CHAPITRE XI
Cy Hammady bea-es-Sekkal , caïd de Tlemcen. — Le dîner qu'il donne aux officiers de l’État-Major de la place.— Histoire manuscrite des rois de Tlemcen qu’il avait en sa possession.
Quelques jours après mon entrevue avec le cid Tâher el-Mahfoudhi, je me trouvai chez le gouverneur de Tlemcen. Comme je lui manifestai l’opinion avantageuse que ce mufti m’avait laissée de lui, il me parla avec beaucoup d’éloge d’un autre personnage dont le mérite était bien supérieur à celui du cid Tâher el-Mahfoudhi, et il me nomma cy Hammady ben-es-Sekkal, caïd de Tlemcen. Il me dit que ce chef possédait un ouvrage arabe extrêmement précieux qui traitait des anciens rois de la contrée. 11 ajouta que le caïd ayant entendu parler de l’arrivée à Tlemcen d’un taleb français, avait témoigné le désir de faire sa connaissance, et que pour lui il était disposé à profiter de la première occasion qui s’offrirait pour me présenter à ce fonctionnaire.
Le lendemain vendredi, 2 octobre, il me fit dire que le caïd donnerait, le dimanche suivant, une dhifah (banquet hospitalier) à lui ainsi qu’à son État-Major, et que j’étais spécialement invité à m’y rendre avec mon compagnon de voyage.
Après cette invitation qui m’avait été adressée au nom
du caïd lui-même, je compris qu’il était de mon devoir de lui faire préalablement une visite.
Le samedi je descendis donc, vers deux heures, dans le quartier des Hadhars où résidait le caïd cy Hammady benes-Sekkal. Ayant traversé plusieurs rues étroites, tortueuses et solitaires, je me trouvai enfin en face de la porte de sa demeure, qui avait bien plus l’apparence d’une prison que d’un hôtel. Cette porte n’avait ni marteau, ni cordon de sonnette. Je tapai plusieurs coups et à différentes reprises du revers de ma main ; personne ne se présentant, je pris le parti de m’asseoir sur un banc de pierre qui était là, et j’attendis. Au bout de dix minutes, il déboucha du coin de la rue un Arabe très-proprement habillé, que je crus être le caïd en personne. J’eus hâte de porter mes pas au devant de lui et de lui exposer le motif de ma visite. L’inconnu m’apprit qu’il n’était pas le caïd, mais son fils aîné, et que dans ce moment son père se trouvait à son tribunal, près de la Grande-Mosquée, d’où il ne sortirait que dans quelques heures. Comme je ne pouvais attendre si longtemps, je lui demandai qu’il me fît apporter de l’encre, un kalam et un bout de papier , ce qui fut fait. J’écrivis ces quelques lignes, que je le priai de présenter à son père, quand il serait de retour :
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Louanges à Dieu unique! Il n’y a de permanent que son essence.
Un serviteur de notre Seigneur Aïça, à qui soient le salut et les bénédictions cplestesl un enfant de la France (puisse Dieu la glorifier toujours!) est venu pour offrir ses hommages à votre Seigneurie, respirer les parfums de votre haleine et savourer le miel qui sort de votre bouche éloquente; dans son empressement, il ne s’est pas «aperçu qu’il devançait de beaucoup le moment de l’apparition à l’horizon de votre visage rayonnant : c’est donc à son grand regret qu’il n’a pas vu l’astre éclatant dont il attendait vivement le retour. Salut.
Le serviteur de son Seigneur, le cacis Bargès. Que Dieu le favorise! Amen.
Le lendemain dimanche, A octobre, je reçus du gouverneur de Tlemcen l’invitation par écrit de me rendre à son hôtel un peu avant six heures, pour aller de là dîner chez le caïd de la ville. Je fus fidèle au rendez-vous. A six heures nous arrivions devant la modeste demeure de notre hôte.
Nous le trouvâmes debout sur le seuil de sa porte , où il nous attendait pour nous faire les honneurs de la maison. A mesure que les convives entraient, il leur présentait la main, qu’il retirait ensuite pour la baiser en signe de respect et d’amitié. Quand mon tour arriva, il me serra la main en me souriant et en m’adressant quelques paroles agréables ; il nous fit à tous un accueil gracieux et charmant. Dans ses manières comme dans tout son maintien il
montrait cet air d’aisanee , ce laisser-aller honnête qui est chez nous la marque du savoir-vivre et l’effet d’une bonne éducation. Lajoie et le contentement intérieur étaient peints sur son visage et rejaillissaient sur toute sa personne ; il jetait sur nous des regards pleins de finesse et d’intelligence.
Cy Hammady ben-es-Sekkal était un homme d’une cinquantaine d’années, de taillemoyenne,d’un teintblanc, d’une physionomie fine et distinguée. Sa barbe, qui grisonnait, était rare et courte. Il était issu d’une famille qui jouissait chez les Arabes de la plus haute considération. Son père, l’alfakih Ben-Aoudah, s’était rendu recommandable pendant sa vie par l’étendue de son savoir et la pureté de ses mœurs. Sa mémoire est encore en vénération dans toute l’Algérie, à Fez et dans une partie du Maroc. Son aïeul, le hadji El-Gharbiyi es-Sekkal , est ^regardé comme un saint. Les Sekkal se disent de la postérité sainte du prophète de la Mecque, et on leur donne le titre de s chérifs, qui signifie nobles.
Gy Hammady ben-es-Sekkal était né à Tlemcen vers la fin du siècle dernier, entre les années 1792etl794. Ce fut dans cette ville qu’il fut élevé et qu’il étudia les premiers éléments de la grammaire, le Koran, la littérature, la science de la Loi et les traditions musulmanes. Après le cours de ses études, qui dura une quinzaine d’années, il fut décoré par ses professeurs du titre d 'alfakih ou docteur de la Loi. Lorsqu’il fut nommé caïd de Tlemcen par l’autorité française, il avait passé plus de vingt ans dans la Grande-Mosquée de cette ville, où il se livrait à l’étude de la Loi et à la contemplation des choses divines. L’austérité de sa vie.
sa piété et ses mortifications lui avaient concilié l’estime et la vénération de tous les Arabes de la province ; l’influence qu’il exerçait sur leur esprit était presque aussi grande que celle d’Abd’ el-Kàder lui-même. En l’élevant au caïdah, le gouvernement français fît un acte de bonne politique autant que de justice.
Quoique dans l’intervalle qui s’est écoulé entre le traité de la Tafnah et l’occupation définitive de Tlemcen par nos troupes, il se fût mis au service du parti d’Abd’ el-Kàder, depuis cette dernière époque, on l’a toujours vu fidèle à notre drapeau victorieux. Quelque temps avant la bataille d’Isly, il avait été chargé avec le général Bedeau d’aller négocier sur les bords de laMouilah avec le chef marocain El- Guennaouyi, entrevue qui, comme on sait, fut interrompue par la trahison de nos ennemis. Comme magistrat et homme deloi,cy Hammady ben-es-Sekkal jouissait d’un grandrenom d’équité et d’intégrité; comme homme politique, il passait pour un chef chez qui la prudence et la modération s’alliaient avec un hautdegré d’habileté. Tel était l’hôte qui nous avait admis au nombre de ses convives et qui nous introduisait alors dans le sein de sa demeure ordinairement impénétrable aux étrangers. Après avoir traversé une cour au milieu de laquelle se trouvait un bassin orné d’un jet-d’eau, nous entrâmes dans une pièce longue et étroite , couverte de tapis et de coussins : c’était la salle à manger. Trois petites tables rondes en fer-blanc qui n’avaient pas plus de cinq centimètres de hauteur, étaient disposées le long de la salle et séparées les unes des autres par l’espace de cinq ou six pas. 11 n’y avait dans toute la pièce qu’une seule
chaise que l’on avait destinée au gouverneur de la ville ; mais il la refusa poliment, en disant qu’il voulait être au niveau des autres convives qui s’étaient déjà accroupis sur leurs jambes à la façon des Arabes ; perché sur sa chaise, il lui eût été d’ailleurs difficile d’atteindre avec la main les plats servis sur une table qui était posée presque à fleur de terre. Quelques-uns qui ne trouvaient pas très-commode la manière de s’asseoir des gens du pays, s’étendirent sur les tapis, en se couchant sur un côté et en appuyant la tête sur leur coude.
Quand tout le monde eut pris place et que chacun se fut installé de son mieux devant la table qui lui était assignée, nous vîmes entrer dans la salle un bédouin revêtu d’une serviette et portant sur la tête un large plateau rond en ferblanc. Ils se dirigea vers notre table, qui était celle autour de laquelle se trouvaient le caïd et le gouverneur de Tlemcen, et il y déposa la moitié d’un mouton cuit au four. Les deux autres tables ne tardèrent pas à être également pourvues chacune d’un grand quartier de mouton. Sur les bords de la table et tout autour, l’on avait mis des galettes apprêtées à l’huile, parsemées d’anis et coupées en petits morceaux carrés : les Arabes ne connaissent pas d’autre pain. Le festin étant servi, le caïd se leva, et muni d’un couteau il se mit à faire de nombreuses entailles dans la chair du mouton ; puis, se rasseyant, il dit : « ^.=^31 ^^^31 -Au nom
de Dieu clément et miséricordieux. » Ces mots, qui répondent à notre bénédicité , furent comme le signal du commencement du repas; chacun planta ses doigts dans la viande et en arracha un lambeau plus ou moins succulent,
suivant l’endroit sur lequel on était tombé; il n’y avait là ni couteau, ni serviette, ni fourchette, ni cuiller. La chair était tendre, savoureuse et cuite dans laperfection. Ne sachant trop si le plat qui viendrait après serait de notre goût, nous nous appesantîmes sur le mouton, qui défraya en grande partie notre dîner. Pour humecter notre gosier, l’on avait soin de nous administrer de temps en temps un petit verre de vieux bordeaux que, pour mon compte, je n’avalais pas de très-bon cœur, étant presque sous la barbe du caïd qui, en sa double qualité de musulman et d’alfakih, était condamné à ne boire que de l’eau. Du reste, comme je me fus avisé qu’il ne buvait pas, je lui demandai poliment s’il n’avait pas soif ; il me répondit qu’il boirait après le dîner. « Oui, dit en bon français un malin qui avait entendu cette réponse équivoque, après le dîner et quand il sera seul, pour se dédommager amplement de sa contrainte actuelle et faire ses libations en toute liberté. — Qu’en savez-vous?!^ dis-je, et pourquoi profaner par un jugement téméraire ce sanctuaire de l’hospitalité? »
Le couscoussou ou couscous, mets national des Arabes d’Afrique, succéda au mouton. Il était servi dans une immense jatte en bois et couronné de quartiers de volaille, ainsi que de grains de raisin de Corinthe ; le tout était assaisonné avec force poudre de piment rouge. Les personnes qui ont mangé du carry américain, n’ont qu’à se rappeler cet assaisonnement, pour se former une idée presque adéquate des qualités mordicantes du plat favori des Bédouins. Le caïd, prenant avec l’extrémité de ses doigts une cuisse de poulet perchée sur le faîte du couscous qui s’élevait au
milieu de la jatte en forme de coupole, me fit l’honneur de me l’offrir. Je fus très-sensible à cette marque d’attention, que je tâchai de reconnaître en me montrant très-accommodant au sujet du couscous, que j’attaquai de mon mieux et en dissimulant le plus possible mes répugnances. Je finis par le trouver meilleur que je n’avais cru d’abord et je me réconciliai peuà peu avec la cuisine arabe. Pour manger le couscous, l’on avait mis à notre disposition une longue cuiller en buis, que nous plongions chacun devant nous ; le vide que chaque bouchée opérait dans la jatte, formait une cavité qui devenait la propriété du premier occupant et que les voisins avaient le bon esprit de respecter ; chacun puisait dans celle qu’il avait en face et sous la main, se rappelant cette maxime du droit romain : Primo occupanti valet possessio.
Le couscous est un plat extrêmement nourrissant, et nous avions passablement mangé du mouton ; un seul de ces mets eût suffi pour un repas ordinaire ; mais nous avions été invités à une dhifah, et notre hôte tenait à honneur de nous traiter dignement et sans lésinerie. Deux nouveaux plats furent donc apportés ; l’un se composait de tomates, d’œufs entiers et de boulettes faites avec de la viande hachée et de la pâte de froment, le tout fortement saupoudré de piment rouge. J’ignore le contenu de l’autre, personne n’ayant voulu y toucher. Nous eûmes pour le dessert une assiette de halouah, espèce de beignets présentant la forme d’un cœur, ensuite des figues, du raisin, des pastèques et des melons coupés en petits morceaux carrés. Le café et la liqueur couronnèrent le banquet. Lorsque tout le monde
eut fini, le caïd dit à haute voix : « L^*k> ^ jJl *iil ^
Au nom de Dieu qui nous donne des aliments par un effet de sa miséricorde! » Ce à quoi j’ajoutai : « iLdu Et qui nous nourrit par sa bonté. » Après cela, l’on nous apporta une aiguière et une cuvette pour nous laver les mains et la bouche, car nous avions de la graisse jusqu’aux oreilles.
Durant le repas la conversation avait été grave et sérieuse ; elle avait roulé sur les savants de la France, les travaux qu’ils publient, les sciences qu’ils enseignent publiquement, la richesse de nos bibliothèques et de nos collections orientales, la prospérité de nos écoles et les ressources scientifiques qui sont à la disposition de tout le monde. A ce propos, le caïd me dit qu’avant l’époque de la conquête, il y avait à Tlemcen plusieurs professeurs distingués et quantité de livres arabes ; mais que tous ces professeurs avaient abandonné leur patrie livrée aux horreurs de la guerre, et qu’ils s’étaient réfugiés à Fez et dans les autres villes du Gharb, où ils avaient emporté les trésors littéraires qu’ils possédaient; que, pour son compte, il avait perdu plus de deux cents manuscrits arabes que les soldats français avaient pillés et déchirés ; que néanmoins il était parvenu à sauver de la dévastation quelques ouvrages, entre autres une Histoire des rois de Tlemcen à laquelle il attachait beaucoup de prix. Je lui demandai le nom de l’auteur et l’époque où il vivait. « L’auteur, me répondit-il, s’appelle Abou Abd’ Allah Mohammed ben-Abd’ el-Djelyl et-Tenessy, mais nous le désignons plus communément par le nom de Mohammed et-Tenessy. Quant à l’époque où il
vivait, nous savons qu’il florissait sous Mouley Mohammed el-Motawekkel âla’llâh, qui fut proclamé roi de Tlemcen l’an 866 de l’hégire, il y a environ quatre cents ans. »
Sur le désir que je manifestai de prendre connaissance de ce précieux ouvrage, le caïd commanda qu’il nous fût apporté. C’était un volume grand in-4° de cinq à six cents pages, ayant les têtes des alinéas écrits en encre rouge. L’ayant ouvert, je me mis à lire à haute voix les premières lignes qui me tombèrent sous les yeux, ce qui n’étonna pas peu les indigènes qui étaient là à nous écouter et qui apparemment s’étaient imaginé qu’il n’y avait que leurs talebs en état de déchiffrer les livres arabes ; ils se regardaient les uns les autres avec stupéfaction et j’entendis qu’ils se disaient entre eux : « LlU! ^ y» houamin el-talabah^C est un taleb. »
En feuilletant le manuscrit et en lisant les titres des chapitres, je reconnus tout de suite l’importance de l’ouvrage et l’utilité que je pouvais en retirer pour un travail relatif à l’histoire de Tlemcen que j’avais entrepris. Si j’avais été plus familier avec mon hôte, je n’aurais pas hésité à lui demander une copie de son manuscrit ; mais dans ce moment je sentais que je devais repousser loin de moi une pareille indiscrétion. Seulement, je me permis de lui dire qu’ayant formé le projet d’écrire la relation de mon voyage et de parler longuement de sa patrie, je regarderais comme une insigne faveur de sa part l’autorisation d’extraire de son livre les passages qui ont trait à la topographie de la ville et à ses principaux monuments. Pour rendre ma proposition plus acceptable, j’ajoutai que mon travail con-
tiendrait une page consacrée à la reconnaissance, et que tout le monde saurait avec quelle générosité il accueillait ses hôtes et ses amis. A ces mots, le caïd reprit le manuscrit de mes mains et me fît la promesse que mes vœux ne tarderaient pas à être accomplis.
Le premier interprète de Tlemcen, M. Susboué, s’approchant alors de cy Ilammady ben-es-Sekkal, lui adressa plusieursquestionsde philologie qui furentrésolues sur le champ et à la grande satisfaction de l’interrogateur. Gela nous fournit l’occasion de parler du sens équivoque de plusieurs mots, qui s’écrivant de même, à part une yoyelle, ont pourtant une signification très-différente, suivant que cette voyelle est un a, un i ou un o, témoin le substantif qui veut dire discours , blessure „ terre grasse et épaisse 3 suivant que la première syllabe est prononcée ka, ki ou ko. Le nom du grammairien Kotrob qui le premier a fait un poème sur cette sorte de mots, fut alors prononcé, et le caïd nous fit savoir que dans sa jeunesse il avait appris ce poëme par cœur (1). Là-dessus nous nous levâmes et nous prîmes congé de notre hôte ; car la nuit était déjà fort avancée, et chacun sentait le besoin du silence et du repos.
Quand je fus dans la rue, le désir de posséder une copie de l’ouvrage de Mohammed et-Tenessy se fit sentir à moi plus que jamais; il me semblait que tant que je n’aurais
(1) L’ouvrage de Kotrob vient d’être publié, en Allemagne, sous le titre suivant : Carmen de vocibus tergeminis arabicis ad Qutrubum auclorem relatum e cod. mamiscriptis edidit et explicavit Ed. Wïlmar. Marburgi , 1857, in-80,. vu, 66 pag..
pas ce livre à ma disposition, il me serait impossible de produire sur Tlemcen un travail fini et satisfaisant ; je me reprochais ma timidité et l’excès de ma discrétion : puisque le caïd, me disais-je en moi-même, s’est montré si facile, quand je lui ai demandé des extraits de l’ouvrage, nul doute qu’il eût reculé devant un refus désobligeant, si je l’avais prié de m’accorder une faveur plus considérable. Ces réflexions me roulaient dans la tête pendant que je marchais à côté du gouverneur de Tlemcen. Rompant tout à coup le silence :
« Général, lui dis-je, vous mettriez le comble à toutes vos bontés pour moi, si vous pouviez m’obtenir de cy Hammady ben-es-Sekkal une copie entière de son manuscrit ; je suis persuadé qu’il contient sur l’histoire de l’Algérie des documents précieux, et qui seront peut-être à jamais perdus pour la science , si le manuscrit vient à s’égarer. » Le général , qui était un homme aussi ami des lettres que brave dans les combats, comprit la légitimité de mes regrets et me donna l’assurance qu’il ferait des démarches auprès du caïd pour obtenir de lui ce que je désirais. En effet, au bout de deux jours il me fit dire que cy Hammady avait accédé à mes vceux et que le manuscrit se trouvait déjà entre les mains des copistes. Nous verrons plus tard comment la copie me fut expédiée à Paris, et je donnerai une courte notice sur l’ouvrage de Mohammed et-Tenessy (1).
(1) Voir la préface que j’ai mise en tête de ma traduction de Y Histoire des Beni-Zéyan, publiée en 1852.