THÉRAPEUTIQUE DES VOMISSEMENTS INCOERCIBLES DE LA GROSSESSE
Nous nous sommes attachés, dans une série de mémoires ou de leçons, à mettre de l’ordre et de la méthode dans la mise en œuvres des moyens thérapeutiques dirigés contre ces accidents.
Notre ligne de conduite se base sur la notion que ces vomissements sont d’origine toxi-nerveuse, mais que les sources d’intoxications sont multiples
En admettant le vomissement nerveux, d’origine hystérique, influençable par suggestion, électricité, etc., nous n’hésitons pas il préconiser, dans tous les cas, de recourir à l’action psychique, si facile à mettre en œuvre.
Si les vomissements persistent, nous admettons l’intoxication, et nous pensons que celle-ci peut provenir, soit de l’intestin, soit de la zone génitale ; ovaire, œuf.
Quelques jours de régime lacté ou de régime hydrique, avec l’emploi de purgatifs ou de laxatifs, doivent avoir raison de toute mioxicanon d’origine intestinale.
Si les vomissements n’ont pas cessé par cette désintoxication, la cause est autre ; ovulaire, ovarienne, en tous cas peu attaquable ; et si, après la désintoxication alimentaire, par le régime hydrique, on ne peut revenir progressivement, soit au lait, soit au régime lacto-végétarien ou végétarien, il faut interrompre la grossesse, avant que la femme ne se trouve trop profondément inanitiée, incapable de supporter le choc de l’avortement provoqué.
Ici nous précisons la conduite. Dans un cas, par exemple, où le régime hydrique est supporté, le taux des urines remonté, que le pouls soit accéléré ou non, les choses ne peuvent durer, il faut revenir à l’alimentation. On met dans l’eau administrée une cuillerée à café de lait pour 9 cuillerées d’eau, puis progressivement 2, 3 cuillerées de lait, et ainsi de suite jusqu’au lait pur. La malade remise au lait est naturellement hors d’affaire.
Si ce retour à l’alimentation est impossible, chez une malade déjà amaigrie et affaiblie par une longue période de vomissements, après 3, 4, 5 jours de diète hydrique, il faut interrompre la grossesse, même si l’accélération du pouls, encore au-dessous ou aux environs de 100 pulsations, n’indique pas encore la production de phénomènes toxiques importants.
En même temps que ce régime, on peut recourir à la médication calmante, au ehloral {4 gr. en lavement) et aux lavements de sérum salé, 250 gr. à 500 gr. par jour. Enfin on doit recourir, sans y manquer, à l’aération continue de jour et de nuit, et si possible conseiller le transport de la malade au grand air.
Par la mise en œuvre méthodique de ces diverses pratiques, nous avons réussi à ramener à l’état normal un certain nombre de cas de vomissements très graves, et dans lesquels l’avortement thérapeutique paraissait être la seule issue possible.