HYGIÈNE HOSPITALIÈRE
Prophylaxie des maladies contagieuses et des infections à l’hospice des Enfants-Assistés, I89I-I896.
L’efficacité des mesures d’hygiène et de prophylaxie que l’on dirige contre les maladies infectieuses des enfants ne peut, nulle part, être mieux appréciée que dans un établissement où, par le fait même de sa destination, se trouvent réunis à la fois des enfants bien portants et des enfants malades. Tel est le cas de l’hospice dos Enfants-Assistés.
Le recrutement journalier y amène en proportion considérable (H à 12000 par an) des enfants de toute provenance, extraits le plus souvent de milieux très misérables et, par conséquent, fort suspects au point de vue des contaminations possibles. En dehors des risques personnels que leur font courir leur origine douteuse et les allées et venues interminables qui précèdent leur hospitalisation, ces enfants constituent pour la population résidente de l’hospice une menace toujours renouvelée, et rendent, pour ainsi dire, intarissable la source des contagions nouvelles.
Devant ce danger constant, la surveillance et les précautions d’hygiène devaient être instituées d’une façon d’autant plus rigoureuse que, depuis longtemps, l’hospice des Enfants-Assistés jouissait d’une réputation déplorable, trop justifiée, malheureusement, par son effrayante mortalité. Elles devaient l’être, n^^culement pour les périodes d’accalmie, mais aussi et surtout pour les poussées imprévues
comme dans les services de chirurgie ou d obstétrique, elle se greffe sur les larges surfaces des muqueuses ou même de la peau, pour peu que le revêtement épithélial
plêtement développé; ses sources sont nombreuses, et d’autant plus difficiles à tarir que le renouvellement des malades est plus rapide et qu’ils arrivent plus infectés.
Dans cette pathologie spéciale des infections où les pyogènes jouent un si grand rôle, et qui tient une place considérable dans là médecine infantile, à cause de la réceptivité et de la vulnérabilité parfois désespérantes des sujets, on peut trouver un certain nombre de données sur lesquelles on doit se guider quand on veut aborder avec quelque profit les questions de thérapeutique et d’hygiéne. J’en rappellerai trois, dont mon enseignement et ma pratique hospitalière se sont toujours
virus des inoculations sériées èxpérimentales ; ils exaltent leur virulence. Le fait est certain, en ce qui concerne les infections de l’appareil respiratoire, bronchites, broncho-pneumonies; mais il est. particulièrement probant quand il s’agit des complications de la rougeole. J’ai pu suivre ainsi, en plusieurs occasions, soit à l’hôpital, soit en ville, les étapes successives d’une série de rougeoles, et noter l’aggravation progressive de la maladie et de ses complications à mesure que l’infection passait d’un sujet à un autre.
Ce système, dont le plan détaillé a figuré à l'Exposition d’hygiènt, présente plusieurs avantages. La surveillance est facile d’un bout à l’autre de la salle, et, cependant, les entants sont isolés par groupes de deux. Les malades voient leurs petits voisins à travers les cloisons, assistent au mouvement de la salle et ne se sentent pas emprisonnés. Le prix d’installation est modéré, et le système de chauffage préalablement établi n’a pas besoin d’élre modifié, puisque les cloisons ne montent pas jusqu’au plafond. L’aération et la ventilation se font comme dans une grande salle; maïs la désinfection de chaque box isolément ne peut pas être faite d’une façon aussi large et aussi parfaite que dans une salle complètement évacuée.
pas contestable ; elle a été nettement établie depuis plusieurs années à l’hôpital des Enfants-Malades et aux Enfants-Assistés.
Angines, infectims bronchiques, broncho-pneumonies.
Eu pratiquant l’isolement des malades atteints de
aftectic
imposant
Les avarions, les enfanU atteints d'œdème et les débiles sont placés dans dos Ayant observé un assez grand nombre d’infections rapidement mortelles chez les sujets placés dans les couveuses, j’ai pensé que ces infections tenaient en partie à l’impossibilité où l’on se trouvait de désinfecter complètement les couveuses en bois alors en usage, et j’ai tait construire des couveuses en faïence et en verre, faciles à désinfecter, qui nous ont donné des résultats meilleurs.
Les syphilitiques sont placés dans un service spécial, désigné sous le nom de nourricerie (D' Nicolle, La nourricerie de l'hospice des Enfants-Assistés, Thèse de Paris, 1891). Ils y étaient nourris autrptois par des ànesses ; mais plusieurs entants prenant successivement le pis de la même ânesse, les infections intestinales se propageaient avec une telle rapidité que j’ai dû renoncer Êt ce mode d’allaitement, et je suisrevenu è l’emploi du lait stérilisé, qui ne donne pas non plus des résultats
millième. S’il existe des abcès, on les ouvre immédiatement et on les panse avec
Au point de vue de la prophylaxie collective, les mêmes précautions sont prises que pour les autres infectés. Les impéligineux et les suppurants occupent une salle spéciale. Les linges qui leur ont servi sont soigneusement désinfectés ; les pansements sales, jetés dans des seaux émaillés, sont brûlés, etc.