‹ Titres et travaux scientifiques. Supplément 1929Chapitre 4 sur 9 · ÉTUDE STATISTIQUE DU CANCER · texte numérisé non relu

ÉTUDE STATISTIQUE DU CANCER

I. Nouveaux documents statistiques de cancers chez le vieillard. En collaboration avec R. Leroux et E. Vermès. Bulletin de VAssociation française pour Vétude du cancer, t. XVI, n® 1, janvier 1927.

II. Les causes de la mort chez les cancéreux. A propos de 150 autopsies faites au Centre anticancéreux de la banlieue parisienne (1922-1926). En collaboration avec R. Leroux et B. Vermès. Bulletin de VAssociation française pour Vétude du cancer, t. XVI, n^ 3, mars 1927.

III. La fréquence du cancer d’après les récentes statistiques de mortalité. En collaboration avec A, Héraux. Annales de Médecine, ' t. XXIV, no 4, novembre 1928.

Statistiques de cancers chez le vieillard. — Les documents statistiques que nous présentons aujourd'hui, font suite à ceux publiés par nous en 1922,

Ils portent, cette fois-ci, sur un total de 1 000 autopsies de vieillards, c’est-àdire de sujets âgés de soixante-cinq ans ou davantage.

Ils ont été recueillis dans l’espace de six ans, de 1919 à 1925, à l’Hospice Paul- Brousse, à Villejuif, hospice de vieillards comportant une population vivante et constante de 1 300 administrés. Ajoutons que ces documents sont basés sur un examen anatomique complet, toutes les autopsies étant suivies d’un examen histologique systématique de tous les organes.

Notre statistique apporte une nouvelle documentation sur la fréquence du cancer chez les vieillards, ainsi que sur les causes de mortalité par cancer en général.

classiques et en infirmer certaines autres.

chez la femme que chez l’homme; le pourcentf^e de mortalité est en effet le même pour les deux sexes. On sait que chez l’adulte, au contraire, toutes les statistiques mettent en évidence la plus grande fréquence du cancer chez la femme.

port aux cancers épithéliaux. Nous n’avons relevé, en effet, qu’un seul cas de

sarcome', et encore s’agissait-il d’une tumeur prélevée dans de mauvaises conditions de fixation et dont la distinction, entre un sarcome du poumon et un épithélioma très atypique, était très difficile à faire. Nous conservons ici l’étiquette de sarcome parce qu’elle figure dans notre première note de 1922, mais nous serions plutôt tentés de placer aujourd’hui cette tumeur dans le cadre des cancers épithéliaux.

D’autres données méritent d’être soulignées. Elles ont trait à la fréquence globale du cancer chez le vieillard et au rôle joué par les infections intercurrentes dans la mort chez les cancéreux.

Trop souvent encore on persiste à dire que le cancer est d’autant plus fréquent que râge est plus avancé, oubliant ainsi de proportionner sa fréquence au nombre de la population vivante qui diminue rapidement à partir de soixante ans.

Or, dans notre statistique, la proportion de cancer vérifié à l’autopsie et contrôlé à l’exàmen microscopique, est extrêmement faible à partir de soixante ans, pùisqii’elie n’est que de 7,7 p. 100 sur 1000 autopsies.

Quant aux causes de la mort chez les cancéreux, les chiffres montrent que le cancer est rarement la seule cause de la mort, par cachexie (24 fois sur 77), alors qu’au contraire ce sont le plus souvent des affections surajoutées (6 fois) ou intercurrentes (47 fois) qui tuent des malades atteints de cancer.

Ces données enlèvent de la valeur à la soi-disant intoxication générale de l’organisme par le cancer, à laquelle, durant un temps, on attachait tant d impor-

Les causes de la mort chez les CANCEREUX. — La question de la mort dans le cancer comporte de multiples inconnues dont plusieurs touchent au problème biologique du cancer.

Pour les uns, le cancer tue par lui-même, par intoxication générale, par ce qu’on est convenu d’appeler « cachexie cancéreuse » ; c’est là une opinion qui fut longtemps classique.

Pour d’autres, il tue surtout par ses complications, par les troubles fonctionnels du mécaniques qu’il provoque au niveau des organes essentiels; c’est l’opinion qui tend à se faire jour à l’heure actuelle.

Dans le but d’apporter une contribution à cette question, nous avons colligé les documents que nous avons pu recueillir au cours d’autopsies pratiquées dans un service spécial du cancer, c’est-à-dire au Centre anticancéreux de la Banlieue fansienne, depuis 1922 jusqu’à 1926 inclusivement.

Si notre matériel d’autopsie est relativement faible et ne porte que sur 150 cas, cela tient à l’organisation actuelle des Centres anticancéreux en France; ceux-ci sont surtout des services de consultation et de traitement externe, et ne comportent

Néanmoins, m permettre d’en fa

reconnaissant qu’il est plus ou mo:

telle ou telle lésion constatée à Tau Ces réserves fa

10 Nous avons considéré comn

18 adopté les principes suivants, tout en raire de rendre responsable de la mort, artout lorsque ces lésions sont multiples, vons procédé :

une complication, nous avons considéré les lésions cancéreuses comme suffisamment importantes par leur développement et par leur étendue pour pouvoir en inférer qu’elles ont été la cause de la mort, sans qu’il soit possible, bien entendu, d’en expliquer le mécanisme. Dans cette catégorie rentrent Jes cas d’extension îentiel de v« ' ‘

ît parfois du cœur, — sous l’appellation dans notre pensée d’interpréter celle-ci .comme étant j par les lésions néoplasiques, m diagramme, les chiffres globaux des différentes car autopsies de cancéreux.

Dans le tableaxi suivant, B, nous avons établi une courbe de pourcentage pot les deux catégories qui comprennent le plus grand nombre de cas (broncho-pnev

en raison du petit nombre de cas observés dans leur limite extrême.

On voit que la iréquence de mortalité par cancer décroît avec l’âge, tand qu’au contraire la mortalité par broncho-pneumonie augmente au fur et à mesui

On peut encore pousser davantage la discrimination des causes de la mort suivant l’âge, en tenant compte du siège du cancer primitif, et l’on obtient ainsi des

quels nous nous garderons de tirer encore aucune déduction définitive, en raison du petit nombre de nos observations.

Dès maintenant, notre statistique montre que si les cancéreux meurent souvent de complications, il existe néanmoins des cas dans lesquels le cancer paraît être, sinon la seule, du moins la principale cause de mortalité.

cancer, parfois même peu volumineux, provoque la mort du sujet qui en est porteur-

La fréquence du cancer. — Les chiffres de la mortalité cancéreuse prouvent que le cancer est une maladie plus fréquente qu’on ne le croyait jusqu’ici. Toutes les statistiques de ces dernières années accusent, en effet, une augmentation du nombre des décès par cancer, les chiffres étant pris dans leur valeur absolue.

sans resiaft froissant des méthodes d’investigation médicale permet de découvrir des cancers qui autrefois passaient inaperçus, aussi, dans toutes les statistiques modernes, l’augmentation de leur nombre porte-t-il surtout sur les cancers internes, cachés. I.e nombre des cancers externes faciles à diagnostiquer, comme ceux de la peau, des lèvres, de la langue, du col de l’utérus, restant stationnaire ou allant

A cette première cause d’erreur il faut en ajouter d’autres. Le cancer apparaissant surtout à l’âge mûr et à la première vieillesse, l’accroissement de la mortalité et de la morbidité cancéreuses pourrait s’expliquer, en partie du moins, par l’augmentation de la longévité générale, due aux progrès des conditions hygiéniques et sociales des pays civilisés. D’autre part, l’amélioration des enquêtes statistiques, les recherches plus, minutieuses sur les causes de mort ont conti^ibué

être plus apparente que réelle.

Malgré ses défauts, la méthode des statistiques, à condition de l’utiliser à bon

mette d’apprécier la fréquence des maladies en général, et celle du cancer en particulier.

La plupart des pays possèdent, à l’heure actuelle, des services spéciaux de statistiques officiels, plus ou moins bien organisés : services d’état, de département,

d’assurance publiques ou des compagnies d’assurance privées.

Dans ces dernières années la Commission du cancer de l’Organisation d’hygiène de la Société des Nations a poursuivi une série d’enquêtes dans les différents paj^

d'importantes questions, telles que la fréquence de la mortalité ou de la morbidité, les prédispositions de siège et de localisation du cancer, d’âge et de sexe, et ces renseignements deviendront d’autant plus précis que s’amélioreront les méthodes statis-

A propos de la réaction de Botelho dans le diagnostic du cancer. En collaboration avec Ed. Peyre. Bulletin de VAssociation française pœir Vétude du cancer,

A différentes reprises, j’ai étudié la réaction proposée par Botelho pour le diagnostic du cancer.

Dans une première série de recherches, nous avons procédé à l’étude de 58 sérums de malades. Parmi ceux-ci, 42 étaient atteints de cancer de localisation et de forme différentes, mais tous confirmés par l’examen histologique.

13 malades atteints d’affections les plus diverses, mais non cancéreuses, et chez lesquels la réaction de Wassermann était tantôt positive, tantôt négative. Enfin la réaction de Botelho pratiquée également dans 3 cas de lymphogranu-

Dans une deitxième série de recherches nous avons utilisé les modifications de technique proposées par M. Botelho, en vue d’éviter les causes d’erreur provenant de la variabilité de la quantité d’albunïïne contenue dans les différents sérums

néopla-

La réaction proposée par Botelho pour le diagnostic du cancer n'a donc pas de caractère spécifique. Elle ne peut donc pas être un moyen utile de diagnostic, surtout au début, puisqu’elle fait souvent défaut dans les cancers les plus évidents et les plus généralisés. Or, c’est justement dans les premiers stades de l’évolution des cancers que les méthodes sérologiques devraient pouvoir être utilisées.

Mais, si la valeur pratique de la réaction proposée par M. Botelho semble très discutable, il n’en est pas moins vrai qu’elle offre un intérêt réel, du point de vue doctrinal.

lement amené à la mettre en parallèle avec la teneur en albumine des sérums examinés et à supposer qu’elle dépend des modifications qualitatives et quantitatives des protéiques sanguins.

Et, comme l’on sait d’une part que le rapport globuline-sérine est souvent inversé chez les cancéreux (Loeper et ses collaborateurs), et d’autre part, que l’indice de réfraction du sérum est souvent augmenté chez les cancéreux (Peyre et Sannié), il est logique de penser que la réaction obtenue par la technique de Botelho correspond à la précipitation des matières protéiques de certains sérums, par suite d’un bouleversement apporté dans leur structure et dans leur rapport.

Pour confirmer cette hypothèse, deux points restent à préciser :

1° la réaction de Botelho correspond-elle à une modification du rapport des globuline-sérine ou à toute autre altération des albumines du sang 9

2° quelles sont les conditions biolc^iqu^ qui occasionnent ce bouleversement dans la structure protéinique d^ sérums, et qui se trouve fréquemment réalisé dans

espérons pouvoir répondre un jour.

. Neurotomie rétrogassérienne dans les panpers de la bouche. En collaboration avec Th. de Martel. Revue neurologique, n®- 1, juillet 1928. .

IX à l’égard des rayonnements; leurs divers degrés de radiosensibilité, lois sont encore assez mal précisées; et enfin le mécanisme de leur action, U générale, directe ou indirecte.

>nt quelques-uns de ces problèmes que j’ai abordés dans les travaux que je

La radiothérapie post-opératoire des cancers du sein. — Depuis la création du Centre anti-cancéreux de Villejuif {octobre 1921), nous pratiquons presque systématiquement la radiothérapie post-opératoire des cancers du sein. Nous disons, presque systématiquement, car dans un petit nombre de cas nous

Bien que nos résultats n’aient pas encore un recul suffisant pour permettre d’en tirer des conclusions absolues et que notre statistique repose sur un très petit

par M. Béclère à propos de l’opportunité de la radiothérapie post-opératoire des

Quatorze malades, atteintes d’épithéliomas du sein, contrôlés par l’histologie, ont été traitées par radiothérapie pénétrante, après opération large comprenant l’évidement de l’aisselle. Elles sont toutes indemnes de récidive : 2 depuis trois ans; 1 depuis deux ans et demi ; 1 depuis deux ans ; 2 depuis un an ; 2 depuis sept mois ; 6 depuis deux et trois mois seulement.

D’autre part, nous avons relevé la date d’apparition et le siège des récidives apparues chez 24 malades venues nous demander le traitement de ces récidives. L’intervention chirurgicale complète, y compris le curage ganglionnaire de l’aisselle, n’avait pas été suivie de radiothérapie. Nous avons noté : 2 métastases ganglionnaires immédiates; 3 récidives locales au bout de deux mois; 10 récidives locales avec métastases ganglionnaires ou viscérales de six à dix mois ; 2 récidives locales au bout d’un an; 3 métastases ganglionnaires après deux ans; 1 récidive locale après trois ans; 1 récidive locale après quatre ans; 1 récidive locale après cinq ans;

La question des récidives des cancers du sein est, on le sait, extrêmement complexe. En raison de l’étendue du territoire qui peut être envahi par le processus néoplasique, aucune intervention, aussi large, aussi soigneuse soit-elle, ne peut être assurée d’avoir supprimé tous les éléments cancéreux; il ne faut donc pas trop se hâter de renoncer à une méthode thérapeutique que légitime l’apparition des récidives parfois très précoces chez les malades n’ayant pas subi de radiothérapie post-opératoire, comme le montrent les cas cités ci-dessus.

Quoi qu’il en soit, l’impression que l’on peut retirer jusqu’ici de notre expérience personnelle est que la radiothérapie post-opératoire des cancers du sein, pratiquée

MENT PAB LES BADIATIONS. — Dans une communication faite au Cori^rès du Cancer à Strasbourg, en 1923, nous avions publié une première série dé faits concernant les rapports qu’on peut établir entre l’étude histologique et l’évolution'clinique des épithéliomas malpighiens de la cavité bucco-pharyngée et de la peau, traités par les

radiatiom. {Voir Comptes Rendus, 'CongTès de Strasbourg, 1923.)

Nous avions montré que l’examen histologique pouvait apporter des tènéeigné-

que nous poursuivions.

Au contraire, un contrôle histologique fait au moyen de biopsies pratiquées en série, à des intervalles aussi réguliers que possible, au cours du traitement radiothérapique (radium et rayons X), ainsi qu’après la fin du traitement (lorsque le prélèvement est possible), permet de suivre, sous le microscope, l’évolution d’une

Nous apportons aujourd’hui le résultat de recherches faites sur les épithéliomas du col de Vutérus. Celles-ci ont eu pour but de voir si l’examen des biopsies prati-

pronostic sur l’évolution du cancer.

D’une manière générale, nous avons pratiqué de 3 à 5 biopsies; la première

L’ensemble de nos résultats peut être ainsi classé en trois groupes

Groupe A. — Malades dont les biopsies avaient été classées comm histologique de pronostic fmorable.

Sur 19 malades, 13 sont guéries (quelques-unes depuis quatre ans), 3

Groupe B. — Malades dont les biopsies avaient été classées comm histologique de pronostic incertain.

Sur 13 malades, 2 sèulemént sont guéries; 8 sont mortes en moins

Groupe G. — Malades dont les biopsies avaient été classées comm histologique de pronostic défavorable.

Sur 26 malades, 16 sont mortes en moins d’un an, dont 9 en six mo

A titre d’exemple, nous avons dohné, sous (orme de tableau, un quelques-unes de nos observations, qui montrent le parallélisme entre 1 comportement du stroma conjonctif et-des éléments épithéliaux d’un révolution clinique: de l’rautre. '

Il est évident qu’il n’est-pas .besoin d’un examen histologique du stroni tivo-vasculaire, ni même, pourrait-on dirç, d’un ovcamcn mlcro^top^| tumeur, pour porter un pronostic défavorable lorsqu’une malade se pré

Toutefois, il-est intéressant 'de.'remarquer què certaines de nos malades dont l’examen de l’état, local et général .révélait des lésions avancées, ont parfaitement guéri et que l’évolution vers la guérison a coexisté avec des signes histologiques favorables. ■ • '

1° Les biopsies pratiquées en série, au cours du ttaitement radiothérapique, permettent de suivre l’évolution du cancer sous l’influence des rayonnements;

2° De la comparaison des modifications présentées d’une part par les éléments épithéliaux, et, d’autre part, par le stroma conjrmct.ivo-vttscnlaire. d est possible de tirer des déductions sur l’évolution locale de la tumeur.

Des cas à évolution favorable; ce sont ceux pour lesquels on constate une destruction des cellules épithéliomateuses sans action franchement nocive sur le stroma;

Des cas à évolution défavorable ; ce sont ceux présentant une persistance anor-

Des cas dont l’évolution ne peut être prévue; ce sont ceux pour lesquels on constate, à la fois, une destruction des cellules épithéliomateuses et une action

mW

Ilî

■ Proust, Schwartz et Richard, Kcuman et Côryn, et la plupart des auteurs

Avec eux, nous pensons que le traitement des cancers inopérables du rectum par les radiations donne des résultats qui méritent d’être retenus et qui doivent même nous engager à modifier et à perfectionner les techniques actuellement' employées.

Nous venons donc verser aux débats les documents recueillis au Centre anticancéreux de Villejuif, depuis janvier 1922, soit depuis cinq ans,

Nos observations portent sur 63 malades; tous porteurs de cancer du rectum inopérable (exception faite pour un seul).

Bien entendu, pour chacun d’eux, le diagnostic a été vérifié par biopsie et examen histologique.

De la statistique que nous présentons, on peut — avec réserve, bien entendu, — tirer quelques considérations d’ordre clinique et étiologique, d’une part, d’ordre thérapeutique, d’autre part.

Du point de vue anatomo-clinique, Texamen des variétés histologiques et du siège des tumeurs montre qu’il s’est agi ;

Soixante fois à’épitUliorm cylindro-cubique glandulaire, du type liberkühnien, siégeant pour la plupart au niveau de l’ampoule rectale, ou immédiatement au-

Deux fois à.’épiihélioma malpighien; l’un, baso-cellulaire, l’autre, intermédiaire, à point de départ anal, mais qui avaient déjà envahi la partie inférieure du réctum et une large portion périnéale, au moment de leur arrivée dans le service.

Une fois de sarcome lymphoblastique à point de départ dans le tissu mé'senchy-

II est à remarquer que notre statistique comporte un nombre relativement élevé de femmes ; 28 femmes sur 35 hommes, proportion manifestement plus élevée que celle indiquée par tous les classiques qui donnent les chiffres de un tiers

de femmes pour deux tiers d’hommes.

Au point de vue de Vâge, nos chiffres confirment 1^ données classiques et

cinquante et soixante-cinq ans ; mais il y a des exceptions et nous avons quelques cas de cancer chez des gens beaucoup plus jeunes: 1 malade âgé de vingt-neuf ans, 4 malades âgés de trente à trente-cinq ans et 1 malade âgé de quarante ans.

Nous avons également cherché à voir s’il existait un rapport quelconque entre la présence de la syphilis et la localisation néoplasique au niveau du rectum. Pour les premiers de nos malades, les examens de sang n’étaient pas faits d’uhe façon systématique dans ce sens, de sorte que la réaction de Bordet-Wassermann n’a

Pour ceux-ci on a trouvé : 2 fois une réaction positive; 3 fois une réaction douteuse, et 22 fois une réaction négative. Ces données montrent combien les liens qui existent entre la syphilis et le cancer sont discutables, et qu’il y aurait intérêt à reprendre entièrement cette question sur de nouvelles bases statistiques bien établies.

Passons maintenant aux considérations d’ort^re thérapeutique et à nos résultats.

La technique que nous suivons, lorsque la chose est possible, est la suivante : 1° Établissement d’une dérivation iliaque; 2® Application de radium in situ-, 3» Irradiation des parties périrectales et des voies lymphatiques au moyen de la radiothérapie pénétrante.

Dans l’ensemble le traitement a été effectué :

Sur 29 malades porteurs de colostomie, et sur 5 malades non porteurs d’anus

En raison du petit nombre dè malades traités sans colostomie, il est difficile d’établir une comparaison avec ceux du groupe de malades colostomisés. Toütefois, il est à remarquer que le traitement, au cours de son application tout au moins, a été aussi bien supporté, qu’il y ait eu ou non anus artificiel.

Au point de vue de la survie, les effets sont à peu près les mêmes dans les dêux séries de malades, puisque la plus longue survie (trois ans et demi) s’est rencontrée

S’il est impossible de mettre cette statistique en parallèle avec celles des chirurgiens et de comparer les chiffres de survie des colostomisés avec ou sans traitement radiothérapique, on peut dire que la radiothérapie accroît certainement la survie dans certains cas et qu’il n’est pas douteux que les irradiations amènent une amélioration évidente des signes fonctionnels.

Les douleurs sont considérablement atténuées, les hémorragies, les écoulements ichoreuüc cessent, et lorsque la survie se prolonge, l’état général s’améliore durant un temps.

Bien entendu, si l’on.peut parler d’amélioration ou de régression, il n’est pas

La difficulté du traitement des cancers inopérables du rectum tient vraisemblablement à deux causes : d’une part, à la radio-résistance des épithéliums cylindriques et d’autre part, a la difficulté de pratiquer une bonne irradiation de ces cancers.

Il paraît certain que les épithéliomas cylindriques sont moins sensibles aux radiations que les épithéliomas malpighiens. La preuve en est qu’il faut, pour obtenir la disparition des ulcérations ou des végétations néoplasiques du rectum, utiliser de fortes doses de rayonnement, qui amènent la sclérose et la sténose de l’organe.

Mais il n’est pas moins vrai qu’on peut obtenir la disparition des végétations, l’amélioration ou la disparition temporaire des ulcérations néoplasiques. Dans certains cas même, Neuman et Goryn et d’autres auteurs ont pu constater la disparition de tout élément néoplasique sur des rectums enlevés après irradiations.

Les difficultés de pratiquer une bonne irradiation de la tumeur sont tr^ grandes à cause de la difficulté d’accès par la lumière du conduit. Si la technique que nous avons adoptée jusqu’ici, c’est-à-dire l’association de la radiothérapie pénétrante à la curiethérapie ne nous a pas donné les résultats que nous espérions, il ne semble

L pL radium filtré {Proust et de Nabias) aient apporté des résultats^bien supé-

Ce qu’il faut donc tenter, à l’heure actuelle, c’est d’améliorer les techniques, et ne pas se laisser arrêter par le dogme de la radio-résistance des épithéliums cylin-

Sans doute, les éléments néoplasiques des revêtements cylindriques sont plus

malpighiens. Mais l’insuffisance des résultats obtenus jusqu’ici tient en grande partie, pour nous, aux difficultés d’ordre technique qui semblent pouvoir être résolues un jour.

. Il est permis d’espérer que ce perfectionnement viendra soit d’une amélioration dans l’application de la radiothérapie pénétrante, soit dans l’emploi de la télécuriethérapic. Ces deux procédés permettant une irradiation beaucoup plus égale de l’ensemble de la tumeur et de Bes voies lymphatiques.

Mais d’ores et déjà, les observations que nous venons de présenter, montrent à l’évidence que la radiothérapie permet d’améliorer notablement l’état des malades atteints de cancers du rectum inopérable.

administratif et financier son indépendance et possède plus de liberté d’action que les organismes d’Etat.

Il a été créé pour cela, à côté de l’Institut, une Fondation dite Fondation pour le dévdoppement de VInstiiui du Cancer destinée à assurer le fonctionnement matériel et à réunir les fonds nécessaires à la construction de nouveaux bâtiments. Cette Fondation, reconnue d’utilité publique, est représentée par un Comité de direc-

Le Comité de direction est composé du doyen de la Faculté de Médecine, président; du directeur de l’Institut; de trois professeurs désignés par le Conseil de la Faculté; de quatre délégués choisis en dehors du Conseil.

Le Conseil d’administration, placé sous la présidence d’honneur de M. Paul Painlevé, et sous la présidence effective de M. Paul Strauss, comprend :

Les huit membres du Comité de direction ; le recteur de l’Académie de Paris ; quatre représentants du Parlement, quatre délégués élus par le Conseil général de la Seine; deux délégués élus par le Conseil de l’Université, un représentant du Ministère de l’Instruction publique, un représentant du Ministère de 1’ Hygiène, un représentant de l’Administration départementale, un représentant de l’Assistance publique de Paris. Enfin des personnalités s’intéressant à l’œuvre.

iXj sont les suivants ; 1° laboratoire

pathologiq.ue ; 2

physjq.ue; 4° laboratoire de chimie biologique; 5^ laboratoire mentale et de culture des tissus; 6° laboratoire de sérologie et de bactériologie.

Ces laboratoires fonctionneront à partir du 1” juin prochain. Chacun d’eux sera placé sous la direction d’un directeur-chef de laboratoire. Ceux-ci formeront le Comité scientifique de l’Institut qui se réunira tous les mois afin d’examiner les recherches en cours.

OfiQANiSATiOîî FINANCIÈRE DE l’Institut. — Elle Comporte des crédits de fonctionnement et des crédits de premières installations.

à construire des bâtiments Modèles, les organisateurs ont voulu assurer la vie de l’Institut. Le Conseil général de la Seine a alloué depuis trois ans un crédit annuel de 200 000 francs, somme suffisante pour permettre le fonctionnement des laboratoires provisoires de l’Institut. A partir de 1929, le montant de cette somme a été porté à 300 000 francs. D’autres subventions allouées par les Ministères de l’Instruction publh que et de l’Hygiène portent le budget de fonctionnement annuel à 600 000 francs.

2° Crédits de ‘premières installations. — Les plans de construction des batiments de l’Institut du cancer ont été établis de façon à permettre d’effectuer les travaux en plusieurs tranches, suivant les disponibilités financières; la première

GLANDES ENDOCRINES

A. — HYPOPHYSE ET TUBER CINEREUM

Les recherches que j’ai poursuivies sur l’hypophyse et la région tubérienne, en collaboration avec mon r^retté collègue et ami J. Camus, ont été résumées dans mon Exposé de Titres et Travaux de 1924.

Je me bornerai à rappeler ici que ces rechercha nous ont conduit à déposséder l’hypophyse de plusieurs fonctions qui lui étaient attribuées par les classiques et à rattacher à la base du cerveau la plupart des syndromes dits hy-pophysairM. pour en faire des syndromes infundibulo-tubériens. Ces notions ont été confirmées ensuite par un certain nombre d'expérimentateurs et de cliniciens, en particulier par Houssay, Percival Bailey et E. Bremer, par Claude et Lhermitte, par Lereboullet, Cathala et Mouzon, etc...

Dans ces dernières années, Colin a fait d’intéressantes constatations sur Thistophysiologie de la sécrétion hypophysaire. Ces recherches fournissent des éléments d’un accord entre des opinions qui semblaient devoir s’opposer jusqu’ici. Elles montrent que les glandes endocrines, en plus de leur sécrétion intra-vasculaire, ou sécrétion hémo-endocrine, auraient également une sécrétion intra-nerveuse ou neuro-

Si cette notion, qui demande à être appuyée sur de nouveaux faits, vient à être confirmée, elle aura sans doute une très grande portée du point de vue de la biologie générale. Elle apportera une preuve morpho-physiologique à l’hypothèse que nous soulevions il y a quelques années avec Jean Camus, sur les rapports fonctionnels de l’hypophyse et du tuber. L’hypophyse, disions-nous, intervient peut-être dans le fonctionnement, la nutrition des centres organiques importants situés à son voisinage dans la base du cerveau.

Les hasards de l’observation anatomo-clinique nous ont permis, dans ces derniers temps, d’observer un certain nombre de faits anatomo-cliniques qoi viennent à l’appui de notre manière de voir et que nous résumerons brièvement ici.

Ces relations, pour mystérieuses qu’elles soient, n’en sont pas moins mises nettement en évidence par la clinique et par l’expérimentation, ainsi que nous l’avons

Cette dernière considération nous paraît justifier cette étude un peu paradoxale des deux sortes de diabète à propos d’un cas de diabète insipide. Il ne nous a pas paru possible d’isoler complètement l’un de l’autre deux phénomènes aussi

Nous ne prétendons d’ailleurs apporter ici qu’un fait clinique, à propos duquel il nous a semblé utile de faire le bilan actuel de nos ignorances et de nos acquisitions dans cet ordre de faits. Ceux-ci comportent encore une grosse part d’inconnu, et comme ils touchent à des questions physiologiques extrêmement importantes, il ne nous a pas semblé vain de les envisager une fois de plus.

A propos des syndromes infundibulo-tubériens (diabète insipide et syndrome adiposo-

génital). En collaboration avec R. Huguenin et M**" Roques. Revue Neurologique, no 6, décembre 1927.

Si l’origine infundibulo-tubérienne du diabète insipide paraît aujourd’hui généralement admise, de même que celle du syndrome adiposo-génital, il reste encore à préciser quel est le rôle respectif des différents noyaux du tuber dans le détermi-

Les troubles du métabolisme de l’eau relèvent d’une lésion des noyaux piopres du tuber : les expériences de Camus et Roussy l’ont montré chez le chien et les observations de lihermitte et de bien d’autres sont venues le confirmer chez l’homme.

Pour ce qui est du syndrome de Babir^ki et Frôhlich, les expériences de Camus et Roussy ainsi que l’observation de Lereboullet, Cathala et Mouzon, tendent à faire abandonner son origine hypophysaire ; mais on ne sait encore laquelle des masses cellulaires de la substance grise du plancher du 3® ventricule est responsable de l’adiposité et des perturbations génitales.

L’observation de la malade qui fait l’objet de ce travail, pourra peut-être servir à éclairer certains points de la pathogénie du syndrome adiposo-génital. Elle présente en effet, une association de diabète insipide et de syndrome de Babinski-Frôhlich

est cependant rare, à notre connaissance, et mérite de retenir l’attention.

L’absence de signes d’hypertension intracrânienne, l’intégrité absolue de la selle turcique qui reste telle depuis six ans, permettent d’éliminer, dans la pathogénie de ces troubles, toute hypothèse de néoplasie hypophysaire.

Nous ne reviendrons pas sur l’action quasi élective qu’exerce sur la polyurie l’extrait hypophysaire et qui a pu paraître pendant un temps un critère pathogé-

nique. Il est certain que, comme à l’habitude, l’extrait d’hypophyse et surtout l’extrait de « lobe postérieur • réduit considérablement la polyurie. Mais le rôle que joue en ce cas l’hypophyse est d’un ordre purement pharmacodynamique : le fait semble admis depuis les expériences de Roussy et Camus et la discussion de la Réunion internationale de neurologie de 1922. A ce sujet, un seul point mérite d’être retenu chez notre malade : c’est l’échec qui s’oppose à peu près absolu de l’hypophyse en injections intraveineuses à son action constante, lorsqu’elle est injectée sous la peau.

Deux faits surtout noua paraissent devoir retenir davantage l’attention et ce sont eux qui font tout l’intérêt de cette communication.

C’est tout d’abord l’action énergique de la radiothérapie profonde : au fur et à mesure des répétitions des séances, comme le montre le graphique des urines, on voit la courbe osciller, ébaucher une chute en lysis, puis, après une série de soubresauts, tomber à 7 litres. Plus encore, et à l’encontre de ce qui survient dans la thérapeutique hypophysaire, l’effet obtenu est durable. L’injection d’extrait d’hypophyse une fois terminée, ainsi que le montre notre courbe, le taux des urines

jours après l’injection. Avec la radiothérapie, la polyurie, réduite à 7 litres à la fin

du traitement, est restée à 7 litres, cinq mois durant.

En l’absence de faits anatomiques, nous ne pouvons discuter, à propos de cette observation, le mécanisme précis de l’action des radiations, mais nous borner seulement à constater un fait, point encore observé à notre connaissance : seule la radiotMrafie a pu faire tomber d’une façon durable la polyurie infundibulaire. Sans doute, le traitement radiothérapique n’a pas eu d’action sur le syndrome génital; par contre, la chute relative du poids qui accompagna celle des urines est un autre argument qui vient démontrer le siège voisin des noyaux régulateurs du métabolisme de l’eau et du métabolisme des graisses dans la région tubérienne.

Le second fait intéressant réside précisément dans la notion topographique qu’il est logique de déduire de notre observation clinique : la coexistence et l’évolution comparables du double syndrome qu’offre notre malade, localisent dans le voisinage l’un de l’autre les deux noyaux dont dépendent la régulation de l’eau et la régulation des graisses. Mais l’absence, chez notre sujet, de lésions oculaires donne à penser que le siège de ces noyaux n’est pas très antérieur. Il faut noter aussi

tion nucléaire du tuber, puisque le rapport récent de Lhermitte et Tournay a conclu qu’un des sièges importants du sommeil devait résider dans des noyaux de la subs-

Quelle que soit la nature de la lésion, qu’il est bien difficile de préciser en présence d’une évolution aussi longue et d’autre part de l’action élective des rayons-

;rants, un fait nous paraît primordial : les centres injumlibvlo-tubériens qui znt sous leur dépendance la régulation urinaire, la régulation de Vutilisation des ses et sans doute aussi celle, au moins 'partielle, de l'appareil génital, sont tous is l'un de Vautre; ils doivent être relativement éloignés du chiasma et aussi du centre du sommeil. Telle est du moins l'hypothèse que suggère cette observation,

Drendra quelque

3s syndromes de ]

. même région, pourront lui être compa !. En collaboration avec J. Bollack

La rareté des cas d’infantilisme hypophysaire nous incite à présenter une petite malade chez laquelle le syndrome est particulièrement net et peut être, sans conteste, rattaché à une lésion de l’hypophyse.

Le tableau clinique de l’infantilisme hypophysaire est ici au complet. Les constatations radiographiques (selle turcique augmentée dans toutes ses dimensions avec intégrité des clinoïdes), les troubles visuels (cécité presque complète par atrophie optique d’un côté; rétrécissement temporal de l’autre côté), permettent d’affirmer ce diagnostic.

Du point de vue de la physiologie pathologique il s’agit donc d’un syndrome du à l’atteinte du lobe antérieur de rh3q)ophyse, syndrome dont la pathogénie reste encore assez obscure et qui doit être placé à côté des autres grands syndromes osseux du lobe antérieur : gigantisme et acromégalie.

ment de la selle turcique et, d’autre part, l’atteinte du chiasma en respectant inté-

ment la nature. S’agit-il d’un adéno-épithéiiome glandulaire à point de départ intra-sellaire et envoyant un prolongement dans la région chiasmatique? S’agit-il, au contraire, d’une de ces tumeurs kystiques développée aux dépens de la poche de Ratke? Cette dernière hypothèse paraît plus vraisemblable.

Traitement par la radiothérapie des tumeurs de la région infundibulo-hypophysaire (2® Communication). En collaboration avec S. Laborde, G. Lévy et J. Bollack. Revue Neurologique, t. II, n^ 2, août 1926.

Dans une première communication faite à la Société de Neurologie {Revue Neurologxque. n^ 4, t. II, octobre 1924), nous avons publié les résultats que nous avions obtenus dans le traitement des tumeurs de la région infundibulo-hypophysaire par la radiothérapie pénétrante.

Nous avons apporté, dans une deuxième communication, des renseignements complémentaires sur ces anciens malades suivis, pour la plupart, très régulièrement et nous y avons joint trois observations nouvelles.

Parmi nos anciens malades qui étaient au nombre de 8 :

2 sont morts; — 2 sont restés dans un état stationnaire; — 1 autre a présenté, après une période d’amélioration évidente, une aggravation manifeste qui persiste encore aujourd’hui; — 2 malades peuvent être actuellement considérés comme

Toutes ces observations, anciennes ou nouvelles, peuvent être groupées de la façon suivante, quant au siège précis de la tumeur :

A. — 4 cas de tumeurs de Vhypophyse indiscutables, avec élargissement et destruction de la selle turcique, visibles sur les radiographies, et avec, dans un cas,

A ces 4 observations, il faut vraisemblablement joindre une cinquième : celle qui, dans notre première communication, portait le n» VI et qui avait été étiquetée : syndrome chiasmatique avec céphalée, somnolence et selle turcique normale, et dont la symptomatologie a été mise à cette époque sur le compte d’une tumeur de la région infundibulo-tubérienne à point de départ ventriculaire. Or, une récente radiographie pratiquée le 3 mai 1926 a révélé un effondrement de la selle turcique indiscutable, qui n existait pas sur les radiographies antérieures.

Il est possible que la tumeur ait pénétré de haut en bas dans la loge pituitaire, ou bien aussi que l’on ait eu à faire à une tumeur à point de départ hypophysaire, avec, durant une longue période, prolongements uniques en avant, du côté du chiasma, sans atteinte des clinoïdes pc^térieures ; d’où l’absence de déformation de la loge hypophysaire, à l’examen radiographique, pendant plusieurs années.

B. — 4 cas de tumeurs de la région infundibulo-tubérienne ou chiasmatique dans lesquels le diagnostic du siège et de la nature de la tumeur ne peuvent être à l’heure actuelle que supposés:

tables de la série infundibulo-tubérienne.

Dans deux autres observations, que nous avons étiquetées « syndrome chiasma-

la région chiasmatique ou même du chiasma.

Telles sont les constatations cliniques et anatomiques que nous avons faites depuis quatre ans et demi et dont l’intérêt réside, avant tout, dans le fait que nous avons pu suivre pendant longtemps nos malades et analyser ainsi les différentes

phénomène qui depuis longtemps a frappé les biologistes et qui a été comparé à celui que les toxines microbiennes exercent sur l’organisme. C’est par analogie que l’on parle de vaccination des tumeurs à l’égard d’agents physiques comme les rayons X, ou le radium, au cours d’irradiations successives.

30 D’une manière générale, le traitement par les rayons X, même à doses élevées, est supporté sans aucun incident. Toutefois, lorsque le développement de la tumeur n’a pu être arrêté et a nécessité la répétition de plusieurs séries d’irradiations, on peut voir apparaître, même pour des doses de rayonnement très faibles (200 R par séance), des accidents qui sont de deux ordres :

Des accidents mécaniques, c’est-à-dire des phénomènes d’hypertension intra-

Par goitre on comprend une lésion de la glande thyroïde à évolution chronique du type hyperplasique, et qui de ce fait, se distingue des lésions, inflammatoires thyroïdiennes, thyroïdites aiguës ou chroniques, banales ou spécifiques. Il s’agit bien d une hyperplasie et non d'une hypertrophie simple. Depuis Virchow et Recklinghausen, Lancereaux, Gornil et Ranvier, Chantemesse et Podwyssoteky, l’expression à'hy'per'plasie s’applique en effet à .des altérations tissulaires dont l’augmentation de nombre est le caractère fondamental; alors que le terme d’Ayper/ropkie comporte essentiellement l’idée d’une augmentation de volume.

du foie, s’apparentent de très près aux réactions inflammatoires, dont elles relèvent, directement ou indirectement.

D’autres enfin sont déjà des tumeurs malignes, des cancers à l’état latent; il en est ainsi par exemple de certaines tumeurs dites bénignes du sein, ou encore de certains ulcères de l’estomac.

De plus, on peut observer dans les glandes comme le foie, l’hypophyse ou la thyroïde, entre les néoformations tumorales vraies du type adénome et les réactions inflammatoires du type hyperplasie, des états intermédiaires qui sont les hyperplasies nodulaires (ou hyperplasies adénomateuses). La distinction entre ces différents états, à l’œil nu, comme au microscope, est souvent impossible à faire.

C’est ce qui se passe notamment pour les goitres que certains classent dans le cadre des tumeurs bénignes du corps thyroïde, et d’autres dans celui des réactions hyperplasiques. Il suffit de parcourir les articles des Traités classiques parus dans les différents pays pour se rendre compte de cette diversité de conception et de doctrine.

Je crois qu’il est facile de trouver un terrain d’entente, si l’on envisage la question d’un point de vue très général, en considérant les goitres comme étant l’expression d’une hyperplasie thyroïdienne qui sera tantôt diffuse, tantôt nodulaire; cette dernière forme pouvant être uni ou multinodulaire. Peut-être cette différence d’aspect morphologique est-elle réglée par le mode de réaction du stroma conjonctif et dépendelle du modo d’action de l’^ent causal ; la forme parenchymateuse ou diffuse répondant aux injures brutales et massives, la forme nodulaire et circonscrite aux réactions plus discrètes, mais plus prolongées.

J’arrive maintenant à la question des goitres malins ou cancers thyroïdiens qui a fait l’objet du rapport de Wegelin et au sujet duquel je voudrais faire quelques

les tumeurs, thyroïdiennes ou autres, encore plus que pour les goitres simples, le

Qu’il soit bien entendu, tout d’abord, que l’expre^ion àe carcinome utilisée par nos collègues de langue allemande sert à désigner pour nous une variété de tumeurs épithéliales : les épithéliomas infiltrés ou atypiques.

Ceci dit, la classification que j’adopte pour les cancers thyroïdiens est un peu différente de celle de Wegelin; la voici ;

а) Cancers épithéliaux ou épithéliomas : Type acineux; type trabéculaire {à cellules

claires et foncées) ; type infiltré (carcinome) ; type malpighien (Herrenschmidt).

б) Cancers conjonctifs ou sarcomes, qui comprennent toutes les tumeurs mésen¬

chymateuses, en particulier celles dérivées du système endothélio-vasculaire que Wegelin et de Quervain décrivent sous le nom d'endothéîiomes.

J’avoue que je suis très sceptique sur la réalité des endothéliomes, en tant que tumeurs dérivées des endothéliums vasculaires. Je n’ai jamais vu, personnellement, de tumeur de ce type, et cette opinion est d’ailleurs partagée par la plupart de mes collègues français, en particulier par Masson.

Mais je ne veux i>as ouvrir ici une discussion sur les endothéliomes qui d’ailleurs

endémique, qui vient d’être abordée par quelques-uns des rapporteurs, et qui sera plus spécialement traitée dans les séances de demain.

rôle de l’iode de plus en plus important, je ne pense la pathogénie des goitres endémiques. Et les argum( tains des rapports, comme dans celui de Galli-Valerio

de plus en plus évidente, et le

On ne peut donc pas considérer le goitre endémique comme une maladie « par

De nombreux, faits d’observation cliniques, comme l’existence de goitre dans des régions maritimes, s’opposent à cette manière de voir.

D’autres, d’ordre expérimental, méritent d’être rappelés ici. Ce sont les recherches

de l’air, une abondante précipitation des sels calcaires. Ces animaux sont restés

indemnes. Il en fut de même d’animaux qui buvaient de l’eau dans laquelle la précipitation des sels calcaires était obtenue au moyen de l’addition de soude caustique, neutralisée ensuite par de l’acide chlorhydrique. A noter que l’ébullition n’a pas suffi à rendre l’eau inoffensive; cela tient pour Répin à ce que l’eau employée, particulièrement active, titrait 120° hydrotymétrique et renfermait CO^ libre. Dans ces conditions, une courte ébullition ne précipitait qu’une fraction des sels dissous. Répin m’avait prié de faire l’examen histologique de ces goitres expérimentaux et

modifications d’ordre physico-chimique apportées aux eaux goitrigènes, et sans qu’il soit touché à la composition en iode, amènent des résultats différents chez les

Conlérence que les goitres, essentiellement polymorphes dans leurs expressions morphologiques, ne relèvent pas d’une cause unique, mais bien de causes multiples. Les effets de divers agents goitrigènes, physiques, chimiques et peut-être même animés, déterminent des altérations parenchymateuses et interstitielles sensiblement de même nature et qui aboutissent, en fin de compte, aux hyperplasies thyroïdiennes, c’est-à-dire aux goitres,

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