‹ Tolstoï et DostoïewskyChapitre 12 sur 43 · TOLSTOÏ I LA PENSÉE DE LA MORT · texte numérisé non relu

TOLSTOÏ I LA PENSÉE DE LA MORT

« Je plains ceux qui attribuent trop d'importance à la mort de tout ce qui existe, et se perdent dans la contemplation du néant des choses terrestres. Notre vie a-t-elle donc un autre but que de rendre permanent ce qui n'est que passager? Et nous ne saurions y arriver qu'en sachant apprécier l'un et l'autre à leur juste valeur. » Celui qui parle ainsi, c'est Gœthe (Maximes et Réflexions, \Y).

Les derniers vers de Faust rendent la même idée d'une façon encore plus claire et plus succincte :

« Tout ce qui passe n'est que simulacre. »

Ailes Vergàngliche Ist tiur ein Gleichniss.

Oui, simulacre, image, symbole. Nous devons fondre le symbole avec ce qu'il représente, d'où le mot même de symbole (de aup.pâtàav, fondre ensemble). Nous devons unir dans notre esprit ce qui passe et ce qui demeure, contempler le second à travers le premier, sans abaisser la valeur des choses de la terre, qui nous révèlent celles de l'au-delà à condition que nous les pénétrions jusqu'au fond. Aimons-les donc, au lieu de les mépriser et d'en proclamer le néant, nous souvenant que c'est là notre seul chemin pour nous élever vers Dieu ! Seulement, de ces * mulacres, de ces apparences, de ces symboles.

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