CHIRURGIE GÉNÉRALE
L’asepsie, les perfectionnements de Yanestlidsie générale et régionale, les applications de la radiologie au diagnostic des corps étrangers, certaines maladies dont la nature est peu connue, comme le goitre exophtalmique-, certains points de thérapeutique des kijstes hydatiques ont fait l’objet d’une part très large de mes études. Nous y joignons nos travaux sur la valeur des ponctions lombaires dans les traumatismes du crâne, dont nous avons établi la valeur diagnostique, pronostique et thérapeutique.
ASEPSIE OPÉRATOIRE
Asepsie opératoire. Presse médicale, 9 septembre 1899, p. 141 (Discussion). Bull, et Mém. de la Soc. de Chir., 1900, p. 464. ■
Petite chirurgie pratique (en collaboration avec M. P. Desposses). Paris, 1903; 1 vol. in-8® de 528 pages.
Les germes de Pair des salles d’opérations. Bull, et Mém. de la Soc. de Chir., 1903,
23 colonies; 4°pendant une opération, .76 à 93 < de vapeur d’eau dans la salle, la moyenne des col 36,4. La pulvérisation d’eau oxygénée n’abaisse j
Deux soupapes, une dans le compartiment supérieur, s’ouvrant à chaque inspiration et se fermant à l’expiration, l’autre dans le compartiment inférieur, donnant issue à l'air expiré et se rabattant à chaque inspiration, assurent l’absorption régulière et constante des vapeurs du chloroforme plus ou moins condensées selon l’étendue qu’on laisse à la lumière de la fente.
L’anesthésie par l’atropomorphine et le chloroforme (méthode de Dastre et Morat).
Presse médicale, 3 mai 1905, n” 35, p. 273.
Les différents travaux qui ont mis en lumière les propriétés de la scopolamine comme anesthésique général, démontrent que dans 8S p. 100 des cas on a dû renforcer l’action analgésiante de l’alcaloïde par Vadministration du ehloro-' formel Cette association tait rentrer celte méthode d’anesthésie dans le groupe des méthodes mixtes. Nous avons pratiqué autrefois des essais du même genre par le procédé de Dastre et Morat, qui consiste h combiner l’action dé Falropomorphine à celle du chloroforme. D’ailleurs, ce n’était pas là une tentative isolée, puisque Léon Tripierj Aubert et Jaillet avaient déjà tenté vers 1883 cette application de la physiologie expérimentale à la chirurgie.
Une dose de 1 centigr. 1/2 à. 2 centigrammes de morphine et de 1/2 milligramme d’atropine dans une même injection sous-cutanée était injectée sous la peau quinze minutes avant l’administration du chloroforme, puis la chloroformisation suivant le procédé classique était effectuée. Ces expériences ont été répétées 10 fois à l’hôpital Necker en 1889; j’en avais communiqué tous les documents à mon regretté collègue et ami Brun et j’ai simplement cité le fait à la Société de chirurgie, en 1902. (Séance du 19 février, p. 222 des Bulletins.)
Les résultats obtenùs ont été les suivants : Après l’injection sous-cutanée, dessèchement léger de la gorge, quelquefois un peu d’excitation se manifestant
cette période essentiellement passagère succédait un calme, une sorte d’abattement et d’indifférence, quelquefois même un sommeil complet. Le malade, alors transporté à la salle d’opération, était à peu près indifférent. La chloroformisation était essentiellement remarquable par deux phénomènes ; la rapidité de l’anesthésie complète, l'absence de toute excitation, même de toute réaction ; la régularité absolue et la profondeur du sommeil anesthésique.
J’ai renoncé néanmoins à ce mode d’anesthésie parce que l’influence de Tatropomorphine est inconstante, souvent très variable ; qu’elle détermine chez les opérés un état de profonde adynamie qui persiste souvent un temps assez long après la fin de l’intervention chirurgicale et devient ainsi préoccupant.
tardive par le chloroforme au point de vue anatomo-pathologique, symptomatique, diagnostic et pathogénique.
L’anatomie pathologique montre dam le foie des lésions prédominantes. Tantôt on le trouve gros, mou, décoloré et jaunâtre ; plus souvent c’est un foie atropliique reproduisant de plus ou moins près, l’aspect macroscopique du foie de l’ictère grave. Au microscope, les lésions sont localisées d’une façon systématique autour de la veine centrale du lobule; en ce point, l’ordination trabéculaire a presque complètement disparu, les cellules sont étouffées par les capillaires dilatés, elles présentent de la dégénérescence granulo-graisseuse avec multiplication des noyaux. .
Les lésions rénales, qui consistent également en une dégénérescence graisseuse plus ou moins marquée, sont toujours moindres que les lésions hépatiques. Quelquefois même, alors que les lésions dégénératives sont très marquées du côté du foie, on note seulement du côté du rein des lésions congestives.
Le myocarde est altéré, nous avons noté l’infiltration granuleuse des cellules musculaires jointe à la disparition de la striation transversale en certaines régions.
Les symptômes de l’intoxication n’apparaissent ordinairement qu’au 'bout d’un certain temps après la narcose, souvent vingt-quatre heures. Les phénomènes nerveux sont le plus souvent au premier plan, et consistent en un délire calme, subcontinu, ou entrecoupé d’excitation accompagné de troubles vasomoteurs très marqués. Le pouls est irrégulier, inégal, fréquent (120 à 160), et sa fréquence contraste avec l’absence de température. La respiration est irrégulière, rapide, souvent en Cheyne Stokes, et le malade exhale du chloroforme par l'haleine pendant tout le cours de la maladie. Les vomissements sont constants, violents et répétés, et Yictère apparaît dans la moitié des cas.
La mort tardive par le chloroforme est par-dessus tout une hépatite suraigu 'é. En réalité, le chloroforme agit sur le foie de tous les anesthésiés, mais eh temps ordinaire il agit â petite dose et surtout pendant très peu de temps. Dès que l’anesthésie a cessé, la diffusion du chloroforme se fait rapidement des ti.ssus au sang, si bien qu’une dizaine d’heures après l’opération l’organisme no présente plus que des traces de chloroforme. La durée de contact étant alors très courte, tout se borne à un travail irritatif passager et facilement réparable. Mais dans d’autre cas, — qui sont justement ceux que nous avons étudiés, — la diffusion du chloroforme ne se fait pas normalement; les organes le fixent d’une façon inaccoutumée, et comme l’anesthésique continue à produire ses effets toxiques tant qu’il est dans l’organisme, le malade se trouve ainsi dans la situation du patient qui subirait des chloroformisations subintrantes. Cette explication pathogéniqué
lions de cocaïne sous l’arachnoïde lombaire donnent une analgésie qui rend possible toutes les interventions sur les membres inférieurs; les résultats sont également positifs poui; l’hystérectomie vaginale ;,ils sont négatifs pour les opérations abdominales. Je cherchai alors à perfectionner ma technique, h trouver le titre d’une solution provoquant un maximum d’effels avec un minimum de céphalalgie ou de vomissements, à obtenir une injection rigoureusement aseptique; je cherchai également si l’injection faite plus haut qu’on ne l’avait indiqué ne permettrait pas d’étendre le champ opératoire; enfin, dans le même but, j’essayai de placer le malade dans diverses positions au moment de l’injection.
Avant d’ailer pluç-loin dans ces essais chirurgicaux,, nous avons voulu nous rendre compte du mode d'action de la cocaïne en injections intrarachidiennes sur les éléments.du névraxe — craignant que la moelle ne-fût altérée primitivement ou secondairement — et dans une série d’expériences pratiquées avec M. Hallion, nous avons, établi que (Soc. de Biol., 3 novembre ,1900) l’action de la cocaïne perlait principalement sur les racines rachidiennes postérieures et ne touchait que très peu les cordons médullaires, et semblait laisser intact l’axe gris.
projectileïiu niveauduquel elle vient s’arrêter, 'fant que l’index placé sur l’aigüillé n’est pas venu butter contre la genouillère, il faut inciser plus profondément; la pointe de l’aiguille indique à l’opérateur à la fois la distance à laquelle se trouve le projectile et la profondeur à laquelle on doit le trouver.
au dernier Congrès de médecine.
La deuxième malade est une femme do Irente ans. Les accidents avaient débuté un an avant mon examen par des palpitations, de l’exophtalmio, des bouffées de cbaléur; les accidents cardiaques, le tremblement, l’agitation eurent une marcbe si rapide qu’au bout de trois mois la malade dut quitter sa place de caissière. Une diarrhée abondante et incoercible s’y ajouta peu après. Quand je la vois le 20 décembre 1896, j’apprends de son médecin que, dans le cours de ces accidents, elle a été victime d’une erreur singulièi'e. Une prescription de tablettes de tbymus ayant été faite, on lui donna par méprise des tablettes de corps thyroïde qui entraînèrent des accidents graves d’hyperthyroïdie. Au moment où je vis la malade, l’exorbitisme était énorme, la dyspnée violente au moindre effort, la faiblesse extrême. Insomnie, palpitations incessantes, tremblement, œdème des membres inférieurs, inappétence, diarrhée incoercible complètent et aggravent le tableau clinique.
La face est vultueuse, le cou un peu fort sans trace de tumeur. Des veines volumineuses sillonnent la peau ; l’aspect de la région est plutôt celui d’un anévrisme artério-veineux ou d’une tumeur cirsoïde que d’un goitre. La glande thyroïde animée de battements, présente ses deux lobes ayant à peu près le double (Je leur volume, le droit un peu plus volumineux. Elle est régulière, sauf au niveau de l’isthme où une tuméfaction descend derrière le sternum.
,. Le 20 janvier 1897, après un nouvel essai de thérapeutique médicale (thymus), la malade est dans un état de faiblesse, d’agitation et d’insomnie si,déplorable, que j’acceptai de l’opérer. Hémithyroïdectomie après ligature préventive des vaisseaux. Cautérisation du pédicule au fer rouge. Les suites opératoires furent des plus simples : le lendemain, la température s’éleva ù 38 degrés; le surlendemain, elle tombait à 37 degrés, le drainage était supprimé et la malade demeura apyrétique.
Los suites thémpeutignes ont été des plus intéressantes. Dès le lendemain, l'aspect vultueux de la face, l’élat d’éréthisme des vaisseaux s’était flétri pour ne plus reparaître. L'exorbitisme et l’agitation ont persisté pendant environ trentesix heures. Le pouls a subi les modilicaUons quotidiennes suivantes sans aucun parallélisme avec les modifications de température : 123, 113,110, 111, 104. Le S février, il est à 80 et le 3 mars à 68-72. Trente-huit jours après l’opération, les yeux sent encore li fleur do tête, mais n’ont plus cet aspect spécial qu’ils présentaient, les vaisseaux du cou ne sont plus volumineux; il n’y a plus de Ihrill ni de battement dans le lobe gauche. La malade n’a aucun tremblement, elle vaque à ses occupations. Elle a pu venir h la Société de Chirurgie sans dyspnée. Le sommeil est bon, l’appétit est revenu. Il n’y a aucun accident nerveux.
J’insistais surtout dans cette communication sur certaines précautions techniques, que je considère comme fort importantes. J’évite avec grand soin lu malaxation du corps thyroïde, ou Vécoulement du suc thyroïdien dans la plaie. La cautérisation au fer rouge des surfaces thyroïdiennes a été pratiquée dans ce but. Je suis convaincu que les morts rapides post-opératoires qui ont été si longtemps mystérieuses sont dues à l’empoisonnement thyroïdien aigu provoqué par les manœuvres opératoires (1893). Mon expérience ultérieure a d’ailleurs confirmé cette manière de voir.
Déformation spontanée du maxillaire inférieur avec impossibilité de fermer la bouche et de mastiquer. Acromégalie probable. Bull, et Mém. de la Soc. de Chir., 1904, p. 873.
J’ai présenté une jeune fille de viugt-deux ans dont le maxillaire intérieur s’était accru en peu de temps, de telle façon que les dents inférieures et supérieures ne s’opposent plus. La malade était dans l’impossibilité de mâcher ses aliments. Il est probable qu’il s’agissait d’une maladie de l’ierre Marie (acromégalie au début).