DÉLIVRANCE
Les suites des couches ne sont parfaites de régularité que si la délivrance est absolument complète. On doit aspirer h l’heure actuelle, autant que cela est possible, à ce que non seulement le placenta, mais aussi les membranes de l’oeuf, soient extraites dans leur totalité. Nous avons insisté, d’une façon toute particulière, sur les moyens d’y réussir.
Depuis qu’instruits par les travaux et les coupes de Pinard et Varnier, nous connaissons la physiologie de la délivrance dans toutes ses phases, nous attendons le décollement spontané du placenta pour l’entraîner au dehors, et nous savons que nous devons faire en sorte que l’œuf, retenu par les membranes, ne soit pas entraîné au dehors, pendant les contractions utérines.
En clinique, si l’on a attendn une demi-heure, avant de pratiquer la
délivrance, le placenta est le plus souvent décollé, et l’on ne doit exercer aucune traction avant que ce décollement soit constaté.
Mais une fois le placenta décollé, il s’agit de ne pas le séparer de ses membranes, et de ne pas l’entraîner au dehors, tandis que celles-ci restent retenues, pincées dans la cavité utérine.
Nous enseignons donc, comme acte très important de la délivrance, après le décollement placentaire, de laisser en permanence une main sur l’abdomen, surveillant l’utérus, pour arrêter toute traction, de l’autre main, à la moindre menace de durcissement. Nous recommandons que la main abdominale n’excite pas le muscle utérin, comme elle ne manque pas de le faire, dans les manœuvres dites d’expression. 11 nous semble préférable d’arriver au décollement membraneux par de douces tractions sur le cordon, faites au moment d’un relâchement certain.
Nous croyons par ce moyen, réussir à obtenir un plus grand nombre de délivrances complètes que par les méthodes d’expression, même quand la présentation de la face utérine du placenta paraît en faire naître l’indication.