‹ Tolstoï intimeChapitre 8 sur 44 · DE TOLSTOÏ · texte numérisé non relu

DE TOLSTOÏ

Tolstoï organisait dans son village, tous les jours, des séances de lecture après le dîner. Peu à peu, les jeunes gens, puis les parents et les vieillards se joignirent aux élèves. (( C'est par trop intéressant à ce qu'on dit! » déclaraient ces braves gens, comme pour s'excuser de se laisser capturer à leur âge, par des vétilles telles que des livres.

Tolstoï assistait aussi à ces lectures ; il s'asseyait au bout du dernier banc et écoutait. Pendant et après la lecture, une conversation animée s'engageait entre les assistants et

Tolstoï y prenait part avec chaleur. Il parlait la langue populaire avec plus de beauté et d'inspiration encore que la langue littéraire. Dans ces entretiens, il ne pontifiait pas, mais ressemblait à un élève attentif et docile.

— Combien peu nous savons où sont nos vraies joies ! disait-il un jour : une heure de communion comme celle-ci vaut plus que toutes les soirées et les raouts fashionables. Le peuple est un grand éducateur.

Un soir, après la lecture d'un court récit, Tolstoï tirant de sa poche un cahier, dit aux assistants : « Moi aussi, je veux vous lire quelque chose que j'ai composé : c'est un conte... ))

Et d'une voix sonore et distincte, il lut son célèbre Ivan l'Imbécile.

Le conte plut. Les vieillards eurent des mots de louange, tandis que les jeunes gens se remémorant les épisodes, échangeaient leurs impressions.

— C'est bien fait pour ce vilain monsieur ! . , ,

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