LIVRE xir
souvenir conil)ien on eut de peine à obtenir de lui qu'il prononçât son nom de famille.
Il paraîtra donc cruel, peut-èlre même absurde, aux yeux d'un grand nombre do sages lecteurs, que Jones dût principalement son infortune actuelle à lui prétendu manque de délicatesse, vertu qu'il possédait au suprême degré: car, dans le fait, Sophie était beaucoup plus offensée de son indiscrétion prétendue à son égard , que d'aucune des familiarités que, dans la circonstance où il s'était trouvé, il avait pu se permettre avec une autre femme. A dire vrai, je crois qu'Honour ne l'aurait jamais fait consentir à quitter Upton sans voir son cher Jones, si elle n'avait été armée de ces preuves de légèreté dans sa conduite, qui prouvent si peu de respect et sont si incompatibles avec le moindre sentiment d'amour et de tendresse dans un cœur noble et délicat.
Mais enfin les choses étaient ainsi, et c'est ainsi que je dois les rapporter : s'il est quelques lecteurs qni se trouvent choqués de ce qu'elles ne paraissent pas naturelles, je n'ysau-
rais que faire. Je dois leur rappeler que je u'écris pas un système, mais uue histoire; et je ne suis point obligé de concilier les faits avec les notions reçues de la vérité et de la nature. Mais quand cela même serait aisé, peut-être serait-il plus prudent à moi de ne pas l'entreprendre. Le fait présent, par exemple, tel que je viens de le rapporter sans aucun commentaire, peut au premier abord offenser quelques lecteurs; mais après mûre réflexion, il doit plaire généralement : car les sages et les gens de bien peuvent regarder ce qui est arrivé à Jones, à l'auberge d'Upton, comme une juste punition et uue consequence immédiate de sa coupable conduite en amour, conduite dont cette punition était la conséquence immédiate; et les sols ainsi que les méchants pourront se complaire dans leurs vices, en se flattant au fond de leurs cœurs que les hommes doivent leurs réputaVions au hasard plutôt qu'à la vertu. Les réflexions que nous serions tenté de faire ici à cet égard contrediraient peut-être également ces deux conclusions, et prouveraient que ces ioeidents ne servent qu'à confirmer la vé-