APPAREIL DE LA DIGESTION
Polypes de l’estomac. — Cette note comprend la description des diverses variétés des polypes villeux ou glandulaires (papillo-adénomes) et des polypes fibreux de l’estomac avec leur structure et leur mode de développement. La surface de la muqueuse stomacale présente, dans ce cas, des villosités plus ou moins considérables développées sous l’infiuence d’une inflammation chronique ; ces villosités peuvent alors se souder en un point et former de petites tumeurs dont la base contient des glandes en tubes. Celles ci, ne pouvant verser leur contenu dans la cavité stomacale, deviennent kystiques. Dans un grand nombre de faits, il est facile de voir â l’oeil nu les glandes dilatées et kystiques. Les parois des tubes glandulaires et des kystes contiennent des cellules cylindriques pleines de mucus.
Dans une de ces observations, un gros polype fibreux, recouvert de
dulaires, obstruait complètement le pylore. (Bulletins de la Société anatomique, 1863, p. 583.) Dans d’autres faits anatomiques, M. Cornil a vu depuis l’état muqueux ou caliciforme des cellules cylindriques contenues dans les tubes glandulaires devenus kystiques. (Manuel d’Eist. pat A., t. Il, p. 285.)
Empoisonnement par l'arsenic. — Dans une observation d’empoisonnement aigu par l’arsenic, présentée par M. Féréol à la Société médicale des hôpitaux (1880), l’estomac, examiné par M. Cornil, montrait des ecchymoses et une suffusion sanguine considérable dans la tunique muqueuse. La couche des glandes en tube et le tissu sousmuqueux, infiltrés de sang, offraient par places une épaisseur de 1 centimètre. Les vaisseaux capillaires étaient colossalement dilatés.
Fièvre typhoïde. — M. Corail a décrit en 1862 (Société médicale d’ohsenatim) les lésions dii foie et du rein qui sont constantes dans la fièvre typhoïde. L’histologie de ces dégénérescences était alors peu connue en Franco.
Il a publié plusieurs observations de phthisie survenant pendant la convalescence de la fièvre typhoïde, ce qui était nié ou contesté.
(Société médicale des Hôpitaux, mars 1872.)
Il a montré le premier que la muqueuse de l’estomac était parfois atteinte d’une gastrite profonde dans la fièvre typhoïde, surtout lorsque la maladie s’était accompagnée de vomissements. (Société médicale des Hôpitaux, 1880.) Il s’agissait d’une lésion de l’estomac assez rare. Le tissu conjonctif profond de la tunique muqueuse, entre les culs-de-sacs glandulaires et au-dessous d’eux, était infiltré d’une quantité considérable de cellules lymphatiques et épaissi. Les vaisseaux sanguins étaient remplis de sang et très dilatés. M. Chauffard a relaté depuis une série de faits analogues dans sa thèse de doctorat.
Sur l’histologie pathologique des lésions de l’intestin dans la fièvre typhoïde. — Description des lésions des villosités et des glandes de Lieberkühn dans la fièvre typhoïde. Les villosités sont tuméfiées et effacées; les glandes de Lieberkühn sont hypertrophiées et remplies d’épithélium, dans le stade qui précède l’ulcération, au niveau des plaques de Payer. Le tissu conjonctif de la muqueuse est infiltré de cellules lymphatiques qui s’agglomèrent également dans la couche de tissu conjonctif péritonéal et déterminent même quelquefois un relief saillant ou une plaque blanchâtre à la surface péritonéale de l’intestin. (Archives de Physiologie , 1870, p. 292.)
Suppuration des voies biliaires. Fièvre intermittente symptomatique. — Dans ce fait, les canaux biliaires étaient tellement dilatés et remplis de pus, qu’en incisant le foie on aurait pu les prendre pour des abcès. Le pus, dans cette observation, comme dans tous les faits analogues, présentait, comme éléments constants et essentiels, des cellules épithéliales cylindriques. (Comptes rendus de la Société de Biologie, 1864, p. 10.)’
État des canalicules biliaires dans l’atrophie jaune aiguë du foie.
— Dans un fait d’atrophie aiguë du foie, les cellules hépatiques étant presque complètement détruites, on voyait très facilement les canali-
ide, lui
de cirrhose
Etat des vaisseaux dans la cirrhose du foie. — L’auteur décrit (Société de Biologie, 29 novembre 1873) les végétations et granulations fibreuses très fines qui se trouvent presque constamment à la surface du foie cirrhosé, et il indique leur rôle dans la formation des adhérences avec les organes voisins, aussi bien que dans les anastomoses vasculaires qui s’établissent en vue de suppléer à la circulation de la veine porte. Il a communiqué en même temps des faits de dilatation des vaisseaux capillaires produisant un véritable tissu caverneux au milieu du tissu fibreux embryonnaire dans la cirrhose hypertrophique.
De la relation de l'ictère avec les lésions des canalicules biliaires microscopiques intralobulaires et interlobulaires.—L’auteur passe en revue (Société de Biologie, 1875, p. 306) une série do cas pathologiques dans lesquels, le tissu conjonctif périlobulaire étant plus ou moins enflammé ou envahi par des néoplasmes, les canaux biliaires sont également compromis et enflammés. Ainsi, dans l’ictère grave, dans certains faits de péritonite puerpérale , de variole grave, d’abcès
du foie, etc., en même temps que le tissu conjonctif périlobulaire eït infiltré de cellules lymphatiques, les canaux biliaires sont dilatés et. leurs cellules épithéliales entrent en prolifération. Il existe alors un véritable catarrhe des voies biliaires.
L’auteur cite un cas de leucocythémie avec des néoplasies lymphatiques développées autour des îlots hépatiques et au milieu desquelles I63 canaux biliaires étaient également enflammés.
■«Contribution à l’anatomie pathologique du pancréas, par MM. Lépine et Corail, Bans l’un des faits relatés, il s’agissait d’un lymphome du pancréas, organe qui était complètement transformé on tissu réticulé lymphoïde.
Dans une autre observation, le pancréas, bien qu’il eût conservé sa forme, présentait, à l’œil nu, tous les caractères d’un lipome ou d’une masse de tissu cellulo-adipeux. Les canaux pancréatiques dilatés étaient remplis par du mucus contenant de petits calculs friables, blancs, ou réduits en une bouillie opaque composée de phosphate et de carbonate de chaux. A l’examen microscopique on reconnaissait que les canaux de la glande étaient seuls conservés, tout le tissu glandulaire étant remplacé par du tissü conjonctif adipeux. ( Société de Biologie, 1874, p. 381.)