‹ Tolstoï intimeChapitre 17 sur 44 · TOLSTOÏ ET GORKY · texte numérisé non relu

TOLSTOÏ ET GORKY

— Cependant, insinua Gorky. il a écrit des choses qui doivent vous sembler immorales et nuisibles.

— Certes, répondit Tolstoï, mais tout talent véritable a deux épaules : l'esthétique et l'éthique. Lorsque l'une se hausse, l'autre s'abaisse. 11 faut toujours les tenir à la même hauteur.

Gorky parti, Tolstoï déclara qu'il lui plaisait beaucoup.

— Il y a en lui du vrai moujik, simple, robuste et sain. C'est le plus grand éloge que je puisse lui faire.

Quant à l'impression de Gorky, il la résuma dans ce mot pittoresque :

— Tolstoï.^ Ce n'est pour moi ni la Russie, ni l'étranger, c'est la Finlande. On y a froid!

TOLSTOÏ ET TGHEKOF

Tchekof, l'illustre écrivain mort récemment, dont les pièces eurent un grand retentissement et portèrent à son apogée l'art théâtral russe, nous conta l'anecdote suivante :

— Savez-vous que Tolstoï qui goûte beaucoup mes nouvelles, n'aime pas mes pièces. Il prétend que je ne suis pas un dramaturge. Une chose pourtant me console...

— Laquelle .►^

— Il me dit un jour : « Je trouve le théâtre de Shakespeare mauvais, mais, selon moi, le vôtre est encore pire. Shakespeare sait prendre le spectateur au collet et le con-

duire à un but certain, sans lui permettre de dévier. Tandis qu'avec vos héros, oii va-t-on."^ De la chaise longue oii ils sont couchés à l'antichambre et vice-versa.

Et Tchekof, ordinairement placide et réservé, se mit à rire à gorge déployée.

— Tolstoï est la sincérité même, continua-t-il. Un jour qu'il était malade, je vins prendre de ses nouvelles. Nous parlâmes de choses et d'autres. Je l'écoutai avec ravissement. Comme je me disposais à le quitter, il me prit la main, me regarda dans les yeux et dit : — « Que vous êtes bon, mon ami! Merci d'être venu. » Il lâcha ma main, sourit et ajouta : — « Que vous êtes bon,., et que vos pièces sont mauvaises! »

TOLSTOÏ ET SOUYORINE

En janvier 1899, Tolstoï reçut la lettre suivante : (( Comte, dans le discours que vous avez prononcé à la Société psychologique de Moscou, vous dites qu'il faut aimer tous les hommes. Permettez-moi une question : Faut-il aimer aussiles Juifs? Je ne puis croire que vous, comte, descendant d'une de nos plus illustres familles, vous en arriviez à cette conclusion. Et cependant, c'est bien ce que vous avez affirmé. Je serais heureux d'avoir un démenti. Si vous daignez me répondre, veuillez le faire dans le Novoïé Vrémia. Je suis abonné à ce journal. »

Le comte lut cette lettre à quelques amis

qui s'en amusèrent et l'on résolut que la meilleure chose serait de la publier. Le secrétaire de l'écrivain, M. T.., mit l'épître dans l'enveloppe, y joignit un mot priant la rédaction du Novoïé Vrémia de la publier et mit le tout à la poste à lassenki, village voisin de lasnaïa- Poliana.

(( Tard dans la soirée, raconte M. T..., je vis arriver le comte, l'air harassé. Il sortit de sa poche une lettre qu'il posa sur la table.

— Je suis allé à la poste, dit-il, pour demander qu'on me rende cette lettre qui, heureusement, n'était pas encore partie. Que voulez-vous.^ Mon correspondant doit être un homme qui vit dans les ténèbres de l'ignorance et qui ne connaît pas la vie. Que Dieu lui pardonne ! » .

Une semaine plus tard, Tolstoï partit pour Moscou.

Je restai à lasnaïa-Poliana. Deux jours après son départ, j'entendis les grelots d'un attelage qui s'arrêta devant la porte du domaine. Deux hommes cmmitoufllés dans

TOLSTOÏ ET SOUVORINE. gS

leur pelisse, descendirent de voiture. Je connaissais l'un d'eux, un gros jeune homme blond qui n'était autre que le prince Obolenski. Ce dernier me présenta son compagnon, un petit vieux légèrement voûté, à la barbe poivre et sel,

— Mon ami Souvorine.

C'était le directeur du puissant journal le Novoïé Vrémia et l'un des plus importants éditeurs russes.

Il faisait une claire journée ensoleillée. Nous nous installâmes dans un petit pavillon proche de la maison.

— Que je suis désolé de ne pas rencontrer le comte? s'écria Souvorine. Je venais causer avec lui de choses sérieuses.

— Le comte est à Moscou, vous l'y trouverez. Il ne rentrera qu'à la fm de la semaine.

— J'aurais voulu lui parler de ses œuvres, reprit le directeur du Novoïé Vrémia. Tolstoï a abandonné ses droits d'auteur et permet à tout le monde de publier ses dernières œuvres. Vous en conviendrez vous-même.

gô TOLSTOÏ INTIME.

cela n'est pas rationnel. Une nuée d'éditeurs se sont mis à publier ses ouvrages avec toutes sortes de coupures, additions, erreurs. Le résultat en sera que, dans quelques années, nous ne reconnaîtrons plus ses œuvres. Nos descendants les liront dans un texte dénaturé et les pensées du maître prendront une forme étrangère à celle qu'il voulut leur donner. C'est profondément regrettable. Je suis venu pour lui demander le droit exclusif d'éditer ses ouvrages. Comment pensez-vous qu'il accueillera ma proposition P

— Il la refusera certainement, tout aimable qu'elle soit.

Un silence pénible se fit.

— A propos, dis-je au bout d'un instant, le comte a reçu récemment une lettre d'un de vos abonnés qui lui demande de lui répondre par la voie de votre journal.

Kt je fis part à Souvorine de la teneur de la missive.

Le directeur m'écouta, la tête basse.

— Oui, certes, répondit-il. la (juestion

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est posée d'étrange façon, mais vous savez que les tendances de mon journal...

— Nous les connaissons, le comte et moi. Mais nous ne pouvons comprendre votre campagne antisémite. . .

Souvorine riposta d'un ton animé :

— Voyez-vous, je ne suis pas personnellement antijuif. J'ignore complètement le côté religieux de la question. Ce ne sont pas des raisons confessionnelles qui ont suscité notre campagne. La religion n'y est pour rien. La question économique pas davantage. Je n'ai pas peur de l'ombre d'un juif usurier, qui s'apprête à manger son frère chrétien. Ce n'est que la question nationale qui m'a fait entreprendre ces attaques, la même qui préoccupa et fit agir jadis le tzar Pierre le Grand. Nous avons devant nous deux nations : l'ancienne, intelligente, connaissant la bonne et la mauvaise fortune. C'est une nation qui a des assises familiales et religieuses solides et que fortifie sa solidarité intérieure. D'autre part, nous avons notre peuple qui sort à

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peine des langes de l'histoire, un peuple neuf, doux, sans bases sérieuses. Lorsque ces deux nations se rencontreront, quel sera le vainqueur ?. . . Notre peuple ne pourra combattre et il sera vaincu. Il se noiera dans l'élément juif et il y laissera son âme pure et juvénile. C'est cela que je ne veux pas. Que le peuple russe poursuive son chemin tout seul, sans être influencé par qui que ce soit, surtout qu'il ne le soit pas par la race juive ! »

Au retour du comte, lorsque son secrétaire lui fit part de sa conversation avec Souvorine, Tolstoï sourit et montrant l'étang quon voyait par la fenêtre, s'écria :

— Voyez-vous ces nénuphars sur l'eau?

Ils troublent imperceptiblement la surface extérieure de l'eau, mais non sa profondeur. Telles sont les pensées de ces «. sages litlérateurs ». Ils pénétrèrent aussi peu la profondeur des intérêts du peuple qiie les nénu-

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phars la profondeur de l'eau. Là-bas, dans leurs immenses casernes, ils frappent à coup de sabre ces pauvres israélites exténués, et, cruels, ils cherchent à associer à leur lutte notre bon peuple qui fut toujours étranger aux manœuvres des sectaires et des fanatiques.

Je connais le peuple russe depuis mon enfance. Jamais je ne l'ai entendu maudire les Juifs ou les gens d'une autre religion. Plusieurs Israélites ont travaillé dans mes domaines. Les jours de grandes fêtes, ils venaient à l'étang accomplir les prescriptions de leur rite. lisse plaçaient au bord de l'eau, leur eucologe à la main et priaient fervemment :

« Que les flots de cette eau emportent nos péchés ! ))

Les moujiks les regardaient avec curiosité et se disaient entre eux, avec un étonnement respectueux :

— Les Israélites prient... Ce sont de braves gens.

Nos paysans ont gardé d'eux un bon sou-

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venir. Et ces publicistes grincheux, ces fonctionnaires cruels, qu'ont-ils fait de ce malheureux peuple .►* Ils ont enfermé des millions d'êtres humains dans quelques villes, les ont dépouillés de tous leurs droits et ne |es laissent ni vivre, ni respirer. Ils prétendent que ce n'est pas une question de religion ! Quel mensonge ! Vous le savez aussi bien que moi. Il suffit à un Juif de se convertir pour qu'il soit, le jour même, remis en possession de tous ses droits. Alors?. . . Y a-t-il quelque chose de plus infâme et de plus sacrilège que les persécutions religieuses.»* Le dogme les interdit, car le premier sentiment dun croyant est celui d'une force supérieure, bienveillante à tout ce qui vit sur terre. Comment donc une âme religieuse peut-elle avoir de la haine et faire le contraire de ce que Dieu... lui demande?

TOLSTOÏ ET ROSANOF

L'écrivain russe bien connu, Rosanof, collaborateur du Novoïc Vrémia et par cela même assez peu porté à partager les idées politiques de Tolstoï, a raconté récemment sa visite au grand écrivain.

— Etre Russe et ne pas avoir vu Tolstoï, dit-il, me semblait aussi triste et aussi impardonnable que d'être Européen et d'ignorer les Al^Des. Cependant les années passaient, l'occasion de le voir ne se présentait pas. Un jour pourtant, je me décidai. Je sollicitai la faveur d'être reçu et l'obtins. J'arrivai un matin d'hiver, en 1900, vers 10 heures, à lasnaïa-Poliana. Gomme les

petits comtes étaient absents, la demeure me parut déserte. C'est l'impression que me produit toute maison vide d'enfants. Quelques visiteurs conversaient dans les salons. Mais tout me parut maussade. Lorsqu'on vient voir les Alpes, on ne s'inquiète pas des monticules qui les entourent. La comtesse entra. Dès l'abord, j'eus l'impression d'une (( tempête ». La robe froufroutait bruyamment, la voix était dure, autoritaire. Malgré son âge, elle était encore belle. Il me sembla que tous devaient lui obéir, alors qu'elle n'obéissait à personne.

Enfin Tolstoï parut.

Je m'attendais à voir un colosse, un Moïse, un Abraham. D'après ses portraits, ce devait être (( les Alpes ». Grande fut ma surprise lorsque s'avança un vieillard de taille moyenne, voûté par l'âge, vêtu d'une vieille robe de chambre brune serrée à la taille par une ceinture. Nous causâmes. Mais mon esprit restait étranger aux paroles que je prononçais. Une pensée m'obsédait : « Je le

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vois, je ne le verrai plus jamais. » Et j'aurais voulu crier au temps : « Arrête-toi ! »

Vint l'heure du dîner, Tolstoï, qui mange seul, s'assit à sa petite table, à côté de la table familiale. Deux laquais, gantés de blanc , assuraient le service. Tandis que nous mangions de différents mets, des viandes, Tolstoï ne prit que du lait et de la purée de pommes de terre. Il garda le silence pendant le repas. Ce ne fut qu'une heure plus tard que je pus l'entretenir plus longuement. Pendant une heure, il me tint sous le charme de sa voix tremblante, mais claire. Je n'oubherai pas, tant que je vivrai, ces moments-là.

En prenant congé de mon hôte, je l'embrassai et lui baisai la main, cette noble main qui écrivit la Guerre et la Paix et Anna Karénine. Je pensais : « Quel bonheur de l'avoir vu et de vivre à la même époque que lui ! )) .

Au cours d'une de ses visites à lasnaïa- Poliana, en 1890, l'ami de Tolstoï, M.Strakof, un des plus fervents admirateurs du grand écrivain, lui dit en soupirant:

— Je vous aime trop, mon bon maître, pour vous cacher que chaque fois que je viens vous voir, une tristesse profonde m'accable, en constatant combien vos enfants vous ressemblent peu. Je ne parle pas de vos cadets, enfants doux et aimables, mais de vos aînés, Serge, llia, Léon et de vos jeunes filles. Je vous avouerai qu'ils me plaisent peu. Un sentiment pénible m'envahit en les voyant et je pense avec tristesse : <( Il n'aura pas de

continuateur, w Vous êtes, mon bon maître, un arbre isolé.

Tolstoï serra avec effusion les deux mains de son ami et l'embrassa longuement :

— Vous rouvrez une vieille blessure, mon cher Strakof. Je me suis dit souvent : Si j'étais menuisier, j'aurais mes fils, près de moi, à l'établi. Nous aurions travaillé coude à coude et, dans les flots de copeaux parfumés fleurant la vie des forêts, notre intimité serait devenue plus étroite. J'aurais su que mes enfants eussent continué mon travail. Si j'étais paysan, nous aurions labouré, moissonné, porté ensemble la primeur au moulin, nous aurions abattu les mêmes arbres. Ce que nous aurions possédé nous aurait appartenu en commun et je serais mort, tranquille et satisfait. Mais, hélas ! il n'en est pas ainsi. Un de mes fils achève ses études à l'Université et veut être fonctionnaire, l'autre sera soldat et déjà l'amour du galon lui tourne la tête. Le troisième... mais à quoi bon en parler? iNi le troisième, ni le quatrième, ni

mes filles ne suivront le même chemin. Us ne connaîtront pas la tâche poursuivie joyeusement en commun et ne continueront pas l'œuvre à laquelle j'ai donné tous mes efforts.

Bien que je n'attache pas grande valeur à mon labeur d'écrivain, je l'aime cependant. Je lui donne toute mon âme et c'est en écrivant que j'ai appris à aimer Dieu. J'aurais été si heureux de trouver des continuateurs en ces êtres qui me sont chers et ont reçu de moi la vie !

Mais en réfléchissant profondément, je me rends compte que tout cela a son sens. La sagesse divine, admirable en ses desseins, m'apparaît avec un clarté merveilleuse.

Voici ce que je pense :

Dieu, ou cette force supérieure que nous nous représentons, nous impose sa volonté impitoyable en nous donnant la vie. De même que l'eau d'une cascade tombe dans son ht, de même cette volonté doit être accomplie. Chacun de nous doit vivre entièrement pour Lui. C'est pourquoi nous ré-

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pétons: «De tout ton corps, de toute ton âme, de tout ton esprit, tu dois appartenir à Dieu .)) Chacun, en entrant dans la vie, accepte joyeusement d'obéir à cette volonté. Mais plus tard, lorsque l'homme, asservi à sa tâche, en voit l'immensité et constate en même temps sa propre faiblesse et l'impossibilité pour lui de poursuivre sa route, il tombe à genoux et supplie Celui qui l'a envoyé sur terre : « Puisque cela m'est impossible, qu'un autre aille plus loin. » Et il donne le jour à un enfant auquel il commet le soin de poursuivre la grande œuvre. L'enfant vient au déclin de sa vie. 11 est le protecteur attendu. C'est le sens même de la procréation.

Or, il arrive que des gens épuisés, qui se rendent compte de leur débilité, enfantent un être puissant et vigoureux qui devient un phare sur la route de Dieu.

Par contre, si un homme plein de force et d'énergie, se fatigue au cours de sa carrière et demande à Dieu: « Puisque je ne le puis

pas, que celui-ci aille plus loin», il mettra au monde un enfant faible, sans talent, qui, non seulement sera incapable de continuer son œuvre, mais qui en deviendra l'adversaire. Car Dieu répond : « Gela ne sera pas ! » Et il enlève à l'enfant la force paternelle. Et ce qui semblait au père admirable et beau, paraît au fils pitoyable et insignifiant. Celui-ci vit dans la fange et son âme est sans noblesse.

Dieu dit à celui qu'il doua de talent :

— Je ne veux pas que ton fils soit ton lieutenant. Sers-moi toi-même.

Cet ordre de choses est sévère, mais juste. Et lorsque je pense à ma vie, je vois que...

Tolstoï se tut un instant, baissa la voix et murmura à l'oreille de Strakof :

— Il aurait mieux valu pour moi que je n'eusse pas d'enfants.

Ravi et effrayé en même temps, Strakof répondit :

— C'est une grande pensée que vous venez d'exprimer, mon bon maître. Je n'aurais pas

osé tirer de telles conclusions. Ce que vous avez dit est immense... Oui, il aurait mieux A'alu que vous n'eussiez pas d'enfants !

Douze ans plus tard, lorsque le troisième fils du comte, Léon, commença, dans la presse, à discuter âprement les idées de son père, Tolstoï, attristé, disait à son ami :

— Ce qui devait arriver est arrivé. Bien que je ne lise jamais ni les critiques, ni les éloges qui me sont adressés, j'ai pris connaissance des écrits de mon fils et je n'ai pu m'empêcher de froncer les sourcils. Une seule chose me réjouit pourtant : c'est que pour mener sa campagne, mon fils est obligé de lire quelques-unes de mes œuvres, et de penser à ce que j'ai écrit. Ceci me fait espérer qu'un jour aussi, il lira l'Evangile et qu'il y trouvera les véritables réponses aux questions qu'il aborde aujourd'hui avec tant de légèreté. Et cependant, ces choses-là me font souffrir,

TOLSTOÏ ET SES ENFANTS. m

à la façon du cocher recevant continuellement dans le dos les coups que lui lancent les voyageurs.

Avec une tristesse encore plus profonde, Tolstoï parla des « malechances » auxquelles un de ses cadets fut perpétuellement en butte.

— Ici, le malheur est si grand qu'il n'y a plus de meules pour le moudre. Je ne puis même le consoler. Un jour ou l'autre, je vous raconterai tout cela. Mais je ne le ferai que lorsque je serai aux portes du tombeau et qu'il ne me restera plus qu'un petit mouvement à faire pour y entrer.

Et le maître eut un geste expressif montrant comment il entrerait dans la tombe.

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