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RECHERCHES D'ANATOMIE PATHOLOGIQUE CHEZ LE NOUVEAU-NÉ

Ce travail a eu pour but :

1“ De préciser les lésions auxquelles succombent si souvent les nouveaunés, et qu’on se contente, habituellement, de réunir sous l’appellation vague de « faiblesse congénitale ».

2° De rechercher s’il n’y aurait pas un rapport Ji établir entre les lésions observées et les incidents notés au cours de la grossesse et du travail.

Ces recherches ont porté sur un assez grand nombre d’autopsies, que j’ai pratiquées, comme chef de laboratoire de la Faculté, h le clinique Baudelocque, dans le service de M. le professeur Pinard. En ne retenant que les faits sur lesquels j’ai eu des renseignements suffisants, j’ai pu grouper de la façon suivante 143 autopsies de nouveau-nés, en 3 classes.

l” Lésions contemporaines de l’accouchement : 98 cas.

2" Lésions préexistantes à l’accouchement ; 17 cas.

3" Lésions développées après l’accouchement : 28 cas.

Tableau général.

32 cas.

Inlra-cra- ( Méningées seules . .

niennes ) Méningées et cérébral

(63 cas) ( Cérébrales.

Abdominales. — Hémorragies du (3eas).. . . .

Congeslio

aies (40 cas)

4SS1Î, Lésions / Lésions pulmonaires •existaates l Hypertrophie du foi.

à } Ascites.

ouohement ; / Anasarque.

n cas. [ Rein polykystique .

ctASSE. Lésions développées

1" Lésions contemporaines de l’accoecuement. —Elles ont été les plus nombreuses : 98 cas sur 143 autopsies, soit les deux tiers.

Elles ont pu être subdivisées en 2 groupes :

a) Hémorragies.

b) Congestions viscérales.

a) Hémorragies. — Ces cas d’hémorragies sont au nombre de S8, soit plus du tiers du chiffre total; elles comprennent : 55 hémorragies intra-craniennes, et 3 hémorragies abdominales.

Les hémorragies intra-crâniennes ont siégé 32 fois dans les méninges seules, 16 fois en même temps dans les méninges et dans le cerveau, et 7 fois dans le cerveau seulement. Les hémorragies abdominales sont des hémorragies sous-capsulaires du foie.

b) Congestions viscérales. — Dans ces cas, au nombre de 40, il n’a été rencontré d’autres lésions que des congestions de tous les viscères, accompagnées d’ecchymoses superficielles des poumons, du péricarde, du thymus.

La majorité de ces enfants n’ont pas vécu au delà de deux jours, un grand nombre sont morts au cours du travail.

Les lésions, aussi bien que les conséquences qu’elles ont eues, semblent témoigner d’une mort violente, dont il était intéressant de rechercher les causes au cours de l’accouchement.

Dans un grand nombre de cas, il y avait soit placenta sur le segment inférieur de l’utérus, gênant la dilatation de l’orifice utérin, soit présentation du siège, dans laquelle la tête vient dernière, partie fœtale la plus volumineuse, et entre souvent en lutte contre un orifice incomplètement dilaté. La plupart du temps il y a eu des difficultés au cours du travail. Les enfants étudiés dans cette classe sont en majorité incomplètement

développés, par suite ils ont offert moins de résistance à l’action des obstacles gênant leur sortie, obstacles surtout localisés dans les partie» molles de la mère, principalement chez les primipares qui se rencontrent dans la majorité des cas.

2“ Lésions PRÉEXISTANTES A l’accouchemust. — Cbs cas, au nombre de 17, ont pu être divisés en ;

a) Lésions pulmonaires.

b) Hypertrophie des viscères.

c) Ascite.

d) Anasarque.

e) Rein polykystique.

La vie a été de courte durée dans tous ces cas et les entants ont présenté un développement au-dessous de la moyenne. Dans un grand nombre de cas, on a pu noter de l’hypertrophie du foie, de la rate et des reins, correspondant à une hypertrophie placentaire ; chez plusieurs d’entre eux, il y avait du pemphigus palmaire, ou plantaire, dans 7 cas hydramnios. La syphilis n’a pu être établie dans tous ces cas chez les ascendants, mais on peut voir dans toutes ces lésions un air de famille, permettant de les rattacher, tout au moins d’une façon probable, à la syphilis.

3" Lésions développées après l’accoochement. — Ces cas sont au nombre de 28 qui peuvent être répartis en plusieurs groupes ;

a) Lésions pulmonaires (20 cas).

b) Lésions intestinales (3 cas).

c) Infection purulente (5 cas).

Sauf pour 2 cas de perforation intestinale, tous ces cas semblent relever d’une infection datant des premiers jours de la vie ou contractée môme au cours du travail. Le plus grand nombre de ces enfants sont nés après un travail pénible, ou sont issus de mères débilitées par un état pathologique.

L’intérêt pratique que peuvent présenter ces différentes constatations n’est pas de mettre sur la voie d’une thérapeutique de ces lésions, qui paraissent peu susceptibles d’être traitées, mais de faire songer aux moyens à employer pour prévenir leur production.

A ce point de vue il se dégage de mes observations :

1° Que l’accouchement prématuré est le plus souvent meurtrier pour le fœtus, et que si on ne peut l’empêcher quand il se produit spontanément, il convient de ne plus le provoquer dans l’intérêt de l’enfant.

2“ La dystocie, due aux parties molles, doit être prévue et évitée dans la mesure du possible, comme on l’a fait pour la dystocie due aux résistances osseuses.

Mes recherches ont porté sur une période de la vie de l’enfant, où les pédiatres n’ont pas été matériellement en mesure de faire des investigations nombreuses, et où les accoucheurs, très attentifs au chiffre même de la mortalité, se sont moins arrêtés à ce qui concerne la nature des lésions mortelles et les circonstances qui ont pu favoriser leur production.

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