I. - FOIE
(ÉNDMÉRATION CHRONOLOGIQUE)
Note sur un cas de cirrhose biliaire avec atrophie du loie (en collaboration avec Gibaodeau). Revue de Méd., 1882, pp. 1060-1069.
De la stérilité des suppurations du foie et de la vésicule biliaire. Huit opérations d'hépato-
tlîl
alfetoire et
souvent
résultat appréciable.
Cholécystostomie pour calcul biliaire. Bull, et Mém. de la Soc. dé Chir., l" février 1893,.
En 1893, l'extraction des calculs comprimant ou obstruant le cholédoque n’était pas bien établie,, ét surtout nous croyions encore que la Vésiculé biliaire était dilatée, quand nous sentions dans les cas de lilhiase une tuméfaction soushépatique. C’est ce qui m’a fait publier le cas suivant :
Une femme de trente et un ans ayant eu dix ans auparavant une Colique [ue est admise h Beaujon pour de nouveaux troubles du côté du foie, un mois, une nouvelle crise de colique hépatique avec ictère. La colojaune n’avait fait qu’augmenter, si bien qu’à son entrée à l’hôpital la avait un teint verdâtre. Après un traitement médical de deux mois qui n’a donné aucun résultat, on bipasser la malade dans mon service. On croyait â une vésicule distendue, je pratiquai' la laparotomie et je trouvai au-dessoüS' du foie et au niveau du bord externe du grand droit une mèsse irrégülièré;
Bull. et Mém. de la Soc. de Chir., 18'mars 1896.
Lè diagnostic différentiel entre un kyste hydatique du foie et une hydropisie mlcxikuse mec contenu incolore de la vésicule est parfois difficile. J’ai rapporté le cas d’une femme de quarante ans présentant dans le flanc droit une tumeur ronde, lisse, ballottante, à matité continue avee celle du foie, mobile avec la respiration. A l’intervention, je crois mè trouver en présence d’un'kysle hydatique de la face inférieure du foie, et il s’écoule i la ponction un liquide eau de roche. Cependant, je trouve ensuite vingt-trois calculs. Les hydropisies transparentes de la vésicule dans la lithiase sont rares.
De 1891 à 1895, j’ai fait treize cholécystostomies pour lilhiase limitée à la vésicule. Le plus souvent, j’ai vu la fistule biliaire se tarir entre huit jours et deux
épaisse. Je parvins à extraire les calculs au nombre ' de deux, en les refoulant jusque dans la vésicule : j’abouchai ensuite celle-ci à l’estomac.'Fait curieux.: dès le, lendemain de l’opération, la malade présentait une teinte ictérique très nette des téguments et des urines, en même temps qu’elle avait une selle colorée. Deux jours après, l’ictère avait disparu', et depuis le fonctionnement du foie resta parfait. Je n’ai pu expliquer ce phénomène d’obstruction complète .des voies biliaires sans ictère, que par une sorte d’inhibition réflexe du, foie, partie de la portion du cholédoque obturée par les calculs. D’ailleurs, j’avais noté en ce point l’existence d’un petit anneau indiiré, entourant le cholédoque adhérent à la tête du pancréas et accompagné de deux ganglions assez volumineux, .S’agissait-il là d’une péricholédocite localisée, ou d’un noyau de pancréatite? ,11 me fut impos-
A propos des obstructions du cholédoque. Bùll. et Mém. de la Soc. de Chir., 1905,
Le diagnostic étiologique de l’obstruction du cholédoque demeure souvent difficile, progressif et continu, est sans doute un bon signe d’obstruction
permanente organique, mais il ne confère pas la certitude comme j’en ai eu encore récemment la démonstration chez une malade de cinquante-cinq ans, chez laquelle j’ai trouvé deux gros calculs dans le segment lerminal du cholédoque. La constatation de l’obstruction concomitante des canaux pancréatiques souvent envahis dans les cancers de la tête pancréatique est bien incertaine, et même pendant Copération le diagnostic, comme l’a bien montré M. le professeur Quénu, est difficile entre une pancréatite chronique, un cancer, un calcul de la région sous-duodénale du cholédoque. Je crois cependant qu’il faut s'efforcer de préciser ce diagnostic en pénétrant jusqu’au centre de l’obstruction ou en ouvrant le 'cholédoque au-dessus : du pancréas et en cathétérisant le bout inférieur. Il est également difficile de diagnostiquer la présence de calculs intrahépatiques, je l’ai constaté sur une malade de mon service chez laquelle j’enlevai deux calculs de la portion sous-duodénale du cholédoque, puis drainai l’hépatique après exploration soigneuse de toutes les voies biliaires; or, la malade succomba quelque temps après et je trouvai à l’autopsie des milliers de calculs dans les voies biliaires intrahépatiques. Je considère qu’il est souvent impossible de- distinguer, au cours de l’intervention, un cancer de la tête du pancréas d’une pancréatite
chronique. Même àpris Viritenéntion, le diagrioslic peXit rester én-suSpens, j'eh prends comme lénioin le cas d’un homme de cinquante ans, opéré par moi à :Beaujon, lé 23 mars 1903, pour un iclère chronique, par obstruction du cholédoque, je trouvai à la partie inférieure de ce icanal'Une- induration et pratiquai une cholécystostomie, puis ultérieurement, la fistule persîstaiit et les matières létant décolorées, une cholécy'stenlérostomie. Le résultât fut.parfait comme je m’en assurai dix-huit mois après. Or, en janvier dernier, il revint avec un épithélioma profond ayant envahi toute la cicatrice et'bourgeonnant à l’extérieur.
Au point de vue thérapeutique, je crois que le mieux est de chercher à lever l’obstacle. Si l’incision du cholédoque ne permet pas l’ablation d’un calcul enchâtonné, on pourra tenter son morcellement. Sinon on anastomosera la vésicule à une portion saine'de l’intestin ; si .cette vésicule manque, on fera \a. cholédocoentérostomie en opérant toujours dans une région souple et facilement maniable sous peine d’avoir une fistule.
Rétrécissements du pylore d'origine hépatique (en collaboration avec Marcuais). Reoue de Chir., Paris, 10 février 1897, pp. 100 121. (Voir Estomac.)
Cirrhose du foie et appendicite. Presse médicale, 29 juin 1904, n“B2 (en collaboration avec A. Mauté). (Voy. Chirurgie de l'intestin.)
Cancer du confluent cystico-hépatique. Bull, de la Soc. de Chir., 8 tévr. 1906.
J'ai attiré l’attention sur une lésion des voies biliaires peu fréquente et •particulièrement grave par son siège; je Vai rencontrée trois fois. Il s’agit de noyaux cancéreux occupant h confluent cystico-hépatique.
Dans les trois cas, cette lésion s’était manifestée par des symptômes cliniques analogues à ceux d’un cancer de la tête du pancréas; ictère progressif et chronique, amaigrissement et affaiblissement rapides, etc.; l’ictère était cependant moins marqué et l’aspect des selles et des urines indiquait que l’obstruction biliaire h’était pas complète. Dans les trois cas, à l’ouverture du ventre, j’ai trouvé une vésicule, biliaire augmentée de volume : dans deux cas elle était distendue par du mucus, dans le troisième elle était affaissée, vide, mais il était facile de se convaincre par son aspect et ses dimensions qu’elle avait élé remplie peu de temps auparavant. Au niveau du confluent cystico-hépatique siégeait une petite tunieur du volume d'une noisette, arrondie, dure, dont il était’affficilè de dire si elle était constituée par un calcul, un ganglion ou un noyau néoplasiqué. •Au-dessus du confluent, la distension du canal hépatique était extrême au point qu on pouvait le prendre pour la veiiie porte. Je n’eus d’autre ressource que
d’élablir un drainage de l’hépatique à l’extérieur. Les deux premiers malades succomlièrent h l’opération ; le troisième, au contraire, retira iin bénéfice considérable de l’intervention : la température qui, avant l’opération, était très élevée (angiocholite infectieuse) tomba à la normale, l’ictère disparut, le malade engraissa et reprit des forces. Je conseillai dans ces cas de suturer l’hépatique a l’intestin. '
Hépatico-gastrostomie pour cancer des voies biliaires. Bull, et Mém. de la Soc. de.CMr,, 8 mars 1905, p. 251.
J’ai pratiqué cette opération en juillet 1903, chez une femme de trente-neuf ans, qui présentait une obstruction des voies biliaires causée par une petite tumeur cancéreuse occupant le point de jonction du cystique et du cholédoque.
N’osant pas, en raison de certaines adhérences péricholédociennes, profcéder à la résection de cette tumeur et ne voulant pas, d’autre part, exposer ma malade aux conséquences, fatalement désastreuses, d’une hépaticostomie simple, je me décidai à faire une hépatico-gastrostomie en abouchant la face antérieure de l’hépatique à la face antérieure de l’estomac. L’opération n’alla pas sans des difficultés considérables eu raison de la friabilité excessive de l’hépatique. L'anastomose d’ailleurs ne tint pas ; au bout d’une semaine la malade présentait une désunion de sa plaie avec issue de la bile au dehors et quand elle sortit de l’hôpital, au bout de cinq semaines, elle était absolument cachectiqne. La suture mérite dans ces cas une technique spéciale pour éviter les fistules à son .niveau.
Epithélioma d'un lobe aberrant du foie pris pour un rein mobile. Ablation. Guérison.
Bull, et Mém. de la Soc. de CMr., 903, p. 852.
11 s’agissait d’une femme qui était entrée dans mon service pour une tumeur du flanc droit, offrant absolument tous les caractères d’un rein mobile. Ôr, l’opération montra qu’il s’agissait d’une tumeur pédiculée s’implantant sur le bord antérieur du foie. La glande hépatique paraissait d’ailleurs saine et, comme on ne percevait aucun ganglion au niveau du hile, je n’hésitai pas à pratiquer l’ablation de cette tumeur. Cette ablation ne présenta aucune difficulté, l’hémostase de la tranche de section du pédicule au niveau de sa base fut des plus faciles et les suites de l’intervention furent normales. Il suffit, pour parfaire l’hémostase répétée, si difficile des pertes de substances hépatiques, de serrer les fils dans une juste mesure. La striction ne doit pas couper le tissu du foie.
kyste hydatique à dégénérés
hydatique du lobe de Spiegel. Dans les cas d’ictère chronique avec antécédents de colique hépatique et allure clinique rappelant celle de la lithiase chez un sujet jeune, il faut penser à sa possibilité et on ne doit pas refermer l’abdomen sans
Anévrisme de l’artère hépatique. In Mémoire de Vihandre, Arch. de Chirurgie. Pour
Un malade entre dans mon service avec le diagnostic de cancer du pancréas. Il y a six semaines, sans antécédents préalables, il est pris d’ictère, ses matières se décolorent, il a du dégoût pour les graisses, quelques démangeaisons et vient à l’hôpital. Son ictère est foncé, il présente une voussure de l’hypochondre droit; j’interviens le 29 octobre 1907, je trouve une tumeur ronde entre la face inférieure du foie en haut, la petite courbure de l'estomac et le duodénum en bas, la vésicule lui adhère en haut et à droite, elle est normale. La ponction de la tumeur est négative; à l’incision d’abord une masse jaune rappelle un vieux kyste hydatique, puis des caillots parsemés de plaques calcaires, enfin, le sang jaillit, je pince l’orifice, le lie et marsupialise à la peau la première partie de cet
i pratiquer des résections larges du pancréas secondairement auxquelles je vis apparaître trois fistules. L’écoulement de liquide pancréatique était abondant et la corrosion de la peau difficile à limiter; cependant chez deux malades les fistules guérirent spontanément, l’une en six semaines, l’autre en deux mois. Chez le troisième, frappé des ennuis précédemment observés, je prescrivis le régime des diabétiques et obtins un résultat remarquable : l’écoulement disparut dans les quaranfe-huit heures. Etonné par un succès aussi rapide, je fis alors la contre-épreuve et le régime cessant l’écoulement reparut. Je rétablis alors le traitement d’une façon continue et la malade guérit.
Résection de la tête du pancréas pour tumeur limitée.
J’ai fait faire à mon interne Sauvé son mémoire de médaille d’or sur cette question à propos d’un cas observé dans mon service. (Sauvé. Interne, médaille d’or. Jlc!). de CAfrerpw, 1908.) ‘
Pancréatite chronique ou tumeur du pancréas. Bull- et Mém. de la Soc. de CMr., 1905,
Kyste hydatique suppuré de la rate. Splénotomie. Guérison. Examen bactériologique.
Bull, et Mém. de la Soc. de Chir., 1892, p. 667.
Tout l’inlérêt de ce fait réside dans l’examen bactériologique.
L’examen bactériologique fait par MM. Widal et Chauffard montra dans le pus le coli-bacille à l’état de pureté, et les vésicules hydatiques encore vivantes contenant un liquide élair et stérile. C’élait à cette époque une des premières constatations de l’agent pathogène dans ces suppurations. . ' , , , ,
11 s’agit d’une malade qui avait vu une tumeur considérable se développer dans son flanc gauche à la suite d’une attaque d’influenza. Cette tumeur remplissait tout le côté correspondant et se terminait en bas par un bord tranchant. Une première ponction explorative donne issue h du liquide hydatique, une deuxième à du liquide purulent. Laparatomie, ouverture et évacuation du kyste, drainage et tamponnement. Quelque temps après, la guérison était complète.. Quelques mois plus tard, cette malade rendit par vomique du liquide hydatique provenant Vraisemblablement d’une poche hépatique.