LAME DANS L'ŒUVRE DE DOSTOÏEWSKY
En i863,un des plus candides panslavistes de Moscou,
S. Aksakoff, écrivait à Dostoïewsky :
« ... La première condition pour affranchir en nous le sentiment national captif, c'est de détester Saint-Pétersbourg- de tout son cœur et de tout son esprit. En général on ne peut pas se convertir au christianisme — (et le panslavisme n'est autre chose que la parole chrétienne portée à sa plus haute puissance) — sans renoncer à Satan, sans se défaire de lui en soufflant, en crachant dessus. » « Satan » n'est pour Aksakoff autre chose que Saint- Pétersbourg-, voire Pierre le Grand en personne.
Léon Tolstoï ne cracha ni ne souffla sur Saint-Pétersbourg-, mais il l'oublia tout simplement, ne parut pas s'apercevoir de son existence, le dédaig-na comme une chose de peu d'importance, presque irréelle. Il a quitté non seulement Saint-Pétersbourg", mais aussi Moscou, si chère au panslaviste, pour se retirer à la campagne, pour être plus près de la terre, du corps môme de la Russie. Pourtant, il lui arrive de rencontrer même aux champs, Saint-Pétersbourg-, « la création de Pierre », comme dit Pouchkine, personnifiée par la nouvelle « civilisation » russe, par la civilisation des fabriques, avec ses divers attributs : accordéon, eau-de-vie et syphilis. Voilà pour