SÉROTHÉRAPIE APPLIQUÉE AU TRAITEMENT DE L’INFECTION PUERPÉRALE
Résultats expérimentaux.
Les expériences ont été faites sous la direction de M. le professeur , Pinard, dans son laboratoire de la clinique Baudelocque; elles ont eu pour but de chercher à résoudre les questions suivantes :
t” Le sérum de Marmorek dont les effets préventifs, d’après M. Marmorek, ont été expérimentalement les mieux accusés, a-t-il la même innocuité sur la femelle pleine que sur l’animal en dehors de la gestation?
2" Ce même sérum a-t-il une action préventive et curative contre les infections à streptocoques, non plus d’origine quelconque, mais d’origine puerpérale?
3° Comment agit ce sérum sur le streptocoque d’origine puerpérale?
PaEuttRE SÉRIE n’EXPÉRiEvcES. — Actiou du sérum sur les femelles pleines : lapines et brebis. — L’expérience sur les brebis fut pratiquée à l’instigation de M. le professeur Pinard, avec le concours de M. Marmorek. Ces expériences nous apprirent que les femelles ne présentent pas, pendant la gestation, vis-à-vis du sérum de Marmorek, une réaction spéciale, tenant à leur état, et pouvant porter atteinte à la marche régulière de la grossesse, de l’accouchement et des suites de couches.
Deuxième série d’expérievces. — Action du sérum de Marmorek sur les streptococcies dorigine puerpérale. — Nous n’avons pas obtenu chez les animaux infectés avec des streptocoques d’origine puerpérale les résultats réguliers, constatés par M. Marmorek lui-même, dans ses expériences, où les animaux avaient des streptococcies dorigine non puerpérale, tout en tenant compte que nous avons créé les infections les plus graves par des inoculations dans le sang.
Troisième série d’expérievces. — Action in vitro du sérum de Marmorek sur le streptocoque dorigine puerpérale. — Nos streptocoques ont poussé
dans le sérum Marmorek comme milieu de culture, et ont conservé leur virulence. Le sérum n’a donc pas une action directe sur le streptocoque d’origine puerpérale; son action immunisatrice ne pourrait être qu’indirecte, due, d’après M. Bordet, à la réaction phagocytaire qu’il provoque dans l’organisme.
Résultats cliniques.
Cette partie de mon rapport, au congrès de Moscou de 1897, comprenait l’appréciation des résultats obtenus par la sérothérapie, à l’aide du sérum de Marmorek, dans le service de M. le professeur Pinard, pendant l’année 1896.
La sérothérapie avait été appliquée :
1" Chez les femmes soupçonnées d’infection.
2“ A titre curatif chez les femmes infectées.
r Sérothérapie chez les femmes soupçonnées S infection. — La valeur de la sérothérapie, dans ces conditions, peut être mesurée aux chiffres de la morbidité observée en 1896, en les comparant aux mêmes chiffres dans les années précédentes. 11 m’a été donné de remarquer que le nouveau traitement n’avait pas influé, d’une façon notable, sur le chiffre de la morbidité, ni du reste sur la qualité, ou le caractère de gravité des infections.
2“ Sérothérapie chez les femmes infectées. — Ici la valeur de la sérothérapie devait être mesurée au chiffre de la mortalité. Il m’a été donné de constater des variations trop peu notables, pour permettre d’en dégager une conclusion, dont puisse bénéficier la nouvelle méthode. La mortalité par septicémie de 0,18 p. 100 en 1894, et de 0,24 p. 100 en 1895, a été de 0,22 p. 100 en 1896, alors que dans cette dernière année, les femmes ont suhi le même traitement que dans les années précédentes avec le sérum en plus.
3" Mes conclusions générales, pour la partie clinique de ce travail; étaient qu’on ne pouvait pas à ce moment tirer de l’expérience faite une conclusion définitive, tout en faisant remarquer que l’on ne connaissait pas, au point de vue clinique, la valeur de la sérothérapie préventive.
Quant à la sérothérapie curative de l’infection puerpérale par le sérum antistreptococcique, aussi longtemps qu’on n’aura pas les moyens de poser
cliniquement le diagnostic bactériologique de l’infection, elle ne devra pas être pratiquée seule, à l’exclusion du traitement intra-utérin, qui, lui s’adresse à toutes les infections, quel qu’en soit l’agent pathogène.