’adulte et de l’enfant?

Nous ne parlerons ici que de celles de l’enfant, ce sont les seuls documents que nous ayons eu à notre disposition parmi les pièces apportées au Laboratoire d’anatomie pathologique. Mais nous n’avons pas la prétention d’apporter une étude comparable à celle que nous avons faite pour le vieillard, car nous n’avons disposé que de 5 observations d’enfants morts de broncho-pneumonie. Ces faits n’auront donc qu’une valeur comparative, et il n’est pas dans notre intention de généraliser à toutes les broncho-pneumonies d’enfants les faits que nous aurons pu constater sur quelques exemples.

Nous insisterons tout d’abord sur l’aspect macroscopique des lésions pulmonaires constatées à l’autopsie d’enfants morts de broncho-pneumonie. Lésions corticales, lobulaires, fréquemment triangulaires à base pleurale, de coloration rouge noirâtre , hémorragique et coexistence d’infarctus indiscutables.

Nous rappellerons ensuite nos constatations histologiques à l’examen des artères. Les 5 cas que nous avons étudiés se divisent à ce point de vue en trois groupes ; dans le premier nous avons rencontré des thromboses artérielles dans des vaisseaux apparemment normaux; dans le deuxième nous avons constaté l'organisation d’un thrombus dans une artère déjà altérée par le voisinage d’adénopathie tuberculeuse. Enfin dans le troisième groupe nous n’avons pas retrouvé de caillots, mais bien un système artériel profondément altéré par une sclérose intense. Celle-ci, qui rappelle certaines scléroses pulmonaires de vieillards, doit vraisemblablement ressortir chez des nourissons aussi jeunes à l’hérédo-syphilis. Dans chaque cas, la systématisation des foyers broncho-pneumoniques permet dépenser qu’il existe une relation de cause à effet entre les lésions artérielles et parenchymateuses.

Le système vasculaire apparaît donc dans ces quelques broncho-pneumonies d’enfants, comme dans celle de vieillards, d’une importance primordiale, et nous sommes frappés à juste titre de ce que les 5 observations, que nous avons pu étudier, nous permettent toutes de.rattacher la broncho-pneumonie au processus infarctoïde que nous avons déjà mis en lumière.

L oblitération artérielle par thrombose au cours d’une infection générale et l’apparition d’infarctus s’expliquent aisément. Mais à côté de cette obstruction vasculaire totale aiguë, nous

apparaissent des lésions artérielles plus lentes, moins complétés, mais cependant capables de déterminer l’éclosion de la bronchopneumonie. L’étude de nos observations nous autorise à penser que la sclérose artérielle, lorsqu’elle atteint l’importance que nous avons constatée parfois crée, au niveau du poumon, par le trouble circulatoire qui en résulte, le lieu de moindre résistance où les localisations infectieuses seront particulièrement

fréquentes. , .

Nous ne voulons pas, encore une fois, généraliser a toutes les broncho-pneumonies d’enfants le mécanisme infarctoïde que nous avons pu mettre en valeur. Le nombre de nos observations est trop restreint; nous soulignerons cependant que les faits rapportés ci-dessus apportent à notre conception pathogénique un argument d’une certaine importance. Ce n’est pas l’age du sujet qui constitue une prédisposition à la broncho-pneumonie, et les statistiques qui prennent uniquement l’époque de la vie pour base nous paraissent sous la dépendance d’elements par trop variables. Tandis que l’état anatomique du système artériel est un facteur stable, et nous comprendrons pourquoi un enfant succombe à une broncho-pneumonie identique à celle d un vieillard artério-scléreux.

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