‹ Tom Jones, ou, L'enfant trouvé (volume 2)Chapitre 116 sur 163 · LIVRE xrr · texte numérisé non relu

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de font son cœur d'obéir à Tinjonction qru venait de lui être faite. Jones alors s'écria vivement : « Puisqu'il m'est absolument impossible de suivre plus loin les traces de mon anje , je veux suivre celles de la gloire. Allons, mon brave garçon , partons sur-le-champ pour l'armée. C'est une cause glorieuse , pour laquelle je sacrifierais volontairement ma vie, même quand j'estimerais qu'elle valût la peine d'être conservée. » En disant ces mots , il prit sur-le-champ la route contraire à celle que le Squire avait suivie; et par un pur hasard 5 il se trouva dans celle que Sophie avait prise.

Nos voyageurs marchèrent un mille entier sans se dire un seul mot , quoique Jones murmurât je ne sais quoi entre ses dents. Quant à Partridge, il gardait le plus profond silence; car il n'était peut-être pas parfaitement revenu de son premier effroi. D'ailleurs il craignait de provoquer son ami à un second accès de fureur , d'autant plus qu'il commençait à former une idée qui ne causera pas peutêtre beaucoup d'élonnemcnt au lecteur. En

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un mot , il commençait à croire que Jones avait perdu la raison.

Enfin , Jones , fatigué de son monologue , s'adressa à son compagnon et lui reprocha sa taciturnité. Le pauvre homme s'en excusa Irèshounêtement sur sa crainte de l'offenser, Jones ayant de son mieux dissipa celte crainte , Partridge redonna l'essor à sa langue, qui peut-être n'eut pas moins de plaisir à recouvrer sa liberté qu'un jeune poulain à qui l'on ôte la bride du col et qu'on lâche dans un pâturage.

Comme il était interdit à Partridge de traiter le sujet qui l'intéressait le plus, il revint à celui qui tenait immédiatement après le premier rang dans sou esprit, je veux dire à l'homme de la montagne. «Certainement, monsieur, dit-il, il n'a jamais existé d'homme qui s'habille et vive d'une manière si étrange et si différente des autres hommes. D'ailleurs sa nourriture , comme dit la vieille femme, est presque entièrement d'herbages, et c'est plutôt celle d'un cheval que d'un chrétien. De plus, l'aubergiste d'Uplon prétend que

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