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CHAPITRE III

LA RÉVOLUTION BOLCHEVIKE (1 ,

La Révolution nisse, à ses débuts, a été, nou une conquête du peuple, mais l'efTondrement d'un édifice \ (.rmoulu, ébranlé et lézardé, en 1905, par la guerre

(1) D'hiuonibrablcs ouvrages et brochures ont été publiés en France et à l'étranger sur la révolution russe, en partie parles témoins de ces convulsions. M. Antonelli, dans «on Kvre la Ruisie holcheviste, en même temps qu'il raconte les événements et nous fait connaître les protagonistes, nous a donné comme une philosoptiie de la doctrine qu'il considère comme adaptée au tempérament russe: sans atténuer les crimes d'une révolution « servile » et, par certains côtés, mystique, il croit que Va Russie prépare à l'humanité, smr les mines et les destructions, une société nouvelle, qui ne descendra pas des puissants au peuple, « mais qui mouten» spontanément de la plèbe inorganique et inculte à l'intelligence organisatrice ». Un ancien député socisliste, ancien chef de cabinet de M. Guesde, M. Ch. Dumas, qui nous peint, d'après nature, la Bussif sous le régime bolschevik, est loin de partager cet optimisme : il garde encore (< l'épouvante des forfaits auxquels il a assisté et qui hurlent aa

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russo-japonaise. La guerre européenne lui a porté !• dernier coup ; il a suffi, jwur qu'il s'écroulât, d'un<

ciel » Le petit volume de M. H. Kritchcv»ky, Ven la eata%lrop>. ruise {\\cAi\, 191U),cst U(ie prérieii»<; contribution à l'histoire <] . coup il'F.Uil prét<jriea par le<{uel Lénine et Trotsky u«urpèrerit la dictature. M. Albert Tboma*, dam une couragoune brochure (1 ) oppose le bolchevitme au socialiime, bien loin de iet confondr»comtne le font nombre de se» camarades cxtrémittct et maj" pilaires. Sous co titre : /« Bolcheviki, faits, documents, eommn, taires 1917- lOlU (2), M. Kliennc Unisson a réuni un dos»ier. tr< instructif, soigneusement classé et discuté, qui n'est, dit-il, m un plaidoyer ni un réquisitoire, mais abrégé et incomplet en ce qui concerne l'action des juifs internationalistes, tandis que la revue .socialiste r.4i'<rnt> poursuit une enquête sur le iKdcheviiimo, dictature ou démocratie, parmi les militants françai> socialistes et syndicalistes. Enfin M. Claude .\net vient d'achever, par un quatrième volume, la réunion de ses correspondances, adressées au Petit Parisien, des débuts de la Révolution, mars 1917, jusqu'à l'établissement du régime de Lénine et à la paix de Bresl-Litovsk, jan>ier-juin 1918 (3).

« Les meilleurs documents, dit Taine, dans la préface de ton Histoire de la Révolution, sont ceux des témoins oculaires, rédigés sur place, sous la dictée des faits eux-mêmes, qui ont uniquement pour objet de fournir des renseignements. »> Écrites au jour le jour, sans avoir été retouchées après coup pour mettre en harmonie les prévisions et les résultats, ces chroniques valent ce que vaut le chroniqueur, observateur scrupuleux, qui ne recherche ni effet littéraire ni polémique. A Pelrograd, i Moscou, M. Claude Anet a vu les hommes à l'œuvre, entendu et recueilli leurs paroles, leurs décrets, il a surtout observé leurs actes, connu leurs prisons et failli devenir leur victime. La succession vertigineuse des épisodes qu'il raconte nous aide (i) Berget-Levrault, février 1919.

(2) Paris, Fisbacher.

(3) Fayot, 1919.

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émeute de la faim et de la défection de quelques régiments. Le premier effort des chefs politiques qui prenaient le pouvoir, <les députés de gauche à la Douma, le prince Lvof, Milioukof, Kerensky, fut de former un Gouvernement de coalition destiné à préparer l'avènement d'un pouvoir légal, fondé sur la souveraineté du peuple, dont la future Constituante fixerait le statut. Mais la Russie, administrée, sous le fouet des cosaques, par une bureaucratie vénale et corrompue, organisatrice, dés le début des hostilités contre les Zemstvos, de défaite et de famine, n'a jamais connu la liberté sous la loi. En moins d'une année ces hommes allaient disparaître avec la même facilité que le tsarisme.

Ils n'avaient pas, pour les soutenir, une classe déjà puissante et éclairée, comme l'était la bourgeoisie française en 1789. Vintelligenlzia en Russie ne possède, remarque M. Claude Anet, ni le sens de la réalité, ni l'équilibre. Les maîtres du Gouvernement provisoire ne s'appuyaient que sur des groupes sans consistance, sans expérience politique, sans unité. Ils se trouvaient en présence de masses rurales ignorantes et aveugles, agitées et soulevées par la guerre,

à comprendre les eTénementi aux conséquences imprévisibles, dont l'empire russe a été le théâtre. Faute de pouvoir le suivre pas à pas, nous devons nous borner à rappeler, à vol d'oiseau, les phases du drame dont nous n'entrevoyons pas encore le dénouement.

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éproiivt-(s j)ar les privahuiiN i-L poiirr^ au pp j .i>r plan de la scène politique. Représentées jKir les s >viets, ces Comités improvisés qui sui^Usaient dan l'immense Empire comme des chainpi^înonsaprèsun pluie d'orage, les masses exigeaient une paix imni< diato, la terre et du pain.

Kerensky se croyait de force à contenir leur impatience, à conjurer l'anarchie siKjntanée, à étouffer les jacqueries. Orateur intarissable, il ^ flattait d'exercer « la dictature de la persuasion «. Il comprenait que l'intérêt sujjérieur de la Russie commandait la défaite des Empircentraux. La partie saine de l'armée, qui avait échappé au premier décret imposé au Gouverne ment provisoire par le Conseil des ouvriers hl de l'émeute, et aux perfides conseils de fraternisation avec l'ennemi dans les tranchées, reprenait sous le commandement de Broussilof et de Kornilof, une vigoureuse offensive. Kornilof appuyait Kerensky, afin d'apporter au pays ,« l'ordre, la volonté, la règle ». Miné et effrayé par les maximalistes que dirigeait Lénine ramené en Russie par les Allemands les mains pleines de leur or, et qui, de concert avec Trotsky, tentait une première fois, les 5 et 6 juillet 1917, de se servir du mécontentement populaire pour le renverser, Kerensky abandonnait Kornilof et expiait par sa chute cette trahison sur laquelle M. Claude

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Anet fournit des documents de première main (1).

Le Gouvernement provisoire succombait, non sous un mouvement populaire, tel que celui qui avait assuré le triomphe de la Montagne sur les Girondins, mais sous un complot militaire. Le 25 octobre, Lénine et Trotsky s'emparaient du pouvoir- Un de leurs récents décrets, après avoir aboli les fêtes religieuses de l'ère chrétienne, institue un nouveau calendrier h partir de cette date, jour de l'avènement de la République communiste destinée à rayonner sur le monde.

Les deux dictateurs improvisés avaient accusé Kcrensky de retarder, au profit de la bourgeoisie, la convocation de la Constituante, élue en novembre, trois semaines après leur coup d'État. Leurs adversaires s'y trouvaient en écrasante majorité. Ils se hâtèrent de la dissoudre par un nouveau coup de force. Les représentants du peuple furent disjiersés, jetés en prison : deux d'entre eux étaient fusillés sur leur lit d'hôpital. Ainsi se trouvait anéantie la tentative de fonder en Russie un pouvoir légitime. A la représentation nationale se substituait le régime des Soviets, exclusivement composés de bolcheviks. C'est uniquement sur la force et la violence que s'appuient Lénine et Trotsky, et ils ne peuvent se soutenir que par elle, en la rendant toujours plus atroce

(1) Une conversation avec Kornilof et un mémoire rédigé par lui.

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et plus inique. Ils apixîllent les rou» lies mhii» urcs du peuple, ouvriers, soldats et iwysans, à la curée. En don de joyeux avènement, ils leur apportent la paix honteuse.

A partir des événements d'octobre, l'état-major allemand eut une succursale à Petrograd, chargée de transmettre ses désirs aux commissaires du Peuple, surveillant les ambassadeurs alliés, envers lesquels les dictateurs se montraient pleins d'arrogance, jusqu'à emprisonner l'un d'entre eux, le ministre de Roumanie. Traîtres à l'Entente, ils négocient à Brest-Litovsk le démembrement et l'asservissement de la Russie (décembre, janvier 1918). Lénine et Trotsky se font les serviteurs de l'impérialisme teuton pour le succès, disent-ils, de la Révolution mondiale,

« Nos énergies, écrit Trotsky, étaient soutenues par la conviction profonde que le mot final, en terminant la guerre, comme dans toutes les autres questions, serait dit par la classe ouvrière européenne. »

Lénine est plus explicite. Il estime que « les défaites et les pertes de territoire ne payent pas trop cher la victoire sur la bourgeoisie ; n'est pas socialiste celui qui ne sacrifie pas sa patrie pour le triomphe de la Révolution sociale ».

Rien ne marque mieux que ces mots l'abîme qui sépare la Révolution russe de la Révolution française.

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Le coup d'État bolchevik livrait l'Empire russe à une oligarchie composée de quelques douzaines d'internationalistes, rentrés à Petrograd avec le concours et les subsides du Gouvernement de Berlin, afin de briser l'Alliance et de réduire la Russie à merci : théoriciens sectaires, jadis conspirateurs et quelques-uns victimes du tsarisme, à qui leur audace jointe à un concours inouï de circonstances, livrait le plus grand État d'EurojX'.

M. Antonelli, M. Claude Anet, un correspondant anonyme du Times, nous ont tracé leurs silhouettes. Juifs en majorité, mystiques ou spéculateurs, ils ont abandonné le Talmud pour répondre au cri de guerre, à l'appel de conquête du dernier prophète hébreu : Karl Marx.

Lénine, leur chef, de son vrai nom Vladimir Oulianof, en qui s'incarne le bolchevisme, composé hybride des doctrines de Marx et de son riva! abhorré Bakounine, l'apôtre slave de la pandestruction et de l'anarchie organisée, — Lénine, fils d'un fonctionnaire, appartient à une famille de petite noblesse. Dès l'Université, il s'enrôlait, ainsi que ses sœurs, dans le mouvement révolutionnaire. Son frère, impliqué dans un attentat contiv Alexandre II, en 1887, mourait sur l'échafaud. Après un exil de quelques années en Sibérie, Lénine se réfugia à l'étranger. Il s'occupait à écrire des commentaires sur le marxisme. Il se trouvait en Russie lors de

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rinsurreclion qui a suivi la guerre russ(»-j;tp<)riai>»c. A cette date, il jugeait absurde la thèse que la Hussie pouvait, du jour au lendemain, se transformer en un paradis communiste. Conformément à la tactique des étapes, que Marx et ses disciples adoptèrent après les déceptions de 1818 et de 1871 et les progrès des partis socialistes dans les Parlements, il invoquait la nécessité de fonder tout d'abord en Russie une République démocratique, avec le concours des radicaux bourgeois. Mais la grande guerre a poussé les socialistes au sommet de la côte ; plus n'est besoin de la bourgeoisie comme cheval de renfort. II ne reste donc qu'à la détruire physiquement. Possédé de cette idée fixe, Lénine ne recule devant aucun crime, aucune infamie. Il est d'ailleurs sans haine privée, comme sans pitié et sans peur. On le dit personnellement désintéressé, de mœurs sobres, au milieu de la vénalité et de la débauche générales.

Bronstein, dit Trotsky, israélite d'origine, a le même passé révolutionnaire que Lénine. Il se signalait par son esprit réfractaire dès les bancs de l'école et s'était fait chasser pour avoir craché sur une icône. D'une intelligence souple et vive, orateur rusé, casuiste subtil, Trotsky, jadis menschevik, s'est converti au bolchevisme : il est, avant tout, selon le mot de Lénine, un Trotskiste, moins soucieux de servir l'Idée que de briller au firmament de l'Histoire, dans la constellation des révolutionnaires

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fameux. Il rivalise d'élégance avec un Robespierre, un Saint-Just. La méchanceté, la crainte, l'éternel soupçon alimentent son terrorisme. Suspectant un jour Lénine de biaiser vers les tempéraments et les compromis, il était sur le point de le faire arrêter.

Chassé, au début de la guerre, de France, d'Espagne, d'Amérique, où il répand ses brochures et la bonne parole, en juif-errant de la Révolution sociale, emprisonné à Halifax, il finit par gagner la Russie et y jouer le premier rôle. Il fait, à Brest- Litovsk, en face du général Hoffmann, étrange figure de diplomate. Commissaire du Peuple à la Guerre, il forge, avec une ardeur effrénée et inlassable, l'instrument de domination du bolchevisme, l'armée rouge, conij^sée de Lettons, de Chinois et de Russes, et la soumet à une discipline draconienne.

Dans leurs Congrès internationaux, les socialistes ne faisaient jadis que maudire et condamner le militarisme. Seul, le vieux docteur Adler les mettait en garde contre cette propagande insensée ; le socialisme ne pouvait se passer de l'armée pour fonder son empire. Les bolcheviks partagent la même conviction. M. Claude Anet cite cette sentence de Lénine : « Les principes ont du bon, mais n'oublions pas les baïonnettes. »

Ils ne les oublient pas, en effet. Sous ce régime du communisme prétendu égalitaire, la soldatesque forme une caste privilégiée. Elle reçoit la part du

lion, vit dans rabondance, jouit de la plus haute paye, sans parler des autres profits. I^ dictature du prolétariat est celle d'une oligarchie uniquement soutenue pîtr des prétoriens, I^ force brutale dis[X)se ainsi de la République des Soviets fédérés.

Le parlementarisme, soi-disant démocratique, n'est d'après Lénine, qu'une feinte et une fraude. Sous la fiction de la loi des majorités, dominées par la ploutocratie, une minorité opprime et exploite le peuj)! Lénine, d'après son calcul, compte en Russie environ deux cent mille adhérents, mais cette minorité, celte élite de prolétaires conscients travaille à l'émancipation du peuple entier. On ne saurait donc tirer argument de ce fait que les Soviets sont élus par un suffrage restreint, à rebours du régime censitaire, et que seuls sont électeurs les non-possédants. Les expropriétaires, tous ceux qui emploient le travail d'autrui, se trouvent exclus du droit de vote. Quant aux opposants menscheviks ou socialistes, il suffit, pour les écarter du scrutin, de les déclarer contrerévolutionnaires, de les emprisonner ou de les affamer.

Dans les États démocratiques, le député échappe au contrôle permanent des électeurs, il n'est qu'un mandataire fantôme. Sous le régime des Soviets, les élections locales se renouvellent à jet continu. L'élu est sans cesse sous le coup d'une révocation, au gré de ses mandants. En réalité, les bolcheviks restent inamovibles.

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Les Soviets légifèrent pour les affaires locales; les affaires générales sont de la compétence des Congrès panrusses. Mais les dictateurs, dont l'investiture est censée émaner du Congrès, restreignent les séances qui pourraient contrecarrer et limiter leur arbitraire souverain. Ils disposent d'une bureaucratie à leur image, plus tracassière, plus espionne, plus vénale et plus rapace que la sinistre police politique, VOchrana, qui causa la ruine du tsarisme, et composée en piirtio des mêmes éléments. L'autorité supérieure se concentre dans le Comité centrai Sous la présidence de Lénine, il se compose du Conseil des (Commissaires du peuple, parmi lesquels siège un .seul ouvrier, unique de son espèce, tel l'ouvrier Albert dans le Gouvernement provisoire de 1848.

Émule d'Ivan le Tenible, Lénine, du fond du Kremlin, gardé par ses janissaires, proclame la nécessité d'une volonté unique et dirigeante. Comjiaré à cette autocratie du tsar rouge, le tsarisme des derniers Romanof semble«un gouvernement idéal(l)". Lénine exerce un pouvoir despotique, absolu et irrésistible. Toutes les libertés, civiles, politiques, religieuses, liberté de pensée, liberté de presse, liberté de réunion, sont supprimées ; le citoyen ne possède d'autres droits que celui d'être bolchevik. Les Syndicats, s'ils manifestent des velléités d'indépendance,

(1) Mot d'un socialiste russe.

se voient dissous. Surveillés par des inspecteurs dans les usines de guerre, les ouvriers sont astreints à une tâche forcée, <;t, s'ils protestent, envoyés dans des camps de concentration. Les intellectuels, sou peine d'être traités en ennemis, doivent travail!» pour les Soviets, Les socialistes révolutionnairesmême kienthaliens, ne trouvent de salut assuré que dans l'émigration. Pour ce qui est des ci-devan nobles, capitalistes, propriétaires, grands et petits^ rangés dans la catégorie indéfiniment extensible des suspects, ils sont emprisonnés, décimés, avec un luxe d'exécutions, de massacres et de supplices à faire pâlir les hauts faits des soudards de Ludendorf et d'Hindenburg. Est-il besoin de rappeler les exploits des marins de Kronstadt, de Zinovief à Petrograd, de Derjinsky et de Peters, ce fou sadique, à Moscou ? Toute résistance est brisée. La terreur et l'épuisement réduisent la masse du peuple à l'apathie du désespoir.

Omnipotents et omniscients, les dictateurs ont ainsi consommé l'œuvre de ruine et constitué une société nouvelle sur table rase, à coups de décrets improvisés ; aboli d'un trait de plume la propriété privée, l'héritage ; institué le travail obligatoire ; distribué le sol aux communes ; nationalisé les banques, les industries, le commerce, les moyens de transport ; bouleversé l'instruction publique, ouvert les Universités aux illettrés, car ils se posent en amis des

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lumières et de la philosophie, en promoteurs des sciences et des arts.

Et le résultat, c'est la terre toujours disputée dans (les partages violents et chaotiques, le crédit aboli, le trésor alimenté par la planche aux assignats, les fabriques désertées, la production de plus en plus réduite, les chemins de fer désorganisés, les champs incultes, la misère et la disette universelles.

L'ambition des bolcheviks, « Rédempteurs de l'humanité souffrante », ne se bornti pas à étendre leurs bienfaits sur la Russie. Ils |ii;^tendent àdevenirune puissance mondiale. De même que Ouilaume II, I.énine et Trostky aspirent à asservir le monde entier. Sous leur impulsion, la III® Internationale, à laquelle se sont ralliés les socialistes de Norvège, de Suisse, d'Italie, et d'ardentes minorités dans tous les autres pays, réalisera l'Impérialisme prolétarien. La Hongrie est provisoirement conquise, l'Autriche juenacée. On retrouve la main des agitateurs bolcheviks dans les grèves qui se multiplient en lYance, en Angleterre, au Canada, en Italie.

Cette contagion sévit dans l'atmosphère de trouble, de mécontentement, de violence créée par la guerre. Les classes ouvrières, fascinées, ne veulent pas entendre parler de la tyrannie des bolcheviks, de leurs forfaits, légende née des mensonges de la presse bourgeoise. Ne viennent-ils pas d'accomplir la révolution, que les socialistes d'Occident, ces bavards timo-

rés, ne cessent d'ajourner ? N'ont-ils pas inis fin au dualisme entre capitalistes et prolétaires, patrons et salariés, exploités et exploiteurs, réédifié la «ociété de bas en haut, jeté l'intelligence aux pieds de l'îgno rance, le capital aux pieds du travail, appelé les classes ouvrières à la domination, à la jouissance de toutes les richesses... I>es espérances millénaires ont toujours servi à soulever les peuples et ne perdent rien de leur crédit pour les avoir abusé^ Tel est le danger qui menace toutes les classes, et contre lequel elles ont à se défendre, au risque de rouler dans un abîme de maux sans nom. Notre société civilisée est loin d'être parfaite, mais elle est ï)erfectible. Les démocraties possèdent l'instrument nécessaire pour la rendre meilleure. Vitruves de la destruction, les bolcheviks visent à l'anéantir.

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