GRIPPE ET SUITES DE COUCHES
J’ai appelé l’attention sur les moyens de distinguer, dans les suites de couches, les manifestations de la grippe de celles de l’infection puerpérale. Ce diagnostic de grippe peut, surtout dans les formes- légères, présenter quelques difficultés.
Ces difficultés sont au maximum, quand la grippe débute, non pas avant l’accouchement, mais se montre, comme l’infection, au troisième ou quatrième jour des suites de couches.
C’est par l’examen attentif du pouls, que nous sommes arrivé à établir le diagnostic différentiel en question.
Dans l’infection puerpérale l’accélération du pouls précède, accompagne et suit les élévations thermiques.
Au cours des manifestations grippales le pouls s’accélère, quand la température s’élève et se ralentit quand elle descend. Mais l’accélération, qui accompagne les élévations de température, semble moins marquée que dans l’infection puerpérale, et la chute du pouls à 80 ou au-dessous est complète avec la chute de la température. Cela a été noté dans un groupe de cas de grippe, purs de toute infection puerpérale.
Dans un groupe de cas de grippe, surajoutée à de l’infection puerpérale, l’accélération du pouls s’est montré avec la même physionomie que dans l’infection puerpérale.
L’étude de ces cas de grippe a en outre permis de constater qu’il y a plus d’avantages à continuer l’allaitement qu’à, l’interrompre, le nourrisson échappant dans la très grande majorité des cas à une contagion, que la séparation n’aurait peut-être pas réussi à empêcher.
LA TÉTANIE DANS L’ÉTAT PUERPÉRAL
Cette affection passe pour être fréquente, au cours de la puerpéralité, en particulier dans les suites de couches, et surtout pendant l’allaitement.
Ayant observé, dans une pratique de vingt-cinq ans, un seul cas,, je l’ai étudié, et j’ai pris occasion de ce cas pour rechercher ce qu’il fallait penser de la prétendue fréquence de cette affection au cours de la puerpéralité.
J’ai interrogé, d’une part, lors d’une communication sur ce sujet, les membres de la Société obstétricale de France et j’ai, d’autre part, fait faire une enquête dans toute la littérature, par une de mes élèves, Mlle Klein, qui a consigné les résultats obtenus dans sa thèse. 11 résulte de ces différentes recherches que la tétanie est une affection exceptionnelle, et qu’elle n’est pas, comme on le croit communément, d’une fréquence très marquée au cours de la puerpéralité. Trousseau observant 41 cas et trouvant sur ces 41 cas, 40 nourrices, a très vraisemblablement assisté à une sorte d’épi-
démie de tétanie, comme on en a observé dans des prisons et dans des écoles.
On peut donc, en s’appuyant sur notre enquête, supprimer la tétanie du nombre des affections mises sur le compte de la puerpéralité.