‹ Titres et travaux scientifiquesChapitre 29 sur 62 · FORCEPS · texte numérisé non relu

FORCEPS

Nous nous sommes efforcé de préciser les indications et certains points du manuel opératoire de l’application de forceps.

Indications.

En ce qui concerne les indications, nous avons insisté sur la nécessité de faire précéder toute intervention d’un diagnostic précis, portant sur la situation de la tête fœtale; en effet, les dangers courus par le fœtus varient beaucoup suivant que cette situation est élevée ou basse, au-dessus, ou au-dessous du détroit supérieur. Si, comme l’ont établi Pinard, Farabeuf et Varnier, la tête saisie au détroit supérieur, ne peut descendre qu’au prix d’une réduction traumatique, il ne faut que très difficilement et seulement en cas de nécessité absolue, poser les indications d’un forceps au détroit supérieur.

Malgré ces inconvénients du forceps au détroit supérieur, il est des cas où la vie du fœtus compromise par des applications antérieures, par une longue lutte au détroit supérieur, ne peut être mise en balance avec les

risques maternels d’un accouchement par la voie haute. D’autre part, une tète maintenue au détroit supérieur par un placenta praevia, alors que le bassin est normal, peut, saisie par le forceps, ne subir qu’un léger traumatisme. En résumé, il est bon de savoir que toute application du forceps au détroit supérieur est traumatisante, mais à des degrés divers, et qu’il y a malgré tout des circonstances où cette intervention, même avec ses risques fœtaux, reste la seule qui soit rationnelle.

Manuel opératoire de l’application de forceps.

Nous nous sommes donné à tâche d’indiquer quelques modifications de détails dans les réglés classiques du manuel opératoire de, l'application de forceps. Ces modifications visent surtout le placement de la première branche, ou branche postérieure.

Avec Pinard, Farabeuf et ’Varnier, nous estimons qu’il est indispensable qu’une main-guide aille explorer la région pariéto-malaire postérieure, faisant ainsi la voie à la branche postérieure. Mais nous estimons qu’il est difficile, sinon impossible, de laisser, comme on l’indique, la main en place attendant la cuillère. Nous conseillons- de retirer la main pendant que la cuillère pénètre doucement â sa place. En donnant ce conseil de conduire prudemment, dans les parties profondes, une branche qui n’est plus accompagnée, nous ne croyons pas être plus audacieux qu’il ne convient. En effet, il est classique de conduire ainsi librement la deuxième branche quand elle accomplit son tour de spire, et, si la manœuvre est faite avec douceur elle ne comporte aucun risque. 11 en est de même quand on place la première branche à la place qu’occupait la main qui se retire. En procédant ainsi, on réussit à ne pas déplacer la tête, à la mettre en contact avec la branche, laquelle se trouve facilement mise en bonne place.

Page 1