LE CURETTAGE DANS L’INFECTION PUERPÉRALE
Nous avons en commun avec M. le professeur Pinard contribué à établir l’anatomie pathologique de l’infection puerpérale après le curettage, nous avons posé les indications de cette intervention, précisé son manuel opératoire et étudié les suites opératoires.
Indications.
Notre contribution à cette question a été surtout de restreindre, ii la période des premiers jours des suites de couches, les indications de cette intervention. Après avoir démontré qu’il pouvait être dangereux d’intervenir par un curettage dans les deux premiers jours des suites de couches, nous avons insisté sur l’inutilité et les inconvénients de l’intervention, après le cinquième et le sixième jour, alors que l’infection a pénétré l’organisme et se trouve répandue partout, bien loin de sa localisation primitive, l’utérus.
Dans une première phase, exprimée dans notre ouvrage sur l’infection puerpérale, à une époque où les cas d’infection se montraient, dans la pratiqne d’une grande maternité, encore assez fréquents, nous avons posé les indications de cette intervention, lorsque des tentatives de thérapeutique locale par l’injection intra-utérine n’ont pas amené d’abaissement de température. Depuis, nous avons individuellement, dans nos pnblications respectives, restreint le nombre de ces indications, en le réservant aux cas où il est manifeste que des débris ovulaires ou membraneux restent dans
Nous avons aussi contribué à délimiter très nettement deux interventions, jusqne-là souvent confondues. Nous avons défini le curettage à l’aide de la curette, opération de choix dans l’utérus à terme, et le curage ou raclage digital, opération destinée à vider l’utérus de débris d’avortements.
Manuel opératoire.
Nous avons proposé de pratiquer l’intervention sans spéculum sur deux doigts-guides, afin de supprimer ainsi la partie la plus douloureuse de l’intervention, qui est la mise en place du spéculum dans un vagin présentant des déchirures ou des escharres. On peut de la sorte curetter sans recourir à l’anesthésie. Le curettage est pratiqué après lavage antiseptique de la cavité utérine, avec la large curette mousse que j’ai fait construire par Collin. Les angles de l’utérus, plus difficilement accessibles, sont curettés avec notre petit modèle de curette, dont l’extrémité est demi tranchante. Ces différents modèles de curette sont suffisamment longs pour pouvoir être manœuvrés aisément dans l’utérus du post-partum à terme. L’opération se termine par un attouchement de la cavité utérine à l’eau phéniquée p. tOO, et la mise en place d’une mèche de gaze qu’on laisse vingt-quatre heures. Le curettage ainsi pratiqué n’est plus douloureux et réduit au minimum les dangers de perforation utérine (Voir fig. 47, 48, 49).
Suites du curettage.
Nous avons en commun avec M. Pinard, cherché à préciser ce qui se passe cliniquement, chez les femmes qui ont subi un curettage dans le postpartum.
Nous avons groupé les cas en plusieurs catégories.
Dans un premier groupe, les cas où la température présente dès le lendemain du curettage une chute définitive.
Dans un second groupe, les cas où la chute de la température se fait d’une façon progressive.
Dans un troisième groupe, les cas où il se produit de nouvelles ascensions de température.
Enfin les cas de mort.
L’expérience nous a appris que le curettage s’accompagnait toujours de nouvelles inoculations microbiennes, marquées par un frisson et une poussée de température. Mais si le curettage a de sérieuses indications, on ne doit pas se laisser arrêter par cette conséquence de l’intervention.