Du cancer de Vestomac à forme septicémique
Chez un malade atteint de cancer de la région pylorique, nous avons observé une série de symptômes septicémiques dus à une infection d’origine gastrique : teinte pâle jaunâtre dos téguments, analogue à celle que l’on rencontre dans la septicémie, accès de fièvre, ecchymoses et éruptions érythémateuses sur la peau, accidents pulmonaires (pneumonie chronique des deuxbases), avec une augmentation considérable du volume du foie survenu assez subitement.
La région hépatique était douloureuse et le foie débordait les fausses côtes de trois travers de doigt. L’autopsie a montré l’absence de propagation cancéreuse du foie ; il s’agissait d’une simple hypertrophie de cet organe, hypertrophie que nous attribuons à l’action des toxines élaborées dans l’estomac cancéreux.
Il existe donc une forme septicémique de ce cancer.
Cette forme septicémique peut donner lieu à des erreurs de diagnostic lorsque le néoplasme ne se révèle pas au toucher. C’est ainsi que dans deux cas de ce genre, avec hypertrophie du foie et fièvre, nous avons vu porterie diagnosticerronéde kyste hépatique suppuré chez l’undes malades, et celui de fièvre typhoïde chez l’autre.
Lorsque le cancer siège ailleurs que dans l’estomac il peut déterminer également des symptômes septicémiques ; mais c’est surtout dans les ulcérations cancéreuses gastriques et en raison de l’accès facile des microbes et de leurs toxines au foie
par l’intermédiaire de la veine porte que les accidents infectieux se produisent.
Ces accidents ne sont pas uniquement hépatiques ; ils peuvent être aussi pulmonaires, cardiaques et cutanés.
HO. Note sur les variations de l'appétit dans le cancer de l’estomac et du foie. Ifimgr-is de Besançon, 0 avril 1893.)
Les observations publiées dans cette note prouvent qu’on peut observer dans le cancer de l’estomac et du foie, exceptionnellement il est vrai, non seulement ce qu’on peut appeler un faux appétit, l’illusion de l’appétit, l’appétit par auto-suggestion, mais la conservation de l’appétit normal, et même très exceptionnellement la boulimie.
On ne doit pas tabler sur un symptôme qui peut présenter les deux modes paradoxaux de l’anorexie hystérique et de la boulimie cancéreuse.
tu. — Angine streptococcienne; fusée purulente rétro-pharyngo œsophagienne s’ouvrant dans la cavité pleurale droite. — Empyème. — Mort.
Pathologie hépatique.
112. — Pleurésie purulente chronique. —Hypertrophie du foie. — Ponctions. — Coup de trocart dans le foie. — Hépatite et périhépatite localisées.
(Soc. anal., J févr. 1873.)
L’examen histologique démontra que la plaie du foie faite par le trocart de Reybard n’avait entraîné aucune lésion sérieuse de l’organe. On retrouvait le trajet fistuleux creusé par le trocart rempli de pus communiquant à travers le diaphragme avec l’épanchement pleural purulent ; autour du trajet on voyait, sur les coupes, une légère infiltration embryonnaire des espaces intertrabéculaires et encore sur une faible étendue, un centimètre au plus, autour de la cavité pratiquée par le
Exemple assez curieux de la résistance qu’offre souvent le tissu hépatique aux facteurs ordinaires d’altération des éléments organiques
H2bis. — Varices œsophagiennes dans un cas de cirrhose alcoolique .— Rupture.
(Soc. anal., 26 fé-jr, 1875.)
Ces varices œsophagiennes avaient déjà été signalées en 1838 par Fauvel (Soc. méd. d'observation), et en 1874 par (Bulletin de la Soc. anat.).
Dans ce troisième cas, la rupture se fil pendant un effort, alors qu’il n’existait encore ni ascite ni développement des veines sous-cutanées abdominales. L’examen histologique montra que le foie était sclérosé.
En 1877, Dusaussoy publia une nouvelle observation dans sa thèse (Étude sur les varices de tœsophage), et, depuis, d’autres observations sont venues s’ajouter aux précédentes.
Il est intéressant de faire remarquer que, lorsque les varices œsophagiennes existent, on vertu de cette circulation supplémentaire, les veines abdominales ne se développent peu ou pas, l’ascite manque le plus souvent, ou, quand elle apparaît, elle se montre tard et en petite quantité.
Dans l’observation de Fioupe, dans celle de Dusaussoy, comme dans l’observation présente, la rupture et l’hématémèse sont survenus pendant un effort ; il y a là quelque chose qui intéresse l’hygiène et la thérapeutique de la cirrhose.
On savait déjà, quand ce travail parut, que le type de la cirrhose atrophique alcoolique est loin de représenter une forme unique de sclérose hépatique, qu’il est d’autres modalités déterminées par les influences les plus diverses: ce travail isole pour la première fois une forme de cirrhose hypertrophique qui correspond à une expression clinique toute particulière.
Voici les conclusions de ce travail :
« Parmi les différentes lésions du foie qui ont été englobées sous la dénomination do cirrhose hypertrophique, il en est une qui est vraiment spéciale et qui se compose des éléments suivants ; sclérose lobulaire très accusée et sans tendance à la rétraction du tissu conjonctif de nouvelle formation : souvent aussi sclérose in-
et de la rate, sans ascite, ni développement des veines sous-cutanées abdominales.
Le plus souvent cette affection a une marche lente et peut durer plusieurs années sans altérer profondément la nutrition, d’ordinaire elle se termine par le syndrome désigné sous le nom d’ictère grave.
Par toutes ces particularités, elle paraît mériter une place à part dans le cadre nosologique. On pourrait lîri donner le nom de cirrhose hypertrophiqne du foie avec ictère chronique. Assez souvent l’étiologie n’a présenté rien de spécial, mais d’autres fois la sclérose a paru être subordonnée aux altérations des canalicules biliaires, soit primitives, soit consécutives à la lithiase biliaire. Si ce tait était définitivement établi, il conviendrait de placer en face de la cirrhose atrophique qui se développe autour des radicules de la veine porte une cirrhose hypertrophique avec ' ictère ayant son point de départ autour des canalicules biliaires.
Toute interprétation à part, cette forme de cirrhose hépatique diffère totalement de la cirrhose atrophique vulgaire indiquée pour la première fois par Laennec. Celle-ci se caractérise par l’atrophie hépatique, l’ascite abondante avec développement anormal des veines sous-cutanées abdominales, l’absence habituelle d’ictère, etc., celle-là, par l’augmentation considérable du volume du foie (le poids dépasse 2 kilos), et de la rate généralement plus volumineuse que dans la cirrhose atrophique, par l’absence d’ascite qui ne se produit qu’exceptionnellement vers la fin de la maladie et à un faible degré, par l’existence d’un ictère ordinairement intense durant plusieurs mois, plusieurs années, avec des fluctuations mais toujours re-
Dans cette nouvellp forme, la marche est beaucoup plus lente que dans la cirrhose atrophique ; tous les cas observés se sont terminés par la mort après plusieurs années (deux à six ans) et toujours par ictère grave.
Avant ce travail, on pouvait trouver éparses, çà etlà, quelques observations de celle affection ; nous les avons recherchées avec soin, et reproduites dans notre mémoire, où ontrouveraentreautreslesfaitsremarquables publiés parGubler dans sa thèse d’agrégation, cellesdePaulOllivierdans VUnionmédicale, 1871 ; du professeur Jaccoud dans la Clinique de la Charité^ 1868, etc. Toutefois il nous sera peut-être permis de rappeler ici le jugement portépar le professeur Charcot dans ses Leçons sur les maladies du foie :
« Ce sont les travaux tout récents de MM. Cornil, llayem, Hanot qui noua ont fait connaître les caractères anatomiques propres à cette forme do cirrhose, en particulier l’altération spéciale des voies biliaires, et c’est au dernier de ces auteurs que revient l’honneur d’avoir présenté, dans une bonne monographie, le tableau caractéristique de la maladie, fondé sur l’intime rapprochement des données anatomo-pathologiques et cliniques. » (Leçons sur les maladies du foie faites à la Faculté de médecine de Pa™,par M. le professeur Charcot, p. 223,1877.)
biliaire. C’est ainsi que certains symptômes ont été analysés de plus près, tels que la persistance d’un bon état général avec conservation de l’appétit allant parfois jusqu’à la boulimie ; les alternatives de décoloration et de coloration des fèces, quelquefois même avec polycholie comme dans une sorte de diabète biliaire.
L’étude de l’étiologie montre que cette affection peut se développer en dehors de l’alcoolisme et de toutes les autres causes ordinaires de la cirrhose atrophique, qu’on l’observe surtout chez des jeunes gens de faible constitution, cependant sans aucune tare morbide antérieure.
Par tous ces nouveaux caractères, la cirrhose hypertrophique avec ictère chronique s’affirme comme une entité morbide suffisamment définie, mais dont il reste encore à déterminer l’origine réelle.
117. — cirrhose hypertrophique avec ictère chronique considérée comme une hépatite infectieuse.
Nous avons réuni dans cette leçon tous les arguments que la clinique, l’anatomo-pathologie macroscopique, l’histologie et l’expérimentation fournissent, en dehors de la constatation de l’agent pathogène, en faveur de la nature infectieuse de la maladie. Cette pathogénie a été acceptée aussi par le D' Chauffard, dans son article du Traité de Médecine de Charcot-Bouchard et par le professeur Kiener qui s’exprime ainsi, dans son mémoire Sur un cas de maladie de Hamt :
« Nous avons donc affaire à une maladie générale, que l’ensemble de ses manifestations cliniques et anatomiques rapproche des maladies infectieuses.
» Il me semble peu probable qu’il s’agisse de l’un quelconque des microorganismes vulgaires, tels que le Bacterium coli par exemple, qui déterminent des affections multiples et des lésions banales. La rareté de la maladie, les particularités qu’elle présente dans sa marche clinique et dans ses symptômes aussi bien que dans les lésions organiques, font plutôt penser à quelque agent hautement spécifique comme sont les bacilles typhiques, charbonneux et morveux. » (Sem. méd., 19 juill. 1893.)
118. — Oblitération complète du canal cholédoque. — Absence d’ictère.
;Soc. Moi., 23 arril 1881.)
Pour quil y ait ictère, l’oblitération du canal cholédoque ne suffit pas. Il faut encore que la bile sécrétée soit normale et en quantité suffisante. Si, en vertu d’une altération concomitante de la cellule hépatique, la bile est sécrétée en petite quantité ou si elle subit cette transformation qui la rend incolore (acholio pigmentaire) l’ictère ne saurait se produire, si oblitéré que puisse être le canal cholédoque.