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INFEGTIONS DE LA CORNÉE

Les lésioné infectieuses de la cornée sont de deux ordres : dans les unes, le processus infectieux affecte d’abord la surface épithéliale. Ce sont les kératites infectieuses superficielles, résultant presque toujours de la pénétration de germes développés dans le sac conjonctival ; dans les autres, le processus infectieux se localise d’emblée dans les lames de la cornée, réalisant ces kératites profondes dites aussi parenchymateuses ou interstitielles,

Kératites profondes.

La plus fréquente de ces kératites profondes est celle qu’Hutchinson a rattachée à la syphilis hédéditaire et dont la pathogénie a été l’objet de nombreuses discussions. S’agit-il d’une conséquence indirecte de l’infection syphilitique ou d’une localisation intra-cornéenne du trépomène :

Nous avons pensé que pour élucider ce point (à une époque où le trépomène n’était pas encore connu) il était logique d’étudier les processus de kératite profonde qui sont réalisés par l’infection lépreuse, par l’infection tuberculeuse et par les trypanosomiasmes.

Dans un mémoire fait en collaboration avec le D r Jeanselme, nous avons étudié les différentes manifestations oculaires de la lèpre, en nous intéressant d’une manière toute particulière aux types de kératite lépreuse dont nous avons pu, dans quelques cas tout au moins, comparer l’aspect clinique avec les lésions histologiques et la répartition des bacilles.

La kératite lépreuse se présente sous deux aspects différents. Le premier est caractérisé par une opacification plus ou moins étendue avec épaississement manifeste et saillie de la partie de la cornée affectée. Cette saillie peut être confondue avec un staphylome (ectasie cicatricielle de la cornée) ou

C’est en réalité un léprôme volumineux qui ne subit jamais l’évolution régressive et aboutit toujours à la perte de la vision. La néoformation est constituée par une infiltration des iamès de la cornée par des cellules lépreu ses rondes, polyédriques ou fusiformes renfermant pour la plupart des bacilles de Hansen. Cette infiltration peut s’étendre d’ailleurs aussi à l’iris, à la région ciliaire et à la sclérotique. 11 en était ainsi dans un fait dont j’ai publié la relation avec le Dr Sauvineau.

valeur qui ne las ait signalées. Les chiens inoculés avec le trypanosome de la dourine ont souvent une opalescence de la cornée qui s’étend assaz vite à toute la membrane et se transforme en quelques jours en une opacité complète et en un aspect porcelané. C’est, au point de vue anatomique, une véritable kératite interstitielle qui s’accompagne d’une légère injection conjonc-

(Morax. — L’abcès annulaire de la cornée et sa signification; Annales d'Oculist., 1914» t. CXXXII, p. 409.)

Mycoses de la cornée

L’infection mycotique de la cornée est exceptionnelle ; la plus connue est causée par l’aspergillus fumigatus, elle se reconnaît à une ulcération dont le centre est constitué par une zone blanche sèche produite par le feutrage mycélien à la surface des lames de la cornée. A cet aspect caractéristique, j’ai oppojé l’aspect pseudomembraneux auquel donne lieu une mycose plus rare dont j’ai décrit un cas et étudié le parasite, le Verticilium Graphii. La fausse membrane est formée par un feutrage mycélien enserrant quelques leucocytes.

L’infection restant superficielle peut être facilement combattue par des moyens locaux.

(V. Morax : Mycose de la cornée par le Verticilium Graphii. Annales d’Oculistique, 1910, t. CXLÏV, p. 225 ),.

Vaccine de la cornée.

L’inoculation accidentelle de l’infection vaccinale à la cornée humaine est exceptionnelle. Le premier cas publié résultait de la projection, dans l’œil d’un confrère, d’une pointe d’ivoire chargée de vaccin. Critchett qui en a publié l’observation n’a vu que les lésions cicatricielles qui résultaient de l’évolution vraisemblable d’une pustule cornéenne.

J’ai pu suivre du début à sa terminaison un cas d’infection vaccinale de la cornée réalisé chez une sage-femme par la projection accidentelle d’un vaccinostyle qui vint léser très superficiellement la cornée : trois jours après, on note l’apparition d’une érosion et d’un état irritatif du globe qui augmente pendant quatre jours puis persiste pendant une douzaine de jours. A l’érosion épithéliale superficielle fait suite une opacité par infiltration profonde des lames cornéennes avec réduction considérable de la vision. Cette opacité ne se résorbe que très lentement et ce n’est que plusieurs mois après le début de la lésion cornéenne que l’acuité visuelle s’est rétablie à un degré voisin de la normale.

J’ai montré les analogies existant entre l’évolution des lésions observées dans la cornée humaine et celle que l’on a expérimentalement réalisée chez

(V. Morax : Vaccine oculaire et inoculation vaccinale de la cornée humaine. Annales d’Oculistique , 1914, t. CLII, p. 345 ).

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