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RÉACTIONS SANGUINES DANS LES ANÉMIES PAR HÉMORRAGIES

Tous les accoucheurs ont eu à assister une femme qui, au cours, ou au début de la grossesse, présente des hémorragies graves et répétées, comme dans les cas de placenta praevia, d’endométrite hémorragique.

Faut-il interrompre la grossesse, ou temporiser? L’intervention est . souvent l’occasion d’une nouvelle hémorragie, qui peut être fatale. L’accélération persistante du pouls indique dans une certaine mesure l’importance de l'hémorragie, mais on peut se trouver très embarrassé, dans le choix d’une décision. Nous avons, avec M. Abrami, établi, au point de vue expérimental et au point de vue clinique, un certain nombre de réactions sanguines, qui permettent de mesurer le degré de l’anémie, la puissance de réfection sanguine chez un sujet déterminé. Et nous avons pensé que ces examens de sang, faciles à pratiquer, pouvaient engager, soit à temporiser chez les sujets qui ne pourraient supporter sans difficultés une nouvelle hémorragie, soit à être plus avare d’intervention chez les sujets qui supportent avec vigueur les déperditions sanguines successives, soit enfin à intervenir à un moment opportun, si le sujet parait réellement capable de supporter une intervention.

Au point de vue expérimental, en réalisant chez des animaux des anémies par hémorragie, produites soit avec brusquerie, soit avec lenteur.

nous avons pu constater que des sujets de même poids, réagissaient de façon différente; nous avons pu constater aussi qu’un même animal, suivant l’importance de la saignée donnait des réactions diverses. Cliniquement nous avons constaté que des grandes déperditions globulaires .s’accompagnaient chez les uns, de réactions faibles, tandis que chez d’autres une faible hémorragie exigeait la mise en mouvement des dernières réserves médullaires (voir figures 18, 19, 20, 21).

Ces réactions nous les avons classées en trois degrés caractérisés par l’apparition de tels ou tels éléments dans le sang, en regard d’un chiffre globulaire déterminé.

Dans un premier degré, que l’on rencontre chez certains sujets, même avec de fortes pertes sanguines et un abaissement marqué du chiffre globulaire, on trouve des hématies granuleuses, des hématies a colorations diverses (polychromatophilie), des inégalités globulaires (anisocytose),

Dans un deuxième degré, aux modifications précédentes s’ajoutent les déformations globulaires (poïkilocytose).

Dans un troisième degré, aux modifications des deux degrés précédents s’ajoute la mise en jeu des réserves médullaires, les hématies nucléées, les myélocites, indiquant un grand effort de l’organisme (voir figures 22,23, 24).

En résumé, une forte perte globulaire avec la réaction n" 1, indique une énergique réfection sanguine, un faible abaissement globulaire avec la réaction n” 2 ou n" 3. indique une réfection sansuine difficile, pénible.

Toutes ces modifications, connues depuis longtemps, avaient été d’abord considérées comme signes de dégénérescence sanguine, Aubertin a indiqué que, bien au contraire, ils exprimaient un état de régénération du sang. Nous avons, en ce qui nous concerne, proposé de considérer le groupement de telles ou telles de ces modifications, comme caractérisant le pouvoir individuel de réparation sanguine.

Pour généraliser, nous pouvons dire que désormais en présence d’une anémie, qu’elle soit d’ordre médical, chirurgical ou obstétrical, mais résultant d’hémorragies, il est facile de savoir la valeur du sujet pour, réparer son sang, il devient ainsi possible de formuler l’opportunité ou l’urgence d’une intervention.

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