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TRAITEMENT DES PRÉSENTATIONS PERSISTANTES DU FRONT

J’ai eu occasion en 1894 de pratiquer, de concert avec H. Varnier, la première symph-yséotomie pour un cas de présentation persistante du front.

A partir de ce moment, un certain nombre de ces cas furent traités par la symphyséotomie à la Clinique Baudelocque. En 1902, j’étudiais comparativement les cas du même service traités par la symphyséotomie, et les cas qui n’avaient pas reçu ce traitement.

Ces présentations, en vingt années, dans les services de M. Pinard de 1882 à 1902, ont été au nombre de 19, parmi lesquels 12 femmes n’ont pas été traitées par la symphyséotomie, et 7 ont été symphyséotomisées.

Cas non tmités par la symphyséotomie : 12 cas.

Mortalité maternelle. 2 cas, soit 16 p. 100.

Mortalité infantile. 7 cas, soit B8 p. 100.

Cas traités par la symphyséotomie : 7 cas.

Mortalité maternelle. 0.

Mortalité fœtale. 2 cas, soit 28,5 p. 100.

Ces cas, bien entendu, ne comprennent que les présentations persistantes du front, et non les formes transitoires. La présentation persistante du front est une cause de dystocie très grave, notre statistique le prouve une fois de plus, puisque sur ces 19 cas, l’accouchement n’a été spontané que 2 fois, l’utérus s’est rompu 2 fois, le vagin 1 fois, 2 femmes sont mortes ainsi que 11 enfants, et encore, 14 fois sur ces 19 cas, le bassin a pu être considéré

comme normal ou peu vicié, et les têtes fœtales n’étaient pas d’un volume exagéré, puisqu’on ne notait qu’une fois un diamètre bipariétal de 10 centi-

II était donc très intéressant d’appliquer une méthode de traitemcntcomme la symphyséotomie, qui faisait baisser de plus de moitié la mortalité fœtale, en abaissant à 0 la mortalité maternelle.

On pourrait se demander, si, depuis 10 ans, la césarienne, plus entrée dans la pratique, ne méritait pas, dans la thérapeutique des présentations persistantes du front, de prendre la place que nous nous étions efforcés de donner h la symphyséotomie.

La symphyséotomie restera préférable chez les multipares non infectées, et non suspectes d’infection. Nous avons, en effet, remarqué que la symphyséotomie procurant un agrandissement dans le diamètre transversal du bassin, d’un centimètre par centimètre d’écartement, semblait bien faite pour permettre la sortie facile d’une tête qui, orientée en front présentait, par le fait de cette orientation, des diamètres autéro-postérieurs excessifs. La symphyséotomie aura aussi l’avantage de moins engager l’avenir des accouchements futurs que la césarienne.

L’opération césarienne conservatrice ne peut pas être tentée dans les cas suspects d’infection, l’opération de Porro, au contraire, semble être la meilleure solution, si l’enfant est vivant, non compromis, dans un utérus qui peut être septique.

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